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Les caquets de l'accouchée

LE CAQUET DE L'ACCOUCHÉE (continued 3)

Reading edition

Plusieurs s'arresteront icy sur ce mot d'arrière-faix, qui peut-estre, n'ayant jamais penetré dans les cabinets de la medecine, ignoreront de prime-abord ce que je veux entendre par la superficie de ce discours; mais ayant visité le dedans et veu ce que j'y couche, ils verront qu'à juste tiltre je devois en ce lieu parler de l'arrière-faix de l'accouchée, puisque jusques icy on en avoit tant et tant fait de ceremonies.

L'arrière-faix, si nous nous voulons rapporter à madame Perrette, sage-femme du faux-bourg Sainct-Marceau, n'est autre chose qu'une superfluité de matière qui s'esvacuë hors de la matrice après l'enfantement, laquelle superfluité, comme elle est excrementielle, aussi estant retenuë dans les concavitez de la matrice et engluée dans les membranes qui se retrouvent là dedans, cela eut de beaucoup incommodé l'accouchée; c'est pourquoy il la faut jetter dehors, afin qu'estant reintegrée dans sa première santé, que nous aussi ayons l'honneur d'assister au baptesme de son enfant, qui se fera à Sainct-Mederic, si messire Pierre s'y rencontre: car il est fort subjet à dire son breviaire et ses sept pseaumes pour madamoiselle de la Garde.

Et pour entrer en lice et mettre la lance de ce discours dans l'estrié d'une suitte admirable où je puisse courre la carrière de bien dire, et vous faire voir le fruict d'une nayfveté gaye et naturelle, vous devez sçavoir qu'ayant apperceu que tout le monde, tant fols que sages, avoient bandé le roüet de leurs inventions pour delascher quelque coup de mesdisance, et s'estoient appliquez à faire des discours ou plustost des mixtions pour faire quelque bouillon à l'accouchée, que je pouvois, sinon avec autant de rime, au moins avec autant de raison, aller voir madame l'accouchée, comme de fait mardy dernier je m'y acheminay avec bonne intention d'en tirer mes pièces aussi bien que les autres. Ce fut le matin que je fis ceste belle entreprise, croyant que je verrois madame l'accouchée en son pontificat; mais ayant frappé à la porte, qui estoit entrebaillée, je fus tout estonné de la voir en la salle d'embas auprès du feu, qui s'amusoit à secher une coiffe à passement pour l'après-disnée, car j'ai sceu depuis que toute la matinée elles sont debout, et que l'après-disnée elles se couchent et s'accomodent, se peignans, frisans et encourtinans superbement dans leur lict.

A peine eus-je frappé qu'elle print la fuitte et gaigna au pied, de peur d'estre recogneuë, croyant infailliblement que ce fust quelque dame qui la vint voir. La servante, qui vint à la porte, me dit: Monsieur, madame est un peu indisposée pour l'heure; s'il vous plaist, revenez après midy. Ceste responce me fit retirer aussi froidement que monsieur de la Garandine, qui, estant allé souper en ville, fut contrainct, à son retour, de coucher à la porte, sa femme s'estant r'enfermée avec un jeune advocat de la ruë S.-Denis. J'attendis pourtant que midy fust sonné[250] afin d'entrer avec les autres, comme je fis insensiblement pourtant, car j'estois accommodé en apoticaire. De me mettre ny en la ruelle du lict ny au chevet, je n'eusse jamais voulu; je pris un bout de la tapisserie et me cachay secrettement à l'endroit où je pouvois entendre quelque chose.

Or il est à remarquer que ce jour il n'y avoit que les bourgeoises qui faisoient leurs visites: car, les jours precedens, les grandes dames et damoiselles y avoient passé. Madame la Bruyne, nouvellement erigée de tavernière en grand' et superbe marchande, commence à dire:

—Comment! ma cousine, n'avez-vous pas ouy parler de la drollerie qui s'est joüée dernièrement en un pelerinage qui se fit à Nostre-Dame-des-Vertus?

—Aussi vray, ma cousine, respondit l'autre, voilà les premières nouvelles que j'aye encore ouy parler.

—C'est la plus plaisante tragedie que vous oüites jamais, dit une vieille de la ruë de la Harpe.

—Pour vous commencer ces discours, ma cousine, dit la première, vous devez sçavoir qu'aujourd'huy chacun en prend où il en peut attrapper. Deux jeunes dames que plusieurs cognoissent...

—Ne sont-elles pas de la paroisse Sainct-Germain? dit une fille de chambre.

—Il n'importe de quel cartier elles soient: il ne les faut pas nommer. Elles alloient en fin l'autre jour en pelerinage à Nostre-Dame-des-Vertus, accompagnées de deux braves courtisans qui, dès longtemps ayant fait la partie, ne cherchoient que l'occasion de trouver un tripot afin d'achever le jeu en quatre ou cinq coups de grille[251]. Leurs maris, qu'on dit n'estre point de justice, car, s'ils eussent eu le droit, peut-estre qu'ils n'eussent point encouru l'affront qu'ils encoururent depuis, voulans joüer leur personnage en ceste tragedie, aussi bien que le sieur Darmingère en la ruë Sainct-Martin, où il pensa se rompre les hipocondrilles et le train de derrière, songèrent qu'en ce cas il se falloit desguiser, et que, pour ce faire, il n'estoit mal à propos de prendre l'habit de quelque moyne ou religieux. Les uns disent qu'ils prirent l'habit de capucin, les autres tiennent qu'ils estoient habillez en mathurins. Quoy que s'en soit, ils estoient desguisez, et soit de l'un, soit de l'autre habit, ils avoient de l'advantage: car s'ils estoient accommodez en capucins, ils eurent ceste prerogative qu'en alant ils portèrent la corne derrière à cause du capuchon, et en revenant ils en portoient deux sur le front; s'ils estoient habillez en mathurins, c'est qu'ils commençoient desjà à se faire recevoir en la grande confrairie des fols, comme a fait depuis peu un passementier de la ruë Sainct-Denis. S'estant habillez, ils suivirent de loin nos pelerines, qui, estans arrivez au lieu, prirent la meilleure hostellerie. Nos religieux cependant vont à l'eglise, pour faire bonne mine, où tout le train arriva. Une, entre autres, de ces deux dames vint s'adresser à son mary: Avez-vous celebré, mon père? Le mary, qui se renfonçoit dans son chapperon, lui respondit comme en reculant, peur d'estre cogneu: J'ay celebré dès le matin, Madame; excusez-moy. On en demanda autant à l'autre; mais on n'eut autre responce de luy sinon qu'il estoit indisposé. Cela les fit tourner d'autre costé. La messe dite, nos gens s'en retournent pour desjeuner. Ils demandèrent une chambre escartée; on les conduit à la chambre la plus proche des tuilles. Comme ils estoient en bonne disposition, les religieux, qui s'estoient habillez pour entrer en la confrairie des cornards, qui est maintenant si peuplée à Paris, demandèrent chopine, afin de voir le succez des affaires. On les meine dans une petite estude qui respondoit sur les pelerins, où par un petit trou ils apperceurent de quels bois estoient faites les cornes qu'on leur alloit planter sur le front; ce qu'ils virent grandement à contre-cœur, et malgré eux, ainsi que monsieur Ranville, qui eut l'autre jour un soufflet malgré luy dans le Palais. Cecy veu, ils s'en retournèrent; mais le mal'heur en voulut que, les cornes leur commençant à croistre en la suture coronale, je veux dire cornale, ils ne peurent jamais remettre leurs chapperons dans la teste, ou, pour dire avec monsieur du Fresne, la teste dans leurs chapperons. Les pelerines revindrent après midy, où nos religieux leur vouloient donner l'absolution, comme de fait ils leur pardonnirent la coulpe, bien qu'à regret (car il est impossible de renfoncer les cornes qui ont commencé de paroistre); mais pour la peine ils se resolurent de leur faire porter[252] en ce monde, afin de les descharger d'autant en purgatoire, si de fortune leur chemin s'adonnoit en ces cartiers-là: de façon que les pelerines furent espoussetées de la poudre que peut-estre elles avoient pris le long du chemin.

—Cela pourroit-il estre vray, ma cousine?

—Chacun en va à la moustarde en nostre cartier, dit une drappière de la ruë Sainct-Honoré; pour mon regard, il me souvient bien de leur avoir vendu de bonnes estoffes et trop relevées pour leur qualité.

—N'est-ce point une grande impudence (dit une autre) de madame Remonde, qui vendoit des confitures il n'y a que trois jours, et aujourd'huy, sous l'esperance d'une bonne succession, la voilà damoiselle, mariée à un homme de qualité, et porte les colets montez à quatre et cinq estages, les cotillons de satin à fleurs! Pour moy, je ne sçay comment on tollère cela.

—Voilà comme va le temps d'aujourd'huy: on se plaist à braver et à piaffer par les ruës. Mais, à propos de succession, madame la Renardière est bien empeschée despuis deux jours: elle esperoit avoir toute la succession de sa sœur, qui despuis vingt ans a esté sterille; elle n'a esté recherchée en mariage que sur ceste esperance, et sans cela elle eust esté bien empeschée de trouver seulement un huissier pour mary; et aujourd'hui que sa sœur a fait un enfant, contre l'opinion de tout le monde, la voilà privée de quinze mille escus qu'elle pouvoit raisonnablement esperer.

—Il ne faut jamais conter sans son hoste, dit une bourgeoise du faux-bourg Sainct-Honoré: il y a de certains religieux auprès de nous, à qui un certain avoit donné et passé par bon contract tout son bien durant sa vie, qui pouvoit bien revenir à quarante mille escus; ils seront bien empeschez de l'avoir, car les parens disent que la donation est nulle, et qu'on ne doit usurper ainsi le bien des mineurs au desadvantage de toute une famille; comme de fait, à l'appetit d'un homme qui portera quelque affection particulière à un autre, doit-il pourtant priver ses enfans des biens et possessions qui leur sont deubs naturellement? On ne les peut desheriter de la sorte, et en cecy l'arrest des berulistes y est formel; de façon que je crois que lesdits religieux seront bien esloignez de leurs quarante mille escus.

—Madame a raison, dit l'accouchée; moy qui ay sept enfans, si je voulois donner mon bien à quelque religion, ce seroit rendre ma famille pauvre et reduitte à mandier son pain; c'est avoir peu de consideration pour des enfans.

—Les enfans en sont quelquefois cause, madame (dit une qui estoit au pied du lict); la pluspart d'aujourd'huy sont si orgueilleux, que, mesprisans le lieu d'où ils sont venus, s'accommodent en princes et grands seigneurs; tel aujourd'huy n'a pas cinq sols vaillant, qui fera autant de parade comme s'il avoit de grands biens et possessions.

Une qui n'avoit parlé: Il ne faut, dit-elle, pas aller si loin: madame le Doux en peut porter tesmoignage. Voulez-vous voir chose plus poupine que sa fille? Il n'y a que deux jours qu'elle estoit fille de chambre au logis de M. de Chevreuse, et maintenant elle porte autant d'atours que la plus grande dame de la cour; mais pourtant elle a beau se parer, ny son masque ny ses perles ne luy blanchiront point le teint.

—Aujourd'huy, dit une marchande de perles, les damoiselles (à ce que je peux voir à la vente) observent que plus elles sont blanches, plus les perles qu'elles acheptent sont noires; ou au contraire, si une dame est un peu brunette, elle marchandera des perles les plus blanches qu'on pourra trouver.

—Voyez-vous plus grande superbe et arrogance que celle de madame Clairmonde, qui depuis un mois s'est faite damoiselle, aux despens de son mary, qui porte les cornes? dit une de son quartier. Depuis qu'elle a commencé à porter le masque, elle en est si orgueilleuse, que, mesme à l'eglise, elle ne le deferoit point pour tout le monde. Cela est intollerable et insupportable.

—Je vous asseure qu'elle le fait à cause de sa laideur, dit une autre qui est sa voisine.

—Pour mon regard, dit une jeune esventée qui aime le haut goust, je ne trouve pas trop mal à propos si madame dont vous parlez s'accommode bien: il y en a bien d'autres qu'elle entre nous autres procureuses du Chastellet (elle ne demeure pas loin de là sans doute); nous plumons la poulle du villageois. Il ne nous en chaut de tous les bruits qu'on fait courir de nous; pourveu que nous ayons de quoy faire gargoter la marmite, c'est le principal. Je ne sçay pas comme se manient et gouvernent les autres de nostre qualité; mais pour mon mary, c'est le plus heureux homme du monde: tantost on luy fera present d'un lièvre, tantost d'une couple de perdris, tantost d'un pasté de venaison; il ne faut pas mentir, que cela nous accommode grandement bien.

Une veufve, qui estoit près de la porte, interrompant son discours, va dire: Je ne sçay pas comment toutes ces affaires se prattiquent; mais on me dit l'autre jour qu'on avoit joué un plaisant trait à un procureur de vostre cartier. Chacun commençoit à dresser les oreilles pour ouyr ce traict. C'est, dit-elle, qu'on luy envoya un fort beau pasté en forme de venaison; mais quand on vint à l'ouvrir, on trouva qu'il n'y avoit que deux cornes dedans: c'estoit une viande de dure digestion.

—Ce ne fust pas à nous à qui ce present fut donné, repliqua l'autre: c'est à nostre voisin (comme si on ignoroit qu'elle a enchroniqué son mary elle-mesme au rang des cornarts!). Mon mary sçait mieux que c'est de vivre que cela; il a des affaires pour les marguilliers de Baignolet et pour les manans de Ville-Juif, qui ne sont point ingrats, car mon mary emporte tousjours plume ou aisle.

Une autre qui avoit autrefois esté fiancée à son mary, et qui le cognoissoit, va dire: C'est donc la cause pourquoy on appelle les procureurs volleurs et larrons, Madame, puis que, à tort ou à droit, ils prennent des deux mains?

—Vous n'y estes pas, ce fit une esveillée: la raison pourquoy on dit que les procureurs sont volleurs, c'est qu'ils n'ont qu'une plume, et si pourtant ils volent mieux que pas un oyseau qui soit en l'air.

[—O la grosse invention! va dire une autre; mais prendriez-vous le mary de madame pour un de ces gens-là? Vrayement il en est bien esloigné; s'il a des commoditez, elles ne viennent pas de là. Ne cognoit-on pas son père, homme riche et opulent?

—Ouy, du bien et de l'argent qu'il a presté][253] à usure, dit une des voisines.

