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Le Rideau levé; ou l'Education de Laure

LETTRE DE SOPHIE AU CHEVALIER D'OLZAN (continued 2)

Reading edition

Je ne m'étais pas encore consultée, ma chère Eugénie, je n'avais pas fouillé dans les replis de mon âme et, croyant n'avoir pour Vernol que ce sentiment qu'on nomme amitié, je lui en parlai sur ce ton. Mais un service de mon père, en me demandant si c'était là tout, suffit pour me faire rentrer en moi, et je reconnus bientôt, en y réfléchissant, que la présence de Vernol m'animait, et que lorsqu'il n'était pas avec sa soeur il me manquait quelque chose; car, sans y faire attention, je demandais à Rose avec une sorte d'empressement ce que son frère était devenu. Je ne pouvais concevoir comment je m'étais éprise d'un tel caprice avec lequel mon coeur était si peu d'accord. Sa figure, il est vrai, me charmait; sa douceur et ses soins en augmentaient les attraits.

A l'air de mon père, il était aisé de juger qu'il avait découvert en moi ce que je n'osais presque encore m'avouer à moi-même; il fut quelque temps sans m'en parler. Je l'aimais toujours autant, et plus, s'il était possible, que je n'avais jamais fait; mon empressement et mon goût pour lui ne diminuaient point; enfant de la nature et de la vérité, je n'y mettais ni politique ni dissimulation. On prétend que nous sommes naturellement fausses; je crois que cette fausseté est d'acquisition, et selon l'éducation reçue. Enfin, je me sentais capable de tout sacrifier pour ce cher et tendre père, et je pris une résolution intérieure d'éviter les poursuites et les soins de ce beau garçon. Je n'avais pu concevoir l'accord des sensations et de la fantaisie que j'éprouvais pour Vernol avec les sentiments de mon coeur pour ce tendre papa; mais la disposition où je me trouvais me fit connaître par la suite la différence des mouvements qui m'agitaient. Tu concevras difficilement, chère Eugénie, cette différence; il faut l'avoir sentie pour la connaître: bien des hommes pourraient t'apprendre à faire la distinction qui s'y trouve. Mon père voulut la juger en moi, et s'en assura en me mettant à une épreuve à laquelle je ne m'attendais nullement:

— Laure, quelques-uns de vos amis actuels me font de la peine; je désirerais que vous ne voyiez plus Rose ni son frère.

Je ne balançai pas un instant, et, me jetant à son cou, le serrant, le pressant contre mon sein:

— J'y consens bien volontiers, cher papa, je te conjure même de quitter cette demeure, ou que tu me mènes à la campagne: je ne serai plus dans le cas de me trouver avec eux. Partons dès demain, je serai bientôt prête.

En effet, je courus préparer mon trousseau. J'y étais occupée lorsqu'il me rappela. Il me prit sur ses genoux et me dit en m'embrassant:

— Chère Laurette, je suis content de ta tendresse et de ton affection; tes yeux secs me disent que c'est sans peine que tu veux me faire un sacrifice. Avoue-le-moi, je t'y engage; ouvre-moi ton coeur car, sans doute, ce n'est pas la crainte qui est le principe de ta résolution; tu n'as pas lieu d'en avoir avec moi.

Toujours vrair, toujours sincère, je ne cherchai point à déguiser:

— Non, très assurément, cher papa, depuis longtemps la crainte vis-à-vis de toi n'est plus entrée dans mon âme; le sentiment seul me guide. Je conviens que Vernol a fait naître dans mon imagination une illusion, un caprice dont je ne puis me rendre compte; mais mon coeur, qui est plein de toi, n'est pas un moment indécis entre vous deux; je ne veux plus le voir.

— Non, ma chère enfant, non, j'ai désiré connaître la nature de tes sentiments pour moi, j'en suis satisfait. Vernol excite en toi des sensations que ton imagination augmente: tu en jouiras; tu connaîtras aussi toute ma tendresse pour toi; tu sentiras que tu ne peux cesser de m'aimer, et c'est tout ce que je désire. Va, je ne suis jaloux que de ton coeur dont la possession m'est si chère.

Ce trait me confondit; une lumière vint dissiper le trouble de cette imagination fascinée, je tombai à ses genoux, toute en larmes, et mon sein palpitait; je baisais ses mains que j'arrosais de mes pleurs; mes sanglots me laissaient à peine la liberté de m'exprimer:

— Tendre papa, je t'aime, je t'adore, je ne chéris que toi; mon âme, mon coeur, tout est plein de toi. Il fut touché de ma douleur; il me releva et, me pressant à son tour en me couvrant de baisers:

— Console-toi, trop aimable et chère enfant, crois-tu que je ne connaisse pas la nature et ses lois invincibles? Va, je ne suis point injuste. C'est par expérience, par comparaison et par la complaisance la plus étendue de ma part, que produisent seules l'affection et l'amitié la plus tendre, que je désire être aimé de toi: il est temps que tu apprennes à juger des différences. Je t'ai promis que tu jouirais de Vernol: ferme dans mes principes, constant dans mes idées je tiendrai ma parole; d'ailleurs, il est aimable, bien fait, beau garçon, je lui dois cette justice; et si ce n'était pas pour lui que tu eusses senti ce désir, tu pourrais l'avoir éprouvé pour quelqu'un d'autre qui vaudrait encore moins; ainsi, j'ai pris mon parti.

Depuis ce jour je me trouvai bien moins affectée pour Vernol; et si je me suis prêtée, ma chère, à tout ce que tu vas voir, ce fut par une réunion de condescendance pour ce cher papa, de curiosité et de tempérament excité, premier principe de mon désir fantastique, que je me laissai aller. Je passai la nuit entre ses bras. Le matin, au milieu des baisers que je lui donnais à mon réveil, il me dit:

— Laurette, il faut que tu voies aujourd'hui la mère de Rose: engage-la de laisser venir sa fille passer la journée à la campagne avec toi; en même temps préviens-la qu'elle ne soit point inquiète si elle ne revenait pas le soir, que tu pourrais, peut-être, ne la ramener que demain. Nous prétexterons que la voiture nous a manqué, et tu la garderas ici jusqu'à demain. Quand tu seras avec elle en liberté, tu pourras juger de sa façon de penser et de tout ce qu'elle fait: elle paraît avoir de la confiance et de l'amitié pour toi; aussitôt que tu sauras à quoi t'en tenir, tu m'en instruiras.

Je crus de ce moment qu'il avait formé des desseins sur elle; il ne m'en fallut pas davantage pour m'empresser, sans autre réflexion, à entrer dans ses idées et à me prêter à tout ce qu'il avait projeté. Je soupçonnais déjà Rose aussi savante que je l'étais, ou à peu près. Tout fut conduit comme il l'avait arrangé. Elle vint; la porte fut close à tout le monde: nous passâmes la journée seuls dans toutes les folies que nous pûmes imaginer. Je lui faisais cent agaceries; elle me les rendait avec usure. Je découvrais sa gorge, je faisais baiser ses tétons à mon papa; ses fesses, sa motte, son con, essuyèrent mes lutineries; je la tenais entre mes bras pour qu'il lui en fît autant; elle riait, folâtrait; et, quoique à chaque espièglerie nouvelle elle fit des demi-façons, elle se prêtait à tout; aussi son teint était-il très animé et ses yeux étincelants. Le souper vint, où je ne la ménageai pas; je lui versais à plein verre; je soufflais le feu qui la brûlait déjà. Levés de table, nous recommençâmes nos folies; elle ne fit plus aucune résistance; je la renversai, le visage sur un canapé; je troussai ses jupes, et son cul découvert nous présenta une perspective que mon papa, par un dernier coup de pinceau, aurait rendue parfaite: il m'aidait à me venger de toutes les lutineries qu'à son tour elle m'avait fait éprouver. Je voulus juger de l'effet que produisaient ces jeux sur elle; je la trouvai toute mouillée, et je conjecturai qu'elle avait eu bien du plaisir pendant ce folâtre badinage. Nous passâmes enfin, Rose et moi, dans ma chambre, et nous nous préparâmes à nous mettre au lit. Dès qu'elle me vit en chemise, elle me l'arracha; je lui rendis le change et je mis la sienne à bas. Elle m'entraîna dans le lit. Elle me baisait, prenait mes tétons, ma motte; je mis aussitôt le doigt où je voyais bien qu'elle le désirait; je ne me trompais pas; elle écarta les cuisses et se prêta à mes mouvements. Je voulus en savoir davantage: je glissai mon doigt dans son con, et la facilité avec laquelle il entra me donna des lumières sur l'usage qu'elle en avait fait. Je désirais apprendre d'elle par quelle aventure elle avait perdu son pucelage. Je me préparais à la questionner lorsque mon père entra dans ma chambre et vint nous embrasser avant de se coucher. D'un seul coup, Rose rejeta la couverture: il ne s'attendait pas à nous voir totalement nues et nos mains placées au centre de la volupté. Elle passa le bras autour de son cou, l'attira, et lui fit baiser mes tétons. Je ne fus pas en reste; je lui fis prendre et baiser les siens, je promenai sa main sur tout son corps, et je l'arrêtai sur sa motte. Il s'animait, mais il nous quitta brusquement en nous souhaitant beaucoup de plaisir.

Déjà la pendule marquait dix heures lorsque, le lendemain, il rentra dans ma chambre; il nous éveilla par ses caresses et ses baisers réitérés, en nous demandant si nous avions passé une nuit agréable.

— Nous avons veillé, cher papa, longtemps après que tu nous as quittées; tu as bien vu dans quelle humeur nous étions.

Rose, que nos jeux avaient apaisée et le sommeil rafraîchie, rougit et mit aussitôt sa main sur ma bouche. Je la détournai:

— Non, Rose. Non, tu ne me retiendras jamais de raconter à mon papa tout ce que nous avons fait et tout ce que tu m'as dit: je ne lui cache rien, ma confiance est entière pour lui, et la tienne ne doit pas être moindre.

Alors passant ses bras et ses jambes autour de moi, elle me laissa continuer:

— Quand tu nous eus abandonnées, Rose, déjà vivement émue, vint baiser ma bouche, sucer mon sein; elle m'attira sur elle, nous entrelaçâmes nos cuisses, nos cons s'y frottaient; mes tétons étaient appuyés sur les siens, mon ventre sur son ventre; elle me demanda ma langue, et d'une main caressant mes fesses, de l'autre elle chatouillait mon clitoris et m'invitait, par le jeu de son doigt, à l'imiter; je mis le mien où elle l'attendait avec impatience et bientôt nous ressentîmes les délices de ces amusements. Mais elle ne voulut pas que mon doigt la quittât sans les avoir goûtées quatre fois avec des transports incroyables.

Dans le temps même que je rendais compte de nos ébats, Rose, réchauffée par ce tableau, avait remis sa main entre mes cuisses et répétait ce que je racontais. Je conçus aussitôt ce qu'elle désirait: nous étions restées nues; je la découvris à mon tour, je pris la main de mon papa qui s'empara de tout ce qu'elle avait. Il n'avait sur lui que sa robe, qui s'était entrouverte par ses mouvements: j'aperçus par une avance distincte et par le pavillon que faisait sa chemise de l'effet que ces caresses produisaient sur lui.

Je le fis remarquer à Rose, et je lui dis de lui ôter cette robe et de le faire mettre près de nous. Elle se leva sans balancer, se jeta à son cou, le dépouilla dans l'instant et, l'enveloppant de ses bras, elle l'attira dans le lit. Rose, retombée sur le dos, écartait les cuisses; j'élevai une de ses jambes sur lui, et il passa l'autre entre les siennes; par cette attitude, son vit se trouvait naturellement vis-à-vis de son con; je le conduisis moi-même dans la route; elle courut au-devant du charme qui l'entraînait et, par un coup de cul, elle hâta l'entrée du temple au dieu qu'elle adorait.

