MELMOTH RÉCONCILIÉ. (continued 2)
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—Cet estimable jeune homme a été emporté dans la planète de Mercure, dit le premier clerc à un démonologue allemand qui vint prendre des renseignements sur cette affaire.
—Je le croirais volontiers, répondit l’Allemand.
—Ha!
—Oui, monsieur, reprit l’Allemand, cette opinion s’accorde avec les propres paroles de Jacob Bœhm, en sa quarante-huitième proposition sur la TRIPLE VIE DE L’HOMME, où il est dit que si Dieu a opéré toutes choses par le FIAT, le FIAT est la secrète matrice qui comprend et saisit la nature que forme l’esprit né de Mercure et de Dieu.
—Vous dites, monsieur?
L’Allemand répéta sa phrase.
—Nous ne connaissons pas, dirent les clercs.
—Fiat!... dit un clerc, fiat lux!
—Vous pouvez vous convaincre de la vérité de cette citation, reprit l’Allemand en lisant la phrase dans la page 75 du Traité de la TRIPLE VIE DE L’HOMME, imprimé en 1809, chez monsieur Migneret, et traduit par un philosophe, grand admirateur de l’illustre cordonnier.
—Ha, il était cordonnier, dit le premier clerc. Voyez-vous ça!
—En Prusse! reprit l’Allemand.
—Travaillait-il pour le roi? dit un béotien de second clerc.
—Il aurait dû mettre des béquets à ses phrases, dit le troisième clerc.
—Cet homme est pyramidal, s’écria le quatrième clerc en montrant l’Allemand.
Quoiqu’il fût un démonologue de première force, l’étranger ne savait pas quels mauvais diables sont les clercs; il s’en alla, ne comprenant rien à leurs plaisanteries, et convaincu que ces jeunes gens trouvaient Bœhm un génie pyramidal.
—Il y a de l’instruction en France, se dit-il.
Paris, 6 mai 1835.

IMP. S RAÇON
MADAME EUPHRASIE.
Cette bonne et belle fille était l’objet de l’ambition d’un clerc de notaire...
(MELMOTH RÉCONCILIÉ.)