[—Est-il seul qui preste à usure? va faire une autre de][254] la ruë de S.-Anthoine. C'est en nostre cartier où sont les gros usuriers[255]; il y en a trois qui sont en chambre garnie, qui sont de Rennes en Bretaigne, et qui ne se communiquent qu'avec beaucoup de difficultez; l'un est rousseau et les deux autres noiraux; mais ce sont les gens les mieux entendus qui se puissent remarquer. M. Gratiano, Italien, et M. de la Verdure, les cognoissent bien: ce sont leurs partisans, tout passe par leurs mains; mais s'il faut faire quelque chose d'importance, attrapper quelques jeunes gens, les suborner et seduire, ce sont ces Messieurs; s'il faut bailler cent escus pour en avoir cinquante au bout de trois mois, ils y sont les premiers; il n'en faut demander advis qu'à M. de la Tour, ce fermier tant renommé, qui a esté englué assez bien depuis quinze jours[256] en çà, qu'il alla emprunter de l'argent à ces maistres affronteurs pour marier sa fille.—Une vieille de la ruë Sainct-Victor, y voulant mettre son nez: Ne sont-ce pas, dit-elle, ces receleurs de la jeunesse, qui prestent de l'argent à rendre prebstre, mort ou marié? Il y en eut un de nostre quartier, l'autre jour, le plus vilainement affronté du monde; il n'y a point de danger de dire son nom: c'est M. de la Croisette; il avoit presté à diverses fois quinze cens livres à un jeune advocat de la rue Sainct-Jacques, le père duquel est mort depuis six mois, esperant retirer au double quand il se marieroit. Or il est arrivé que ledit advocat est mort ces jours passez, de façon que mon drolle vint à faire sceller un coffre; mais, soit que les parens eussent soustrait ce qu'il y avoit, soit que les sergens eussent quelque intelligence là-dessous, quand on vint à ouvrir le coffre pour faire l'inventaire de l'argenterie, meubles, chaisnes et joyaux qu'on croyoit estre là-dedans, on n'y trouva que des pierres.—C'est la façon de Ulespiègle[257], dit une qui avoit leu les romans. Sur ce mot, on couppa le discours pour entretenir madame l'accouchée de tout ce qui s'estoit passé en ses dernières visites. Pour l'heure, dit-elle, je me porte bien; je voudrois qu'il me fust permis de sortir, je serois bien ayse de prendre l'air: aussi y a-il long-temps que je suis icy renfermée[258]. Comme de fait, je ne sçay comme penser que cela se soit fait de demeurer si long-temps en couche, veu que les premières visites se firent l'après-disnée du vingt et quatriesme d'avril, et nous y sommes encor. Toutesfois, c'est peut-estre à la mode des Hebrieux, qui devoient estre en leurs couches, quand elles s'estoient deschargées d'une fille, l'espace de quatre-vingts jours; encore seroit-ce davantage despuis le temps.

L'accouchée, estant battuë de tant et tant de discours et rapports qu'on luy venoit faire de jours à autre, pria sa mère de congedier la compagnie, et de ne prendre en mauvaise part tout ce qui avoit esté dit chez elle. Sur cet adieu, toutes les bourgeoises prirent congé d'elle, avec toutes sortes de reverence et de courtoisie, et moy particulierement, qui sortis le dernier, et eus le bonheur[259] de voir l'enfant dont est question et du quel on attent le baptesme. De vous dire en ce lieu si c'est un masle ou une femelle, ce seroit trop entreprendre; j'ayme mieux attendre à la première occasion.

LE RELEVEMENT DE L'ACCOUCHÉE[260].

Puisque, par l'ordre le mieux temperé de la nature, chacun est obligé de suivre les traces et les vestiges de son naturel, on ne doit s'estonner pour le jourd'huy si je ne sçay quel crocquant de ce siècle a voulu quitter le plus specieux de son exercice pour s'avilir dans une intemperance aussi légère que la poudre, et autant inconstante que les vents et les fumées; toutesfois ses années et sa qualité devant faire rougir toute insolence dans un silence de discretion, c'est ce qui fait à cognoistre aux ames plus grossières que toutes choses sont sujettes à faire joug à l'inconstance, et qu'il n'y a rien de si stable et de si permanent qui ne reçoive des divertissemens très importans à la police des bonnes mœurs.

Excusons-le, il est sur l'aage, il est chargé de beaucoup d'enfans, et sur tout d'une grande fille qui ne peut trouver un bon party faute d'escus; et puis il est nouvellement relevé de maladie, qui fait que ses esprits sont alienez, ou du moins fort engagez dans la diversité des choses, ne considerant pas qu'en se gaussant de la comedie l'on rit de luy à gueule bée, de ce que la volupté s'exerce fort frequemment en son logis par le concert ordinaire d'une musique qu'il semble vouloir excuser, toutesfois en plusieurs et diverses compagnies; et neantmoins, comme j'ay apris d'un escholier nouvellement revenu de l'université de Poictiers, la comedie et la musique pari passu ambulant, estans d'une mesme cathegorie, d'une mesme trempe et d'une mesme composition: car, si la comedie imprime des dissolutions dans les esprits, la musique n'en faict pas moins, et si l'une resveille les sens, l'autre les jette à la renverse.

Passons outre. On a cy devant parlé au Caquet de l'accouchée pour et contre la France en certain endroit, et contre plusieurs et diverses personnes de qualité, et a-on voulu blasmer ceste benigne et courtoise nation de ce qu'elle toleroit des theatres publics deffendus du temps et du règne de sainct Louis; mais à cecy il n'y a que redire pour le jourd'hui: omnia tempus habent, ce disent les vielles; et puis il n'y a que ce bon diable de Tabarin et Desiderio de Combes qui exercent ce metier et ce passe-temps, l'un donnant des remèdes pour l'exterieur, et l'autre pour ce qui est de plus exquis, de plus cher en ce monde, ainsi que nous tesmoignent la diversité des cures par eux faictes[261]. A bon chat bon rat, il n'appartient qu'au savetier à parler de sa serpette, à l'yvrogne de sa bouteille, au petit mercier de son filet et de ses allumettes, aux femmes de cacqueter à double rattelée, et aux oysons de chier par tout (non omnia possumus omnes)[262]; il est vray selon le dire de la garde de l'accouchée, qui a le fessier plus gros que n'eut jamais la haguenée de Gargantua, car il faut s'estonner comme un homme de merite et de qualité s'est amusé à la ruelle d'un lict pour entendre et escrire tant de sornettes[263], qui ne sont pourtant bien racontées, puis qu'il a accommodé le stile de son discours avec des mensonges nonpareils.

—Sur quoy la servante de chambre du logis, esmerillonnée au possible, autant desireuse de sçavoir et de gouster de tout comme peut estre sa maistresse, remonstra à la dite garde d'accouchée[264] qu'il valloit mieux mentir un peu pour contenter le monde que de laisser son esprit enroüillé, et qu'estant de la confrairie de ceux qui vont à pied pour le present, qu'il n'estoit pas mal seant de faire telles sortes d'escritures, puis qu'on ne faisoit plus de consultations.

—Il est vray que c'est une pauvre chose que l'oisiveté[265]; mais aussi quel profit de discourir de plusieurs dames que ne luy sçavent point de gré, et qui sont maintenant ses capitales ennemies, et lesquelles, au besoin, l'ayant rencontré sur pareilles entrefaictes, lui feraient vuider le pot à pisser pour penitence?

Sur ces entrefaictes arriva la cuisinière, laquelle, pour mettre la garde[266] et la fille de chambre d'accord, leur dict: N'est-il pas vray ce qui a esté escrit ces jours passez? la mère de madame ne se plaignoit-elle pas de tant d'enfans que sa fille a depuis sept ans en çà qu'elle est mariée? Par sainct Jean! cela est vray, et si je sçay bien pourquoy elle faisoit tant de plainctes, car la galande, encore qu'elle soit assez incommodée, l'appetit de paroistre ne la peut quitter, et, toute surannée qu'elle puisse estre, elle ne laisse pas de dire par fois qu'elle est grandement obligée à Tabarin. Aux bons entendeurs salut[267]: la fontaine de Jouvance est tarie, c'est pourquoy cet homme est nécessaire; et si ce vieil registre d'amour a faict tant de plainctes devant l'assemblée qui estoit dernierement au logis, il ne faut pas que l'on s'en estonne, car elle voudrait que toute sa lignée fust de la coste de sainct Louis, pour paroistre selon son dessein.

Ce discours ne fut pas si tost finy qu'une petite muguette de la rue Sainct-Martin entra dans le logis pour sçavoir de la disposition de madame l'accouchée, et pour avoir l'honneur que de s'offrir à son service pour le jour de son relevement, où elle ne fust pas si tost entrée, qu'un certain clerc qui va tantost au pair avec son maistre, à cause de quelque gentillesse dont il est pourveu, luy demanda: Hé bien! Madame, que dit-on du Caquet de l'accouchée que l'on a faict imprimer ces jours passez? N'en avez-vous point encor eu la lecture?

—Vrayement, respondit-elle, c'est un discours assez jolly, et duquel j'ai receu un infiny contentement, principalement sur ce qui est recité d'une damoiselle qui jettoit des soupirs gros comme des boulets de canon, de ce qu'il y a tant de peine à se garantir des accidens qui arrivent aux financiers, faute d'estre alliez à quelque gentil-homme de remarque, car son mary a fait perdre plus de pas à un mien amy pour le payer de la pension que le roy luy donne qu'il n'y a presque de jours en l'an.

—Comment! luy respondit ce mignon de clerc, vous la cognoissez?

—Ouy, asseurement, je la cognois, et à mon grand dommage! Mais n'en parlons plus. A Dieu, Monsieur; je m'en vais sçavoir la disposition de Madame.

Ainsi elle monta en la chambre, et laissa choir de sa pochette, sans y songer, un certain papier enveloppé où[268] la suitte du Caquet estoit escritte, qui commençoit par ces mots: «Je m'estonne de ce que l'on a introduit en l'assemblée de l'accouchée de ce temps tant de personnes et de tant de sorte d'estoffes, avec si peu de règle et avec tant de confusion, d'autant qu'au siècle où nous sommes la ruse possède tellement les esprits d'un chacun, qu'il n'est pas à croire qu'une damoiselle allant voir quelque accouchée se fasse assister de sa suivante si d'avanture elle ne l'envoye en une antichambre ou dans une salle, selon que le logis est composé, afin que par ainsi les reigles de toutes libertez soient observées, ausquels lieux je vous laisse à penser ce qu'il s'y faict aucunesfois, tesmoin la fille d'un sergent à verge qui abandonna y a quelque temps son père, vieil qu'il estoit, pour suivre partout Madamoiselle, à cause qu'elle luy faisoit porter l'attour.

«Il y a aussi grand sujet de blasmer le secretaire du Caquet, puisqu'il a introduit avec mensonge et avec imposture une simple servante en ceste assemblée si notable: car, parmy des dames de qualité, aucunes desquelles ont amassé plus de rentes et de revenus en dix années que n'avoient autresfois vaillant les plus grandes dames de la cour, quelle apparence! C'est faire tort à l'ordre du siècle et mettre tout dans l'ancien cahos. Non, non! si telles crocquantes ont envie de causer de leur butin, ce n'est point en compagnie, ainsi que dit monsieur le secretaire; c'est avec mon compère le savatier, ou avec quelque ravaudeur qui leur est affidé, et qui le plus souvent leur resserre leur butin: aussi à ces drosles-là on leur va bien tailler de la besogne, car, au lieu de faire les galans, sans contredit il faudra qu'ils prennent lettres de maistrise malgré eux; transeat, le danger n'est pas grand: quand au corps de ces canailles il y aura jurande et maistrise, ils songeront davantage à leur profit, et ne serviront plus d'espions comme ils font aux coins des ruës; et quand à mesdames les servantes, elles n'auront plus la peine de se confesser du revenu de l'ance du panier, qui leur sera une consolation à leur esprit et une esperance de mieux faire que celles du passé, lesquelles, après avoir bien ferré la mule et s'estre pourveuës à leurs fantaisies, ont esté contrainctes enfin d'achepter une escuelle de bois: tesmoin une certaine galande qui se voit maintenant entre midy et une heure à la porte de monsieur le président ou aux environs, attendant la caristade.»

En suitte de ce discours il y avoit une reprimande contre l'autheur du Caquet de l'accouchée, en consideration de ce qu'il avoit recité d'une marchande de soye de ceste ville, qui disoit avoir vendu pour douze cens livres d'estoffes pour la fiancée d'un thresorier de Picardie. Aussi quelle apparence de se gausser ou dire que l'on s'est gaussé d'un homme de ceste qualité pour avoir fait une petite despence, car encores qu'il n'ait que douze cens livres de gages, n'y a-il pas le tour du baston, qui vaut mieux que tout, et qui peut entretenir le carosse et les laquais, outre l'ordinaire du logis? Laissons là les thresoriers, c'est un crime d'en parler en temps de guerre: le trouble du temps et leur bel esprit les licencie; bref, il n'est pas temps d'en faire la recherche: nous sommes en un temps d'estat auquel les armes sont de requeste, et le conseil des anciens guerriers plus que celuy des magistrats, si ce n'est dans les villes bien policées et où la rebellion est en mespris, esquelles il n'y a difficulté quelconque que les femmes des notaires n'aillent au traquenar de l'ambition et de la braverie, puisque la continuation de la guerre a fait engager toute la noblesse de France jusques au moule du pourpoint pour trouver de l'argent à rente. Pour moy, j'en cognois une assez familierement, qui, sur ce point, aymeroit mieux cent fois mourir si quelqu'une de ses compagnes la surpassoit; aussi a-elle le maintien assez venerable, le discours assez affilé, et pour estre un peu noire de visage, elle n'en est pas plus laide sous le linge.

J'estimerois que ce papier estoit une espèce de responce à ce pretendu Cacquet de l'accouchée, car il y avoit, outre ce que dessus, l'apologie de la femme d'un advocat du Chastellet, que l'on disoit avoir mis son nez en ce petit discours de braverie, en laquelle estaient escrits ces mots: «Si les empereurs, par leurs constitutions et par leurs nouvelles, ont entendu declarer nobles les advocats, quoy qu'ils fussent de basse extraction, pourquoy voudroit-on aujourd'hui corriger leurs actions après s'estre advancez par leur vertu?» Aux nobles tout ce qui est de noble doit estre permis et toleré, et rien ne doit borner leurs actions que leurs propres volontez, qui font d'ordinaire leur refuge dans la bienseance, et non dans les opinions d'un ingrat et d'un insolent vulgaire, lequel tasche de s'eslever de jour en jour, au prejudice d'autruy, quoy qu'il n'aye que des aisles de cire le plus souvent. Donc, si les advocats portent en ce temps des soustanes de Damas au lieu de sayes, il n'est point si mal à propos qu'à un simple procureur qui n'aura que trois ou quatre presentations le long de l'année, qui ne sera honteux d'en faire de mesme; et puis, le règne de la confusion estant en lustre, ce n'est point à ceste corde-là qu'il faut toucher.