Je la branlais, elle précipitait la marche par les mouvements qu'elle y ajoutait, et ses transports emportés, dont elle seule me donnait le modèle, nous firent connaître le plaisir excessif qu'elle ressentait. Mon père, qui éprouvait avec quelle âpreté elle suçait son vit, n'y tenait plus; il se hâta de se retirer et j'achevai de faire, avec ma main, couler la libation qu'il craignait de verser dans le con de Rose, qui, pendant le temps qu'il y fut, éprouva cinq fois, de son aveu, les délices de la décharge. Son ventre fut inondé du foutre qu'il répandit sur elle et qu'il lança jusque sur ses tétons. Tandis que je rendais ces divers offices, elle s'était emparée de mon con; elle le chatouillait; ce petit jeu, joint à l'émotion que me causait le plaisir que je leur voyais ressentir et aux caresses que je leur faisais, me mettait dans une agitation violente. A mon tour, je désirais d'apaiser le feu qui me dévorait; elle s'en aperçut et, passant sur ma gauche, elle prit la main de mon papa dont elle m'introduisit un des doigts qu'il agitait et, par un jeu pareil à celui que j'avais employé pour elle, Rose acheva de me faire partager les doux plaisirs que nous lui avions procurés, dont elle ressentit encore les effets pendant le service qu'elle me rendait.

Quand nous fûmes revenus dans un état plus tranquille:

— Ecoute, cher papa, tu es peut-être étonné de l'habileté de Rose; je n'en étais pas moins surprise; je l'ai engagée de m'apprendre d'où venaient ces connaissances. Je vais te répéter tout son récit. Mais non, c'est de sa bouche que tu dois l'entendre, et je désire qu'elle s'y prête. Ce que tu viens de faire avec elle la met à même de ne te rien cacher et de te confier tout ce qu'elle m'a dit.

Les baisers, les caresses furent employés pour l'y déterminer.

Elle se rendit aisément:

— Eh bien! j'y consens, et, puisque j'en ai fait part à Laurette, je ne risque plus rien. Les plaisirs dont nous venons de jouir ensemble me donnent lieu d'être persuadée que vous le sauriez d'elle; ma confiance s'établit sur celle que vous me montrez et se rapporte à mes désirs. Il vaut donc mieux que je vous le répète moi-même.

HISTOIRE DE ROSE

J'avais dix ans quand ma mère m'envoya chez une soeur qu'elle avait en province, où je passai plus de six mois. Elle n'avait qu'une fille qui avait au moins six ans au-dessus de moi. Jusqu'à ce moment, toujours retirée chez ma mère dont la dévotion ne permettait à personne d'approcher de nous, mes frères au collège, j'étais toujours seule, ou à l'église avec ma mère; je ne me connaissais pas encore, mais je m'ennuyais beaucoup. J'aimais bien mieux être aux églises que rester au logis car, quoiqu'elle se mît très souvent dans les coins les plus retirés, j'apercevais au moins, à la dérobée, quelque figure humaine qui attachait mes regards. Il y avait longtemps que ma mère promettait à ma tante, qui me demandait, de m'envoyer chez elle: je le désirais avec d'autant plus d'impatience que je savais qu'elle ne ressemblait pas à ma mère. Une occasion survint qui l'y détermina. Mon frère aîné était menacé de la petite vérole, elle me fit partir au plus tôt. Ma tante et ma cousine me reçurent avec mille démonstrations d'amitié. Dans les premières caresses, Isabelle demanda que je couchasse avec elle. Je ne sais si elle ne s'en repentit pas bientôt par la contrainte que cet arrangement lui donna dans les premiers temps. Cependant, le soir avant de nous endormir, elle m'embrassait, et le matin je lui rendais ses caresses.

Les quinze premiers jours passés, sa contrainte me parut diminuer, et le soir elle retroussait nos chemises pour appuyer ses fesses contre les miennes et me donner le baiser des quatre soeurs.

Une nuit, entre autres, que je ne pus pas m'endormir aussitôt qu'à l'ordinaire et qu'elle me croyait très enfoncée dans le sommeil, je sentis qu'elle remuait le bras avec un petit mouvement; sa main gauche était sur le haut de ma cuisse; je l'entendis qui haletait et poussait une respiration entrecoupée; elle remuait doucement le derrière; enfin, elle fit un grand soupir, se tint tranquille et s'endormit.

Surprise de tout cela et n'y pouvant rien comprendre, je craignais qu'il ne lui fût arrivé quelque chose d'extraordinaire; cependant, comme je la trouvai fraîche et gaie le lendemain, mon inquiétude cessa. Depuis ce jour, je m'aperçus qu'elle répétait tous les soirs ce même manège, auquel je ne concevais rien pour lors; mais je ne tardai pas à en être instruite.

Ma tante avait une femme de chambre âgée tout au plus d'une vingtaine d'années: Isabelle était souvent enfermée dans sa chambre avec elle. Justine brodait parfaitement en tout genre, et ma cousine allait recevoir ses leçons; elle ne voulait point, disait-elle, que je l'interrompisse, parce que je l'empêcherais de faire les progrès qu'elle désirait. Je donnai d'abord dans ce panneau qui, cependant n'en était pas tout à fait un puisque, en effet, elle apprenait à manier parfaitement l'aiguille. Enfin, piquée de n'être point admise en trio et remarquant entre elles une certaine intelligence, ma curiosité fut vivement excitée. Curiosité de fille est un démon qui la tourmente, il faut qu'elle lui cède, qu'elle y succombe.

Un jour que j'étais restée seule, ma tante étant sortie avec Isabelle et Justine, ayant profité de ce moment pour en faire autant, je le mis en usage pour aller dans sa chambre examiner si je ne trouverais pas quelque moyen, ou quelque ouverture de laquelle je pourrais découvrir ce qu'on pouvait y faire. J'aperçus, au coin du lit où couchait Justine, une porte dans la ruelle, que je parvins à ouvrir à force de la secouer, et qui conduisait dans une chambre sombre toute remplie de vieux meubles presque jusqu'au plancher. Il n'y avait de libre qu'un passage qui conduisait à une autre porte qui donnait sur un escalier dérobé, duquel on descendait dans une petite cour d'où l'on sortait dans une ruelle déserte et écartée.

Ma tante croyait ce quartier bien fermé; mais si elle en avait les clefs, Justine avait trouvé le moyen d'en avoir le passage libre. Dans cette espèce de garde-meubles il y avait à quelque hauteur, à l'égalité du pied du lit, une ouverture qui avait été ménagée dans la muraille pour y mettre une croisée qui aurait donné du jour dans cette chambre, étant vis-à-vis les fenêtres de celle de Justine. Mais l'usage qu'on faisait de cette pièce rendant cette précaution inutile, cette ouverture était couverte par la tapisserie qui entourait la chambre de Justine. Je m'aperçus de cette ouverture; je grimpai sur les meubles pour chercher s'il n'y aurait pas quelque trou; n'en trouvant pas d'assez grand, je pris mes ciseaux et je fis une ouverture suffisante pour découvrir partout dans la chambre, et particulièrement sur le lit, auquel je ne pensais guère alors. Charmée d'avoir trouvé ces moyens, et dans le dessein d'en profiter, je me retirai au plus vite en refermant la porte. J'avais remarqué que lorsque Isabelle allait dans la chambre de Justine, c'était presque aussitôt après le dîner.

Un jour, ma tante devait aller passer l'après-midi chez une de ses amies, où quelque affaire devait la retenir et où elle ne comptait nous mener ni l'une ni l'autre. Ma cousine me dit en particulier qu'elle devait apprendre ce jour-là quelques points nouveaux, et que je pouvais aller chez des voisines ou m'occuper de mon côté afin qu'elle ne fût point troublée. Il ne m'en fallut pas davantage. Dès qu'on fut hors de table, je fis semblant de sortir de la maison et d'aller dans le voisinage. Mais je remontai doucement dans la chambre de Justine, qui habillait ma tante, et je les prévins. Je fus me renfermer dans la chambre noire, cachée parmi les meubles, l'oeil attaché sur l'ouverture que j'avais agrandie. Je ne fus pas longtemps sans voir arriver ma cousine qui prit à la main un ouvrage de broderie; je crus alors que j'allais passer une après-midi bien ennuyeuse; je me repentis de ma curiosité, que je maudissais de tout mon coeur. Justine y vint peu de temps après avec ma tante, qui demanda où j'étais. Le coeur me palpitait. Elles lui répondirent qu'apparemment j'étais allée chez de petites amies de mon âge où je me rendais quelquefois; elle ne fit pas d'autres informations et, voyant sa fille occupée, elle s'en fut, et je les vis toutes deux examiner par la fenêtre si ma tante sortait. Aussitôt qu'elle fut dehors, ce que j'entendis à leurs discours, Justine ferma les verrous; elle vint ouvrir la porte de la chambre où j'étais et fut à celle de l'escalier dérobé. La frayeur d'être découverte me saisit; j'étais accroupie pour me cacher parmi les meubles; elle ne s'aperçut de rien et retourna dans sa chambre. Dès qu'elle y fut rentrée, Isabelle mit de côté son ouvrage et s'avança près d'un miroir pour raccommoder sa coiffure et rajuster son mouchoir de cou, que Justine lui arracha, et qui lui prenait les tétons, lui faisait compliment sur leur rondeur et sur leur fermeté; puis, découvrant les siens, elle en faisait la comparaison entre eux. Au milieu de leurs amusements, j'entendis, sur l'escalier de la petite cour, quelqu'un qui montait et qui, trouvant libre l'entrée de la première porte qu'apparemment Justine avait été ouvrir, vint gratter à celle de la chambre. Je ne pus le voir passer, étant enfoncée et cachée pour n'être pas vue moi-même. Justine le fit entrer et fut refermer les portes avec soin. Quand il fut dans la chambre, je le reconnus aussitôt: c'était un grand jeune homme, un peu parent de la maison, qui venait quelquefois voir ma tante. Isabelle avait la gorge découverte.

Courbelon fut sans façon la lui baiser et y fourra sa main tandis que l'autre fut se perdre sous sa jupe. Justine, à son tour, fut traitée de même. Le temps ne me paraissait plus long. Il prit Isabelle dans ses bras, la jeta sur le pied du lit et la troussa tout à découvert; je vis alors son ventre, ses cuisses et sa fente; elle était peu garnie de poil, mais il était fort noir; il la baisait et remuait le doigt de la main droite au haut de cette fente, tandis que le doigt de la main gauche y était tout enfoncé. Justine, déboutonnant sa culotte, en tira une machine fort longue, raide et très grosse. Ma cousine la prit; il voulait la mettre à la place de son doigt, mais j'entendis Justine lui dire:

— Non, Courbelon, je ne le souffrirai pas; si je deviens grosse, je saurai m'en tirer; mais si jamais Isabelle était dans ce cas-là, où pourrions-nous toutes deux nous cacher? Caressez-la, donnez-lui du plaisir; mais ne lui mettez pas.

Tous ces discours, que j'entendais parfaitement, étaient autant d'énigmes dont je cherchais le mot. Je vis cependant Courbelon se retirer à contre-coeur et, tout en pestant, il continua de caresser Isabelle en la chatouillant comme il avait commencé, tandis que ma cousine tenait à pleine main ce gros instrument que Justine avait mis en liberté.

Quelques moments après qu'il eut recommencé les mouvements de ses doigts, j'entendis et vis faire à Isabelle le même jeu et les mêmes soupirs qu'elle faisait quand nous étions couchées. Je fus alors au fait, et je jugeai qu'elle répétait, seule dans son lit, ce que Courbelon venait de faire. Isabelle se releva bientôt, et Justine, qui était en arrêt comme un chien sur sa proie, se jetant à son tour sur le pied du lit, tenant d'un bras Courbelon par les reins et, de l'autre main, tenant ce pieu qui conservait sa grosseur, l'entraîna sur elle. Elle fut bientôt troussée; il se coucha sur son ventre et, de ses deux mains, il tenait ses tétons qu'il baisait, et les mouvements de reins et de cul que je lui voyais faire me firent juger qu'il enfonçait ce membre que j'aurais voulu voir entrer. Ma cousine passa sa main par-derrière entre les cuisses de Courbelon, ou pour le caresser, ou pour juger de l'enfoncement. Je les vis alors s'agiter, se remuer avec fureur: bientôt Courbelon, après des transports et des mouvements qui m'étonnaient, se laissa aller, et je le vis retirer cet instrument humble et bien diminué de longueur et de grosseur. Ils se reposèrent quelques moments sur le lit; mais les baisers et les caresses allaient leur train. Cette première scène, qui m'avait vivement émue, ne tarda pas à être suivie d'une autre qui me plut encore davantage.

