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La Mort de la Terre, roman, suivi de contes

LA MORT DE LA TERRE

Reading edition

ROMAN

SUIVI DE CONTES

Illustration from La Mort de la Terre, roman, suivi de contes

PARIS

LIBRAIRIE PLON PLON-NOURRIT et Cie, IMPRIMEURS-ÉDITEURS 8, RUE GARANCIÈRE—6e

Tous droits réservés

Droits de reproduction et de traduction réservés pour tous pays.

Copyright 1912 by Plon-Nourrit et Cie.

A MADAME ET A MAURICE POTTECHER

en admirative affection.

J.-H. ROSNY aîné.

AVERTISSEMENT

On a parfois écrit que j’étais le précurseur de Wells. Quelques critiques sont allés jusqu’à dire que Wells avait puisé une partie de son inspiration dans tels de mes écrits comme les Xipehuz, la Légende sceptique, le Cataclysme et quelques autres qui parurent avant les beaux récits de l’écrivain anglais. Je crois que cela n’est pas juste, je suis même enclin à croire que Wells n’a lu aucune de mes œuvres. Certes il ne partage pas la monstrueuse ignorance de ses compatriotes en matière de littérature continentale[1], mais la notoriété des Xipehuz, de la Légende sceptique, du Cataclysme, etc., etc., était négligeable à l’époque où il se mit à écrire. Et quand il aurait lu mes modestes livres, je nierais tout de même qu’il en eût subi l’influence: La Guerre des Mondes et l’Ile du docteur Moreau sont des œuvres originales, qu’il faut admirer sans réserve. D’ailleurs, il y a une différence fondamentale entre Wells et moi dans la manière de construire des êtres inédits. Wells préfère des vivants qui offrent encore une grande analogie avec ceux que nous connaissons, tandis que j’imagine volontiers des créatures ou minérales, comme dans les Xipehuz, ou faites d’une autre matière que notre matière, ou encore existant dans un monde régi par d’autres énergies que les nôtres: les Ferromagnétaux, qui apparaissent épisodiquement dans la Mort de la Terre, appartiennent à l’une de ces trois catégories.

En somme, sauf en quelques points où se rencontrent tous les écrivains qui s’occupent de merveilleux, Wells et moi ne nous ressemblons qu’en apparence. Il n’était peut-être pas inutile de le dire.

J.-H. Rosny aîné.

La Mort de la Terre est un petit roman que j’aurais pu sans peine délayer en trois cents pages. Je ne l’ai pas fait, parce que, à mon avis, le merveilleux scientifique est un genre de littérature qui exige la concision: ceux qui le pratiquent sont trop souvent enclins au bavardage. J’ai augmenté le volume à l’aide de contes. Les contes de la première série offrent tous quelque particularité. Ceux de la seconde série ont surtout pour but de divertir le lecteur—ce qui est, au reste, un but fort ambitieux.

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