Après la guerre viendra la paix[269]; le roy estant de retour dans Paris, il donnera, Dieu aydant, si bon ordre aux desordres qui se sont coulez parmy le peuple, qu'à l'imitation de ses ancestres, la police qu'il introduira fera que chacun sera cogneu pour ce qu'il est. Alors le petit courteau de boutique ne portera plus le castor à l'envie de la noblesse et des hommes de qualité; il sera tout honteux de porter le petit bonnet à l'antique, et madame la bourgeoise sa femme sera toute gogueluë d'estre habillée de bon gros drap au lieu de vestemens de soye (ainsi qu'une trop grande licence a toleré depuis quelque temps). Ce sera lors qu'on ne tiendra plus de caquet des maris comme l'on faict; on ne parlera plus de leurs aydes, ny des offres de courtoisie qui se font par fois pour soulager le bon homme. Bref, tout sera remis en si bon ordre et en si bonne cadence, que les lieux destinez pour l'impudicité (quoy qu'ils soyent abolis depuis un long temps) seront neantmoins retenus et conservez pour celles qui font banqueroute à leur honneur.

A grands seigneurs peu de paroles; j'ay appris par le Caquet que l'assistance de l'accouchée estoit composée de plusieurs femmes et de diverses qualitez, lesquelles disoient chacune leur rattelée, et ainsi que leur conception ou leur envie les provoquoit: ce que je suis d'advis de croire si ladicte accouchée estoit quelque femme à l'occasion; toutefois, estant certain qu'il n'y a reigle si certaine qui ne reçoive son exception, ceste accouchée estant quelque peu relevée en qualité, il est à presupposer qu'il n'y avoit point tant de sortes de femmes comme l'on dit: car pour le jourd'huy, si une femme a vaillant cinq ou six mille livres [tant de ce qu'elle a peu apporter en mariage que du travail de son pauvre diable de mary][270], il faudra tapisser la maison par tout, paroistre en vaisselle d'argent; et, quand elle ne seroit que la femme d'un petit commissaire du Chastelet, il faut que le satin marche à toute reste, sans aucun soucy des deptes [quand mesme la fruictière du quartier viendroit tous les jours crier et brailler à sa porte pour estre payée de ce qu'elle a fourny pour son logis][271].

Voilà comme l'on se porte pour le jourd'huy dans les vains appas de l'ambition, ne se voyant presque si petit compagnon ny de si basse estoffe qui ne s'en face accroire en quatre parties, aymant mieux engager sa femme, son honneur et sa conscience, qu'il ne vienne à bout de ses pretentions et de ses procez, ainsi qu'a fait un certain gantier depuis peu de jours en çà[272], afin de faire le galland en son quartier, au prejudice d'un disciple de sainct Yves; et puis l'on parle du sieur d'Ambray, qui fit jadis un don à l'Hostel-Dieu de trois pains de succre pour soulager sa conscience. Vrayement, qui voudroit parler de tout le monde et de la sorte qu'il se gouverne, ce seroit un beau libelle! Les honnestes hommes, ce sont ceux qui vont bien couverts, et quoy que l'on ait un grand esprit et accomply des plus rares perfections, ce n'est plus rien; il en faut avoir à quelque prix que ce soit, faut chasser au loing la necessité; aussi bien, quand on a plumé la poulle et le poussin, les Pères de la Société absoudent tout, ce qui m'occasionne de dire ce que disoit autresfois un poète:

Impia sub dulci molle venena latent.

Ouy, sous les herbes plus fueilluës et plus espoisses, les serpens et coleuvres font leur retraicte, et soubs les honnestes apparences des vestemens du siècle, les plus pernicieuses conspirations prennent leur estre et leur naissance: tellement qu'il est mal à propos de se plaindre des eschevins[273] de nostre siècle, qui par fas et par nefas emplissent leur bource à la sortie de leur charge, si l'on ne dit qu'il y a un grand abus aussi à la distribution des deniers provenans de la succession de la reyne Marguerite: car, si Massey[274] se gausse de sa part du procez par luy intenté au Parlement, il y en a d'autres qui font bien leurs affaires; les uns en entretiennent le carosse, et les autres en font bonne chère.

Hé bien! l'on a grandement rompu la teste de madame l'accouchée, par la diversité des discours qui se sont tenus au chevet de son lict; quiconque s'est trouvé en ceste assemblée n'a pas eu le filet à la langue; bref, le silence a esté si peu observé en toutes les apresdinées, que la plus part de Paris y a eu son lardon, attendant que le reste fust preparé pour le Relevement; sur quoy ceste grosse vesse de garde (de laquelle a esté parlé cy-dessus)[275], mettant les mains sur ses roignons, dit assez effrontement: Par ma foy, Mesdames, vous en avez bien dit entre vous; mais je vous veux apprendre un bon tour qu'a fait autres fois un[276] procureur du Chastellet de qui la fortune estoit assez petite. Il faut que vous sçachiés que, se voyant ainsi reduit au petit pied, il trouva une très bonne invention de parvenir en peu de temps: c'est qu'il estoit procureur d'une partie qui contestoit au presidial un grand fonds et de grande importance, à quoy elle se trouvoit fort empeschée, à cause des chicaneries où l'on desiroit de l'embroüiller. La partie adverse, sçachant la necessité de ce procureur, courtoisement s'adressa à luy, et luy representa que s'il y avoit moyen de passer une sentence en sa faveur, qu'il y avoit dix mille livres à gaigner: ce qui ne fut pas si tost proposé qu'il fust effectué; et ainsi le procureur commença sa fortune, qui du depuis s'est bien accreuë, car, au retour de cette affaire, sa femme luy fit si bonne chère de la resjouissance qu'elle avoit, que l'appetit luy en vint souvent de faire telles expeditions. Aussi maintenant il est si riche qu'il ne se soucie plus guères de sa practique.

Sur ce discours, la femme d'un advocat dit tout haut qu'il ne falloit point trouver estrange si un procureur s'estoit laissé corrompre pour bastir sa petite fortune, d'autant que les gens de bien n'amassent rien, et qu'elle en voyoit un tesmoignage si certain en la personne de son mary, que pour avoir refusé de prevariquer en sa charge, et avoir esconduit un solliciteur qui l'avoit pressé de ce faire, que du depuis, au lieu de travailler comme il faisoit, il a esté contraint, pour vivre depuis un an, d'emprunter de l'argent à rente.

—Hé quoy! (ce dit une damoiselle de la ruë Saint-Martin), s'est-il tant engagé comme vous dites?

—Ouy, respondit une marchande du Palais qui voulut y mettre son nez: je vous asseure, Madamoiselle, qu'il m'en doit de beau et de bon; mais je ne daignerois le presser au payement, car, quelque malheur qui luy soit arrivé, il ne laisse pas de faire bon mesnage pour le peu de bien qu'il a[277].

Sur cecy, la femme d'un chirurgien commença de dire: Je ne sçay, pour moy, de quel malheur je suis talonnée. J'avois marié ma fille à un jeune conseiller, et luy avois fait une honneste advance, pensant qu'il deust faire des merveilles avec elle; et neantmoins je n'ay peu recevoir aucun contentement de ce mariage, combien que je leur aye donné à disner à tous deux l'espace de deux ans, ce qui m'a donné sujet de la retirer avec moy, avec si peu de ce que j'ay peu r'attrapper de son mariage.

—Madame, vous avez tort de vous plaindre de vostre gendre (dit la vefve d'un autre chirurgien, qui ne manque point d'appetit au faict d'amour); le moyen que Madame vostre fille puisse estre bien satisfaicte de luy, maintenant qu'il prend le frein aux dents, taschant de se rendre capable en sa charge! Vous sçavez qu'il a fait toutes ses estudes en trois ans, tant en grammaire, rhetorique, philosophie, que droict civil: c'est pourquoy il falloit[278] davantage se contenir dans la discretion et le laisser estudier encore quatre ou cinq années, et puis il eust faict possible comme les grands guerriers, lesquels, après leurs grandes courses et leurs grands travaux, sont bien aises de cherir la dame et d'en dire deux mots à leur loisir.

—Vous avez aucunement raison, repliqua ceste bonne femme; mais les arrerages d'amour sont bien difficiles à payer, et principalement par les hommes d'estude[279] [: car il n'y a rien qui les rende plus soucieux et plus saturniens que cest exercice. Ce n'est pas comme les cavaliers, qui ont tousjours l'oreille à lairte[280]]. Voilà pourquoy j'ay esté contraincte de solliciter et procurer le divorce, pour lequel nous plaidons maintenant au Parlement.

—Voilà pourtant qui n'est guère honneste, dit la femme d'un petit procureur du Chastelet qui s'estoit foulé la verge le jour de ses espousailles; vrayement, si j'eusse voulu faire de mesme pendant deux années, ou peu s'en faut, que j'ay jeusné, ce seroient de belles merveilles! Je vous diray, ma mère ne m'en a pas donné le conseil; aussi mon mary m'en affectionne fort, et, d'autre part, on n'en peut caqueter comme on faict des autres.

—Quoy! Madame, dit une marchande de la rue Sainct-Denis, estes-vous si sage et si retenue que de laisser passer votre jeunesse de la sorte? Pour moy, je vous asseure qu'il faut que je passe mon temps et que je paroisse, quand mon mary devroit faire encor une fois cession. Hé! que ne doivent point faire les femmes[281] [de quelle liberté ne se doivent-elles point servir? qu'est-ce qui doit servir de frein à leurs actions?], puis que les filles s'emancipent bien quand on attend trop à les marier? J'en cognois une de nos quartiers, laquelle je vous asseure estre bien advisée selon le temps.

Cela esmeut madame la relevée de sçavoir qui estoit ceste fille et ce qu'elle avoit faict pour son contentement, et, pour le sçavoir, dit à madame la marchande: Madame, obligez-moy tant que je cognoisse la fille que vous dites n'avoir faict difficulté de se pourvoir.

A quoy respondit ladite marchande que c'estoit la fille d'un pourpointier, qui avoit si bien practiqué sa mère de l'habiller à l'advantage que, peu de temps après, faisant comme le paon, qui se mire d'ordinaire à sa queuë, elle s'en seroit orgueillie si fort qu'elle auroit desdaigné d'estre pourveuë à un garçon du mestier de son père pour aller querir ses estrennes chez le fils d'un president.

—Il ne se faut point estonner, repliqua la relevée, si ceste fille a laissé aller le chat au fromage de la sorte, car elle a desjà de l'aage, et ne manque point de courage pour sa qualité; et puis, voyant qu'une sienne voisine avoit trouvé un bon party qui luy fait porter le satin et le damas, ne croyez-vous pas que cela ne luy ait faict du mal au cœur?

—Veritablement, respondit la femme d'un confiturier qui s'est efforcée d'envoyer son mary en paradis par eschelle, si je pouvois trouver d'aussi bonnes fortunes, Dieu sçait si je ferois l'amour à si bon marché comme je fais! car, estant soustenuë par des enfans de bonne maison, il n'y auroit personne qui m'osast regarder de travers, ny dire pis que mon nom.

Sur ce discours, la garde de laquelle a esté parlé cy-dessus, estant ennuyée de tant de sornettes, joint que l'appetit la tenoit autant au gosier comme il luy tient par fois au cul, ne fut honteuse de dire tout haut: Ne vous desplaise, Mesdames, si je vous interromps; il vaut mieux gouster à bon escient, puisque la collation est preste, que de parler tant d'amour comme vous faictes. Par ma foy, il vaut mieux n'en guères dire et en faire davantage. Çà çà, beuvons[282]! [le temps le permet, et puis nos maris n'y sont pas. Ce qui donna tant de hardiesse à la compagnie, qu']aussi tost les dames commencèrent d'escrimer du gobelet[283] et d'articuler des machoires à bon escient, observant chascune d'elles un silence nompareil[284]; après laquelle collation on print congé de Madame la relevée fort honnestement[285].

L'ANTI-CAQUET DE L'ACCOUCHÉE.

M.DC.XXII.

In-8º.

Ces deux antiens advocats, d'Agues et Pilaguet, avec leurs venerables barbes, ont esté contraints de revenir au monde pour donner conseil à tous ces peuples qui venoient pour demander justice contre ce meschant et miserable qui a fait imprimer les satyriques du Caquet de l'accouchée et des actions du temps, où on a recogneu en plein fonds ce qu'ils croyoient estre fort caché.

Lesquels enfin, après avoir eu communication des libelles, ont esté quelque temps sans parler; puis, avec une gravité non pareille, prenans leurs barbes à deux mains, ont prononcé:

Courage, peuples; nous recognoissons que son erreur est vostre justification, car, tout ce qu'il a dit n'estant que le quart de ce qui se fait par vous, il aura une honte de voir commenter sur ses libelles, et declarer par le menu ce qu'il a obmis à dire.

Qui vous reprendra de vos vices si chacun en est entiché? Un sac à charbonnier ne debarboüille point. Ce ne sont que gouttes d'huille qui s'estendent sur les habits de ceux qui s'en voudroient mocquer.

Ce n'est pas pourtant sauver vostre honneur que de monstrer que la pluspart des peuples sont vicieux, si ce n'est qu'en ce cas personne ne vous jugera. Mais puisqu'on ne peut effacer une tache d'ancre que par une double laissive, encore la marque y demeure, il vaut mieux en couper la pièce.

Or, disons doncques, par forme d'additions, de qui parle-il le premier? de la consultation des medecins. Le pauvre ignorant! s'il eust esté du Palais, comme nous, il eust parlé du procez et differend des quatre medecins et quatre apoticaires, proche l'un de l'autre en un tripied, qui se querelloient à qui auroient de la pratique. Enfin, pour terminer ce differend, nous les avons accordez par arbitres, et ordonné que Vignon continueroit à donner des pruneaux aux petits enfans pour entretenir sa pratique; que S.-Jacques yroit jouer des orgues à Saincte-Croix; que Le Sec yroit tous les jours deux fois entretenir les religieuses de Montmartre, et que Charles monteroit sur son mullet pour faire bonne mine par la ville; et, pour le regard des quatre apoticaires, qu'ils sonneront dès le matin leur mortier en carrillon pour la feste de Negrepelisse et la bienvenüe de monsieur de la Force.

Et ce, sans prejudice des droits de Consinot, pour avoir medicamenté un certain procureur non marié, ruë de Mauvaise-Parole, d'un entrac[286] au coin des genitoires; donné conseil à tous les procureurs et advocats de se pourmener sur les remparts et aux allées de la royne Marguerite[287], en attendant le retour du roy et la paix concluë; et sur la requeste presentée par Moreau, son voisin, pour estre disjoint de l'instance, attendu les quatre cens escus de gages qu'il a de l'Hostel-Dieu, il est mis hors de cour et de procez et sans despens.