Courbelon, impatienté de leurs habillements qui le gênaient, et sachant que ma tante ne reviendrait pas si tôt, les mit bientôt dans l'état où il désirait les voir: en peu d'instants elles furent toutes deux nues. Justine n'était pas d'une figure aussi jolie qu'lsabelle; mais elle gagnait dans la situation où il les avait mises: son corps était plus blanc, elle était plus grasse et potelée. Il leur imprima plus de cent baisers à l'une et à l'autre; il prenait leurs culs, leurs tétons, leurs fentes, tout était à sa disposition. Ce que je voyais depuis une demi-heure excitait en moi un feu, une émotion que je n'avais jamais sentis. Leurs caresses recommencèrent avec plus de vivacité. Il les fit mettre toutes deux couchées sur le ventre au pied du lit en leur faisant écarter les cuisses. Je découvrais parfaitement tout ce que Courbelon voyait: il les examinait, baisait leurs fesses, enfonçait un doigt de chaque main entre leurs cuisses. Son instrument était revenu dans le premier état où je l'avais vu; et comme Justine, le visage appuyé dans ses mains contre la couverture, ne pouvait le voir, il avait commencé de l'introduire à Isabelle quand, tout à coup, Justine en défiance se leva furieuse, et prenant ma cousine par les jambes elle la retira et démonta Courbelon. J'en fus très fâchée car je voyais cet outil prendre sa route à grands pas.

— Non, lui répéta-t-elle, cela ne sera pas; je vous en ai dit cent fois les raisons, c'est une nécessité de s'y conformer.

Comme je pouvais entendre aussi facilement que je voyais, aucun des mots, aucune des expressions ne furent perdus:

— Viens, mon cher, dit Justine en le prenant par son instrument, viens mettre ton vit dans mon con, ils se connaissent et tu ne risques rien avec moi.

Mais elle manqua son coup car, le tenant toujours par là, elle lui donna deux ou trois secousses: aussitôt je vis Courbelon se pencher sur son épaule, tenant un téton, la baiser et répandre une liqueur blanche que je n'avais pas encore vue, avec des convulsions qui marquaient un vif sentiment de plaisir. J'étais dans un état que je ne concevais pas moi-même. Depuis quelque temps je chatouillais le haut de ma petite fente de la même manière que j'avais vu Courbelon le faire à Isabelle et à Justine. J'étais dans cette agréable occupation, qui ne me procurait encore qu'un doux plaisir, quand l'une et l'autre, sans doute vivement animées par les caresses que Courbelon leur avait faites, le mirent dans la même position où elles étaient elles-mêmes: pas le moindre vêtement depuis la tête jusqu'aux genoux. Cette perspective nouvelle m'attacha avec une curiosité délicieuse, et d'autant plus particulièrement que j'avais fort désiré le voir ainsi: il semblait que leurs plaisirs fussent d'accord avec mes souhaits. Chacune le baisait, le caressait, lui prenait le vit qui s'était ramolli, chatouillait ses couilles et ses fesses; il les baisait à son tour, maniait, suçait leurs tétons, les renversait, les examinait, les branlottait et leur enfonçait le doigt. Je vis enfin cet instrument reprendre toute sa vigueur et les menacer toutes deux; il ressemblait à un épieu qu'on va plonger dans le corps d'une bête féroce. J'apercevais bien que Courbelon en voulait à ma cousine; mais Justine le saisissant, ils tombèrent l'un sur l'autre sur le pied du lit; je crus qu'il lui enfoncerait l'estomac; rien ne la fit reculer.

— Attends au moins, lui dit-il, que nous augmentions nos plaisirs et que nous en jouissions tous ensemble.

Il fit mettre Isabelle sur le lit, les genoux et les cuisses écartés, entre lesquels Justine plaça ses jambes à terre et fort ouvertes. Comme rien ne gênait plus mes regards, j'aperçus le vit de Courbelon entrer dans son con, qui, par ses mouvements, paraissait, s'y renfonçait et faisait un écart qui me surprenait. Il me semblait inconcevable qu'un membre aussi gros pût y entrer, à moi qui avais essayé d'introduire mon doigt dans le mien et qui n'avais pas osé l'y pousser à cause de la douleur. Mais cet exemple me fit passer outre, et je l'enfonçai avec tout le courage dont j'avais le modèle devant les yeux; je m'y déterminai d'autant plus facilement que, tandis que Courbelon avait son vit dans le con de Justine, il avait mis son doigt dans celui d'Isabelle en lui disant qu'elle avait la plus charmante motte et le plus joli conin du monde, et en lui recommandant de branler son clitoris; ce que fit ma cousine pendant qu'il faisait aller et venir le doigt dans son con, comme son vit allait et venait dans celui de Justine. Fidèle à les imiter en partie, je m'armai de ma fermeté et je poussai dans le mien le doigt de la main gauche que j'y enfonçai tant que je pus, et que j'agitais de la même manière tandis que de la droite je me branlais comme faisait Isabelle. Une sensation délicieuse s'accroissait par degrés; je ne fus plus surprise que ma cousine se plaisait à la répéter. Je ne tardai pas à les voir tous trois dans les plus vifs transports. Isabelle se laissa aller sur le dos, donnant de temps en temps des coups de cul. Courbelon, témoin de son plaisir, lui criait:

— Ah! ma chère, tu décharges!

Il achevait à peine ces mots qu'il tomba lui-même presque sans mouvement sur Justine en faisant de grands soupirs et prononçant avec énergie des foutre et des sacre qui peignaient ses sensations. Justine elle-même, après des élancements vifs et réitérés et des serrements de cul précipités, resta comme anéantie, la tête et les bras penchés, en faisant chorus avec Courbelon.

Ces témoignages d'un plaisir si violent m'animèrent à un tel point et portèrent le mien à un si prodigieux degré qu'à mon tour je me laissai tomber sur les meubles en ressentant un plaisir incroyable. Quel excès de délices quand on éprouve pour la première fois une volupté si grande, qu'on n'a jamais connue et dont on n'a pas d'idée!

On n'est plus rien, on est tout à cette suprême félicité, on ne sent qu'elle.

Le temps que j'avais employé à la savourer leur en avait assez donné pour se mettre en train de se rhabiller. Dès qu'ils le furent, Courbelon, après les avoir embrassées, reprit la route par laquelle il était venu, et quelques instants après Isabelle et Justine sortirent de la chambre. J'attendis encore un peu; je parvins enfin à me dégager, et, prenant le même chemin que Courbelon, je revins au logis dans l'appartement de ma tante, qui rentra peu de temps après avec ma cousine qui était allée la rejoindre.

Depuis ce moment, je ne pensais, je ne rêvais plus qu'à ce que j'avais vu; toutes leurs paroles étaient parvenues à mes oreilles; aucune de leurs actions ne m'avait échappé; j'y réfléchissais sans cesse. Le même soir, quand je fus au lit avec Isabelle, je fis semblant de me livrer au sommeil; elle ne tarda pas à tomber dans un profond assoupissement; j'en fis bientôt autant; mais le lendemain il n'en fut pas de même. Dès que nous fûmes couchées, je fis comme la veille; ma cousine me croyant endormie, je sentis qu'elle recommençait son petit manège. J'étais au fait, je me retournai et, passant ma cuisse sur la sienne, je mis ma main où je savais bien qu'était son doigt; je la glissai par-dessous et, le soulevant, je pris toute sa motte. Je l'embrassai, je baisai ses tétons et j'enfonçai mon doigt dans son con. Je l'en retirai pour chatouiller. l'endroit où j'avais trouvé le sien; elle écartait les cuisses et me laissait faire, lorsque je l'entendis pousser les derniers soupirs; je la trouvai toute mouillée. Le même désir me tourmentait, je pris la sienne dont je couvris ma motte, j'employai son doigt à faire son office et je me trouvai peu de moments après au point de lui rendre soupirs pour soupirs. Elle ne fut pas peu surprise de tout ce que j'avais fait; elle me croyait dans l'ignorance la plus profonde: elle n'avait eu garde de m'instruire, croyant qu'ayant été élevée par une mère dévote je ne fusse assez enfant pour en parler à ma tante, ou à ma mère à mon retour chez elle:

— Comment, Rose, comment sais-tu tout cela? Je suis bien étonnée de tes connaissances; à ton âge je n'en savais pas tant.

— Je le crois, ma chère cousine; je te le dirai, à condition que tu ne seras point fâchée contre moi et que tu m'aimeras toujours.

Je me repentis au moment même de ce que j'avais dit, et je ne voulais plus continuer lorsque Isabelle, me prenant dans ses bras et me caressant, me pressa de lui tout avouer.

— Tu ne m'en voudras donc pas? Tiens, ma chère cousine, sois assurée de ma discrétion. Je te promets de n'ouvrir jamais la bouche à personne de ce que je sais, et surtout à ma tante ni à ma mère. Mets ta confiance en moi comme en toi-même.

Je lui redis alors tout ce dont j'avais été témoin, et de quelle manière je l'avais été… L'effroi la saisit:

— Ah! ma bonne amie, ma chère Rose, gardes-en, je te conjure, le secret; ne me trahis pas, tu me perdrais.

Je le lui jurai de nouveau. Nous convînmes qu'il ne fallait pas même en parler à Justine. Elle me donna cent baisers en me faisant autant de questions sur ce que j'avais vu, entendu, et sur l'effet que j'en avais éprouvé. Je lui rendis compte de tout. Je la tranquillisai pour lors en lui disant que tout ce que je lui avais appris de moi-même m'engageait à garder un secret qui était devenu le mien.

— Mais raconte-moi donc, Isabelle, par quelles circonstances tu en es venue là avec Courbelon et Justine.

— Je le veux bien, ma petite cousine, après ce que tu sais, je n'ai rien à te refuser ni à te cacher, et je compte toujours sur tes promesses. Ecoute-moi. Un mois ou cinq semaines avant ton arrivée ici, j'étais un jour sortie avec ma mère; mais, ayant oublié quelque chose dans ma chambre et n'étant pas éloignée de la maison, j'y revins pour la chercher; après l'avoir prise, je fus à la chambre de Justine, je ne puis te dire pourquoi; la porte apparemment n'était pas bien fermée, ou elle n'y avait pas pensé; je la poussai, elle s'ouvrit. Je ne fus jamais plus surprise, et je restai dans l'étonnement et comme pétrifiée de trouver Courbelon sur elle; il en descendit aussitôt, et j'aperçus son outil qu'il tâchait de cacher, dans le même temps qu'il abattait les jupes de Justine qui étaient toutes levées. Elle était bien heureuse que ma mère ne fût pas à ma place. Je voulus à l'instant m'en aller; mais cette fille, craignant que je ne dise à ma mère ce que j'avais vu, accourut après moi, se mit à mes genoux en me conjurant de n'en pas parler. Elle me pressa tant, en me baisant les mains, que je lui promis tout ce qu'elle voulut, et je lui tins parole. Je t'avoue, ma chère Rose, que cette aventure me donna matière à bien des pensées. Depuis ce jour-là, Justine m'amenait souvent dans sa chambre sous prétexte de m'apprendre à broder; mais elle m'entretenait toujours sur le sujet de ce que j'avais vu en m'apprenant des choses bien nouvelles pour moi; elle découvrait ma gorge, elle prenait mes tétons, elle me peignait le plaisir sous les attraits les plus séduisants: je convins que j'en trouvais à l'entendre. Enfin, un jour que cette conversation m'avait fort animée, et ma curiosité fortement excitée, je sentis le feu sur mes joues, mon sein était agité; les questions que je lui faisais firent connaître à Justine que le moment était favorable; elle me prit entre ses bras, m'enleva et me porta sur son lit; elle me troussa: je m'en défendais faiblement; elle continuait toujours, en me disant qu'un jeune et aimable cavalier serait bien heureux à sa place s'il voyait et touchait les beautés, les grâces et la fraîcheur qu'elle venait de découvrir que sa machine s'enflerait et qu'il mourrait de plaisir en m'en faisant connaître et ressentir de bien vifs. Ses flatteries, ses peintures et ses caresses m'ayant subjuguée, je me laissai faire par elle tout ce qu'elle voulut. Elle posa le bout du doigt de la main gauche entre les lèvres de mon ouverture, qu'elle chatouillait tandis que, de la droite, elle en frottait le haut.

