LES INCIDENTS DE BARCELONE
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L'agitation catalaniste, assoupie depuis quelques années déjà, a repris, ces temps derniers, avec une nouvelle intensité, à la suite des élections municipales. On en sait les causes: les Catalans ne tondent pas à se séparer de l'Espagne, mais revendiquent une certaine autonomie. Leur attitude a exaspéré leurs adversaires, et des officiers, dans un excès de zèle loyaliste regrettable, viennent de se porter à de fâcheuses extrémités.
Réunis au nombre de trois cents, armés de leurs sabres, de haches, de revolvers, d'outils divers, ils se sont rués vers les locaux occupés par le journal catalaniste le Cu-Cut, à l'imprimerie d'abord, où ils ont pénétré de force après avoir brisé la devanture et fracturé la porte. Une fois là, ils détruisirent les machines, firent main basse sur tout le papier, journaux, almanachs, et y mirent le feu, dans la rue, sous l'oeil du gouverneur et de la police, impuissants. La rédaction reçut ensuite la visite de ces furieux et fut pareillement saccagée. Puis la Veu de Catalogna, autre journal catalaniste, fut envahie à son tour, dans les mêmes conditions, et traitée de pareille façon.
Et, tandis que brûlaient les autodafés, les passants inoffensifs étaient molestés et obligés, sous menace de coups, de crier: «Vive l'Espagne! A bas la Catalogne!»
La princesse Eugénie de Battenberg.--Phot. Hughes et Mullins. Sir Henry Campbell Bannerman.--Phot. E. H. Mills. M. Philippe Jourde.--Phot. Pierre Petit.]



LA FUTURE REINE D'ESPAGNE
Depuis quelque temps, le bruit s'est répandu des prochaines fiançailles du roi d'Espagne avec la princesse Victoria-Eugénie de Battenberg; bien que cette nouvelle n'ait pas encore reçu de confirmation officielle, on a dès maintenant de sérieuses raisons de la tenir pour véridique. C'est lors de son séjour à Londres, au mois de juin dernier, que le jeune souverain aurait fixé son choix sur la fille de la princesse Béatrice, soeur du roi Édouard VII, et veuve du prince Henri de Battenberg, de la branche morganatique de Hesse-Darmstadt, mort en 1896. Par le mariage projeté, Alphonse XIII se trouverait, on le voit, étroitement allié à la maison d'Angleterre. La future reine, qui est la filleule de l'impératrice Eugénie, est née à Balmoral, le 24 octobre 1887; elle vient donc d'accomplir sa dix-huitième année; on s'accorde à louer le charme de sa beauté blonde, la culture de son intelligence, la vivacité de son esprit. Elle a trois frères, dont l'aîné, le prince Alexandre-Albert, âgé de dix-neuf ans, appartient à la marine britannique.
SIR HENRY CAMPBELL BANNERMAN
A la suite de la démission du cabinet conservateur présidé par M. Balfour, le roi d'Angleterre a confié à sir Henry Campbell Bannerman, le leader de l'opposition parlementaire, la mission de former un cabinet libéral.
Né en Écosse en 1836, le nouveau «premier» du gouvernement britannique est âgé de soixante-neuf ans; il siège depuis 1868 à la Chambre des communes, sur les bancs de ce parti libéral dont il est devenu le chef. Au cours de sa longue carrière politique, il fut, de 1871 à 1874, secrétaire des Finances au ministère de la Guerre, fonctions qu'il reprit en 1880; il occupa, en 1882, le poste de secrétaire de l'Amirauté, et, en 1886, il eut le portefeuille de secrétaire d'État à la Guerre, dans le dernier cabinet Gladstone.
L'«OMÉGA»
On vient de mettre à l'eau le submersible Oméga, construit à Toulon, dans l'arsenal du Mourillon.
La coque, en forme de cigare aplati à l'avant et évasé vers l'arrière, supporte une passerelle d'environ 20 mètres qui émerge seule pendant la navigation en surface et au centre de laquelle se trouve le kiosque du commandant avec son capot. Cette coque, à peu près semblable à celle des autres submersibles, est d'un tonnage bien supérieur: 301 tonneaux; elle mesure 48 mètres de longueur. La vitesse prévue est de 11 noeuds.
Le submersible Oméga, qui vient d'être lancé à Toulon.