Puis après des charlatans et farceurs; ô monsieur le satirique! vous y venez à tard: nous avons ouy parler d'eux jusques aux enfers, qui disoient avoir si bien parlé grec, latin, espagnol, italien et françois sur leur eschaffaut, qu'ils ont tiré des Parisiens en pièces de cinq sols et huict sols, pour la vente de leurs drogues et chappellets, plus de trente mil livres[288] dont ils ont profité, sur ce deduit trois ou quatre cens escus pour la permission de charlataner; que l'on reforme quand on voudra: leur paquet est faict.

Il en veut aux femmes qui veulent estre braves. Pourquoy en parle-il mal? Que ne s'attaque-il à ceux qui les espousent et qui les trompent? Un marmouzet qui promet tout et ne tient rien, qui donne un estat et ne le peut entretenir, qui asseure sa fortune sur l'étiquette d'un sac et sur la ruine d'un païsan, meritent une couronne cornuë.

Il n'en parle que par envie: c'est qu'il ne peut estre eschevin, car il n'a pas le moyen d'achepter un estat de quartenier pour assister au banquet de la trahison, ou de gagner les voix à la brigue, comme fit jadis un charpentier contre le venerable Poncet, qui en est mort de melancolie. S'il ne sçait faire trotter les bouteilles pendant la brigue, il en peut bien torcher son bec. Mais quel profit y a-il de nommer des prud'hommes? Aussi bien sont-ils corrompus quand ils ont passé par là.

Ha! monsieur le satyrique, vous estes ignorant, ne vous desplaise, quand vous mesprisez la petite bourgeoise qui prend le chapperon de velours pour estre suivante de Madamoiselle; si vous eussiez pris vos lunettes d'Amsterdam[289], vous eussiez veu leur advancement: l'une espouse un foytte-cahyer des rentes des aydes, l'autre un procureur de Sainct-André-des-Arts, l'autre un sergent dangereux de la forest de Bondis, dont la race et posterité sera dispencée d'obtenir lettres d'anoblissement, et vous ne le considerez pas.

Il fait bien l'enhazé[290] quand il parle d'une pauvre servante qui se plaint de n'espouser pour son argent qu'un cocher ou un palfrenier, qui font d'une malle vigueur une genealogie d'enfans, et ce pauvre esprit n'a pas consideré que les hospitaux des Enfans-Rouges, du S.-Esprit[291] et de la Trinité, estoient deserts sans eux, qui les ont remplis de la semence d'Abraham.

Il veut empescher, ce semble, que le marchand n'aspire aux offices, et neantmoins ils ont cest honneur ès compagnies souveraines, tenans de la race dont ils viennent, de marchander pour faire justice, et eux seuls ont esté les premiers qui en ont commencé la corruption. Et de faict, avant que le marchand y entrast, il y avoit trop de gravité: on ne pouvoit, au temps passé, approcher ses conseillers, Sainct-Valerien, la Rochetomas, Vignolles, Ruelle, Regnard, Feu, et un tas d'autres des Parlemens et Chambre des comptes, dont la race est noble jusques à la quatriesme generation.

Tu t'abuse, satyrique: quel bien plus clair et plus liquide y a-il à Paris que le loyer des maisons aux garses et mal-vivans[292]? Et neanmoins tu tasche à l'abolir; il n'en vient que du bien. Premierement, on advance le loyer; si un commissaire chasse le locataire avant le terme, on est payé et on n'use point la maison; le tonnerre n'y chet jamais; elle n'est jamais vuide, car il y a plus de ces gens-là à loger que d'autres. Il n'y auroit point de charité de les renvoyer aux faux-bourgs[293].

Tu pense avoir tout dit le plus important affaire des huguenots quand tu parle de la taille qu'ils payent pour faire la guerre contre le roy; tu t'abuse et ne le saura jamais, si ce n'est par un traistre et renegat comme Cahyer, car la première chose à observer en leur religion, c'est d'estre secret, escouter tout et ne parler point, et en faire advertir les Cercles[294] par les espions, sur peine d'excommunication.

Je croy que tu est borgne et aveugle quant tu ne contemple pas les beaux heritages et grandes possessions de ces anciens brigueurs de pratiques, qui subsistent encor à present, scis rue Fripaut[295], Fripillon, consistans en menus drappeaux que l'on ramasse à faire du papier.

Et quoy! tu te mocque d'un procureur qui escrit en grosse lettre! mais cependant, à la barbe de tous ses compagnons, il a si bien fait par ses diligences et la faveur de ses amis qu'il a attrapé la pratique du messager de Chartres, et de fait il y a treize mois qu'il presente des placets pour avoir executoire pour la conduite d'un prisonnier.

Tu es bien sot de ne pouvoir nommer par nom et sur-nom les usuriers; le grand nombre t'en crève les yeux, et, par despit de ce que l'on en dit, on fera le party du remboursement des notaires, à fin que lettres de change ayent lieu.

Pourquoy crie-tu après les cuisiniers qui font trop bonne chère à deux pistoles pour teste, puis qu'ils sont cause de la prestance et gravité des hommes, qui, avec un ventre de grenoüille, marchent d'un pied large, le visage enluminé, meprisant et ne songeant pas à ceux qui ont faim?

Vous ne dites rien de nouveau. On estoit bien contraint au temps passé de se passer d'un honneste valet bien vestu avec un manteau; mais vous ne sçavez pas qu'il n'y avoit pas aussi tant de fils de putains à Paris pour faire des lacquais, et si on ne portoit point en ce temps-là de poulets.

De quoy se soucie ce causeur satyrique si nos lacquais portent l'espée[296] après nous? C'est pour leur apprendre le mestier de tirelaine, car, quant ils nous ont servy cinq ou six ans, nous leur donnons quinze ou vingt escus de recompense pour achepter un manteau rouge[297], pour estre les Achiles d'un bordel ou guetteurs d'un coing de ruë[298].

Il croit depriser M. de Soubize quand il dit (errari), et il ne voit pas qu'il a imité ce vieil capitaine Anguerrant de Marigny[299], qui s'est fait poser sur le portail du Palais[300] pour s'enfuir le premier lorsque le feu brulleroit les roys.

Il a tort d'accuser en general ceux qui donnent invention de trouver argent pour le roy, puis qu'il sçait en sa conscience que cela procède de la subtilité de Roüillart; qui, pour en faire les memoires, a couppé un bureau à l'entrée de la chambre sans payer finance.

En mesprisant les commissaires et sergens qui ne font aucun rapport à la police, pour le moins j'eusse excepté Cordier et Brullon, l'un pour estre empesché à recevoir les loyers des maisons du Pont-Marchand, l'autre à faire la distribution de la bourse commune des huissiers du mois d'avril; encor Brullon mérite loüange d'avoir esté secret et n'avoir decouvert au roy ce grand fonds, qui sans doute eust esté pris pour faire la guerre.

Si les procureurs de la Cour et greffiers des presentations ne font rien, ils n'en vaudront que mieux à l'advenir. Ils ressemblent à la terre qui se repose: quant ils auront esté defrichez et que le temps sera venu, ils plumeront doublement; cependant ils apprendront à faire des fosses.

Tu te plains de Chalange[301], et tu ne cognois pas le plaisir qu'il a fait au plat pays lorsqu'il a fait l'edict des procureurs. Il est cause que, les clercs n'ayant plus d'esperance d'estre receus, ils se sont retirez en leur pays. Il s'en est engendré une pepinière d'esleus, grenetiers, sergens, receveurs du taillon et autres menus offices, pour lesquels achepter ils ont fait boursiller leurs parens et amis, qui sont à present secqs comme bresil.

Si on ne fait plus de ceremonies, d'enterremens ny d'offrandes, tu ne sçais pas que l'on a succé cela de la mammelle de Genève, pour tousjours appauvrir l'Eglise et faire quitter aux quatre mandians la partie?

Si l'Université a perdu son credit et son ancienne réputation, pourquoy en accuse-on les jesuites? Sçait-on pas bien que le recteur de l'Université, Dadonius, fuit auspensus in patibulo, quoniam agebatur de puero corrupto? On a eu crainte que chacun en fist de mesme?

L'on se plaint que les offices sont trop chers. O les sots! que ceux qui s'en plaignent imittent Canto et Testu: qu'ils appreignent à jouër des farces.

Sinon, qu'ils preignent ces deux beaux offices qui sont à present à Paris et à bon marché, courratiers de change et receleurs de fripperies: l'un fait trouver de l'argent à usure, l'autre fait derober son maistre. Sans cela, le Chastelet seroit bleu!

Pour ce qui est de vostre tableau et de la justice du roy, Monsieur le satyrique, nous en demourons là: nous n'avons rien à contredire. M. Pillaquet et moy, nous avons fueilleté nos annalles; nous n'avons rien trouvé ès règnes de nostre temps de pareil à celuy-cy, sinon qu'une chose, que les peuples ne meritoient pas un tel roy, qui en l'aage de vingt ans a suppedité les rebelles, corrigé les vices, et, par sa pietté et bon exemple en son règne, augmenté le culte divin.

LES ESSAIS DE MATHURINE

S. L. ni D. In-8. de 16 pages.

Quand je considère ma vie, je la trouve assaisonnée de beaucoup d'utilitez, encore que, passant par les ruës, les petits enfans clabaudent après moy: Aga! Mathurine la folle! Il est vray que je suis un peu entachée de cette maladie-là; mes sens peuvent estre quelque petit rances, et mon imagination tant soit peu moisie et disloquée. Cela m'est survenu des reliques d'un coup de carabine que je reçus en l'esprit à certain balet de Caresme-prenant. Baste! si je suis folle, c'est à l'occasion, laquelle j'ay sceu empoigner si bravement, qu'il m'en revient tous les ans plus de vingt et treize jacobus[302] de rente foncière[303], sans compter le tour du baston. Il y en a qui pensent estre d'estoffe de Milan et abiles gens, qui sont plus sots que je ne suis beste de plus de trois demy-septiers. Considerez (s'il vous plaist) que je passe mon temps gaillardement et sans melancholie. S'il me tourne sur l'ennuy, je vais visiter ma bonne amye, qui me fait manger de la souppe à l'hissope[304] toute de graisse et du lard jaune comme fil d'or, et au bout de la carrière mon paillard escu, avec le: Jusqu'au revoir, Mathurine. Mais aussi je suis tousjours preste à ses commandemens et au service des gallands hommes; paix ou guerre, à toute heure, mon harnois est en estat, car je le fais souvent fourbir avec un guimpillon fait à l'occasion et au contraire de ceux qu'on met dedans les pintes, car il est pelu au derrière du manche, et ceux-là le sont au devant. Vive la follie! c'est mon gaigne-pain. Parbleu! Tabarin profite plus avec deux ou trois questions bouffonnes et devineries de merde, ou de la chouserie, que ne fait son maistre avec tout son questo e un rimedio santo per sanare tuti gli morbi, parceque le monde ne veut plus que du badinage; aussi finit-il par la farce, afin qu'on se souvienne d'y retourner. La sagesse de ce monde est folie devant Dieu; cela me fait esperer que je seray en ce pays-là recompensée de double pitance, car je suis folle en cestuy-cy assez pour deux. Si tous les fous et les folles portoient crouppière, il y en aurait beaucoup à Paris qui auraient le cul escorché, car il y en a de toutes sortes, de tous aages, de toutes qualitez, de tous sexes; mais ils sont foux à la mode qui trotte, et, comme dit maistre Guillaume[305]:

Les uns sont foux et les autres estranges,

Aussi merveilleux que beaux anges

Descendus tout nouveaux des cieux,

Et ceux-là sont foux glorieux.

Il y en a d'autre qualité qui sont les Bertolles[306], et graves; ils portent fière arrogance. Vous les jugeriez, à leur mine de serrer les lèvres comme une nouvelle mariée, que ce sont des Socrates. Donc cette sorte de foux, comme dit maistre Guillaume:

Selon nos bons docteurs devots,

Nous les appelons sages sots.

Et s'ils ne rencontraient qu'un etronc, ils y trouveraient à remordre: rien de bien fait s'ils ne le font. Si par cas fortuit ils avoient aperceu quelqu'un sur quelqu'une, foy de ma vie! il faudrait aussitost feuilleter toutes les postures de l'Aretin plustost qu'il ne trouvassent à redire à la leur; peut-estre voudroient-ils informer contre eux, disant que celle-là n'est pas à la mode. Bran pour cette liste de reprenans! bonnes gens, on le fait à toutes modes, et s'en est-on assez bien trouvé il y a desjà plus de quatorze jubilez. Vous autres lisarts, n'avez-vous point leu certain petit fatras qui se nomme le Caquet de l'Accouchée? Si avez, sans doute, si avez: car il s'en est vendu plus que d'epistres familières ou d'oraisons des saincts. Certain mescontent m'en présenta l'autre jour un, la lecture duquel m'eschauffa grandement les aureilles. Je cogneus aussitost à la trempe que c'estoit un autre mescontent qui l'avoit forgé, à qui on avoit refusé quelque lippée à butiner. Ces gens-là n'ont pas d'esprit pour se conduire, et voudroient qu'on leur baillast le timon de l'estat à chevaucher. C'est une pure ambition de se voir un jour canonisez auprès de maistre Pierre du Coignet[307]; mais le chapitre Nostre-Dame est empesché avec le promoteur à la reformation des prestres qui chantent aux cabarets la desroute des huguenots et la mort du grand turc. Vous cognoissez bien à cette heure que c'est un fol à la mode qui est l'autheur du Caquet. Il dit au commencement de la litanie qu'il avoit esté malade; il n'y a si busard de medecin qui ne cognoisse assez qu'il l'est plus que jamais et est en danger de mort, car desjà ne sçait-il plus ce qu'il dit. Quiconque fait le caqueteux, jamais bonne pie ne le couva, et la semence de quoy il fust basti estoit esvantée aussi bien que sa cervelle. Peut-estre eust-il rongé, ainsi que comme les vipereaux, le ventre de sa mère pour sortir, s'il ne se fust trouvé vers la basse cartière une bonde grandement large; et, parcequ'elle luy fit baiser son cul en passant, qui estoit un peu sale pour lors, et deceda sans hoirs legitimes de son corps, il voudroit prendre à tasche tout le sexe feminin. J'ay ouy dire à Pierre Dupuy[308] qu'il est bastard de Pasquin; maistre Martin asseure sur ses grands dieux que Marphore[309] l'a fait; le docteur croit que ç'a esté maistre Josse avec le Picard: tant il y a je n'en sçay rien davantage, sinon qu'on le tient frère de Merlin d'Angleterre, et le cognoist-on assez à son Caquet, lequel n'epargne ni Tibault ni Gautier qui ne soit pincé sans rire. Agarez, Mesdames, comment il met sur le trottoir femmes, filles, vieilles, jeunes et de toutes conditions, chetives, qualifiées et publiques, indifferemment, qui ne pensèrent jamais à ceste caqueterie non plus que je fais à estre souldan de Babylone ou à prendre Montauban. Ne prenez-vous pas garde qu'il faict comme le singe qui tire les chastaignes du feu avec la patte du levrier[310]?