— Ma chère cousine, lui dis-je, pourquoi n'emploies-tu pas les termes et les noms que tu sais? Je les ai tous entendus de Courbelon et de Justine.

— Tu as raison, Rose, je n'en ferai plus de difficulté.

Enfin, après quelque temps de ce badinage, je ressentis cet extrême plaisir qu'elle m'avait si bien dépeint; mais elle m'assura que j'en trouverais bien davantage avec un joli homme, jeune et galant. Depuis ce temps, elle répéta souvent, à ma satisfaction, ce jeu charmant; elle enfonça même un jour son doigt; j'éprouvai quelque douleur qui fut bientôt apaisée. Elle sut enfin m'engager de lui rendre le plaisir qu'elle me donnait. J'y trouvais beaucoup d'agrément et je m'en contentais. Mais, huit à dix jours avant ton arrivée, ma mère étant sortie seule, nous reprîmes nos jeux et nos plaisirs; et sous divers moyens que Justine employa nous nous mîmes toutes deux totalement nues. Courbelon, caché derrière un rideau, avait été témoin de toutes nos folies: c'était une partie liée entre Justine et lui, mais je l'ignorais. Elle riait depuis le commencement, de tout son coeur. Surprise de ses ris qui me paraissaient quelquefois hors de propos je la pressai de m'en dire le sujet; elle m'avoua que Courbelon nous voyait. Il sortit aussitôt de dessous le rideau, nu comme nous étions, et son vit était d'une grosseur et d'une raideur étonnantes. Effrayée, palpitante, honteuse, je ne pouvais plus fuir dans l'état où j'étais qu'en me cachant sous le même rideau; j'y courus, mais ils m'arrêtèrent tous deux, et je n'osai lui rien dire après ce qu'il nous avait vues faire. Courbelon me prit entre ses bras, se jeta à mon cou, m'embrassa, porta ses mains et ses lèvres partout où il put: tout était à sa disposition et Justine l'aidait. Enfin la surprise et la honte firent place au désir. Il mit son vit dans ma main; je ne pouvais l'empoigner; le feu de ses baisers, de ses attouchements, ce spectacle si nouveau pour moi et l'exemple de Justine qui le caressait sans scrupule firent couler le plaisir dans tous mes membres et m'avaient mise dans une situation à ne pouvoir rien lui refuser. Les plaisirs qu'il me donna avaient une pointe de vivacité que je n'avais point sentie par les mains de Justine, avec laquelle je désirai qu'il fit la même chose. Mais ils allèrent bien plus loin: elle l'attira sur elle au pied de son lit et, me tenant d'une main, elle me fit voir le vit de Courbelon qui se perdait dans son con, et la vivacité de leurs transports me fit juger de l'excès de leurs plaisirs. C'est hier la sixième fois que je me suis trouvée avec lui, cela n'arrivant pas souvent, crainte d'être découverte. Je fus enchantée de ton arrivée, chère Rose, dans l'espérance que j'en aurais plus de liberté, car je t'avoue que j'ai eu un violent désir que Courbelon m'en fît autant qu'à Justine. Je crains, il est vrai, les enfants, dont elle me fait peur, et le mal que la grosseur de son vit me pronostique; mais puisqu'elle le reçoit avec empressement j'imagine que ma crainte n'est pas trop fondée et que la douleur doit être bien moindre que le plaisir, du moins Courbelon me le dit de même. Cependant, Justine s'oppose toujours au désir que nous en avons par diverses raisons dont elle ne peut me persuader puisqu'elle s'y expose.

(Fin du récit d 'Isabelle)

Je la pressai autant qu'il fut en mon pouvoir de le satisfaire. Je combattais les raisons de cette fille par toutes celles qui me vinrent à l'idée, dans un âge où je n'avais pas d'expérience ni grandes ressources à donner; mais soit que son imagination, sa curiosité et ses désirs fussent d'accord avec mes raisonnements, elle me parut facilement s'y rendre. Je lui fis promettre en même temps de me faire le détail du plaisir qu'elle aurait eu. Elle m'en donna sa parole, en me recommandant toujours ce que nous appelâmes dès lors notre secret. Depuis ce moment nous ne nous quittions presque plus.

Quelques jours après, nous fûmes invitées d'une noce des parents de Justine. Ces sortes d'invitations sont assez en usage dans les petites villes de province. Elle ne manqua pas de s'y rendre une des . premières, avant que nous y allassions. Isabelle me dit en riant que cette occasion était bien favorable pour la tromper, car je l'entretenais tous les jours dans le projet d'en passer sa fantaisie. Je saisis d'abord cette idée et je lui dis qu'en effet ma tante, croyant que nous irions ensemble, ne manquerait pas, de son côté, d'aller chez quelques-unes de ses amies; qu'il fallait qu'elle fût et se tînt dans la chambre de Justine; que sans doute Courbelon ne manquerait pas de venir à la danse comme font ordinairement les jeunes gens, même sans être invités; que l'espérance de la trouver l'y amènerait plus sûrement; qu'aussitôt que je le verrais, je lui dirais qu'elle avait à lui parler et qu'il se rendît dans la chambre de cette fille, où elle serait à l'attendre.

— Non, non, je ne le veux pas, me dit-elle en rougissant.

Mais je la pressai, je mêlai mes caresses à mes engagements; et soit qu'elle fût bien aise qu'ils voilassent ses désirs, ou soit que je la déterminai, elle y consentit. Je n'avais pas fini de m'habiller que ma tante était déjà partie.

Je m'en fus donc seule. Effectivement, je trouvai Courbelon qui était arrivé; je m'approchai de lui et je parvins à lui dire, sans affectation et sans qu'on s'en aperçût, ce que j'avais projeté; il ne tarda pas à disparaître. Quelques instants après je ne le vis plus. Je regrettais de n'être pas encore à mon poste. Mais comme je me flattais qu'Isabelle me rendrait compte de tout ce qui se serait passé, je me consolai et je participai de mon mieux aux plaisirs de la fête où j'étais puisque je ne pouvais être de celle de ma cousine.

Justine m'avait demandé, lorsque j'entrai, pour quelle raison Isabelle n'était pas avec moi. J'imaginai de lui dire que ma tante avait voulu sortir avec elle, mais qu'elle ne tarderait pas à venir prendre sa part du divertissement et me rejoindre. Elle prit d'abord mon conte le mieux du monde; cependant, voyant que Courbelon n'y était plus depuis longtemps et que ma cousine n'arrivait point, elle prit de la défiance et, sans s'expliquer avec moi, elle ne put s'empêcher de me dire qu'elle avait lieu d'être surprise du départ de l'un et du retard de l'autre. A peine venait-elle de me tenir ce propos que Courbelon arriva, et ma cousine peu après. Justine disparut à son tour; je le fis remarquer à Isabelle à qui j'avais répété ce qu'elle m'avait dit. Elle soupçonna dans l'instant que cette fille était retournée au logis, ce qui lui donna de l'inquiétude. Justine revint et ne fit rien paraître; mais elle avait fait des recherches et pris des informations qui l'instruisirent autant qu'elle le désirait. Nous rentrâmes chez ma tante. Il me tardait que nous fussions couchées pour questionner en liberté ma cousine.

Je lui dis que j'étais fatiguée de la danse; Isabelle en dit autant, quoiqu'elle n'eût point pris part à cet exercice: elle l'avait toujours refusé sous quelque prétexte, qui n'était pas néanmoins le véritable. Nous fûmes donc nous mettre au lit. Quand je la tins dans mes bras, je voulus mettre ma main où elle avait reçu les plus grands coups; mais elle la repoussa en me disant qu'elle y souffrait trop de douleur.

Il ne m'en fallut pas davantage pour la sommer de sa parole et la presser de me la tenir:

— Ah! ma chère Rose, ma curiosité a été bien mal satisfaite. Courbelon est venu comme les autres fois. J'avais l'oreille au guet, je fus lui ouvrir, il s'est jeté à mon cou.

Après bien des baisers et des caresses, il m'a prise dans ses bras et m'a portée sur le pied du lit en promenant ses mains partout où il a voulu, d'autant que je m'y prêtais sans feindre aucune résistance. Enfin, m'ayant penchée sur le lit, il m'a enfoncé son vit qu'il avait mouillé de salive; mais quelle douleur ne m'a-t-il pas faite; ce vit, d'une grosseur énorme, me déchirait; je n'osai crier, j'en versais des larmes. Il tâchait de me consoler en m'embrassant et en m'assurant qu'une seconde fois je n'aurais plus que du plaisir. Il me trompait: il y revint et ma douleur fut aussi vive, je souffrais tout ce qu'on peut endurer. Il s'y présenta une troisième fois; je ne voulais plus y consentir; il me pressa si fort, en y joignant tant de baisers et de caresses, que je ne pus lui refuser. Il s'y prit si doucement et avec tant de précautions que je croyais ne plus endurer un tel tourment, mais il fut presque le même. Ces vives souffrances que j'ai ressenties, jointes à la crainte des enfants qui s'est retracée plus fortement à mon imagination, m'éloignent d'une pareille épreuve. Il m'en reste même une cuisson si grande que je ne puis encore y toucher sans renouveler mes douleurs, et c'est ce qui m'a fait refuser de participer à la danse.

— Sans doute, chère cousine, qu'étant bien plus jeune que Justine, tu es beaucoup plus étroite.

— C'est bien ce que me disait Courbelon, en m'assurant que le temps et l'usage m'élargiraient. Mais en attendant je n'en souffre pas moins.

Il fallut donc rester tranquilles et nous nous endormîmes.

Le lendemain, Justine fut attirer Isabelle dans sa chambre et lui dit qu'elle s'était aperçue que Courbelon y était venu la veille, qu'elle avait trouvé à la porte du petit escalier, qui n'était pas fermée comme elle le faisait ordinairement, un morceau du bouquet qu'il avait ce jour-là; qu'elle avait très bien distingué que son lit avait été foulé, et qu'enfin elle avait appris qu'au lieu d'être sortie avec sa mère, comme je lui avais dit, elle était restée et n'avait quitté la maison que deux heures après moi; qu'elle jugeait bien ce qui s'était passé, qu'elle l'engageait de le lui avouer; qu'elle ne devait pas avoir de crainte ni faire de mystère avec elle puisqu'elle n'avait rien à redouter de sa part, étant pour le moins aussi intéressée qu'elle à ce que personne n'en sût rien. Isabelle s'en défendit d'abord; mais les marques étaient si claires pour Justine qu'à la fin elle lui avoua que Courbelon était venu et lui avait fait les caresses dont il usait ordinairement. Justine lui soutint qu'assurément il lui avait mis; que tout lui démontrait qu'elle n'en devait pas douter. Ma cousine ne voulut point en convenir, mais cette fille lui dit qu'elle le connaîtrait bientôt. Comme elle était forte, elle la prit dans ses bras et la coucha sur le lit; Isabelle, ne pouvant lui résister et se persuadant qu'elle y connaîtrait quelque chose, craignant encore que, pour s'en assurer, elle ne renouvelât ses douleurs, lui fit l'aveu de tout ce qu'elle m'avait raconté.

