Cy commance le specule des pecheurs fait et compilé pour le salut des ames sur pluseurs divines escriptures des saincts docteurs par frere jehan de castel religieux de l'ordre saint benoist et croniqueur de france.
Reading edition
Et pource que pluseurs profons clers ne se delectent pas a oyr choses faites et versifiees toutes en françois ou en prose. ne aussi pluseurs gens simples lais a escouter livres en latin tant en proses comme en mettres affin que les clers et les lais soient aucunement contans ledit specule a esté fait et composé tant en latin comme en françois mixtionné en pluseurs lieux a la requeste de reverend pere en dieu messire jehan du bellay noble homme evesque de poitiers et abbé de saint florent près de saulmur au dyocese d'angiers l'an de grace mil quatre Cens .lxviii
Le premier chappitre du premier livre
Sens sans conseil et aussi sans prudence Ce dit moyse utinam saperent En oultre plus dit pour l'intelligence Du temps futur et intelligerent Novissima atque providerent Pour ung chacun de bien faire advertir Helas pourtant vueillons nous convertir Considerons nostre fragilité Et regardons nous jours qui sont si cours Las nous voions guerre et mortalité Venir vers nous las plus tost que le cours Si tost aller et n'y voulons attendre Las pensons y pour dieu sans plus attendre O sentence de dieu salut portante Par la quelle nous est instruction De sapience et aussi confortante De contenence humble amonition De divine grace acquisition Exaulcement aussi de penitence Semblablement mirouer de providence O de jesus nostre doulx createur Et plasmateur miranda bonitas O de jesus nostre vray curateur Et redempteur maxima caritas O du sauveur dulcis benignitas Qui ses servans de mort a vie a mis Nous sommes serfs mais a dieu bien servir Le temps passé feusmes trop negligens Dont la grace n'avons peu desservir De la quelle sommes tres indigens Helas pourtant soions plus diligens Le temps futur tant que serons en vie Et de bien faire aions tousjours envie Mauvais sommes et desservi avons Mort plus que vie et si cognoissons bien Que nous mourrons et l'eure ne savons Ne de nous jours le nombre aussi combien Et toutesfois pour nous mouvoir a bien Qui a tout mal est tousjours different Dieu nous conseille utinam saperent Qui est l'omme s'il a entendement Qui ne se doyve en cueur trop resjouir Quant il congnoist que de son sauvement L'advise dieu comme icy peut oyr Pour le fayre du royaume jouir Lassus sans fin que ceulx possideront Qui precepta sua bien garderont Pourtant sur tout les mandemans gardons Studiose atque impleamus De les briser bien nous contregardons Sed devote ea diligamus Et a yceulx hic obediamus Ou aultrement saint pol dit que nous sommes Miserables sur tous les meschans hommes Mais pour le mettre a execution Il nous convient premierement savoir Que nous devons de toute affection Sur toute rien dieu en grant crainte avoir Nostre prochain amer sans decevoir Pareillement ce qui peut a dieu plaire Et haïr tout ce qu'il luy peut desplaire Or acomplir ceci on ne pourroit Aucunement sans la grace acquerir Mais qui sa grace acquerir bien vourroit De cueur contrit le fauldroit requerir Bien pur et net pour le moyen querir D'avoir son aide et son conseil ensemble Car par ces points nous l'aurons se me semble Helas pourtant en estat nous mettons En requerant a dieu misericorde Et desoresmais chose ne commetons Dont nous soions envers luy en discorde Mais ung chacun de moyse recorde Le saint prophete homme en dieu reverend Ceste leçon utinam saperent
Le second chappitre
O chers freres queso que legitis Retenés bien et intelligite Et inquantum deum diligitis Oblivisci hec verba nolite Car qui bien pense en ceste auctorité Il mect remede en son temps advenir Par quoy encore a bien peut parvenir Car pour certain hujus sentencie Supradicte consideratio Est medela false malicie Superbie atque destructio Similiter evacuatio De venteté qui n'est que vanité Parfection aussi de sanctité Luxurieque effugatio Et d'envie c'est toute extinction Discipline atque constructio Et de salut c'est preparation Et pourtant dieu pour la salvation Des negligens ut bonum facerent Dit a moyse utinam saperent Heu heu quam pauci sunt au monde Qui sapiant de dieu ceste sentence Ne qui tiennent leur conscience munde Ou qui portent de leurs maulx penitence Ne qui facent auchune resistence Contre la chair le monde et l'annemi S'aucuns le font ce n'est pas a demy Dieu que peu sont qui aient congnoissance Que leur chair soit cendre et corruption Ne qui pensent en leur ville naissance N'a leur pechés n'a leur salvation Encore moins qui recordation Aient d'enfer ne de leur mort soudainne Tant les deceoit ceste vie mondainne Pourtant dieu