Je m'aperçoy qu'il voudroit que les femmes fussent l'echo de ses mauvais discours, et le charlatan le suject de ses reformations d'estat. Pour moins de cent escus, je vous en diray quelques raisons. Item, premierement, commençons par l'isle du Palais. Sa curiosité luy fit accoster Tabarin: Estes-vous malade?—Ouy, respond le caqueteur; mais cette mienne maladie n'est point contagieuse, elle n'est qu'en l'esprit. Je me suis adressé à vous, sçachant que vous aviez credit auprès de vostre maistre, qu'on estime sçavoir des choses merveilleuses.—Ouy dà, repliqua Tabarin; il sçait des choses merveilleusement merveilleuses, il sçait des passe-merveilles, et si ne fut jamais chiche de ses sciences. Regardez de laquelle vous desirez afin d'estre satisfait. Mais je feray bien tout ce que desirez: je ne suis guère moins clerc que luy; dites hardiment.—Je desirerois, honneste seigneur, dit le galland, si vostre benevolence me l'accordoit, sçavoir de vous le moyen de cognoistre quand une fille est pucelle ou non, par ce qu'outre ce que je pourrois esviter d'estre cornard, cela me profiteroit parmy les compagnies.—Lors Tabarin respond: N'y a-il que cela? je satisferay à ce que desirez; mais il faut cognoistre avant qu'aymer. Allez vous en chez Cormier[311] faire apprester le disner pour faire plus estroite cognoissance; ce pendant je vais consulter tous mes plus exquis secrets, et je retourne à vous dans une heure.—Je vous y attendray, dit le caqueteur.—Je vous iray trouver, dit Tabarin; faictes mettre le vin au frais.—L'un et l'autre se trouve à son assignation, qui disnèrent à plain fonds. Après le disner, Tabarin commença: Monsieur, ce ne sont pas icy questions du chaffaut[312] ordinaires ny à tous les jours; davantage, toute peine requiert salaire, comme vous sçavez.—Je le sçay bien, dit le curieux; aussi je vous prie de mettre ceste couple de pistoles en vostre pochette. C'est attendant mieux.—Bien, dit Tabarin; escoutez... Lorsque vous desirez sçavoir si une fille est pucelle, mettez une de vos mains sur son robin, vous m'entendez bien? puis au mesme temps soufflez-luy au cul, et si lors vous sentez le vent à la main, elle est indubitablement percée[313]. Et en voilà pour votre argent. Adieu, Monsieur. C'est un des vieux tours de Tabarin, qui planta son homme à reverdir. Et ainsi le caqueteur demeura affiné; neantmoins, il protesta d'appel pour se venger du bouffon et affronteur. Voilà un des pourquoy; l'autre raison et second pourquoy il en veut aux femmes, c'est, par saincte Barbe! de cholère que pas une n'a daigné l'escoutter ny faire estat de son Caquet,

Sinon une vieille Picarde

Qui alloit crier la moustarde;

Encor n'en pouvoit-il jouïr.

Aussi est-ce un haubereau bien vuidé. Jan Voüaire, je suis laide et folle, ce dit-on: je ne voudrois pas luy avoir presté mon cul à baiser. Pleut à sainct Fiacre[314] que le sien fust plein d'eau boüillante! La necessité l'avoit mis si bas qu'il ne se pouvoit gratter, d'où lors il fist profession de porteur de rogatons[315], et fut contrainct d'accoster toutes sortes de femmes d'un beau s'il vous plaist, qu'il a maintenant changé avec un office de macquereau et une place aux maisonnettes. Vous l'eussiez veu aller de porte en porte comme le pourceau de sainct Anthoine[316], car il demandoit aux dames de haute gamme auctorité, aux damoiselles courtoisies, aux presidentes, maistresses des requestes» conseillières, faveur; aux advocates conseil, aux greffières coppies, aux procureuses soing, aux clergesses ecriture, aux soliciteuses diligence, aux financières argent, aux bourgeoises logis, aux marchandes estoffes, aux boulangères foüace, aux rostisseuses chair, aux cabaretières vin, aux chambrières service, aux artisans credit: surquoy estoit fondé le plus fort de toutes ses esperances;

Mais s'en cognoissant frustré,

Il buvoit comme un chastré...

et deux, joint que, s'estant adressé à une vieille boismienne qui vit en reputation d'avoir beaucoup d'experience et sçavoir les secrets plus cachez de la nature, qui vous dit proprement une bonne aventure et tire finement la croix[317] d'entre les mains des lourdaux comme luy. Or, se trouvant pour lors amoureux jusqu'au troisiesme degré et en estre malade, il se resolut d'avoir recours à ceste vieille femme piternelle pleine de pechez mortels, dont il luy arriva presque pareil tour à celuy que Tabarin luy avoit joué. A l'abord, il salüe ceste nymphe de Pluton, disant: Ma commère, ne voyez-vous point à mon visage que je suis malade?—Si fait, dit-elle; mais remède à tout, sinon à la mort. Dictes vostre mal: il y en a de plusieurs sortes. Ce n'est pas la peste, au moins?—Non, fist-il.—Hé bien! fist-elle, il n'y a pas mal de teste, d'estomach, bras, jambes et autres?—Mon mal est pire que tout cela, dit-il.—Je me veux donc retirer de vous, fist-elle.—Ne craignez point, fist-il; encore qu'il soit dangereux, si n'est-il point contagieux: en un mot, c'est un mal de femme.—Est-ce point, fist-elle, le mal de matrice?—Non, fist-il; j'entends causé par femmes.—Je vois, fist-elle; soit, il y a chancres, poulains, pisse-chaude, verolle, cristaline et autres appanages et circonstances. De quel genre est-il espèce?—Rien, rien, fist-il; le mal qui me travaille est mal d'amour.—Ha! ha! ha! ha! s'écria l'adadé[318]; courage! vous n'en mourrez pas; et puis je suis la superlative: vous avez trouvé chausse à vostre pied. Il n'est au monde ma semblable, preste à tout comme la chambrière d'un ministre, experte au metier des femmes. Je sçay oster les rousseurs et effacer les lentilles du visage; je fais de l'huille de talc et autres fars excellens en perfection; je sçay faire resserrer maujoint[319] tellement, qu'une coureuse seroit prise pour la plus pucelle du monde. Bref, elle luy monstra une boüette à divers estages pleine d'oignemens, sur le couvercle de laquelle estoit escrit:

Le medicament de ceans

Est bon pour guerir les urines

Et pour apprivoiser les grives,

Les jumens guerist du farcin;

Il fait faire maint larcin,

Il fait chanter les renaissailles,

Il fait cornes aux demoiselles.

Or, de ce que vous demandez, c'est un autre item. Parlons doucement... J'ay apporté certaine racine de la petitte Ægypte qui vous fera estre aymé des plus huppées. N'est-ce pas ce que vous cherchez?—C'est cela mesme, dit l'homme. Que ce me seroit un grand bonheur si, par vostre moyen, je pouvois rencontrer cette science et arriver à mes intentions!

—Voulez-vous que je vous dise, Monsieur? respondit la vieille; je ressemble aux archevesques: je ne marche point si la croix ne va devant.—Je l'entends ainsi, ma bonne amie, dit le caqueteur; voilà de quoy rire.—Baillez, Monsieur: à laquelle en voulez-vous? Dictes-moy seulement son nom, et je la contraindray de venir coucher avec vous. Nostre homme, frottant ses deux bras et demy extasié, la luy nomme, prennent heure et complottent ensemble: de sorte qu'elle luy meine coucher une sienne camarade, hideuse et difforme, capable de faire mourir un delicat. Il prit son desduit avec elle. Le lendemain, voulant contempler son beau sujet au jour, se pasma de honte et de peur, croyant que ce fust Proserpine. Il voulut fuyr; elle le suit, disant: «Payez-moy. Mercy Dieu! est-ce ainsi que vous renvoyez le monde après vous en estre servi[320]?» Et trois! Aussi, en mesme temps, le medecin luy avoit promis certaine drogue pour le rendre plus robuste au jeu d'amour, et d'effect fist son ordonnance, laquelle fut expediée par un apothicaire qui fist le quiproquo: car, au lieu de bailler ce qui estoit pour luy, il envoya une medecine qui avoit esté ordonnée pour un cordelier affin de luy lascher le ventre, et la sienne fust baillée au beau-père, qui tous deux se trouvèrent bien estonnés à l'heure de l'operation. Voilà le dernier pourquoy. Et ne sçachant à qui se doit prendre de son malheur, il a faict ceste levée de bouclier. L'esprit me tourne quand je pense à cest entendu en affaires, et acheveray d'affoler s'il n'est chastié comme un ennemy de nature. Sus! sus! que chasque femme barboüille son visage d'une bouse de vache! que chasque fille salisse sa moustache d'un crachat, et que toutes ensemble luy baillent tant de maledictions, qu'il ne puisse fienter qu'à coups d'estrivières et coure le garrou[321] tout le reste de sa vie! C'est un infame qui ne sçait un seul secret de femmes: nous sommes trop advisées pour babiller ainsi qu'il dit; il n'y en a pas une si sotte, si elle avoit laissé aller le chat au fromage, d'en parler à sa plus confidente. Nous avons cela de serment entre nous de le taire; il n'y a si jeunette qui n'aymast mieux le faire vingt coups que d'en parler une fois. Il suffira, pour ce coup, d'avoir descouvert le subject du mescontentement du caqueteur: ç'a esté consultant le trepied d'une sybille ancienne qui sert à soustenir mon pot à pisser. Cela me fait paroistre, quand il me plaist, plus sage que trente-cinq Diogènes. Jusqu'au revoir. Je ne puis vous entretenir plus long-temps pour ce coup, d'autant que le comte Mansfeld me fait perdre le caquet. Il faut envoyer tous les caqueteurs et de loisir au devant de cest yvrongne pour hoguiner toutes les femmes qu'il traine, de peur qu'il ne vienne empescher la continuation du travail de l'hostel de ma bonne amie, manger noz melons et boire nostre piot. Je vais descouvrir s'il est point retourné en voyage à Nostre-Dame de l'Espine[322], et puis je le vous envoyeray dire par ce mesme messager. Sanita et guadaigne.

LA SENTENCE PAR CORPS

Obtenue par plusieurs femmes de Paris contre l'autheur des Caquets de l'Accouchée.

A Paris, chez le baron de l'Artichaux, demeurant au royaume d'Ecosse, à l'enseigne du Cailloux de bois.

M. DC. XXII[323].

A tous ceux qui ces présentes lettres verront, Gautier Garguille[324], gentilhomme ordinaire de sa chambre et garde de la place de l'Isle du Palais, à Paris;

Sur la requeste faitte en nostre audience de la place de l'Isle du Palais, par

Mondor, parlant pour discrette et honorable personne le sieur Tabarin, demandeur en reparation d'injures ou invectives, selon l'intervention par luy faitte avec Pierre du Puis[325], parlant pour les femmes et bourgeoises de cette ville de Paris, complaignantes pour raison des faits mis en avant par les Caquets de l'Accouchée, imprimés et publiés en cette dite ville de Paris; comme le sieur de Decombes, parlant pour Grattelart[326], autheur des dits Caquets, defendeur et opposant, et en vertu du defaut donné contre le dit Pierre du Puis au dit nom; après avoir ouy le dit Mondor au dit nom, qui nous a remontré que mal à propos, indiscrettement et contre la règle de toute societé humaine, le dit Grattelart avoit fait escrire en ses Caquets plusieurs paroles scandaleuses et injurieuses, et qu'il en requeroit reparation; et le dit Pierre du Puis, pour les dites complaignantes, parties principales, a conclud pareillement à la dite reparation, et, adjoustant à icelle, a requis condamnation de tous depens, dommages et interests. Nous avons condemné et condemnons le dit Grattelart à declarer, en présence du crocheteur de la Samaritaine[327] et du Jacquemart du clocher de l'eglise de Sainct-Paul[328], que mal à propos, indiscrettement et sans raison, il a fait escrire et publier, aux Caquets de l'Accouchée, plusieurs paroles injurieuses et scandaleuses contre l'honneur des femmes, lesquelles par elles seront rayées et biffées, et qu'il en demande pardon aus dites femmes et bourgeoises de Paris, et à Tabarin au dit nom, les suppliant vouloir oublier les dites injures et scandales; et outre condamnons le dit Grattelart ès despens, dommages et interests. En tesmoin de ce, nous avons fait mettre nostre sceau ordinaire de la dite place. Ce fut fait et donné en la dite audience par Jehan Farine[329], tenant le siége, le mardy vingt et douziesme du present mois.

Signé Guillaume[330].

Copie d'intervention.

Aujourd'huy, trois cens soixante et sixiesme jour de la presente année, est comparu, en chair et en os, Jehan de la Vigne[331], fondé de procuration authentique à luy passée par le discret et sage en teste, le seignor Tabarino, lequel a declaré qu'en consequence de la dite procuration il desiroit estre receu partie intervenante au procès meu, indecis et pendant ou accroché entre et au milieu de Grattelart, autheur des Caquets de l'Accouchée, et les bourgeoises qui se formalisent et scandalisent, pour y proposer ses defenses comme d'abus; et pour ce faire a constitué son procureur generalissime le dit la Vigne, auquel a donné tout pouvoir deçà et delà l'eau, dont le dit la Vigne a requis lettres, et a signé au registre.

Signé Gros-Guillaume.

Sentence sur l'intervention.

A tous ceux qui ces presentes lettres verront, Gautier Garguille, gentil-homme ordinaire de sa chambre et garde de la place de l'Isle du Palais, à Paris.

Sur la requeste faicte en nostre audience de la dite place de l'Isle du Palais, par Montdor, parlant pour discrette et sage personne le sieur Tabarin, demandeur en intervention avec les femmes et bourgeoises de Paris, contre Grattelart, autheur des Caquets de l'Accouchée, Decombes, parlant pour luy; après que le dit Montdor, au dit nom, a remonstré avoir grand interest d'intervenir en la dite cause pour les causes qu'il est prest desduire, et que le dit Decombes, au dit nom, a soustenu au contraire, nous avons receu et recevons le dit Tabarin partie intervenante au procez d'entre l'autheur des Caquets de l'Accouchée et les femmes et bourgeoises de Paris, et ordonnons que dans le premier jour il baillera les causes d'intervention, pour estre ordonné sur icelles ce que de raison.

Causes d'intervention.