Justine, qui redoutait infiniment les suites de cette aventure, ou vivement piquée contre Courbelon, apporta depuis tant de difficultés et d'obstacles à leurs entrevues que ma cousine et lui ne pouvaient plus se voir avec la facilité qu'elle leur avait procurée, et, peut-être alors jalouse de lui, elle ne lui permit plus de revenir; elle parvint, enfin, par toutes les voies et les moyens qu'elle put imaginer à rompre cette liaison, d'autant plus aisément qu'elle y employait la vigilance la plus grande. Courbelon, jugeant qu'il ne pourrait jamais surmonter les obstacles qu'opposait une surveillante aussi éclairée et au fait de cette allure, se brouilla avec elle; et comme, dans cette circonstance, il fut obligé quelque temps après de se rendre dans une autre province, il oublia bientôt Isabelle et Justine qui, elle-même, peu après son départ, se retira de chez ma tante et quitta la ville où nous étions. C'est ce qui m'a fait penser, depuis, qu'elle était allée dans le même lieu où s'était rendu Courbelon, pour qui elle aurait tout sacrifié.

Dans les premiers temps, Isabelle n'endura pas sans chagrin le déplaisir de ne le plus voir; elle me faisait part de tout ce que son humeur lui inspirait. Je la consolais du mieux qu'il m'était possible; j'y parvins à la longue, et les plaisirs que nous nous procurions ensemble lui firent supporter avec plus d'aisance, et même oublier à la fin, cette perte qui m'avait aussi fort déplu. Je désirais être quelque jour de leurs parties; je projetais d'y engager ma cousine, et je m'en flattais d'autant mieux qu'elle avait pris pour moi une forte inclination qui ne servit pas peu, depuis, à dissiper son chagrin. Ces contretemps détruisirent mes desseins, et la nécessité fit que je n'y pensai bientôt plus.

Nous passâmes encore quatre mois ensemble, pendant lesquels elle m'instruisit de tout ce qu'elle avait appris de Courbelon et de Justine, qui l'avaient rendue très habile.

Les réflexions que j'ai faites depuis sur cette aventure et sur les réponses d'Isabelle aux différentes questions que je lui faisais m'ont fait voir que Courbelon avait jeté ses desseins sur ma cousine ensuite du jour où elle l'avait trouvé sur Justine, et que, sous le prétexte de mieux engager Isabelle à garder le secret, il avait fait entendre à cette fille que le moyen le plus assuré était de l'admettre en tiers dans leurs plaisirs, autant que la petite oie pourrait s'étendre; qu'enfin il avait su l'en convaincre et la faire donner dans le panneau qu'il leur tendait; sans quoi la jalousie que nous soupçonnions à Justine s'y serait difficilement prêtée.

Le temps que je passai chez ma tante fut trop tôt écoulé; je fus rappelée par ma mère: il fallut nous séparer. Nous ne nous quittâmes pas sans regret, et nous ne pûmes en venir à cette séparation sans verser bien des larmes. Ma tante en fut touchée et me promit qu'elle ferait tout ce qui dépendrait d'elle pour me ravoir encore. Elle et ma cousine, qui pouvaient jouir d'une agréable liberté, me plaignaient, n'envisageant pour moi que des jours bien tristes et remplis d'ennui avec une mère dévote qui ne voyait personne. Je le croyais comme elles; mais nous avions toutes tort.

Arrivée chez ma mère, je mis à profit tout ce que j'avais appris du hasard et d'Isabelle: comme elle, je me procurais tous les jours les sensations les plus délicieuses du plaisir; souvent même j'en redoublais la dose. Mon imagination échauffée n'était emplie que des idées qui y avaient rapport. Je ne pensais qu'aux hommes, je fixais mes regards et mes désirs sur tous ceux que je voyais: les yeux, attachés sur l'endroit où je savais que reposait l'idole que j'aurais encensée, animaient mes désirs dont le feu se répandait jusqu'aux extrémités de mon corps. Ce fut dans cet instant que Vernol revint passer ses vacances chez ma mère; il avait un an et demi de plus que moi. Ah! que je le trouvai beau; j'en fus surprise; jusque-là ses charmes m'avaient échappé. Il est vrai que l'âge à peu près égal de l'enfance nous avait toujours donné beaucoup d'amitié l'un pour l'autre; mais dans ce moment ce fut tout autre chose: il réunit tous mes désirs, une ardeur dévorante s'empara de tous mes sens, je ne vis plus que lui, toutes mes idées s'y concentrèrent. Depuis longtemps je souhaitais d'examiner de près, et de toucher, ce que je n'avais fait qu'entrevoir à Courbelon. Je sentais que j'étais trop jeune pour me flatter de devenir l'objet des desseins d'un homme plus âgé, et, me persuadant que leur instrument grossissait à la mesure de leurs années, les douleurs d'Isabelle m'effrayaient.

D'ailleurs je ne voyais personne qui pût jeter les yeux sur moi ni arrêter les miens; cependant, j'étais dans une vive impatience et je fis de Vernol le but où je désirais atteindre.

Sa chambre était derrière celle de ma mère où je couchais.

Quand cette bonne dévote allait à l'église, où elle passait deux ou trois heures tous les matins, je fermais exactement la porte après elle. On croyait que nous dormions et l'on nous laissait en paix. Mais, continuellement éveillée par mes désirs, j'allais en chemise près de lui et je lui faisais mille agaceries pendant qu'il était dans son lit. Tantôt je l'embrassais, je le chatouillais, tantôt je tirais ses couvertures, ses draps; je le mettais presque nu; je lui donnais de petits coups sur ses fesses d'ivoire; il sautait après moi, me poussait sur son lit, me baisait et rendait sur mon cul les coups légers que je lui avais donnés. Nous avions répété deux matinées ce badinage lorsque, la troisième, en me jetant à la renverse sur son lit, ma chemise, à qui j'avais prêté un peu de secours, se trouva toute relevée et mes jambes en l'air; il aperçut aussitôt mon petit conin, il m'écarta les cuisses, il y porta la main, et ne pouvait se lasser de le regarder et d'y toucher; je le laissais faire.

— Ah! Rose, me dit-il, que nous sommes bien différents l'un de l'autre!

— Comment! lui répondis-je, quelle différence y a-t-il donc? Je lui fis cette question avec l'air de la plus innocente simplicité.

— Tiens, vois, me dit-il en troussant sa chemise et me montrant son petit outil qui était devenu gros et raide, et que je n'avais qu'entrevu jusque-là.

Je pris cette lance en main, je la considérai, je la caressai, j'en découvrais, j'en aiguisais la pointe, et j'eus enfin la satisfaction d'en faire l'examen le plus attentif. Vernol, impatient d'en faire un pareil, me dit:

— Rose, laisse-moi donc te regarder encore.

Je me rendis à sa demande et je me recouchai. Il releva mes jambes, les écarta et ne mit pas moins d'attention dans sa recherche et dans ses détails que j'en avais eu dans la mienne; mais il ignorait l'usage de ce qu'il voyait. Il était à genoux sur le lit, penché sur moi; je passai ma main entre ses cuisses et je repris son joli bijou; je m'amusai à coiffer et décoiffer sa tête rouge comme le corail. Le plaisir que je lui faisais, dont je m'apercevais, augmentait le mien: j'étais dans l'impatience; je me relevai et le renversai à son tour, je le découvris tout entier; je le baisais, je le mangeais, je caressais ses petites olives; enfin, à force de hausser et baisser ma main sur ce charmant bijou, il répandit cette liqueur que j'avais vu rendre à Courbelon par la main de Justine. Cette situation si nouvelle pour lui, l'étonnement joint au plaisir excessif dont il paraissait jouir, étaient un délicieux spectacle pour moi; sa main, placée entre mes cuisses, était restée sans mouvement. Je me recouchai sur le lit, je la pris et je lui fis faire un exercice qui lui était inconnu, et que je souhaitais vivement. Je tombai bientôt moi-même dans l'extase où je l'avais mis peu auparavant.

Tout cela lui paraissait bien extraordinaire; je l'avais conduit de surprises en surprises; elles me réjouissaient et m'enchantaient. Je recommençai mes caresses, je repris son instrument, je le baisai, je le suçai, je le mis tout entier dans ma bouche, je l'aurais avalé: il ne tarda pas à reparaître dans l'état charmant où il avait été. Jusque-là, je n'avais pas osé lui apprendre à le mettre où je le souhaitais; mais de plus en plus animée, j'arrachai sa chemise, je quittai la mienne; rien ne me cachait ses charmes naturels; je les contemplais, je les couvrais de mes mains et de mes lèvres; il me rendait les mêmes caresses à son tour.

Son petit vit était dans toute sa dureté; je me mis sur lui; je le conduisis moi-même dans mon petit conin. Ah! qu'il fut bientôt au fait: j'étais encore étroite, mais il n'était pas gros; nous poussions tous les deux; enfin, m'asseyant sur lui, je parvins aussitôt à me l'enfoncer tout entier, et j'eus l'agréable satisfaction de le sentir pour la première fois introduit où je le désirais avec tant de passion. C'est ainsi que nos pucelages, quoiqu'ils ne fussent pas bien intacts, furent enlevés l'un par l'autre. Quelle volupté nous ressentions! Vernol ne savait plus où il en était. Nous jouissions de cette félicité pure qui se sent sans pouvoir l'exprimer ni la concevoir. Nos plaisirs étaient à leur comble. Il en éprouva le premier l'excès: il déchargeait, ses bras qui m'entrelaçaient se relâchèrent, je précipitai mes mouvements, je l'atteignis, et, me laissant aller sur lui, il connut que je jouissais des mêmes délices. Serrés, collés l'un sur l'autre, nous savourions ce voluptueux anéantissement qui n'est pas moins enchanteur que le plaisir qui nous l'avait procuré. Mais, plus tôt rétablie que lui, je me vis forcée de l'engager à se servir encore de sa main et de son doigt.

Nous répétions tous les jours cet agréable exercice; j'allais dans son lit ou il venait dans le mien; partout où nous pouvions nous réunir en sûreté pendant le jour, nous le recommencions ou nous n'en prenions que l'ombre. La nuit que nous ne pouvions être ensemble, toute pleine de son image je lui consacrais les plaisirs qu'elle faisait naître; il en faisait autant de son côté, nous nous en rendions compte le matin et nous réalisions les illusions nocturnes.

Etonné dès les premiers jours de tout ce que je lui avais appris, il avait désiré que je lui dise par quel moyen j'en avais eu connaissance; mais ne croyant pas à propos de lui rendre compte d'abord de ce que j'avais vu chez ma cousine, je fixai ses idées sur des exemples généraux.

Cependant, ayant ensuite reconnu sa discrétion, je lui racontai tout, et nous tâchions d'en réaliser le souvenir et d'en imiter l'exemple.

Hélas! au milieu de nos plaisirs, notre séparation approchait; nous l'envisagions avec douleur. Ce moment vint enfin; il fallut nous quitter; ma peine fut extrême, je ne puis vous la peindre. Depuis trois ans et demi d'absence nous ne nous sommes réunis que depuis quatre ou cinq mois qu'il est revenu tout à fait chez ma mère.

(Fin de l'Histoire de Rose)

Quand elle eut fini son récit où elle était entrée dans un détail plus étendu qu'avec moi, surtout en ce qui regardait Vernol, je repris la parole:

— Tu ne sais pas, cher papa, ce que Rose m'a dit encore, elle ne te rend pas compte de tout. Ma chère Laure, m'a-t-elle ajouté, je me suis aperçue que Vernol avait pris pour toi la plus forte passion, et même il m'en a fait l'aveu.

Tiens, chère amie, je n'en suis point jalouse, je vous aime tendrement tous deux: tu es belle, il est charmant, je serais enchantée de le voir dans tes bras; oui, ma chère, je l'y mettrais moi-même, je ferais mon bonheur de sa félicité.

Ne la trouves-tu pas folle?

— Pas tant, Laure, je n'en suis point surpris, dans sa façon d'être.