veult que tousjours en prudence Soit des pecheurs le cueur et la pensee Et pource affin que par la providence Sa majesté ne feust plus offensee Par malice souuant d'eulx pourpensee Et qu'a leur fin bene concuperent Dire leur fist utinam saperent Las et pourtant chers freres concevés Ceste sentence et ne l'oubliés pas Car vous sçavés et bien aparcevés Que ce monde n'est que ung petit trespas Ou nous courons trop plus tost que le pas Sans y mettre provision future Las pensons y comme a dit l'escripture Trescher frere ceste admonition Cum studio de cueur ferme et estable Et par grande deliberation Conceoy souvant qu'elle est proufitable Tesmoing moyse homme tant veritable A tout pecheur qui bonne fin veult faire Et ses briefs jours en bonne euvre parfaire Car tout ainsi comme l'audeur d'encens S'il n'est au feu tu ne sens propement Ne plus ne moins des saincts escrips ton sens La sentence ne conceoit nullement Nisi primo sapias clerement Intelligas et sepe studeas Novissima atque provideas Ecce frater carissime tibi Tria in hec ponuntur cest science Premierement que ponitur ibi Qui procede de vraye sapience Intelligence et aussi providence Ce sont trois temps que savoir te convient Le temps passé le present et qui vient Pourtant dieu veult cher frere que tu saches Que la vie presente est fugitive Pleine d'orgueil d'envie et d'autres taches Toute pollue umbreuse et transitive D'avarice corrumpue et chetive Dont l'antree est plourable et douloureuse Et l'issue terrible et langoureuse Pource de tant que plus aparcevons Ce perilleux monde estre miserable De tant plus tost contempner le devons Comme une chose orde et vituperable Pour acquerir le païs pardurable Lassus sans fin ou dieu tient son empire Et ou nostre ame et nostre cueur suspire Dieu veult aussi que tu penses comment Tu es fragile et povre de nature Et que du ventre yssis premierement De ta mere trespovre creature La quelle mere est terre et porriture Et en la fin retourneras en terre Ou y fauldra que ton corps on enterre En la misere et povreté aussi De ce monde tu entras devenu Pleurant tes jours et aussi tout ainsi Retourneras comme tu es venu Puis que de eve naistre il t'a convenu Qui fut creee en paradis terrestre Et nee en terre il te fauldra terre estre Doncques tes jours comme est dit lugendo In hunc mundum nudus introisti Et en labour ad mortem currendo De jour en jour transis et transisti Et non obtant que dives fuisti Et habeas adhuc divitias Quid valet hoc puis que a mourir cy as Substancia terrena comparee Perpetue et eterne vice La quelle vie au peuple est preparee Qui a bien fait et tout mal evité Lequel de dieu est lassus invité Ubi est pax et summum gaudium Est charge et fés et non subsidium Comparata vita temporalis A l'eternelle es cieux felicité Sine fine promissa non malis Sed electis qui ont adversité Aux quelz promise en la haulte cité La couronne dieu qui sans fin vie a Magis mors est dicenca quam vita
Le troisiesme chappitre
Entens aussi car comme en la valee De misere tu languis ung pou cy Toute ta vie en decours tost allee Tu es en peine en douleur et soucy Malade ou vain de vertus povre aussi Plein de peché du corps et de l'ame ort En attendant prochainement la mort Et après mort mangé seras de vers Pource tousjours vive deo gratus Et nuyt et jour en recordant ces vers Toti mundo esto tumulatus Mundus corde transire paratus Monstrant exemple omnibus tibique Car mort t'atant nuyt et jour ubique O comme eureux l'omme et benoist sera Et son ame plaisant a jesus christ Qui nuyt et jour en son cueur pensera Les proverbes qui sont cy en escript Bien est conseillé celuy qui escript Intelligit ces choses et videt Novissima sapitque providet Frater ergo time et diligas Deum tuum de cueur pur et parfait Quid sapias et quid intelligas Desoresmais advisé en ton fait Ou aultrement tu es homme defait Nisi serves supradicta dicta Que dieu pour nous a moyse escript a Restat ergo modo providere Novissima par le conseil du sage Qui nos in hoc voluit docere En ses escrips disant en son langage Que nous devons remambrer en courage Tousjours la fin aussi en tous nous euvres Pource cher frere il fault qu'en cecy euvres Et par ainsi tu ne pecheras point Ineternum. par quoy sauvé seras Mais encores scavoir te fault ung point Par le quel point sauvement tu auras C'est qu'a present tu t'apareilleras Disant je suis tout prest et conseillé D'estre au conseil de dieu appareillé. Videlicet ut pacis capiam A cetero le chemin et la voye Le temps passé etiam sapiam Et le present intelligam et voye Novissima pariter je pourvoye Que nous devons le temps futur entendre Si qu'après mort l'ame a dieu puisse rendre Sed dic michi que sunt novissima Providere nisi terribilis Illa hora et amarissima In qua tua anima labilis Pauperrima et miserabilis Hors de ton corps tramblant vouldra saillir Quant les mauvais la vouldront assaillir Croy moy doncques toy qui peus ceci lisre Car se tu as consideration Du temps futur mieulx ameras elisre D'y pourveoir pour ta salvation Que du monde la domination Car comme lon dit la fin tousjours couronne Mais qui n'y pense il n'aura ja couronne Frater ergo si bene saperes Que dei sunt tousjours dieu doubteroies Semblablement si intelligeres Que mundi sunt les cieux desireroies Et en après se tu consideroies Que c'est d'enfer ta fin provideres Et grant horreur en ton cueur haberes
