UNE RENCONTRE AU SOMMET DU HOHNECK
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Des soldats français et des soldats allemands manœuvrant, les uns et les autres, vers le Hohneck se sont, il y a quelques jours, rencontrés sur les sommets que partage exactement la ligne frontière. Ce fut un rapprochement d'uniformes imprévu, mais tout à fait courtois, et qu'une première dépêche annonça en ces termes:
«Au cours d'une marche manœuvre vers le Hohneck, le 15e bataillon de chasseurs à pied, de Remiremont, sous les ordres du commandant Duchet, s'est trouvé en face d'un bataillon du 171e régiment d'infanterie allemande, en garnison à Colmar. Celui-ci a rendu les honneurs auxquels le 15e chasseurs a répondu. Les nombreux touristes qui étaient présents ont été profondément impressionnés.»
Nos gravures de cette page ajoutent à ce communiqué les détails amusants et complémentaires de l'illustration. L'ascension, en manœuvre, avait été laborieuse, évidemment, et les soldats des deux pays l'avaient achevée, curieusement, côte à côte pour ainsi dire, partageant la même fatigue, qui leur faisait à ce moment-là une âme sympathique et camarade. Aussi se salua-t-on élégamment en atteignant le sommet. Bien entendu, on n'alla point jusqu'à fraterniser. Chacun demeura du côté de sa borne frontière, laissant libre un passage neutre où, seul, un excellent curé touriste aventura son bon sourire et sa pacifique soutane. De part et d'autre, chacun chez soi, on fit la pause. Les Français, envahirent joyeusement la baraque-cantine tandis que les Allemands, malgré les rangs «rompus», conservaient presque l'alignement, les uns et les autres s'observant gaiement, avec un sourire curieux et bon enfant. Et, de nouveau, en partant, on se rendit galamment les honneurs.
A LA FRONTIÈRE DES VOSGES.--Les deux détachements au repos de chaque côté de la ligne frontière entre les deux, un prêtre excursionniste. Photographies E. Zeiger, Gérardmer.