Causes d'intervention que met et baille par devers vous Me Garguille, garde de la place de l'Isle du Palais, à Paris,

Le sieur Tabarin, demandeur en intervention avec les femmes et bourgeoises de la ville de Paris,

Contre le sieur Grattelart, defendeur et opposant;

A ce que, pour les raisons qui seront cy-après desduites, il soit dit par vous, Monsieur, que ledit Tabarin sera receu partye intervenante au procès, et obtiendra à ces fins, avec condamnation de tous despens, dommages et interests.

Il est à remarquer que le sieur Grattelart est homme fort sujet à mesdire des actions d'autruy, et sur tout il paroist ès Caquets de l'Accouchée qu'il a fait imprimer tout nouvellement, au scandale et dommage de la bonne renommée des femmes et bourgeoises de cette ville, lesquelles, estant adverties, se sont voulu formaliser, et particulièrement la femme du sieur Tabarin, lequel s'est bien voulu joindre en la cause et prendre le fait pour elle, attendu qu'il estoit interessé en l'affaire.

Et de fait, il semble qu'elle a juste cause de remonstrer que son mary n'est point charlatan et qu'il ne le fut jamais, et que l'on ne sçauroit faire escrire qu'elle soit femme de charlatan sans offenser l'un ou l'autre, dont elle pretend avoir reparation qui ne luy peut estre desniée, sauf correction: premièrement, ce que la bonne vie de l'un et l'autre est notoire à tout le monde, et est à naistre le premier qui les puisse redarguer du moindre crime ou malfaict;

Secondement, pour autant que le dit Grattelart a malicieusement faict escrire qu'icelluy Tabarin est cocu et cornard, ce à quoy il n'a jamais songé, et qui ne se sçauroit passer sans son interest ou dommage;

En troisiesme lieu, pour autant que le dit Tabarin ne fust jamais capable de cornes que de celles qui sont en son bonnet, encores luy sont-elles odieuses; au moins dict-il qu'il ne les tient que comme gaige et pour celuy qui en aura affaire;

En quatriesme lieu, il vous remonstre que les cornes ne luy sont deües que pour en faire part aux marchands, et, de vray, Grattelart en aura à sa discrétion de telles qu'il luy plaira.

Partant, conclud le dit Tabarin comme dessus, ès despens, dommages et interests.

Coppie de la requeste presentée au sieur Garguille de la part des hommes et maris dont les femmes ont esté scandalisées par les dits Caquets.

Supplient humblement les marris des femmes scandalisées par les Caquets de l'Accouchée, disans qu'ils ont esté advertis qu'il y a procez meu, indecis et pendant par devant vous entre les dites femmes et le sieur Grattelart, autheur des dits Caquets, pour raison des injures, invectives et scandales qui y sont escrits, lesquels regardent les supplians, qui ont besoin de vostre provision. Ce considéré, Monsieur, il vous plaise ordonner que les dits supplians seront receus parties intervenantes au dit procez avec les dites femmes, icelluy Tabarin et le dit Grattelart, lequel sera à ceste fin aussi assigné pardevant vous-mesme, pour ordonner en outre ce que de raison, et vous ferez justice.

Au bas est escrit: Qu'on donne assignation, etc.

FIN.

TABLE ANALYTIQUE.