Nous jugeâmes aisément que Rose aimait le plaisir avec fureur; nous le lui dîmes, elle en convint. Les tableaux qu'elle avait retracés avaient ranimé son tempérament; ils avaient produit le même effet sur nous. Mon papa en présentait des preuves parlantes: elle s'en saisit, et, pour nous prouver le charme séducteur qu'elle y trouvait, elle conduisit elle-même le cher objet qu'elle tenait, et nous fit cent caresses dont nous la payâmes par cette sensation délicieuse après laquelle elle soupirait sans cesse. Comme elle était arrivée la première au but, elle arrêta mon papa et, nous adressant la parole:

— Achevez d'avoir en moi la même confiance que je vous ai montrée; ce que nous avons fait tous les trois, depuis hier, m'a totalement ouvert les yeux et m'a donné la liberté de vous raconter ce que j'ai fait avec Vernol. Viens donc, papa, viens à côté de ta chère Laurette, à sa place j'en ferais autant avec toi. Mets-lui, et qu'elle partage les plaisirs que tu m'as donnés; sois assuré de la plus inviolable discrétion.

— Eh bien! Rose, pour te prouver que je n'en doute en aucune manière, tu vas jouer un nouveau rôle.

Il se leva et fut aussitôt chercher le godemiché; il l'attacha à la ceinture de Rose qui était extasiée de cet outil qu'elle ne connaissait pas; il me fit mettre sur elle et le conduisit dans mon con en lui recommandant de se remuer comme ferait un homme, et de me branler en même temps; il l'instruisit de l'effet de la détente lorsqu'elle me verrait prête à décharger. Il se mit ensuite sur moi et m'introduisit son vit dans le cul. Rose remuait la charnière supérieurement; je tenais ses tétons, elle caressait les miens, elle suçait ma langue, je me mourais. Au moment où j'allais perdre connaissance, elle fit décharger le godemiché; mon con en fut inondé, et le foutre que mon papa répandit en même temps dans mon cul excita en moi des transports qui se joignirent aux siens et à ceux de Rose qui, par le frottement du godemiché sur son clitoris, les lui fit partager; enfin je tombai sur elle, morte de plaisir. Mon papa se releva bientôt, et quand je fus revenue de cet évanouissement enchanteur nous sortîmes du lit qu'il était plus de midi.

Dès que nous fûmes debout, elle n'eut rien de plus pressé que de passer à l'examen de cet outil si nouveau pour elle.

Je l'aidai à en désunir toutes les parties: il était parfaitement semblable à un vit; toute la différence consistait dans des ondes transversales depuis la tête jusqu'à la racine pour procurer un frottement plus actif. Il était d'argent, mais couvert des couleurs de la nature, et d'un vernis dur et poli. Il était vide, mince et léger. Dans le milieu de l'espace, il y avait un tuyau du même métal, rond et plus gros qu'une plume, dans lequel il y avait un piston. Ce tuyau se vissait à un autre bout percé et soudé au fond de la tête. Il se trouvait par ce moyen des espaces autour de cette petite seringue, dont elle avait l'effet, et les parois de celui qui imitait le vit. Un morceau de liège, taillé pour boucher exactement ce dernier, avait un trou qui laissait entrer très juste la naissance de la petite pompe, dans lequel on insérait un ressort d'acier en spirale qui repoussait le piston par le moyen d'une détente. Quand Rose l'eut bien tourné et retourné:

— Il faut encore, me dit-elle, que tu m'apprennes comment on lui fait faire son office.

— On emplit, lui dis-je, le godemiché d'eau suffisamment échauffée pour en supporter la chaleur sur les lèvres; on le bouche bien avec le morceau de liège, auquel tu vois cet anneau pour le retirer; on emplit ensuite la pompe, par le moyen du piston qu'on attire, de colle de poisson fondue et légèrement teinte de blanc qu'on tient toute préparée:

la chaleur de l'eau se communique aussitôt à cette liqueur qui ressemble autant qu'il est possible à la semence.

La première action de Rose, après ce détail, fut de trousser sa chemise et de l'enfoncer dans son con. Cette folie dans ce moment me fit rire au point que mon papa rentra pour savoir le sujet qui m'y excitait si fort. Il la vit à cet ouvrage, il ne put s'empêcher de m'imiter, et s'adressa à elle:

— Laisse-le donc, Rose, sa vertu dans ce moment n'existe plus, et nous pouvons faire quelque chose de mieux.

Elle continua donc de s'habiller. Il me prit par la main et sortit:

— Ma chère Laure, Rose sera la victime de sa passion et de son tempérament; rien ne la retient; elle s'y livre avec fureur, sans mesure ni ménagement; sois assurée qu'elle paiera de sa personne cette imprudence, ainsi que le pauvre Vernol qu'elle a jeté dans le même excès; mais je veux en profiter pour remplir mes desseins.

En effet, inébranlable dans ses réflexions, il fut la retrouver dans ma chambre, et j'entendis:

— Rose, ce que vous avez dit à Laure, au sujet de votre frère sur la fin de votre histoire, annonce votre amitié pour l'un et pour l'autre; mais peut-on compter sur la discrétion de Vernol comme sur la vôtre? Il est nécessaire qu'elle soit des plus grandes, vous devez le concevoir, songez-y.

— Oh! ne vous trompez pas sur la confidence que je vous ai faite; elle n'est pas le fruit de l'indiscrétion; mais la manière dont j'ai agi avec lui m'a fait sentir que si j'eusse été Laurette vous eussiez été pour moi ce qu'est Vernol.

L'obscurité à travers laquelle j'entrevoyais la chose s'est totalement dissipée par la façon dont nous vivons depuis hier; j'ai jugé que, dès lors, je pouvais parler sans déguisement et que vous seriez intéressés à garder, à notre sujet, le même secret qu'à votre égard je vous jure pour Vernol et pour moi, y trouvant le même intérêt. Mais, de grâce, qu'il participe à nos plaisirs; il m'a fait l'aveu qu'il était fou de Laurette, et vous vous y trouvez engagé plus que vous ne pensez. Vous serait-il donc possible de nous refuser? Je serai comblée de joie si vous ne vous y opposez pas et si, comme je le désire, la chère Laurette ne le hait pas.

— Tout me force aujourd'hui à y consentir; ne lui dites cependant rien encore de ce qui s'est passé entre nous, je vous le conseille et vous y engage. Il me croirait dédommagé, et je veux qu'il me paie lui-même du sacrifice que je fais. Prévenez-le seulement de se prêter à tout ce que nous voudrons.

— Ah! je vous réponds de lui comme de moi-même sur qui vous pouvez compter en tout.

— Il est cependant nécessaire que vous sachiez, vous et lui, que Laure n'est ma fille que pour le public; car en réalité elle ne l'est pas. Vous voyez cependant qu'elle ne m'en est pas moins chère; mais surtout, que personne ne soit instruit de ce secret que vous deux, je vous le recommande. Allez à présent trouver votre mère avec elle, dites-lui que demain nous irons encore passer le jour à la campagne, et que si elle veut vous y laisser venir avec votre frère nous vous y mènerons. Cependant, promettez-moi d'être tranquilles l'un et l'autre jusqu'à ce que vous veniez, car vous en aurez sûrement besoin.

Je n'avais rien perdu de ce discours; Rose vint, m'entraîna, courut chez sa mère et obtint facilement pour elle et pour Vernol ce qu'elle lui demandait. Je la quittai et fus passer le reste de la journée chez une parente. Pendant ce temps-là, mon père fut donner ses soins aux arrangements qu'il projetait.

La nuit, quand je fus dans ses bras, je présumai qu'il me rendrait compte de ce qu'il avait dit à Rose, et de ses desseins. Indécise avec moi-même, je ne voulus pas lui en parler la première, ni lui faire connaître que je l'avais entendu. Le coeur me battait; mais il ne m'en ouvrit pas la bouche.

Le lendemain après-midi, une voiture se rendit à notre porte, nous prit et nous conduisit dans une maison charmante à quelque distance de la ville; je ne la lui connaissais pas. Je jugeai qu'elle appartenait à quelqu'un de ses amis qui la lui prêtait. Vernol avait cherché à relever ses attraits naturels. Rose et moi, nous étions dans un déshabillé galant. Instruit par sa soeur, il avait une politesse plus aisée et quelque chose de plus assuré qui lui était avantageux.

Nous arrivâmes sur les quatre heures, il faisait un temps admirable et très doux. Nous rimes plusieurs tours dans les jardins, qui étaient vraiment dessinés par Vertumne, et non de ces assemblages fantasques où la bizarrerie semble avoir présidé. Ce n'était pas non plus de ces jardins compassés, où la régularité et la symétrie écrasent la nature: nous y jouissions de la beauté de l'horizon, qui semblait d'accord avec la fête. Après cette promenade, où nous avions préludé par les baisers, nous vînmes dans les appartements, que nous parcourûmes; nous trouvâmes, dans un salon où mon papa nous conduisit, une collation servie; il nous présenta plusieurs mets, nous versait à boire et ne nous ménageait pas. Soit délicatesse des vins et des liqueurs, ou soit qu'il eût employé quelque autre moyen qu'il connaissait assez, nos têtes perdirent bientôt leur équilibre et nous jetâmes des fleurs à la folie, qui nous en couronna. Dès qu'il nous vit en cet état, il fut écarter tout son monde de manière à ne le faire revenir que tard, en sorte que nous étions exactement seuls. Il nous conduisit dans un appartement où nous n'avions pas encore été, situé dans le quartier le plus reculé. Il nous fit entrer dans un petit salon illuminé, de toutes parts, de bougies mises dans des girandoles, posées à la hauteur où l'on pouvait facilement atteindre avec la main. Au-dessous d'elles régnaient tout alentour des glaces ordinairement couvertes de rideaux qui, dans ce moment, étaient relevés par des cordons et des glands qui les tenaient en festons, dont les pendants garnissaient les encoignures. Des bergères larges, fort basses et presque sans dossier, sur lesquelles étaient répandus des carreaux, garnissaient le tour jusqu'à la hauteur où les glaces étaient placées. Au-dessus d'elles étaient enchâssés différents tableaux. Dieux! quels objets, chère Eugénie! Clinchetet et l'Arétin n'ont rien produit de plus voluptueux. Des sculptures peu multipliées, les unes en blanc, les autres peintes à la gouache, présentaient de semblables sujets. Dans un des côtés était une niche ornée et éclairée de même, qui renfermait un meuble sur lequel la jouissance et la volupté avaient établi leur trône. Ces peintures, ces sculptures, les vins et les liqueurs que nous avions pris écartèrent et chassèrent loin de nous jusqu'à l'ombre de la contrainte: le délire voluptueux s'empara de nos sens; Bacchus et la Folie menaient le branle. Rose, inspirée par sa divinité chérie, nous donna le ton et commença l'hymne du plaisir. Elle sautait au cou de mon papa, elle embrassait Vernol, elle me baisait et m'engagea de l'imiter. Elle arracha mon mouchoir qu'elle jeta à son frère, elle fit voler le sien sur mon papa, elle leur faisait baiser ses tétons, elle les conduisait sur les miens, nos bouches étaient couvertes de leurs lèvres. Ces jeux, ces baisers qui se répétaient dans les glaces nous échauffèrent à l'excès. Nos joues étaient colorées, nos lèvres brûlantes et vermeilles, nos yeux animés et nos seins palpitants. Vernol, déjà dans un demi-désordre, le teint brillant, les yeux pleins de feu, me paraissait beau comme le jour. Je le regardai dans ce moment comme une jouissance divine dont tous les appas se réunirent en un seul trait, au centre de mes désirs; il ne savait lui-même où il en était: mon papa calculait la gradation. Rose me fit tomber sur une bergère, elle appela Vernol pour l'aider: elle me troussa, me donna de petits coups sur les fesses, et lui fit voir l'objet après lequel il soupirait. Je la pris à mon tour pour la renverser aussi; mais elle ne m'en donna pas le temps; elle s'y jeta d'elle-même et, levant les pieds en l'air, elle mit au jour tous les appas qu'elle avait reçus de la nature, son con, son cul, son ventre, ses cuisses, tout fut à découvert. Nous fûmes aussitôt tous les trois près d'elle lui faire les caresses qu'elle montrait désirer. A peine avions-nous posé nos mains sur ses fesses qu'après deux ou trois mouvements de reins nous l'aperçûmes tortiller l'oeil, et nous vîmes couler la fontaine du plaisir. Nous nous apercevions bien l'une et l'autre que Vernol et mon papa bandaient de tout leur pouvoir. Le sillon relevé que leurs vits faisaient le long de leurs cuisses en portait le plus sûr témoignage. Tout d'un coup, Rose se releva et fut se jeter sur mon père:

— Cher papa, je t'ai jeté le mouchoir; tu seras mon mari et moi ta femme; donne-moi ta main.