Le quatriesme chappitre
Qui est celuy de tous tes chers amis Et bons parens qui viendra par effort Pour toy aider a ta mort cum armis Et gladiis pour te donner confort Certainement tu n'as parent si fort N'amy aussi ne verras a quelque heure De ton trespas qui t'aide ou te sequeure Deça dela assés regarderas Vers les hommes quant tu vouldras mourir S'ilz t'aideront mais tu ne trouveras Parent n'amy qui vueille a toy courir Ne qui te puisse aider ne secourir Mais ton refuge adoncques seulement Sera sans aultre. A dieu totellement. Cher frere ergo pense quo timore Est ce bon dieu ubique timendus Repense aussi tecum cum amore Est ce seigneur semper diligendus Quo honore aussi venerandus Qui en la mort seul donne auxilium Et paradis post hoc exilium Reduc ergo et remembre en tes fais L'eure et le jour souvant que tu mourras Et des mesfais que piessa tu as fais Confesse toy le plus tost que pourras Car pas icy tousjours ne demourras Pource avant mort fais icy tant de bien Qu'après trespas ton ame voise bien Hujusmodi consideratio Certainement conceoit contriction De cueur contrit venit compunctio Compunctio prent contemplation Et tout selon la bonne affection Qu'on a en dieu par seure confience De son aide sa bonté et clemence Frere dy moy qui est la chose au monde Sur tous les ars qui plus facillement Face tenir en conscience munde Homme et femme comme avoir pensement Qu'on devient terre après trespassement Memoire aussi de sa corruption Et de la mort consideration Qui bien y pense il n'est iniquité Qu'il ne boutet tout hors de son courage Et qui ne vive en toute humilité Et saincteté tout le temps de son aage Jusqu'a la mort sans faire a nul dommage Par la quelle pour tout conclure en somme Et en effect est fait homme non homme Hoc est quando ipse egrotescit Egrotando tousjours en acroisance Monte son mal et lors expavescit L'omme pecheur tant qu'il pert cognoissance Et tellement que sa force et puissance Et sa vertu commance a decliner Ainsi se veoit en declinant finer Et a ceste heure horrible et perilleuse Que homme et femme qui sont vivent nescit Advient chose terrible et merveilleuse C'est que le cueur pleure et contremescit Le vis palist facies nigrescit De plus en plus les yeulx tenebrescunt Tournent en teste et aures surdescunt En oultre plus la teste constupescit Le sens default et de riens ne souvient Le nes sent mal virtus exarescit Langue et bouche begue et muet devient La chair flatrist au cueur fraieur advient Et adoncques carnis pulchritudo Efficitur fetor et putredo Et sic homo in vermem vertitur Dedans la fosse ou on le fait descendre Et ibidem statim resolvitur Comme dit est en porriture et cendre Vela fin que nous devons attendre Nous savons bien que nous trespasserons Et ignorons quant au trespas serons Ecce frater satis spectaculum Horribile et trop espoventable Sed est nimis utile speculum Qui bien s'i mire et a tous proufitable Pource pensons a ce jour redoubtable Et en vers dieu faisons si bon devoir Qu'en bon estat nous vuelle recevoir Quia nulla artis medicina Sic superat d'orgueil le mauvais vice Nec revocat sic ulla doctrina A peccato nec sic vincit malice Nec extinguit luxure n'avarice Nec sic calcat mundum la vaine gloire Comme d'avoir souvent de mort memoire
Le cinquiesme chappitre
Est il chose comme homme mort plus ville Du quel le corps nunquam permittitur Estre en maison troys jours en champs ou ville Pour la pueur mais hors projicitur Et au parfont de terre absconditur Comme charougne a la terre donnee Et vermibus viande abandonnee Erubescat igitur l'orguilleux D'elacion plenus et cecatus Et timeat dieu qui est merveilleux Le maleureux pecheur de ire inflatus D'impatience etiam fedatus Au quel plus plaist de platon la science Que du sage la vraie sapience Plus prend plaisir a recorder les fables Des poetes que la sainte doctrine Du saint apostre et des saints inefables Donc la terre l'escripture enlumine En delaissant la sainte loy divine Et aime mieulx la loy mondainne eslire Que recorder les faictz des saints et lire
Le siziesme chappitre