M. PHILIPPE JOURDE
M. Philippe Jourde, président honoraire de l'Association des journalistes parisiens, fondateur du syndicat de la Presse parisienne, qu'il présida également, et de la Caisse des victimes du devoir, vient de mourir à l'âge de quatre-vingt-neuf ans. Ancien négociant, il était entré au conseil d'administration du Siècle, puis avait dirigé ce journal pendant une dizaine d'années, jusqu'en 1878. Depuis 1882, il s'était établi au château de Carry-Rouet, dans le canton des Martigues, dont, pendant dix-huit ans, il fut le représentant au conseil général des Bouches-du-Rhône. C'est là qu'il s'est éteint, après avoir consacré l'activité de sa verte vieillesse et une partie de sa fortune non seulement à la constitution d'une importante collection d'objets d'art et d'une bibliothèque de plus de 20.000 volumes, léguée au Puy, sa ville natale, mais encore à la fondation d'oeuvres de bienfaisance, notamment de l'asile des marins, aux Martigues, magnifique établissement que la généreuse donation de M. Jourde a fait la propriété de l'Association de secours des gens de mer de la Méditerranée.
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LE SOUTIRAGE DE l'ACIDE CARBONIQUE
On n'avait pas trouvé jusqu'ici de procédé bien commode pour vider facilement et sûrement les cuves de la masse d'acide carbonique qu'elles contiennent au-dessus du moût ayant l'opération du foulage; le très simple appareil que nous décrivons ici résout ce problème en décantant ce gaz, comme on le ferait d'un liquide que l'on voudrait soutirer d'un récipient, soutirage qui en assure l'évacuation complète et conjure tout danger d'asphyxie. Le principe de cet appareil repose sur la densité de l'acide carbonique qui, comme on le sait, est considérable, environ une fois et demie celle de l'air, propriété qui permet de le transvaser sans qu'il se mêle sensiblement à l'air ambiant, tout au moins pour un temps, et qui donne la faculté de le soutirer comme un liquide.
Le moyen est des plus simples et consiste à munir, dans les conditions indiquées ci-après, une cuve quelconque d'orifices que l'on peut ouvrir ou fermer à volonté. Reportons-nous à la cuve représentée sur notre figure. L'une des douelles montre la place de cinq de ces orifices; ils sont ronds, ont 6 centimètres de diamètre et doivent être espacés de 20 centimètres à partir du haut. On en met quatre pour un vaisseau de 6 mètres cubes (environ 25 pièces); mais ce nombre peut être augmenté ou diminué suivant sa capacité. Il en faut nécessairement plusieurs, la hauteur du raisin pouvant être plus ou moins grande dans la cuve. Pour toute sûreté, le plus bas ne doit guère être à plus d'un mètre du fond.
Au niveau de chacune de ces ouvertures, sont adaptés des ajutages métalliques formés de deux pièces, l'une s'appliquant sur la cuve avec des vis; l'autre, en forme de bouchon, se vissant sur la première. La fermeture est rendue étanche par deux rondelles de caoutchouc: l'une se place entre la cuve et le cercle de la pièce, l'autre entre cette pièce et le bouchon.
Tous ces ajutages doivent être fermés en dehors du foulage, l'acide carbonique qui se produit, et qui résulte du dédoublement du sucre de raisin en alcool et en acide carbonique, étant nécessaire, en formant au-dessus du moût une couche qui l'empêche d'aigrir.

Lorsqu'on veut procéder au foulage, on ouvre tous les ajutages qui sont au-dessus du moût, de façon à soutirer tout l'acide carbonique qui le surmonte. Il s'écoule, en vertu de sa densité, sous forme de jets, comme s'il s'agissait d'un liquide, ce qui ne demande pas plus de dix minutes, un quart d'heure; on s'assure, du reste, qu'il ne reste plus de ce gaz, au moyen d'une lanterne qui doit brûler jusqu'à l'ouverture la plus basse.
Cette précaution étant prise, on peut entrer dans la cuve avec la sécurité la plus absolue, sans être incommodé même par l'acide carbonique emprisonné sous le chapeau formé par les rafles, qui se dégage lorsqu'on foule et qui s'écoule par les orifices, au fur et à mesure qu'il arrive.
Ces ajutages se trouvent au prix de 3 fr. 50 pièce chez M. Rameau, ingénieur, 110, rue s'Angoulême, Paris.
Note du transcripteur: Ce supplément ne nous a pas été fourni.