— Très volontiers, Rose; mais il faut que la dernière cérémonie en soit.

— Ah! de tout mon coeur. Mais Vernol a eu le mouchoir de Laurette, il faut aussi les unir. Y consens-tu?

— Soit, comme tu le désires.

Elle accourut prendre nos mains qu'elle mit l'une dans l'autre; elle nous fit embrasser, nos bouches se rencontrèrent; elle porta sa main sur mes tétons et nous fit appeler mari et femme. Nous étions tous quatre vivement émus et très échauffés. Rose brûlait.

— Qu'il serait délicieux dans ce moment, s'écria-t-elle, d'être dans un bain où nous puissions nous rafraîchir! Le feu me dévore.

Mon papa se leva et fut tirer un cordon qui était à côté de la niche. Aussitôt le dessus du meuble qui y était fut enlevé, et découvrit un bassin à trois robinets qui jetaient à volonté de l'eau chaude, froide ou de senteur.

— Voilà qui est magnifique, c'est ici le palais des divinités. Je vais, dit Rose, ressembler à une naïade, mais je ne serai pas la seule. En peu d'instants, elle parut avec les seuls ornements des nymphes; elle s'empara de moi, et pressa Vernol et mon papa de l'aider à me mettre dans le même état: en un clin d'oeil, tout disparut de dessus moi. Rose fit un signe à son frère qui se montra bientôt en Sylvain pendant qu'elle et moi nous prêtions notre secours à mon papa. Mes regards furtifs avaient déjà détaillé Vernol: qu'il était bien fait, et qu'il me paraissait agréable! La jeunesse et la fraîcheur brillaient de tous côtés: au milieu de la blancheur et de l'éclat d'une jeune fille, on voyait le trait qui caractérisait un homme. Nous nous plongeâmes tous quatre à la fois dans ce bassin, ils étaient l'un et l'autre rayonnants de gloire. Tous consumés d'un feu dévorant, nous étions semblables à des fournaises sur lesquelles on jette de l'eau et qui n'en deviennent que plus vives. Deux lances en arrêt nous menaçaient tour à tour, mais le combat ne nous effrayait pas: en proie aux mains folâtres et passionnées, aux baisers amoureux et lascifs de nos tritons, nous leur rendions les mêmes caresses, nous badinions avec leurs flèches, ils s'étaient emparés de nos carquois. Dans ce moment, mon papa eut la prudence de plonger l'éponge au fond du mien lorsque j'y pensais le moins. Vernol voulait entrer en lice mais, par une adresse si naturelle aux femmes et si propre à aiguiser les désirs, je l'arrêtai et me sauvai du bassin. Rose me suivit. Bientôt ils furent dehors.

La fraîcheur qu'ils sentirent en sortant leur donna sur la crête, leur humilité momentanée nous laissa le temps de nous essuyer et, nous étant couvertes simplement de robes légères et transparentes qui ne gênaient presque point la vue ni les larcins, et que mon papa tira d'une armoire cachée par une glace mobile, nous nous étendîmes sur les bergères. A peine y étions-nous qu'il fit descendre du plancher, par un autre cordon, une table servie de mets délicats, de vins et de liqueurs semblables à celles dont nous nous étions si bien coiffés, et qui nous achevèrent. Tout y était propre à augmenter l'ardeur qui nous dévorait déjà.

Vernol était dans une impatience prodigieuse; mais, ce que je n'aurais pas attendu de celle de Rose, elle ne perdit rien de sa gaieté. Pour moi, dont la volupté était plus délicate, je jouissais par les yeux, par les mains; mais j'étais moins empressée d'arriver au but, que j'envisageais avec plus de satisfaction en exaltant le désir, et je me trouvais en cela d'accord avec mon papa. Vernol et Rose furent donc obligés de modérer leur impatience, ce qui fut plus facile à Rose qui, par nos caresses et nos attouchements, avait déjà, de son aveu, ressenti trois fois les délices du plaisir. Enfin, elle appela ce service le souper de noce; l'hymen n'y présidait guère, mais qu'importe, la volupté y régnait; elle seule nous suffisait et nous enchantait. On la voyait au milieu de la table, couronnée par le dieu des jardins, tenant son sceptre en main; dans les quatre coins il y avait des groupes entrelacés et dans les attitudes qui annonçaient le plus doux des moments. Entre eux, de vieux satyres jaloux présentant leurs offrandes, que des nymphes chassaient et que les plaisirs fuyaient: tout inspirait, tout animait. Rose, le verre et la bouteille en mains, sa robe ouverte, développant ses appas et ses grâces, répandait la flamme dans nos veines; ce qu'elle nous versait devenait un torrent de feu.

Je désirais enfin moi-même avec violence, rien ne m'eût effrayée. Nos attraits, presque toujours à découvert, produisaient le même effet, et nous voyions sans cesse à nos yeux des signes palpables de leur pouvoir. Enfin, chère Eugénie, parlons sans figure: ils ne débandaient point.

Rose, ne pouvant plus y tenir, s'écria:

— Vernol, prends ta femme. Pour moi, me jetant entre les bras de mon papa, je tiens mon mari.

Elle s'était déjà saisie de son vit qu'elle fixait depuis longtemps, déjà Vernol me tenait embrassée et sa main s'était emparée de mon con, lorsque mon papa nous arrêta:

— Attendez, mes enfants, il y a une condition à laquelle j'attache ma complaisance; il est juste que j'en sois payé.

Si Vernol le met à Laure, je veux imiter cet homme de cour qui, faisant coucher avec sa femme un page qu'elle aimait, faisait en le cul de ce page la même opération qu'il faisait dans le con de la dame. Il faut, de même, que pendant qu'il foutra Laure son cul soit à ma disposition.

Je me persuadai dans l'instant que les beautés de Vernol lui avaient inspiré des désirs, comme elles avaient fait naître les miens; j'en fus enchantée, j'en devenais plus libre de me livrer à mes désirs, et cette pensée me dégagea d'une entrave qui, jusque-là, m'avait donné quelque gêne. J'animai nos jeux avec les transports de la joie; je tâchai d'y ajouter de ma part tout ce qui pouvait les rendre plus charmants: je me saisis de Vernol, j'arrachai sa robe, je présentai son cul, j'écartai ses fesses charmantes, son vit m'enfonçait le ventre.

— Non, Vernol, non, ne te flatte pas de me le mettre dans cette condition.

Rose, qui avait vu que mon papa me l'avait mis de même, s'écria qu'il n'avait pas à balancer, et jura qu'elle le tiendrait plutôt.

— Quoi, dit Vernol, quel serait donc l'obstacle qui pourrait m'arrêter? Depuis longtemps, je suis à la torture; que ne ferais-je pas, belle Laurette, pour jouir de vous et mourir dans vos bras?

— En ce cas, dit mon papa, Rose sera aussi de la partie.

Dans le moment, la table fut enlevée et le bassin recouvert; un coussin épais en remplissait l'étendue et était enveloppé d'un satin couleur puce, si propre à relever la blancheur. Cette niche était le vrai sanctuaire de la volupté.

Nous fûmes à l'instant débarrassés de tout ce qui nous était étranger, et nous montâmes sur cet autel avec les seuls ornements de la nature, tels qu'ils étaient nécessaires pour offrir nos voeux à la divinité que nous allions encenser et pour les sacrifices que nous allions lui faire. Les glaces répétaient de tous côtés nos différents attraits. J'admirais ceux de Vernol. Ce beau garçon me prit dans ses bras, il me couvrit de baisers et de caresses; il bandait de toute sa force. Je tenais son vit; mon papa maniait ses fesses d'une main et, de l'autre, les tétons ou le con de Rose qui nous caressait tous trois. Cédant enfin à notre fureur amoureuse, Vernol me renversa, écarta mes cuisses, baisa ma motte, mon con, y mit sa langue, suça mon clitoris, se coucha sur moi et me fit entrer son vit jusques aux gardes. Mon papa se mit aussitôt sur lui. Rose était sur les genoux, appuyée sur les coudes, son con tourné de mon côté; elle entrouvrit les fesses de Vernol, en mouilla l'entrée et conduisit le vit de mon papa dans la route qu'elle lui avait préparée. Pendant qu'ils agissaient, elle chatouillait les couilles de l'un et de l'autre. Je tenais son con, j'y mettais le doigt, je la branlais; bientôt ma main fut toute mouillée, ses transports, qui parurent les premiers, nous excitèrent vivement:

Vernol la suivit de près; mon papa s'en aperçut, il hâta sa course qui m'était favorable; je doublai mes mouvements, et nous tombâmes presque aussitôt dans la même extase: nos trois individus unis n'en faisaient pour ainsi dire plus qu'un, que Rose couvrait de ses baisers.

Revenus à nous-mêmes, nos caresses remplacèrent nos transports et remplissaient le temps que le plaisir nous laissait à parcourir; elles nous remirent bientôt en état de le ramener à nous. Vernol avoua qu'il n'en avait jamais ressenti de pareil.

— Il faut l'avoir connu, dit mon papa, pour pouvoir en juger. Viens, ma chère Laurette, viens l'éprouver à ton tour. Vernol, moins fourni que moi, ne te procurera que des douceurs. Belle comme tu es, de quelque côté que ce soit il n'a rien à perdre. Nous bandons, viens dans mes bras. Rose fera pour lui ce qu'elle a fait pour moi, et branlera ton clitoris en arrière, par-dessous les cuisses.

Je me jetai sur lui, je le mangeai de caresses. Rose introduisit son vit dans mon con; elle ouvrit mon cul, elle mit le vit de Vernol dans sa bouche, elle en mouilla la tête ainsi que le passage où il devait entrer, et le conduisit elle-même.

Placée comme elle était la première fois, elle me branlait et caressait les fesses de Vernol, tandis que mon papa, le doigt dans son con, la branlait aussi. Le sublime. plaisir annonça bientôt sa présence, nous volions après lui, nous le saisîmes. Ah! qu'il était grand! Nous déchargions tous, nous étions inondés, le foutre ruisselait. Livrée aux plus vives sensations, j'étais dans un état convulsif. Après avoir été agitée comme un nageur qui se débat, un calme, non moins voluptueux que le plaisir, lui succéda. Ce resserrement, ce frottement dans toutes les parties délicates et sensibles, où se trouve le trône de la suprême volupté, me la fit connaître dans l'extrémité de son dernier période. Je ne pus mettre la parallèle avec cette journée, que celle où j'avais fait le sacrifice volontaire de mon pucelage.