Alais (Conférences d'). 88, 158, notes. Aliénor de Poitiers. Son ouvrage les Honneurs de la cour, cité vij, VIII. Ancre (Le maréchal d'). Remplacé par Luynes. 67. V. Luynes, Mangot. Andreini, dit Lelio. Joue à l'hôtel de Bourgogne. 9, note. —Ses séjours à Paris en 1618, 1621, 1623, 1624. Ibid. —Y publie son Teatro celeste. Ibid. Ange (L'). Chirurgien. 128. Angers. V. S.-Germain, de Vertus (la comtesse). Angoulême (Le duc d'). Son conseil à ses laquais. 257, note. Anne d'Autriche. Paie les frais du feu d'artifice pour la canonisation de sainte Thérèse. 49, note. —Elle aime les contes de revenant. 74, note. Arc (Jeanne d'). Son éloge. XXIV, 206. Aremberg (Le comte d'). Secours qu'il amène au roi de France en 1567. 275, note. Arlequin, Vient avec li Gelosi. 9, note. —La reine est marraine d'un de ses enfants. Ibid. Artigny (L'abbé d'). Ses Mémoires de littérature, cités 98, note. Aubigné (Agrippa d'). Son Baron de Fæneste, cité 152. —Pour la mode du paroistre. 178, note. Aubry (Le président et la présidente). 150, note. Auvray. Ses Satyres, citées 26, note. —Ses vers contre les huguenots. 86, note. —Portrait qu'il fait, dans une de ses satires, d'un goguelu à la mode. 105, note, 200. Avenel (M.). Sa collection des Lettres de Richelieu, citée 68. Baignolet (Marguilliers de) et leur procureur. 224. Baronville. Son duel avec Dasquy. 40, note. —Pendu en effigie au bout du Pont-Neuf. Ibid. Bassompierre (Le maréchal de). Sa liaison avec Marie d'Entragues. XXII. —Ses Mémoires, cités 57, note. —Ses services au siége de Montauban, à celui de Montpellier, au combat des Sables-d'Olonne. 169, note. —Fait maréchal de France. Ibid. —Il a toujours des Suisses pendus à sa ceinture. 170. —Il voudroit être connétable après Lesdiguières. Ibid. —Il fera mieux d'épouser Mlle d'Entragues. 171. Bassompierre (Louis de). Fils du maréchal et de Marie d'Entragues, mort évêque de Senlis. XXII. Bautru. Chassé de la cour. 161. Beaufort (J. de). Cité 39-40, note. note. Beaumarchais. Beau-père de la Vieuville. Rigueurs contre lui en 1624; il est pendu en effigie. 97, note. Bellingen (Fleury de). Son Etymol. des proverbes, etc., citée 269, note. Belot (J.). V. Mil-Monts. Berigal (G. Peignot.). Son Hist. du Jaquemart de Dijon, citée 280. Bermude (Le roy Dom). Donné pour père à sainte Thérèse. 50, 115. Bertholde. Type des farces italiennes. 263-264, note. Berulle (Le cardinal de). Sa mission à Rome pour le mariage du prince de Galles avec Henriette de France. 79, note 1. —Pense à établir les pères de l'Oratoire au Luxembourg; achète l'hôtel d'Estrées. 80, note 2. Berulistes. Leur opinion formelle contre l'exhérédation des enfants. 221. Béthune (M. de). Ambassadeur à Rome, opposé à M. de Berulle. 79, note 1. Beuvron (Le marquis de). Tué devant Montauban. 159, note. Bistrade (La). Conseiller au grand conseil. 40 et note. Biset. Son plan d'embellissement pour Paris. 41, note. Blois. Luynes y fait conduire l'argent qu'il devoit employer pour l'armée. 64, note. Boesselière. Son cabaret. 28, note. —Prix qu'on y paie. Ibid. Boileau-Despréaux. Au cloître Notre-Dame. 118, note. Boiscourtier. Sa Requête générale, au nom des Parisiens, sur le voyage de S. M. 58, note. Bonaparte (Nicolo). Sa comédie la Vedova, citée 273. Bosse (Abraham). Sa gravure des Caquets, XXV. —Sa gravure représentant un Quinze-Vingts. 199. Boucher-d'Argis. Son Hist. abrégée des plus célèbres comédiens, citée 278, 281. Bouillon (Le duc de). Dumoulin s'enfuit près de lui. 88. —S'entend avec Mansfeld. 191-192, note. Bourbonnois. Prix des charges dans cette province. 131, note. Bourderet. Financier ruiné. 40. Bourgoing (J.). Son livre la Chasse aux larrons, cité dans les notes des pag. 39, 40, 95, 165, 166, 182. Bourgoing (Le P.). Fait les airs des psaumes chantés à l'Oratoire. 82, note. Brantes. L'un des frères de Luynes; épouse une héritière de la maison de Luxembourg, et devient duc de Luxembourg-Piney. 67, note. Bret (Le), conseiller. 135. Brossette. Son erreur sur l'Espadon satyrique. 115, note. Brullon, huissier. 258. Brunet. Son Manuel du Libraire, cité 116, note. Bruscambille (Deslauriers, dit). Donné à tort comme l'auteur des Caquets. XXVII. Bruyne (Mme la). De tavernière (boutiquière) devenue superbe marchande. 217. Calvin. Son nom donné à un chien. 84. Canillac (Le baron de). Tué devant Montauban. 159, note 2. Canto. 259. Castel (Jean). Son Miroir des pêcheurs, cité au sujet des Caquetoires d'accouchée. XIII. Cenami, financier. 40, note. Cepède (Alonse Sanchez de). Donné pour père à sainte Thérèse. 50, 115. Chalange, fameux partisan. 182. —Fait rendre des édits onéreux dont il partage les profits avec les ministres. 182, 183, 241, notes. —Exploite l'édit contre les procureurs. Ib., 258. Chamilly (Mlle de). Réfugiée au cloître Notre-Dame. 118, note. Chapelain. Sa traduction de Guzman d'Alpharache, citée 15, note. Charenton (Ministres de). Lettre qu'ils écrivent au roi et que Richelieu combat. 86, note. —Fuite du ministre Dumoulin 88, note. Charles, médecin. 250. Chaulne (M. de). Frère du connétable de Luynes, d'abord appelé M. de Cadenet. 67, note. —Fait maréchal à l'occasion de son mariage avec l'héritière de la maison de Chaulne. Ibid. —Intercède pour Monsigot. 146. —Il enlève au duc de Fronsac l'héritière du vidame d'Amiens. 147, note. —Ses menaces à M. le Prince, prisonnier à Vincennes. 162, note. —Il veut épouser la princesse d'Orange. 162, note. Chevalier (Nicolas), le président. Fait instruire le procès du procureur général de sa justice. 27. —Rend service à Luynes. Ibid., note. Chevreuse (La duchesse de), veuve de Luynes. Son peu d'influence en 1622. XXI, 148, note. Chevry (Le présid. Duret de). Protége Monsigot. 147. —Son épitaphe satirique. 147, note. Christine de Pisan. Son Trésor de la cité des Dames, cité VIII, XXXIII. Clairmonde (Madame). Se fait damoiselle aux dépens de son mari. 222. Clérac. Pris par les troupes du roi. 57, note, 113, note. Cœuvres (Marquis de). Son ambassade à Rome; obtient le chapeau pour Richelieu 149, note. Coignet (Pierre du). Son image à Notre-Dame. 265, note. Collerye (Roger de). Cité XIV, XLII. Combalet. Tué devant Montauban. 159, note 2. Condé (Le prince de). Tout se fait par ses avis, VIII, 67. —Pourquoi il se prend de haine contre les huguenots et se mêle aux affaires. Ib., note. —Menacé par Cadenet lorsqu'il est prisonnier à Vincennes. 161, 162, note. Consinot, médecin de l'Hôtel-Dieu. Ses gages. 251. Coquillart (Guill.). Cité XII, XXXVII. Cordeliers. Leur rébellion contre la réforme qu'on veut introduire chez eux. 71, note 2. Cordier, huissier. 258. Cormier. Tabarin à ce cabaret. 268. Cotel (L'affaire de). 142. Coulange. Chanson citée, XV. Courbouzon (Le sieur de). Empêche qu'on ne massacre l'ambassadeur d'Espagne. 162, note. —Sa furieuse escarmouche contre les Rochelois. 163, note. Courval-Sonnet. Cité XIV. Créqui (Le maréchal duc de). Gendre de Lesdiguières; espère après lui être connétable Ses droits. 170-171. —Son duel avec don Philippin. Ib., note. Croisette (M. de la), usurier. Perd tout par la mort de son débiteur. 226. Dangeau (Suppl. au Journal de). Cité 21, note 1; 47, note. Darmingère (M.). 218. Daubray ou Dambray (Claude) Erreur des Caquets à son sujet. 21, note. —Laisse, par testament, trois pains de sucre à l'Hôtel-Dieu. 22, 240. Davity. Son livre Les Estats, Empires, etc., cité 71, note. Desiderio Descombes, le Charlatan. 102. —Moins plaisant que Tabarin. 102, note; 231. —Parle pour Grattelard dans la Sentence par corps. 278, 283. Desplan. Fortune de ce parvenu, XXI. —Protégé de Luynes. 181, note. —Sa chute rapide. 160, note. —Ses commencements; il est laquais, puis soldat au régiment de Navarre sous M. Cadenet. 161. —Visite M. Le Prince à Vincennes. Ib. —N'est pas fait maréchal de France, quoi qu'en disent les Caquets. 162, note. Des Rues, financier. 40. Dobillon, usurier. 29. Doux (Le, madame). Sa fille la poupine. 222. Dubreul Ses Antiquités de Paris, citées 42, note. Du Moulin, ministre protestant à Charenton. Sa fuite à Sedan. 88, note. —Lettre d'avis publiée sous son nom. Ibid. Entragues (Marie d'). Sa liaison avec Bassompierre. XXII. —Il devroit l'épouser. 171. —Madame de Verneuil brouillée avec lui à cause d'elle. 169. Esternod (Claude d'), véritable auteur de l'Espadon satyrique; son pseudonyme de Franchères; pourquoi l'on attribue son livre à M. de ourquevaux; titres divers onnés à ce même livre; contrefaçon qu'il subit, etc. 115, 116, note. Estienne (Henry). L'Apologie pour Herodote, citée 269, note. Estoille (Journal de P. de l') cité au sujet des lunettes d'Amsterdam. 253, note. Fabri, trésorier de l'extraordinaire des guerres. 167, note. Fail (Noël du). Ses Contes d'Eutrapel, cités 265, 268, notes. Félibien. Son Hist. de Paris, citée 24, note. Feu, conseiller. 254. Feuillet (M.). 134. Fiacre (Saint). Maladie dont il est le patron. 269. Fontaine (La). Une de ses fables, citée 267, note. Force (Le duc de La). Vend sa soumission au roi. 56, note. —Rend Sainte-Foy, qu'il avoit enlevée à Terbon. 57, note. —Sa bien-venue fêtée à Paris. 251. Forget (Le président). 143, note. Fournier (P.) Son Hydrographie, citée 61, note. Fournier (Édouard). Ses Variétés historiques et littéraires, citées 61, 172, 183, 251, 254, 257, 258, 272, notes. —Son Paris démoli, cité 263, note. —Son livre l'Esprit des autres, cité 263, note. —Son Histoire des Hôtelleries et Cabarets, citée 268. Fourquevaux (Le baron de). Ce nom n'est pas un pseudonyme; le baron a existé, mais n'a pas fait l'Espadon satyrique. 115, note. Fresne (M. du). 219. Fronsac (Le duc de), fils du comte de Saint-Pol; tué dans une sortie au siége de Montauban. 159, note. —Le roi écrit des lettres de consolation à son père et à sa mère. Ibid. —Ce que Luynes lui avoit promis. 160, note. Garandine (M. de la). Sa femme, renfermée avec un jeune avocat, le laisse coucher à la porte. 216. Gautier-Garguille. Son testament, cité 102, note 2. —Notes le concernant. 277, 278, 282, 285. Geperny, fameux financier. 40. Gondi (Jean-François de), dernier évêque de Paris. 189. Goujet (L'abbé). Partage l'erreur de Brossette au sujet de l'Espadon satyrique. 115, note. Grattelard (Le baron de). Note sur ce farceur du Pont-Neuf et sur ses Œuvres. 279. Gratiano. Fin partisan de connivence avec les usuriers. 225. Grisons, voleurs. 60, note. Gros-Guillaume. 281, note; 282. Guerin. Bouffon de la reine Marguerite. 171 —Meurt misérable. 171-172, note. Guillaume (Jean), le bourreau. 94, note. Guillaume (Maître), fou en titre d'office. Pension qu'il touche. 263, note. —Nombreux pasquils sous son nom. Ib. Guise (Cardinal de). Prélat frisé. 51, note. Guyon (Fery de). Ses Mémoires, cités 275, note. Guyot (Maison). Son encre de la petite vertu. 60, note. Henri IV. Mot de lui sur l'édit contre les financiers. 14, note. —Dîne avec Mathurine. 168, note. —Ce n'est pas lui, mais Rosny, qui dit: La couronne vaut bien une messe. 173. —Ses édits somptuaires. 181, note. Hoctot. Tué devant Montauban. 159, note 2. Hou (Le), premier commis de l'épargne. 39. Jacomeny, usurier. 29. Jannet (P.). Son édition des XV Joyes de mariage, citée X, XI, XXV. Jean de la Vigne. Farceur. 281, note. —Fondé de pouvoirs de Tabarin dans la Sentence par corps. 282, etc. Jean Farine. Note sur ce farceur. 280-281. Jésuites. S'occupent de l'esprit de la Flèche. 74, note. Joinville (Le prince de), fils du Balafré. Gagne beaucoup à rester fidèle au parti du roi. 68, note. Jouan, le procureur. 179. Laffemas. 150, note. La Flèche. Lettre de Malherbe sur un esprit qui tourmentoit une fille de cette ville. 74, note. Lafont de Saint-Yenne. Sa caricature en Quinze-Vingts. 199. Larivey. La Vefve, comédie qu'il a traduite de la Vedova, citée. 273. Larcher. Procureur en Parlement. 128. La Rochelle. Premier siége de cette ville. 53, note; 157. —Le sieur de Courbouzon et son escarmouche. 163. note. Lebeuf (L'abbé). Cité 24. note. Le Mercier (Jacques). Architecte; fait la façade de l'Oratoire. 81, note. Lesdiguières (Le connétable de). 170. Lestange. Tué devant Montauban. 159, note. Lincy (L. de). Son Introd. au livre des Légendes, citée VII, note. Louis (Saint). Ordonnances contre les comédiens. 9, 231. —Croix sur ses monnaies, 271. Louis XIII. Son édit de 1624 contre les financiers. 14. note. —Allume le feu de la Saint-Jean en 1620. 23, note. —Ses lettres-patentes pour un asile des pauvres. 25, note. —Tort que son absence fait à Paris. 57, note. —Fait les PP. de l'Oratoire ses chapelains. 80, note. —Son édit contre les habits en 1627. 181, note. Louvet, le grand fermier. 40. —Sa lutte contre les contrebandiers nommés Coquilberts. Ib., note. —Ils le ruinent. Ibid. —Sa fuite à Maubuisson. Ibid. Lussan. Tué devant Montauban. 159, note 2. Luynes (Le connétable de). Vers contre lui, indiqués XVII. —Accusé de garder l'argent nécessaire aux troupes. 54, note. —Pourquoi il ne prend pas Montauban. 64. —Sa mort devant Monheur. Ib., note. —Prédictions à ce sujet. 65-66, note. —Son immense pouvoir après la mort de Concini. 156. —Protége Desplan. 162. —Exploite les édits avec les partisans. 183, note; 241, note. Machault (De), conseiller aux requêtes. 142. Magnin (Ch.). Cité 9, note. Malherbe. Ses lettres à Peiresc, citées dans les notes des pages 8, 9, 18, 19, 40, 41, 54, 57, 58, 91, 149, 163, 172. — Autres lettres de lui, citées 65, 74, 192, notes. Mangeart. Sa Francophilie. 58, note. Mangot. Chancelier après la mort de Du Vair. 152, note. — Sa fidélité à Marie de Médicis et au maréchal d'Ancre. Ibid. Mansfeld (Le comte de). Cancan sur lui, XXIV. — Menace la Champagne; peur qu'il inspire; fait un accord avec M. de Nevers; tire vers le Hainaut; est battu à Fleurus par D. Gonzalès. 191-192, note. — On le renvoie à Notre-Dame-de-l'Épine. 275. Marguerite (La reine). Ses libéralités. 20, note. — Distribution des deniers de sa succession. 241. — Ses Allées, 251. Marigny (Enguerrand de). Sa statue au portail du palais. 257. Marigny. Son poëme du Pain bénit, cité 37, note. Marescot. Son ambassade infructueuse pour le chapeau de l'évêque de Beauvais. 153, note. Marot (Clément). Invectives contre lui. 83. Marphore ou Marforio. 266. Mathurine, folle de cour. XXIII. — Dîne avec Henri IV. 168, note. — Sa pension en 1622. Ib., 261. — Maturinade, ce que c'est. Ib. — Caquet de Mathurine sur M. de Bassompierre. 169. — Essais, livret publié sous son nom. 261. — Court les rues poursuivie par les enfants. 252. Mauregard, astrologue. Malherbe l'accuse d'être un faux prophète. 65, note. Meuves (De). Pendu comme coupable de l'incendie du Pont-au-Change. 58, note. Milmont (Le curé de). astrologue. Almanach où il prédit la mort du connétable de Luynes. 65, note; cité 66, note. Moizant de Brieux. Comment il explique le proverbe: Ferrer la mule. 15, note. Moncrif. Son livre sur les Chats, cité 24, note. Mondor. Les lazzis de Tabarin font sa fortune. 100, note. — Sa bonne mine. 101. — Elle baisse. 102, note. — Dans la Sentence par corps, il parle pour Tabarin. 278, 283. Monheur, château près de Toulouse. Se révolte contre le roi; assiégé par Luynes, qui meurt devant ses murs. 64, note. Monsigot, créature de Luynes près de Gaston. Procès qu'on lui fait après la mort de Luynes. 146, note. — Gaston l'envoie près du duc de Lorraine. Ibid. — Il remet à Richelieu l'inventaire des bijoux de Madame, et s'enfuit à Orléans. 146. — Il avoit tenu banque au Louvre pour les pensions; il a pour lui les gens du Parlement, M. de Chevry, madame de Chevreuse, etc. 147, 149, notes. —150. Mais on a juré sa perte. 151, note. —Ses aveux. Ibid. Montaigne (G.). Sa Police des Pauvres, citée 25, note. Montauban. Assiégé. 53. —Pourquoi Luynes ne s'en empare pas. 64, 96. —Haut prix des charges de conseiller dans la généralité de Montauban. 131, note. —On a vainement espéré prendre cette ville. 157, 158, 256. —M. de Fronsac tué au siége de cette ville. 159, note. —Services de Bassompierre à ce siége. 169. Montauron, l'un des Puget. 39, note. Montbrun. Tué devant Montauban. 159, note 2. Montescot, fameux partisan. 40, note. Montmorency (Le duc de). Blessé devant Montauban. 159, note. —Avis qu'on lui donne de ne pas trop s'engager dans la guerre de Languedoc. 160, note. Montpellier (Siége de). 158, 164. —Bassompierre s'y distingue. 169. Moreau, médecin. 251. Moysset, dit Montauban, fameux partisan. 182, note; 241, note. Mozan (M.). Il faut étudier sous lui pour entrer à la cour du Parlement. 30. Negrepelisse. Sa prise. 113, note. —Fête carillonnée par les mortiers des apothicaires. 251. Nemours (Le duc de). Protége M. de Courbouzon. 162. Nevers (Le duc de). Fait un accord avec Mansfeld. 192, note. Nisard (Ch.). Son Hist. des livres populaires, citée 279. Notre-Dame-de l'Épine. Lieu de pèlerinage près de Châlons-sur-Marne. 275, note. Notre-Dame-des-Vertus. Pèlerinage. 217. —Aventure de deux bourgeoises et de leurs maris déguisés en moines. 217-220. Ocquerre (Le président d'). Père de Blancmesnil. 148, note. Oratoriens. On leur reproche leur ambition. 78, note. —Louis XIII les fait ses chapelains. 80, note 1. —Belle musique de leur église. 82, note. Paris. Haine de ses habitants contre les Huguenots. XX. —Rue Quincampoix, ses surnoms. 11, note. —Corps des Merciers. 16, note. —Feu de la Saint-Jean en Grève. 23, note. —Le Pont Neuf et les quais bâtis au moyen d'un impôt sur les vins. 24, note. —L'hôpital Saint Germain. 25. —Asile pour les pauvres, Ib., note; 70, note. —Le Chevalier du guet, le Prévôt de l'Ile. 36. —Pont-au-Double. 41, note. —Les imprimeurs, leur ignorance, etc. 50, 51, 122. —Le trésor de la Bastille. 54, note 2. —Tort que l'absence du roi fait aux marchands. 57, note. —Incendie du Pont-au-Change. 58, note. —Diverses troupes de voleurs. 60, 71, 257, notes. —Habitants de Paris peureux la nuit. 71, note. —La Cérès des Carmélites. 74, note. —Fondation de l'Oratoire; pourquoi la façade de l'église est de biais. 81, note. —Le Puits Certain. 111, note. —Le cloître Notre Dame fermé la nuit. 118, note. —La galerie de M. de Verdun à l'hôtel de la présidence (préf. de police). 144, note. —Ses rues pavées d'avocats. 176. —Établissement des Capucines en 1604. 188. —Établissement des Ursulines de Sainte Avoye. 189. —Le premier archevêque de Paris, en 1622. 189. —Costume des aveugles Quinze-Vingts. 199. —Gens de finance logent au Marais. 225. —Plaintes contre les échevins. 241. —Allées de la reine Marguerite. 251. —Hospices des Enfants-Rouges, du Saint-Esprit, de la Trinité. 253. —Filles au faubourg Montmartre. 255. —Les marchands de chiffons des rues Fripaux, Frepillon. 255. —Statue d'Enguerrand de Marigny au portail du Palais. 257. —L'Hôtel d'Angoulême. Id. —Loyers du Pont-Marchand. 252. —L'image de Pierre du Coignet. 265. —Pourceaux du Petit Saint Anthoine. 270. —Le crocheteur de la Samaritaine, le Jacquemart de Saint-Paul. 279, 280, notes. Passerat. Cité 61, note. Paulmy. Ses Mélanges d'une gr. Biblioth., cités 22, note 1, 3. Perrette (Madame). Sage-femme du faubourg Saint Marceau. 214. Philippe le Bel. Sa loi somptuaire de 1294. 32, note. Philippin (Don), bâtard du duc de Savoie, tué en duel par M. de Créqui. 171, note. Piganiol. Sa Description de Paris, citée 75, note; 80, 81, 82, notes. Poncet le vénérable. 252. Pont (Gratien du). Cité XIII, XLI. Portail (M.) et son valet Rose. 145. Potel, greffier du conseil; son fils Le Parquet. 152, note. Povillon-Pierrard. Sa Descript. de l'église de N.-D.-de-l'Épine, citée 275. Puget. Sa fortune, etc. 39. Puits (Pierre du). Fou qui couroit les rues. 266, 278. —Pasquil paru sous son nom. Ib., note. —Parle pour les femmes et bourgeoises de Paris dans la Sentence... 278. Rabelais. Cité 145, 231, 265, 269. Racan. Ecrit à Malherbe sur l'esprit de La Flèche. 74, note. Regnard. 39, 254. Regnault, trésorier de l'extraordinaire. 39. Regnier. Dédie une de ses satires au baron de Fourquevaux. 115, note. Cité pag. 138, note. —Sa 14e satire, parue sous le nom de Maître Guillaume. 263, note. Reiffenberg. Son Histoire des fous en titre d'office. 263, note. Remond. Son Sommaire traité des revenus, cité 168, 261, 263, notes. Rémonde (Madame). Se fait damoiselle. 220. Richelieu (Le cardinal de). L'auteur anonyme des Caquets doit être quelqu'un de ses partisans, xxiij. —Fait juger et pendre de Meuve comme incendiaire du Pont-au-Change. 58, note. —Passage de ses mémoires sur la mort de Luynes. 64, note 2. —Autre sur une prophétie du curé de Milmont. 66, note. —Autre sur le prince de Condé. 68, note. —Ses lettres, citées 79, note. —Sa haine des huguenots. 86, note. —Ses mémoires, cités 146, 148, 159, 161, notes. —M. de Cœuvre lui obtient le chapeau. 149. —Collègue de Mangot. 152, notes. Robichon. Il faut étudier sous lui pour entrer à la chambre des comptes. 30. Rochefoucauld (Le comte de La). Défait Soubise dans l'île de Ré. 35, note. Rochetomas (La), conseiller. 254. Rohan (Le duc de). Sa cure en qualité de chef des huguenots. 33. —Ne se jette pas dans les mêlées. 56. —Abandonne Saint-Jean-d'Angely. 56, note. —Ses Mémoires, Cités 57. note. —Fait sa paix et baise le babouin. 158, note. Rome. Fêtes qu'on y fait pour la canonisation de sainte Thérèse. 48. —Les Pères de l'Oratoire veulent s'établir à Saint-Louis-des-François. 79, note 1. —Les prêtres laïcs s'y opposent et retardent la concession jusqu'en 1629. Ib., note 2. Rosny. Dit au roi le fameux mot: La couronne vaut bien une messe. 173. Rougets, ou Manteaux-rouges, voleurs. 60, note; 257. Rossignol (Le bonhomme). 135. Rouillard, syndic des avocats. 258. Roze-Croix (Frères de la). Leur établissement à Paris. 72, note. Ruccellaï, fameux financier. 40, note. Ruelle, conseiller. 254. Saint Antonin. Discours fait sur la prise de cette ville. 114, note 1. Saint-Foix. Ses Essais sur Paris, cités 75, note. Saint-Germain, gentilhomme angevin. Amant de madame de Vertus; comment assassiné. 139-141, note. Saint-Jacques. Médecin de ce nom. 250. Saint-Jean-d'Angely. Ville abandonnée par M de Rohan. 56. —Rendue par M. de Soubise. Ib., note. —Luynes fait bien ses affaires au siége de cette ville, comment. 64, note. Saint-Valerien, conseiller. 254. Sainte-Foy (Ville de). Rendue par M. de La Force. 57, note. Les gens de cette place massacrent à Gontaut les gendarmes de Luynes. 64, note. Sardini, financier. 40, note. Salvancy, financier ruiné. 40. Saumur. Un des frères de Luynes pense y mourir de dépit. 67. Sauval. Ses Antiquités de Paris, citées 23, note. —Son livre Galanteries des rois de France, cité 172, note. Schomberg, superintendant des finances. Chargé de payer à M. de la Force sa soumission. 57, note 1. Sec (Le), médecin. 250. Sillery (Le commandeur de). Opposé à M. de Berulle. 79, note 1. —Son ambassade à Rome, d'où Richelieu le rappelle en 1624. 149, note. Siri (Vittorio). Cité 68, note. Soubise (Le comte de). Cure que lui paie le parti huguenot. 33. —Sa défaite dans l'île de Ré. 35, note; 55. —Sa capitulation à Saint-Jean-d'Angely. 56, note 2. —Comparé, par raillerie, à Enguerrand de Marigny 257, note. Tabarin. Son Recueil de questions, cité 100, note. —Fait la fortune de Mondor. Ib., 262. —Plus plaisant que le charlatan. 102, note; 231. —Ses spécifiques pour rajeunir. 233. —Fortune qu'il fait. 250, note. —Où il se retire, et comment il meurt assassiné. Ibid. —Sa rencontre avec le prétendu auteur des Caquets. 267. —Demande en réparation contre l'auteur des Caquets. 278. Tabourot (Estienne). Ses Bigarrures, citées 141, note. Tardieu (M.), de la première chambre. 145. Tardieu (Le lieutenant criminel). 38, note. Tallemant des Réaux. Ses Historiettes, citées XXII, et dans les notes des pag. 26, 38, 39, 40, 52, 139, 147, 150, 152, 153, 169, 257. Terbon. Se laisse prendre Sainte-Foy. 57, note. Testu. 259. Thérèse (Sainte). Vies de cette sainte remplies d'erreurs, XX, 50, 114. —Fêtes de sa canonisation à Paris et à Rome. 48, note; 49, note. Thou (De). Au cloître Notre-Dame. 118, note. Tillay (Le président de). 153, note. Toiras. Chassé de la cour. 161, note. —Fait maréchal de France. 161, note. Tonneins. Rendu par son gouverneur. 56, 57, note. Tour (De la), fermier renommé. Ruiné par les usuriers. 225. Traversier, usurier. 29. Turquie (Ouvriers de). Appelés à Paris pour faire des étoffes. 17, note. Ulenspiegel (l'Espiègle). Ce type cité 226. Vendôme (MM. de). Opposés à M. de Sillery. 149, note. Verderonnes (De). 143. Verdun (Nicolas de). Premier président. 143, note. —Estime qu'on a de lui. Ib. —Sa grande galerie. 144, note. —Sa galanterie. 144. Verdure (M. de la), partisan. D'accord avec les usuriers. 225. Verneuil (La duchesse de). Sa manière de vivre après sa rupture avec Henri IV. XXII. —Arrive chez l'accouchée avec Mathurine. 168. —Déteste Bassompierre à cause de sa sœur. 169. V. Entragues (Marie d'). Vertus (Comtesse de). Contrainte par son mari d'assister au meurtre de son amant. 139. —Récit que fait Tallemant de la même aventure. 139. note. Verville (Beroalde de). Imitation d'un passage de son Moyen de parvenir. 269. Vieuville (M. de la). Succède à Schomberg comme superintendant des finances. 57, note. —N'est pas d'avis que le Pont-au-Chanqe soit rebâti aux frais des orfèvres. 59, note. —Rigueurs contre lui en 1624; il est enfermé au château d'Amboise. 97, note. —Il éloigne madame de Chevreuse. 148, note. Vignolles, conseiller. 254. Vignon, médecin. 250. Viguier (M.). On veut le mettre mal avec M. le Prince. 169. Villautrais, partisan scandaleusement riche. 165, note; 166, 167. Villejuif (Manants de) et le procureur qui les plume. 224. Vincennes. V. Chaulnes, Desplan. Weiss (M.). Rétablit la vérité au sujet de l'Espadon satirique. 115, note.