Ex simili studio les mondains Scientiam semblable a eulx convient C'est qu'ilz cueillent tant sont folz et soudains Fueilles assez mais les fruitz ne receoivent Non virtutes sed verba apparceoivent De parolles ilz battent l'air souvent Et proferunt leurs parolles au vent Ilz langaigent et en langaigent souvent Par ventence sans l'escripture ensuivre Leur voix en l'air tant que l'air en resonne Et de ceulx dit le psalmiste en son livre Turbati sunt et moti sunt comme yvre Leur sapience est toute devouree Car d'eux n'est point science savouree Comme ung homme yvre ignore ce qu'il fait Et ou il va ainsi semblablement Les mondains clers folz seculiers leur fait Ne congnoissent au monde auchunement Tant est leur sens et leur entendement Mis et bouté en la mondanité Et leur science en folle vanité Scientiam satis multiplicant Les grans livres et volumes ilz hument Et devorent sed male applicant Car en leurs sens se conturbent et fument Et d'eulx maismes si grant orgueil presument Que leur science ilz ne pensent n'entendent Jusqu'a la mort la fin a quoy ilz tendent Et par ainsi les mondains clers s'abusent Qui de leur fin ne pensent ou font conte Et de leur sens et science mal usent Par quoy des siens dieu lassus ne les conte Et de telz clers saint bernard nous raconte Et dit moult sont qui bien science acquerent Mais pou en sont qui conscience querent O utinam telz clers bien savourassent Entendissent ces choses et pourveussent Et nuyt et jour le temps considerassent Passé present et futur comme ilz deussent S'ainsi estoit meilleurs qu'ilz ne sont feussent Mox percussi divino amore Preterriti etiam timore Et de l'estude aussi de vanité A l'estude de verité viendroient De l'estude de curiosité A l'estude d'umilité iroient Et par ainsi le chemin ilz prendroient Scientie et sapientie En delaissant viam stulticie De l'escolle luxure et pravité Ad studium irent bonitatis Et de l'estude aussi d'iniquité Ad studium irent sanctitatis Domo domum irent discipline Car utile est qu'on soi discipline Comme au psaultier par david recité Au second pseaulme est ainsi qu'on peut lire Le quel david dit apprehendite Disciplinam affin que noustre sire Encontre vous auchunement ne se ire Et perissiés hors de la juste voie Pour prendre celle en la quelle on forvoye O quam illa terrible et redoutable Sentencia est a ceulx qui feront La voulenté de leur chair deletable Et en ce monde affligés ne seront Qui etiam non apprehenderunt Disciplinam dont moyse nous dit Qu'ilz periront comme peuple maudit Notanda sunt tresattentivement Ista verba comment l'ame sera Du tout pardue après trespassement Qui devant mort ne la corrigera Affligera ou disciplinera C'est assavoir per correctionem Morum cordisque contrictionem Et ideo qui non susceperit Discipline et penitentie Modo tempus dela non poterit Trouver n'avoir lieu indulgentie Apud deum nec tempus gratie Car qui pourra vivant et ne vourra Quant il vourra mourant il ne pourra Quapropter nunc pecheur plain de peché Charougne a vers que les vers point ne lessent Corps orguilleux de tout mal enteché Dont nuyt et jour les vermines se paissent Qui s'engendrent de toimesmes et naissent Vanité gette et d'orgueil te repren Luxure fuy et discipline pren Ne pereas de la voye salvable Qu'ont tenu ceulx qui sunt in superis Et regarde comme homme resonnable Quid fuisti quid es et quid eris Videbis quod modicum cineris Tu fus tu es et après mort seras Ce sauras tu quant tu trespasseras
Le septiesme chappitre
Se tu penses que feras et com fus Ante ortum et après naissement Jusqu'a ta fin te trouveras confus Tant y verras grant esbaïssement Se tu du tout metz en ton pensement Comme après mort seras et deviendras Pour povre et vil tousjours tu te tiendras Une aultre chose encore a penser as Quod non pensas necque pensavisti C'est q'ung temps fut in quo tu non eras Et postea in hoc mundo tristi Ou maternel ventre fait fuisti De matiere orde et cum putredine Menstruali nutritus sanguine Et en ce ventre ou tant vil habitoies Ante ortum d'une orde peau qu'on nomme Secundina envelopé estoies La quelle peau vest au ventre tout homme Qui vient d'adam qui mordit en la pomme Ainsi pour vray vestu et aourné Vins en ce monde en pleurs et paour né Nec memores quomodo sit vilis Ta naissance miserable et fragile Et ta nature abhominabilis Homme mortel meschant homme et debile Mais que te vault estre expert et abile Ne ton angin ne ta subtillité Quant rien ne vient a fruit ne utillité Rien ne te vault l'entendement parfont Raison aussi ne le doit pas permettre Car vraiement quatre choses te font Frater quid es du tout en oubli mettre Comme escript est cy dessoubz en beau mettre C'est assavoir forma mundi favor Opes atque juvenilis