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L'Illustration, No. 3276, 9 Décembre 1905

L'ENTRÉE DES SOUVERAINS NORVÉGIENS A CHRISTIANIA

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Les nouveaux souverains de Norvège ont fait leur entrée solennelle dans leur capitale le 25 novembre.

Dès le matin, le navire de guerre le Heimdal, portant les membres du gouvernement, était allé à la rencontre du yacht royal le Danebrog, venant de Copenhague, escorté de vaisseaux des marines norvégienne, danoise, anglaise et allemande. Après le transbordement de Leurs Majestés et du jeune prince héritier sur le Heimdal, celui-ci se mit en route pour Christiania; il y arrivait à 1 h. 1/2, salué par des salves d'artillerie et les hurrahs de la foule. Au débarcadère, la municipalité reçut les souverains sous un pavillon drapé de rouge, et son chef leur adressa des souhaits de bienvenue auxquels le roi répondit quelques paroles d'une cordiale simplicité; puis ce fut à travers la ville, parmi les pavoisements, les guirlandes, les acclamations de la multitude, le défilé du cortège officiel se rendant au château, où devait avoir lieu, dans la salle du Trône, la réception du Storthing et du corps diplomatique. Malgré le voile de brume qui l'enveloppait, malgré la neige qui poudrait ses toits et couvrait d'un épais tapis blanc le sol de ses rues, Christiania était en liesse, et ce froid décor d'hiver formait un pittoresque contraste avec la chaleur de l'enthousiasme populaire.

Le lendemain dimanche, le roi et la reine se rendirent à l'église Saint-Sauveur, au seuil de laquelle les attendaient les pasteurs.

Le lundi 27, Haakon VII, toujours acclamé sur son passage, allait prêter serment de fidélité à la constitution devant le Storthing assemblé sous la présidence de M. Berner.

La gracieuse reine Maud et le petit prince Olaf eurent leur large part des ovations et des marques de sympathie multipliées pendant ces journées de bon accueil. Le roi s'en montra vivement touché. Aussi bien, le jour de l'arrivée, l'esprit familial qu'il apporte de la cour de Danemark s'était affirmé par un joli mouvement de fierté paternelle, lorsque, à bord du Heimdal, il avait pris dans ses bras, pour le présenter à M. Michelsen, premier ministre et chef du gouvernement provisoire, l'enfant royal, dont le frais visage, épanoui sous son bonnet de fourrure, semblait sourire inconsciemment à l'avenir de la nouvelle dynastie.

Illustration from L'Illustration, No. 3276, 9 Décembre 1905

Une rue de magasins juifs après le passage des pillards. La même rue après le passage des incendiaires.

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