Notes in this chapter

Note 1 · Dans le Recueil général, ce qui termine cet alinéa est remplacé par: et alors, saluant l'accouchée, je luy demanday le mesme privilége du paNote 2 · Terme de jeu de paume ou tripot.Note 3 · Var. Rec. gén.: les porter.Note 4 · Ce qui est renfermé entre crochets est remplacé, dans le Recueil général, par: Il y en a assez qui prestent argent.Note 5 · Le passage entre crochets est remplacé, dans le Recueil général, par le mot: en.Note 6 · La plupart des gens de finance logeoient alors au Marais. V. Catal. des partisans, etc., dans le Recueil des Mazarinades, t. 1, p. 113, etc.Note 7 · Var. Le Recueil général dit huit mois.Note 8 · Le curieux livre qui a pour titre: Ulenspiegel, de sa vie, de ses œuvres, etc., étoit depuis près d'un siècle populaire en France, où le motNote 9 · Tout ce qui suit, jusqu'à l'alinéa, manque au Rec. gén.Note 10 · Var. Ce qui suit est remplacé dans le Recueil général par: que de baiser l'Accouchée en prenant congé d'elle jusques au revoir.Note 11 · Dans le Recueil général, cette partie est intitulée: la Huictiesme journée et dernière visitation au relevement de l'Accouchée.Note 12 · Var. Tout le commencement de cet alinéa manque dans le Recueil général.Note 13 · Var. Cette citation latine manque au Recueil général.Note 14 · Var. Cette fin d'alinéa manque au Recueil général.Note 15 · Var. Les mots: à ladite garde d'accouchée sont remplacés dans le Recueil général par: en ma faveur.Note 16 · Var. Le Rec. gén. ajoute: respond la femme de l'advocat.Note 17 · Var. Rec. gén.: la femme de l'advocat.Note 18 · Var. La fin de l'alinéa manque au Recueil général.Note 19 · Var. Au lieu de la fin de cet alinéa et de tout l'alinéa suivant, on lit dans le Recueil général: estoit escrit que la fille d'un sergent à Note 20 · Var. Ces mots manquent au Recueil général.Note 21 · Var. Le passage entre crochets manque au Recueil général.Note 22 · Var. Le passage entre crochets manque au Recueil général.Note 23 · Var. Le commencement de cet alinéa est remplacé, dans le Recueil général, par: Il y en a beaucoup qui s'en font à croire, tesmoins ce qu'a fNote 24 · Depuis long-temps on se plaignoit des échevins et on les chansonnoit. Tabourot, dans ses Bigarrures, au chapitre des Allusions, plaisantant Note 25 · Il faut lire ici, je crois, Moysset, et non Massey: c'est le partisan dont nous avons parlé plus haut dans une note. Luynes et ses frères l'Note 26 · Var. Rec. gén.: garde l'accouchée voulut, auparavant prendre congé, dire quelque chose en...Note 27 · Var. Rec. gén.: desire, s'il vous plaist, vous en dire un en passant: c'est qu'un...Note 28 · Var. Rec. gén.: j'ai patience qu'il ait la fortune meilleure.Note 29 · Var. Ce qui termine l'alinéa est remplacé, au Recueil général, par: le laisser estudier encore quatre ou cinq années, pour estre plus parfaiNote 30 · Var. Le passage entre crochets manque au Rec. gén.Note 31 · On écrivoit ainsi, d'après l'étymol. ital., fare all' erta. V. Montaigne, I, 19.Note 32 · Var. Le passage entre crochets manque au Rec. gén.Note 33 · Var. Le passage entre crochets est remplacé, au Recueil général, par: les unes aux autres auparavant que partir et de prendre congé de madamNote 34 · Var. Rec. gén.: verre.Note 35 · Var. Le mot nompareil est remplacé, au Recueil général, par: ne voulant plus traicter des discours ny d'Accouchée ni de Relevée.Note 36 · Var. Le Recueil général ajoute: se promettant les unes aux autres, d'un vif courage, de se voir à leurs autres accouchemens.Note 37 · Antrax.Note 38 · V. sur cette promenade, dépendante des anciens jardins de la reine Marguerite dans la rue de Seine, une longue note de nos Variétés historiqNote 39 · Tabarin surtout devint très riche. Il se retira dans une terre près de Paris, et, jalousé par les nobles ses voisins, qui s'indignoient de vNote 40 · Lunettes d'approche, que les Hollandois fabriquoient seuls alors, et qu'on appeloit aussi lunettes de Hollande. Sur cette invention, assez nNote 41 · Expression qui répond à celle-ci: faire des embarras, Enhazé vient, selon Oudin, du verbe espagnol hacer, faire.Note 42 · A l'hospice des Enfants-Rouges, fondé au Marais par François Ier, aussi bien qu'à l'Hôpital du Saint-Esprit, près la Grève, on recevoit et lNote 43 · Ceci n'est pas tout à fait vrai. On en peut voir la preuve dans une pièce de nos Variétés historiques et littéraires, t. 1, p. 207-209.Note 44 · Elles y retournèrent cependant, ou, pour mieux dire, elles ne les avoient jamais quittés, surtout le faubourg Montmartre, «alors leur retraiNote 45 · Les cercles luthériens d'Allemagne, toujours alliés clandestinement avec les huguenots de France.Note 46 · C'est le nom qu'on donnoit alors à la rue Phelippeaux. Son premier nom, qui remonte au XIVe siècle, étoit Frépault; au XVe siècle, on dit FrNote 47 · V. sur cet abus des laquais porteurs d'épée, et sur la défense qui y mit fin en 1654, nos Variétés historiques et littéraires, tome 1, p. 28Note 48 · V. plus haut pour ce vêtement des bandits d'alors.Note 49 · Personne ne comprit mieux que M. d'Angoulême l'emploi que les laquais mis à la retraite devoient faire de leurs loisirs. Même pendant qu'ilsNote 50 · C'est sans doute à cause de la capitainerie du Louvre, dont il étoit en effet investi, qu'Enguerrand de Marigny est traité ici de capitaine.Note 51 · Cette statue d'Enguerrand de Marigny ne fut placée sur le portail du Palais qu'après le jugement qui le réhabilita. On lisoit au dessous: ChNote 52 · V. plus haut sur cet édit des procureurs que Chalange fit rendre et dont il eut les profits; V. aussi nos Variétés histor. et litt., t. 1, pNote 53 · Le jacobus, monnoie d'or à l'effigie de Jacques Ier, d'une valeur de 14 fr. 70 cent., d'après l'évaluation moderne, avoit alors cours en AngNote 54 · Allusion à la pension de 1,200 livres que Mathurine, comme nous l'avons dit plus haut, recevoit de la cour.Note 55 · C'est-à-dire une soupe bien odorante. L'hysope étoit une plante parfumée.Note 56 · Il est naturel que Mathurine invoque maître Guillaume, qui étoit alors à la cour son collègue en folie. Auprès de l'article qui la concerne Note 57 · Pour Bertholde, type des farces italiennes, qui commençoit à se populariser en France, mais qui ne prit pied sur nos théâtres qu'au XVIIIe sNote 58 · C'est-à-dire de se voir moquer comme la statue de Pierre de Cugnières, surnommé du Coignet, laquelle on avoit placée en un petit coin (coignNote 59 · Fou qui couroit alors les rues.Note 60 · Marforio, le camarade du Pasquin de Rome.Note 61 · Cette phrase, où se trouve en germe l'une des plus jolies fables de La Fontaine (liv. 9, fab. 16), ne fait presque que reproduire celle-ci dNote 62 · Sur ce cabaretier fameux alors, qui avoit fait peindre au dessus de sa taverne, près Saint-Eustache, l'arbre dont il portoit le nom, V. notrNote 63 · Pour échaffaut, comme on appeloit alors le théâtre des saltimbanques et des empiriques.Note 64 · Ceci est assez platement abrégé d'un passage du Moyen de parvenir, 1738, I, 104-5.Note 65 · On sait de quelles maladies il étoit le patron, et quel mal, réclamant les potions postérieures dont parle Regnard dans le Légataire, s'appeNote 66 · Expression consacrée par Rabelais et par Henry Estienne pour désigner un mendiant, un quemandeur. «Quant à tant de povres moines, dit celui-Note 67 · Il étoit permis aux religieux du Petit-Saint-Antoine de laisser vaguer leurs pourceaux par les rues.Note 68 · La pièce d'argent, à cause de la croix qui se trouvoit sur celles de saint Louis. On connoît l'expression être sans croix ni pile, pour direNote 69 · Prêtresse du dieu assyrien Adad. (V., à ce mot, le Dict. mythol. de Jacobi.)Note 70 · V., sur de pareilles pratiques, une note de nos Variétés hist. et litt., t. 1er, pièce 26, p. 340-341.Note 71 · Réminiscence d'un passage de Larivey. V. la Vefve, (comédie imitée de la Vedova de Nic. Bonaparte, dans l'Ancien théâtre françois, t. 5, p. Note 72 · Faire le loup-garou, être changé en bête.Note 73 · Lieu de pèlerinage à deux lieues de Châlons-sur-Marne, ainsi nommé à cause d'une image de la Vierge trouvée en 1400 dans un buisson d'épinesNote 74 · Cette pièce est, je crois, la plus rare de toutes celles qui se rapportent aux Caquets de l'Accouchée. Nous l'avons trouvée à la BibliothèquNote 75 · Ce n'est pas le lieu de donner ici une longue notice de ce fameux farceur, qui, pendant plus de quarante ans, amusa Paris, soit sur la placeNote 76 · Ce fou, dont il est déjà parlé dans la pièce précédente, couroit les rues comme maître Guillaume et Mathurine. Dans un livret publié en 1614Note 77 · Autre farceur du Pont-Neuf, donné très gratuitement ici comme auteur des Caquets de l'Accouchée. Les seules œuvres que l'on connoisse de luiNote 78 · On disoit crocheteur, mais c'est clocheteur qu'il falloit dire, car il s'agit de la petite figure qui frappoit les heures sur la cloche de lNote 79 · Autre petite figure de bronze qui, à la manière du clocheteur du Pont-Neuf et du Jaquemart de Notre-Dame de Dijon, sonnoit l'heure au clocheNote 80 · Encore un farceur, mais moins connu que les autres. Il est nommé, dans l'Espadon satyrique, Cologne, 1680, pag. 25, et dans l'épitaphe du faNote 81 · Par la même raison que nous n'avons rien dit de Gautier-Garguille, nous ne dirons rien du non moins fameux Robert Guérin, dit La Fleur et GrNote 82 · Bouffon moins connu sous ce nom que sous celui de Jean des Vignes, qui lui est donné dans la 18e serée de Guillaume Bouchet, où il est mis e
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