fervor Hec quatuor de toy abstulerunt La congnoissance ibi totaliter Et de ton cueur les yeulx velaverunt Et clauserunt etiam taliter Que tu ne peus les choses firmiter Suspicere qui sont celestielles Tant est fiché aux choses temporelles Quid est homo ex parte corporis Vis tu ferre saint bernard nous afferme Dicens homo est saccus stercoris Viande a vers tresord et puant sperme Conceu et fait de matiere et de germe En tenebres au ventre de la mere Dont la naissance est a la mere amere Pour quoy est l'omme orgueilleux et pervers Pour quoy monte homme en exaltation Vita labor et tribulation Nasci pena et mori necessaire Puisque orgueil est a son ame adversaire Homme orguilleux pour quoy te devestu D'umilité qui tant est gracieuse Cur impugnas pour quoy aussi ves tu Ta chair pouldre de chose precieuse Pour quoy mets tu chose delicieuse Sur ta chair cendre en delictz trop nourrie Puis qu'en terre sera bien tost pourrie
Le huytiesme chappitre
Robes de soye ou de fin drap d'or n'as Vestu ta chair que a plaire hominibus Et animam tuam non adornas En ce monde bonis operibus Nec decoras sanctis virtutibus Qui est a dieu et ejus angelis Presentanda post mortem in celis Que ne fais tu en ce monde tandis Que tu es vif ton ame a dieu plaisante Cur animam tuam vilipendis Et preponis ei ta chair puante C'est grant abus et chose trop meschante Que de souffrir la dame ancillari Et ancillam aussi dominari Et se du dictz non possum spernere Istum mundum n'aussi semblablement Carnem meam odio habere Tant l'aime fort et naturellement Je te demande homme d'entendement Or me respon et assavoir mon dy En quel lieu sont amatores mundi
Le .ix. chappitre
Qui nagaires bonne chere faisoient Avecques nous en joye et en liesse En grant honneur et en grant bruit estoient N'a pas longc temps en pompe et en richesse Or ont passé leur temps et leur jeunesse Et d'eux au monde on n'a point de demeure Fors que la cendre et les vers ne demeure Ergo modo pense qui sont et furent Hommes furent comme toy et regnerent Semblablement ilz mangerent et burent Ainsi que toy et rirent et jouerent In bonisque dies suos menerent De harpe aussi et d'aultre instrument dirent Et in puncto es enfers descendirent Ibi caro eorum vermibus Est donnee se sont choses creables Et leur ame pardela ignibus Deputatur entre les mains des dyables Jusques atant que leurs corps miserables Et leur ame après le jugement Soient en feu perpetuellement Car pour certain tous ceulx qui en delices In hoc mundo socii fuerunt Et qui une amour conjoinct et lie en vices Une peine mesme aussi souffreront Certainement ceulx qui peccaverunt Ensemble icy et sont en couple uniz Seront dela d'une peine pugnis Leur gloire icy que leur a proufité Richesse aussi brevis leticia Puisqu'en enfer sont en necessité Que leur valut mundi potentia Mala aussi concupiscentia Grande famille et volupté charnelle Puis que dela sont en peine eternelle Ou est david et salomon le sage Absalonque vultu mirabilis Ou est sanson de force et de courage Tant merveilleux dux invincibilis Et alixandre incomparabilis Aristote tules et sa loquence Dont tant piteuse en fut la consequence Tot presules et roys mundi hujus Tot principum ducumque forcia Mort mect au bas mort mect en la fin jus Car contre mort trop peu de force y a Tot proceres tot retro spacia En ung moment omnia clauduntur Revertuntur en terre et truduntur
Le .x. chappitre
Les empereurs roys ducs contes et princes Jadis regnans que sont ilz devenus Les empires royaulmes et provinces Tindrent soubz pié mais nichilominus Laissé ont tout et en terre mis nus Mangés de vers sont et leurs corps pourris Qui furent tant bien parés et nourris Aux eglises regarde et cymetieres Sans ceulx qui sont autre part entassés Et aux charniers et aux aultres frontieres Les ossemens de tant de trespassés Las en verras d'ungs et d'aultres assés Mais tu n'auras d'aucun d'eux congnoissance Qui fut noble homme ou vilain de naissance Se descendu tu es du sang royal Ou d'aultre lieu que bien noble on renomme Pour quoy veus tu se tu n'es desloyal Que virtueux et noble homme on te nomme Noble et vilain vindrent du premier homme Mais tant soit noble il est vilain parfait Qui vilain fait a son escient fait T'est il advis que sus en paradis Soit saint pierre pourtant s'il fut pecheur Plus bas q'ung roy si le roy fust jadis Plus hault que luy sur terre homme pecheur Tu n'orras pas prescher a bon prescheur Quod acceptor personarum soit dieu Car les plus bas met souvent en hault lieu Mais les mauvais puissans evidenter Divers tormens souffreront puissanment Juxta illud potentes potenter Patientur tormens incessanment Par l'euvangile on peut savoir comment Ceci est vray ou il fait mention De divite