Il fallut enfin se reposer; nous nous assîmes, et nous les engageâmes de reprendre pour quelques instants leurs habits; mais nous ne fûmes guère plus tranquilles: dans l'état où nous étions, nos yeux, nos mains, nos bouches, nos langues, tout rappela les désirs; nous parlions foutaise; nos tétons, nos fesses, nos cons étaient maniés, baisés; nous les rendions, ces caresses, des vits et des couilles en étaient les objets. Bientôt les effets en parurent avec fierté, nous les ressentîmes aussi; nous bandions tous encore, nos clitoris gonflés le démontraient aussi bien que la fermeté de leurs vits; nous courûmes sur les traces du plaisir qui nous avait échappé; nous le ramenâmes à nous pour le laisser fuir encore; mais je voulus que Rose eût une part plus solide que celle qui lui était tombée jusqu'alors; je la fis coucher les genoux élevés; mon papa se mit à côté d'elle et, passant ses cuisses par-dessous ses jambes qu'elle mit en l'air, son vit se trouvait pointé sur le but; je me mis sur elle, sa tête entre mes genoux et entre ceux de Vernol qui me le mettait en levrette. Je mis le vit de mon papa dans son con; il s'y perdait et reparaissait tour à tour; il prenait nos tétons à l'une et à l'autre; je la branlais, elle me rendait le même office; mon con était sur ses yeux; le vit de Vernol qui allait et venait, ses couilles qui se balançaient, formaient un spectacle enchanteur pour elle, qui produisit un tel effet sur ses sens que, dans le même temps que nous mîmes à chercher le plaisir pour le savourer, Rose avait déjà ressenti quatre fois ses attraits; quatre fois ses élancements et ses transports, ses expressions: je me meurs, je décharge, nous en donnèrent des preuves certaines. Enfin, nos fouteurs de dessous se réunissant, Rose reçut, dans un cinquième et copieux épanchement de sa part, le foutre dont mon papa l'inonda. Leur plaisir excitant le nôtre, nous jouîmes presque en même temps qu'eux de ces enchantements que nous nous hâtions d'atteindre.

Rose se mourait: si elle chérissait le plaisir, celui-ci ne la fuyait pas; elle en ressentait les effets des trois et quatre fois contre nous une; son con était une source de foutre; il lui causait un plaisir si vif qu'elle pinçait et mordait toutes les fois qu'elle le répandait. Enfin, elle tomba dans cet état d'anéantissement où l'on ne connaît et ne sent rien que l'excès des sensations délicieuses qu'il procure. Dès qu'elle en fut revenue, elle fit tant d'éloges de cette attitude que je voulus jouir à mon tour de la même perspective. Aussi, dès que nos forces furent rétablies, nous n'y changeâmes presque rien; je pris seulement la place qu'elle occupait, elle se mit sur moi, Vernol la foutait. Ma tête entre leurs cuisses, je voyais tous leurs mouvements, et nous nous branlions l'une et l'autre, pendant que le vit de mon papa fournissait pour moi sa carrière.

Ce quatrième acte fini, nous étions fatigués, brisés, excédés; nous avions grand besoin de réparer nos pertes. Nous nous relevâmes, mon papa fit redescendre la table et nous ranimâmes nos forces par les restaurants que nous prîmes. Le repos nous était bien nécessaire. Dès que la table fut relevée, nous nous couchâmes tous quatre, les uns sur les autres, nos bras et nos cuisses entrelacés, tenant chacun le cher objet de tous nos voeux et le divin moteur de nos plaisirs.

Après une bonne heure de sommeil, Rose, éveillée par un songe voluptueux, nous tira bientôt de l'espèce de léthargie où nous étions plongés. Nos caresses et nos baisers recommencèrent; mais, loin de nous précipiter, nous badinions avec nos désirs pour en allonger la durée, en multipliant la jouissance, en retardant l'approche du plaisir: nous allions jusqu'à lui, nous le repoussions, il nous poursuivait. Rose l'avait déjà saisi deux ou trois fois; à notre tour il nous atteignit aussi: il n'est pas sûr de jouer avec lui. Il fut enfin victorieux, et nous terminâmes cette journée par un cinquième acte dont Rose fut l'héroïne.

Couché sur mon papa qui l'enfilait par le grand chemin, Vernol se présentait à la porte de derrière. J'avais pris l'attitude qu'elle avait tenue; je mis tout en place et je lui rendais les mêmes services que j'en avais reçus, pendant que mon papa me prodiguait des caresses semblables; mais, par un nouveau badinage, Vernol changeait de temps en temps de route: il quittait celle où je l'avais conduit pour aller s'accoler avec mon papa dans le chemin qu'il occupait. Rose trouvait admirable de les avoir ensemble: il était heureux pour elle que la même voie pût se prêter à deux de front; mais, au dernier moment, Vernol reprit le sentier où je l'avais guidé et qu'il avait occupé d'abord.

Elle trouva ce dénouement divin et supérieur à tout ce qu'elle avait éprouvé jusqu'alors; aussi s'écria-t-elle, dans son enthousiasme:

— Que je serais heureuse, et que la mort me serait douce si je perdais la vie dans un moment si délicieux!

Nous rîmes de son idée, et nous la trouvâmes bien analogue à son tempérament et à sa façon de penser.

Avant de reprendre nos vêtements, mon père découvrit de nouveau le bassin; je fus enchantée de ce soin; je m'y plongeai dans l'instant, ils m'y suivirent aussitôt. Je retirai l'éponge et j'introduisis de l'eau dans le lieu qu'elle avait occupé. Cette première ablution faite, nous la renouvelâmes et nous y rimes couler une essence qui nous embaumait. Ce second bain porta le calme et la fraîcheur dans tous nos sens. L'heure s'avançait, nous nous hâtâmes d'en sortir.

Après nous être rhabillés, nous rimes encore quelques tours dans les jardins. Enfin, nous remontâmes en voiture sur les huit heures, et nous rentrâmes en ville une heure après.

Depuis ce jour, et dans les premiers temps qui le suivirent, Rose ne cessait de me presser de répéter cette scène.

Je m'y prêtai d'abord. Peu après je ne me rendais que par complaisance pour elle qui, sur la fin, en était seule le coryphée. Enfin, elle me devint insipide, je l'aurais trouvée même à charge si mon papa n'eût été de la partie. Cette dégradation ne lui avait point échappé, il en fut enchanté.

Mon ivresse pour Vernol, que mes yeux et mes sens avaient seuls produite et où le coeur n'avait point de part, se dissipait tous les jours: soustraction faite de sa figure et de sa douceur, on ne trouvait plus rien en lui; elle s'éteignit totalement et ne me laissa que des regrets; je revins tout entière au penchant de mon coeur et à mon attachement qui, loin de diminuer, avait pris de nouvelles forces. Je regardais mon père comme un homme extraordinaire, unique, un vrai philosophe au-dessus de tout, mais en même temps aimable et fait pour toucher réellement un coeur; je l'aimais, je l'adorais. Ah! chère Eugénie, ce sont les qualités de l'âme qui, seules, nous fixent, nous enchaînent indépendamment des sens et coupent les ailes de notre inconstance naturelle. Les hommes qui réfléchissent n'y résistent point quand ils les rencontrent, et toute leur infidélité leur cède: enfin, j'étais le seul objet de sa tendre affection, comme il l'était de celle de mon coeur. Les événements qui suivirent achevèrent d'anéantir ces liaisons que j'avais déjà commencé de rompre.

Une aventure où Rose brisa plusieurs lances avec trop d'effronterie et d'imprudence acheva de m'aliéner d'elle et de Vernol, lorsqu'ils m'en eurent fait un détail que je sus tirer d'eux. Je fus convaincue que la délicatesse des sentiments n'habitait point leurs coeurs, et qu'ils n'avaient l'un et l'autre que ceux de la passion la plus effrénée et la plus indiscrète. Cette manière d'être et de penser n'étant point uniforme avec la mienne, je fus entièrement décidée sur leur compte.

Je t'ai déjà dit que je ne les voyais plus aussi souvent, ce qui les engageait à chercher de leur côté tous les amusements qu'ils pouvaient se procurer: la promenade en faisait partie. Vernol, conduisant un jour Rose dans un jardin public, rencontra quatre de ses camarades de collège, dont le plus âgé avait à peine vingt ans. Reconnaissance, essor de joie, embrassades, questions multipliées: d'où viens-tu?

Que fais-tu? Où vas-tu? Quelle est cette belle? La réponse à la dernière demande donna lieu à nos jeunes gens de faire des révérences et des compliments qui, sûrement, ne déplaisaient point à Rose. Satisfaits sur les autres points, ils se déterminèrent à engager Vernol d'être de leur partie.

Il était question d'aller hors de la ville se régaler d'une collation dans quelque endroit commode; ils n'essuyèrent point de refus de la part de Vernol, et encore moins de Rose: ils partent.

Dans les premiers transports de joie, nos jeunes gens avaient oublié les conventions qu'ils avaient prises ensemble, mais le plus âgé, en même temps le plus rusé par ce que tu vas voir ensuite, ne les avait pas perdues de vue. Il tenait Rose avec un autre sous les bras, les petits propos, les cajoleries, les expressions énigmatiques, allaient leur train. On était encore dans la belle saison; on marchait assez vite. En arrivant, on monte dans une chambre; Rose avait chaud, elle se jeta sur un lit, découvrit sa gorge, et laissait pencher une jambe qu'elle savait avoir bien faite; aussi en reçut-elle des éloges qui l'enivraient. On fit apporter mets, vins et liqueurs de diverses sortes; les têtes commencèrent à s'échauffer: Rose sablait, tous en faisaient autant. Dans cette disposition, les propos, les chansons s'égayèrent, la liberté s'en mêla, les baisers trottaient; le feu prit, et l'incendie se communiqua. Le plus âgé, plus hardi et plus expérimenté que les autres, prit Vernol dans une embrasure et lui fit part des conventions qu'ils avaient faites avant de partir. Vernol ne put s'empêcher d'en rire de tout son coeur. Rose, curieuse à son ordinaire, voulut absolument savoir ce qui lui en donnait lieu: elle l'appela, le pressa; il ne fit pas de difficulté de lui raconter que ses camarades étaient convenus entre eux, avant de les avoir rencontrés, que celui des quatre qui aurait le vit le plus petit paierait pour tous la bonne chère, et que celui qui l'aurait le plus gros ferait présent de ce qui serait bu.

Dans les transports, les éclats de rire et les élans que ce récit fit faire à Rose, elle s'agita de façon, en levant une jambe, qu'elle fît voir presque tout ce qu'elle avait de caché, et, dans ce premier mouvement, elle s'écria:

— Qui donc en sera le juge?

— Vous-même, lui dit le plus effronté, croyant bien que Vernol lui avait rendu compte de ce qu'il avait appris.

Rose, animée par le vin et par une idée aussi flatteuse pour elle, répondit que, certainement, elle serait le meilleur juge et plus en état d'en décider qu'aucun d'eux. De ce moment, on ne se gêna plus; les expressions les plus hardies, accompagnées de vin et mêlées de caresses, passaient de bouche en bouche. Rose, comme un vaillant champion, tenait tête à tous; mais elle se préparait d'autres assauts qui l'intéressaient davantage et, voulant en venir au plus tôt à des effets où elle trouvait plus de solidité, elle appela Vernol et, lui passant un bras autour du cou, elle pencha sa tête sur ses tétons qu'elle lui faisait baiser puis, coulant sa main plus bas, elle s'empara de son vit; lui, de son côté, glissant la sienne sous ses jupes se saisit de son con. Ses jupes à demi soulevées ne laissaient rien apercevoir encore, mais, relevant un genou, elle facilita la découverte de ce centre du plaisir. Cette vue les anima de telle sorte qu'ils l'entourèrent, l'un lui prenant une fesse, l'autre une cuisse, un autre les tétons, chacun en tenait un morceau. Rose, faisant relever Vernol, leur demanda, en leur montrant son vit qu'elle tenait, s'ils pouvaient lui faire voir quelque chose de pareil. Chacun mit aussitôt les armes à la main: elle eut alors le spectacle enchanteur à ses yeux de voir à la fois cinq vits bandés, fiers et menaçants, qui lui proposaient le combat quoique certains d'être vaincus.

Rose, aussitôt se relevant et s'asseyant sur le lit, les genoux relevés et écartés, le lieu de la joute totalement à découvert et présentant la bague:

— Je pourrais, dit-elle, décider la question au coup d'oeil; mais puisque je dois juger je veux y procéder avec tout le scrupule possible, et même y joindre, s'il le faut, une mesure qui m'est propre. Cependant commençons.

Elle les fit ranger tous cinq en leur faisant mettre toutes pièces à découvert et, prenant son lacet, elle les mesura avec la plus grande exactitude, tant en longueur qu'en grosseur, soupesant même avec attention leurs dépendances.

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