mis a dannation Ubi risus ubi jactantia Ubi jocus et ubi arrogance De tanta hic joye et leticia Quanta illic et tristesse et meschante Après luxure arderont sans doubtance Et de leur feste et exultation Seront de la en tribulation Car comme on dit in apocalipsi Ceulx qui deça se glorifieront En delices in inferno ipsi Divers tourmens sans fin endureront Et de tant plus comme ilz s'exausseront De tant plus fort seront humiliés Et des liens de l'ennemi liés Et tout ce qu'est escheut ou escherra Aux desusdictz te peut il eschoir Et s'il leur est mescheut ou mescherra Semblablement te peut il meschoir Et aussi bien peux errer et choir Comme ilz sont cheus et comme ilz ont erré Car tu es homme et de limo terre In quam terram cras vel modo Carissime frater reverteris Car tu mourras et ne sçais quomodo Ubi quando nec diem funeris Et postquam scis quod tu morieris Et mort t'atant par tout pour deceveoir Soies par tout prest pour la recevoir Soions tousjours comme les sages vierges En attendant les peuples desja prests Qui leurs lampes plus ardantes que cierges Tindrent cleres en faisant leurs aprests D'estre aux nopces bien parees après Le grant seigneur sponsum immortalem Affin d'entrer dedans hierusalem Trescher frere si carnem sequeris C'est a dire luxure auchunement Saiches pour vray quod punitus eris En l'autre monde in carne proprement Si vestemens tu quiers pour ornemens Ta couverture erunt vermes certe Et tinea sternetur super te Car dieu qui est tresraisonnable juge Fort patient et doulx ne jugera Jamais homme ne n'a jugé ne juge Tant est juste que selon qu'il fera Car il rendra secundum opera Peine aux mauvais qui l'auront desservi Et joye aux bons qui l'auront bien servi Qui diligit plusfort mundum istum Qui tant est faulx mauvais et decevable Quam dominum nostrum jesum christum Et a ce ciel plus que cloistre aggreable Gloutonnie que abstinence amiable Et est lubrique en la fin peribit Le dyable ensuyt et en enfer ibit O du pecheur anima misera Qui n'as icy tant soit peu de demeure O peccator miser considera Diem mortis que tu ne sçais ne l'eure Ton temps pardu sur toutes choses pleure Meditando en quelle part yra Ta povre ame quant elle partira Quant tu seras in ultima gravi Morbitate et ad mortem ductus En attendant que tu soies ravi Inter maris infernalis fluctus Ubi semper clamor est et luctus La quelle mer est de pleurs toute pleine Pense en quel dueul tu mourras et quelle peine Pense en quelle peine et en quantes douleurs L'omme est inter longa suspiria Pense comment en diverses couleurs Son visage est quant tel martire y a Quantes paours quanta martiria Sentira l'omme et plus qu'oncques martir Quant de son corps vouldra l'ame partir Tunc veniet corpus in palorem Viande a vers erit atque vermis Convertetur en cendre et fetorem Quant il sera en terre o les vers mis Tout alentour seront les ennemis Dudit corps mort pour en devorer l'ame Devant qu'il soit en terre soubz la lamme
Le unziesme chappitre
Or pense en toy qui te confortera A ceste heure quant l'ame vouldras rendre Qui sera ce qui te rachetera Des ennemis quant ilz te vouldront prendre Di moy comment tu te pourras defendre Quant tu verras de dyables si grant nombre Et seras mis de tenebres en l'ombre Quant tu verras plus d'une legion Adversaires pour ton ame destruire Qui sera ce qui en la region Incongneue te pourra lors conduire Ou pourras tu trouver secours ne fuire Comment pourras eschapper des peris Ton ame tant trouvera desperis
Le doziesme chappitre
Au jour aussi te vueille souvenir Du jugement quam subito doit estre Au quel fauldra bons et mauvais venir C'est assavoir les bons du costé destre Et les mauvais d'autre part a senestre Pour rendre a dieu conte des dictz et faictz Qu'on aura cy pourpensés dictz et faicts Et en ce jour horrible qui viendra In corpore prout gesserimus Soit bien soit mal dieu alors nous le rendra Et secundum hec que fecerimus Ibi ante judicem erimus Rationem omnes reddituri Et sa sentence aussi audituri C'est assavoir venés benedicti Ceste parolle aux benoists dieu dira Et aux mauldis ite maledicti Les quelz sans fin en enfer pugnira En corps et ame ainsi chacun ira En gloire ou peine en sa place ordonnee La sentence du grant juge donnee La ne vauldroit cum presentaberis Sillogismes fallaces ne deffences De tes pechés tu accusaberis Non pas des faitz ne des grandes offences Tant seullement ne de ce que tu penses Corde malo et malicioso Et de omni verbo occioso. Angelorum cunctis agminibus Tous tes pechés clerement patebunt Similiter et sanctis omnibus Visiblement ibi apparebunt Et sic omnes tes vices videbunt Non seulement cogitationum. Sed actuum et locutionum Ille judex ton accuseur sera Et ante luy les saincts te jugeront Ta conscience aussi te jugera Tous esperis la contre toy seront Bons et mauvais les quelz t'acuseront Et sic deus tunc non parcet tibi Angustie erunt par tout ibi Car d'ung costé sera mis chacun vice En t'acusant de ton iniquité Et d'aultre part la terrible justice Subtus patrus d'enfer l'obscurité Judex saper en furosité La conscience ardente par dedans Et par dehors totus mundus ardens Helas helas toy pecheur en ce point Deprehensus ou fouyras n'en quel place La ne verras ne ne trouveras point Qui voie ou lieu pour t'en fuir te face Dieu te verra ou quel devant la face Intollerable erit apparere Et impossibile etiam latere La sentence du juge redoutable Sur toy pecheur maudit et douloureux Semel lata sera inrevocable Ce jour amer terrible et paoureux Et tost après les bourreaux rigoureux Sentencia data intollerable Te meneront en torment pardurable
Le .xiii. chappitre
Non seulement eris in tormento Sed tormentis tousjours sans intervalle Car la sans fin et temperamento Seront tormens en la fosse infernalle Ou il fauldra que ton corps on avalle Plein de macule et ton ame polue Par ta vie mauvaise et dissolue Trop grant paour et doubte vehemente Turbabunt te lors que tu escherras En ce torment qui plus que aultre tormente Et devant toy la terre ouvrir verras Pour trangloutir et tout a coup cherras
Le .xiiii. chappitre
In caminum ignis exardentis Et in stannum sulphuris fetentis Carnem tuam ignis exterius En cest estain de souffre brulera Semblablement vermis interius Ta conscience en enfer rongera Torment en feu et souffre fouffrera Ton ame et corps ainsi sine fine Se tu as mal ton temps ici finé Tous les tormens d'enfer surmontera Privatio dei visionis Ceste chose moult te tormentera Pareillement et carere bonis Que tempore acquisitionis C'est assavoir dum vivens fuisti Acquirere bene potuisti Ibi loca patebunt penarum Atque chaos qui est confusion Caligoque umbra tenebrarum Douleur fraieur horrible vision Angoisse et dueil haine et division Chartre obscure tribulationis Et profond lac desperationis La en ardeur inextinguibili Seront ouys clamores flentium La en froidure inenarrabili Seront ouys stridores dentium La on orra voces gementium Peccatorum dicentium ve ve Ve iterum ve filiis eve
Le .xv. chappitre
Ubi ignis est materialis Inestinguibile et froit inenarrable Famus fetor vermis immortalis Timor dolor et peine intollerable Mors corporis et anime durable Tousjours sans fin sans espoir ne mercy Et plus d'orreur qu'on ne peut nommer cy Quis poterit en ce feu perilleux En tenebres aut cum sempiternis Ardoribus n'en ce froit merveilleux Habitare labas in advernis Ou les dannés sont tous ars et ternis Et facies eorum combuste Qui in vita vixerunt injuste Quant ses tormens desusdictz treshorribles L'ame en enfer que dannata erit Endurera et d'aultres trop terribles Plusquam dici potest nec poterit Audierit viderit senserit Qualis quantus et quam magnus timor Terror erit en elle atque tremor Que mens potest penas et tormenta Cogitare nec lingua dicere Quis poterit en si grans tormenta Habitare sive remanere Et quis liber potest exponere Ce que saint pol en enfer ravi vit Qui des vivans nunc in terra vivit Quid proderunt illis cupiditas Dignitates sive potentie Quid proderunt pompaque vanitas Mundi hujus sive jactantie Quid proderunt illis scientie Des bien d'aultruy faulse detention Honorisque mondaine ambicion Quid proderunt illis appetitus Luxurieque superfluitas Cibi sive cibus exquisitus Dulcis potusque curiositas Du vestement et speciositas Du chaussement etiam crapula Ebrietas procedens a gula Quid proderunt je t'en fais la demande Des haulx chateaux alta constructio Quid proderunt aussi je te demande Des grans maisons hic acquisitio Quid proderunt tunc aggregatio De richesses puis qu'en la fin tout fault Et que raison rendre au juge il en fault Nunquid in hoc mundum defecerunt Dimittendo se sic decipere Nunquid viam aultre potuerunt Que ceste cy plus seure arripere Et animam suam eripere Rugientis de ore leonis Et de fauce horrendi drachonis Hanc igitur lectionem legat Qui d'amour est mondaine implicatus In peccatis atque se protegat Qui du vice est lubrique excecatus Au quel plus plaist tant est hebetatus Cadaveris lubrici voluptas Que de son ame integra sanitas Et plus studet hanc vitam terrenam Circa martham dont la vie est active Quam celestem circa magdalenam Dont la vie es est cieulx contemplative Et de mundo qui vie est transitive Vult plus esse et lege mundana Quam de christo et lege divina Consideret diligenter et voye Metuendam semitam qu'il tiendra Et bien specule en ce mirouer la voye Et premissis en la quelle il viendra Et le chemin tenebreux qu'il tiendra Les mains aussi par ou le fault passer Quant de ce monde il vouldra trespasser O peccator stultissime quare Discrectio tua ista nescit Quare non vis hec considerare Et pource en toy grant orgueil tumescit Luxuria etiam flamescit Avarice similiter ligat Et en ton cueur paresse fatigat Ta pensee non ista cogitat Et envie non vult hoc videre Par quoy en toy ira exagitat Atque gula vult te occidere Quia non vis ista previdere Pource en ton ame ou grant malice y a Excruciat semper malicia Quam horrida et quam innumera Sunt tormenta c'est chose non pareille Frigus ignis fetor et cetera Ton oeil ne vit ne oyt ton oreille En ta vie l'orreur qu'on t'apareille Après ta mort si bien tu ne t'en gardes Et ne t'en chault ne point tu n'y regardes Et idcirco sepe efficeris Comme a tout mal faire destinatus Hic contumax igitur tu eris In tormentis predictis dannatus Puis que tu es ainsi obstinatus Et ne te veulx de tes pechés douloir Ne n'as aussi de t'amender vouloir Quia sicut vir contempciosus A divino opere recedis Et ut piger et accidiosus Negligenter ad deum accedis Ne ne prens garde a ses faits n'a ses ditz Ne n'as vouloir d'y mettre amendement Ne de obeir a son commandement
Le .xv. chappitre
Quare quia providere non vis Devant trespas post mortem quo vadis Ne pensement tu n'as n'en toy advis Que ton temps passe et in mortem cadis Dont la gloire tu pers de paradis Ou les benoists en la joye ou iront De quatre dons principaulx jouiront Premierement de de fruitione Dei patris les benoists gaudebunt Secundement et de visione Celi justi qui ut sol fulgebunt Auront liesse et quia videbunt Assés d'aultres creatures moult belles Precieusement cleres et corporelles Après de la glorification Du corps avec l'ame similiter Quant ilz auront l'association Des saintz anges et hommes pariter Quant ilz pourront perpetualiter Lassus user de ces dons et jouir Bien se devront amer et resjouir Pater atque natus cum flamine Ung dieu en trois ibi videbitur Face a face sine velamine amabitur atque laudabitur Ibi justus sans fin letabitur Car il aura jeunesse sans vueillesse Vie sans mort et joie sans tristesse La est tousjours lumiere sans tenebre La est beauté que nunquam palescit La tousjours feste et nopces on celebre La est amour qui nunquam tepescit Senectusque que nunquam marcescit Ibi nullus gemitus auditur Ibi malum nec dolor sentitur La omnia genera insonant Musicorum en jubilation La immensa domini resonant Epulantes en exaltation La oit on voix de consolation Quia deus qui les acorde y a Mis paix sans fin sine discordia Ibi nichil quod deest amatur Rien ne deffault in illa curia Ibi nichil quod absit optatur La est tout bien sine penuria La voluntas sine injuria Regnum sine commutatione Et paix sine perturbatione Et en ce lieu ou est leticia Pax caritas fides fortitudo Prudentia et temperantia Justicia et mansuetudo En deux s'estent hec beatitudo C'est qu'on est las de tout mal en l'asence Et de tout bien aussi en la presence Saint paul qui fut spiritualiter Raptus dicit oculus non vidit Nec audivit auris similiter Neque in cor hominis ascendit Hoc quod deus hic sa jus descendit Preparavit diligentibus se Lassus es cieulx comme ung tresor muscé O quam felix l'ame la hault erit Que videre deum creatorem Ipsum patrem luminis poterit Siderumque lune conditorem Prepotentem cunctorum factorum Sempiternum solem justicie Genitoremque sapientie Frater michi dic supplico tibi Quantum festum quanta jocunditas Qualis amor esse potest ibi Que dulcedo quanta suavitas Quantus splendor que lux que caritas Ou on voit dieu lumen in lumine Dont paradis est tout enluminé Ibi est lux enluminant le jour Et perennis vita viventium Dulcis melos sans fin et sans sejour Patriaque dux redeuntium Et corona spes morientium Morientes pro christi nomine Qui passus est mortem pro homine La est honneur decus et dignitas La est candor lucis estivalis Vernalisque semper amenitas Et abundance aussi autompnalis La est repos sans fin hiemalis La voit on gloire et chose après mort telle Qu'oncques ne vit creature mortelle O doulce vie o vita vitalis O superna et clara civitas Ou est vita semper memoralis Sine morte atque securitas Et secura semper tranquillitas Tranquillaque aussi joieuseté Et jocunda sans fin beneureté Felix aussi la est eternitas Eterna lux joie et beatitude Et beata spes nostri trinitas Qui nous a fait a sa similitude Et jectés hors de mort et servitute Et de chartre infernale et maudite Pour nous donner la vie dessusdicte En la quelle benoiste et sainte vie Perducat nos creator cunctorum Et après mort soit nostre ame ravie Inter choros omnium sanctorum Angelorum et archangelorum Ou nous puissons voir sans fin sa face Amen amen amen ainsi se face
Cy finist le mirouer des pecheurs