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L'Illustration, No. 3270, 28 Octobre 1905

LES THÉÂTRES

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Le Gymnase nous a donné cette semaine la nouvelle oeuvre attendue de M. Henry Bernstein: la Rafale. C'est un drame bref et violent, en trois actes, presque une tragédie, très moderne, bien entendu. L'amour et le jeu en constituent les ressorts. La force et l'âpreté du dialogue, la logique des situations, ont fait acclamer cette pièce, et aussi le mouvement et la vie que tous les interprètes ont donnés à leurs personnages: Mme Le Bargy, extraordinaire de passion, et MM. Dumény, Gémier et Burguet. Au total, un grand succès. Le texte complet de la Rafale formera l'un de nos prochains suppléments de théâtre.

Le nouveau spectacle des Nouveautés: Florette et Patapon, trois actes de MM. Maurice Hennequin et Pierre Weber, est un des plus réjouissants qui se puissent voir. C'est un imbroglio, d'une analyse presque impossible, de scènes conjugales burlesques qui tendent à démontrer la fragilité des liens du mariage: le sujet manque peut-être de nouveauté, mais les auteurs, aidés d'une interprétation excellente, le rajeunissent par l'abondance de détails comiques qui sont bien de leur invention.

Signalons la réouverture du Grand-Guignol et celle de l'ex-Bodinière sous le titre de Nouvelle-Comédie. Ces deux théâtricules offrent des spectacles coupés, composés de pièces d'un dramatique poussé parfois jusqu'à l'horrible, ou d'un comique qui va jusqu'à la farce. Et cela ne semble pas déplaire aux amateurs d'émotions vives et contradictoires.

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Illustration from L'Illustration, No. 3270, 28 Octobre 1905

NOUVELLES INVENTIONS (Tous les articles compris sous cette rubrique sont entièrement gratuits.)

LA BIBLOTIRETTE

Nous savons tous combien il est incommode de tirer d'une bibliothèque ou d'un casier un volume d'un certain poids ou d'un format un peu grand.

Il faut d'abord le faire basculer en s'accrochant à la reliure puis l'amener à soi en le faisant glisser sur la tranche, ce qui en détermine l'usure rapide.

Illustration from L'Illustration, No. 3270, 28 Octobre 1905

L'ingénieux appareil que représente notre gravure et qui consiste en une simple planchette formant tiroir, supprime tous ces inconvénients; un anneau dont elle est munie permet de sortir le livre à moitié sans qu'on ait eu à y toucher et on l'enlève alors, si gros et si lourd soit-il, sans le moindre effort et sans aucun risque de le détériorer.

La Biblotirette peut servir d'assise aussi bien à plusieurs volumes formant un ouvrage complet de moyenne importance qu'à un seul in-folio, mais elle est particulièrement avantageuse pour l'usage commode, fréquent et rapide des dictionnaires ou encyclopédies comme, par exemple, le Nouveau Larousse illustré, que représente notre figure dans son casier spécial auquel elle s'adapte parfaitement.

Il en est de même des livres de commerce, si peu maniables à cause de leur poids et de leurs dimensions.

Cet appareil convient également bien à toutes les installations et se place partout avec la plus grande facilité; il permet, en outre, de réaliser une sensible économie de place en réduisant au minimum la hauteur des rayons, l'espace nécessaire au passage des doigts et au mouvement du volume devenant inutile.

La Biblotirette se fait généralement en noyer avec anneau nickelé, mais elle peut être livrée en tout bois approprié au meuble auquel elle est destinée; il suffit d'indiquer au constructeur la largeur et l'épaisseur du volume pour recevoir le numéro qui convient. Le jeu complet convenant au Nouveau Larousse illustré est envoyé franco contre mandat de 10 francs et se pose instantanément.

Pour tous renseignements, s'adresser à M. F. Marchand, 19, boulevard Montmartre, Paris.

POTERIE EN «GRANIT SAINT-DIZIER»

Les ustensiles de cuisine émaillés ont joui longtemps d'une vogue méritée, tant au point de vue propreté et commodité qu'à celui de l'hygiène et du bon marché.

La crainte, d'ailleurs peu justifiée, de l'appendicite, soi-disant due à de minuscules éclats d'émail détachés par la chaleur ou les chocs, a failli, il y a quelques années, ruiner cette florissante industrie.

Sans prendre parti, au sujet de l'appendicite, pour ou contre les ustensiles émaillés, on peut reconnaître la fragilité de leur émail et en redouter les ennuis.

La batterie de cuisine dont nous entretenons nos lecteurs, dénommée «Poterie en granit Saint-Dizier», a l'aspect et tous les avantages de la fonte émaillée. Elle est brillante et se nettoie aussi facilement; elle fait de très bonne cuisine, ainsi du reste que toute la batterie de cuisine en fonte dont la supériorité à ce sujet n'est pas à démontrer. Par contre, elle ne s'écaille pas sous l'action d'un choc ou d'un feu violent. Elle conserve parfaitement les aliments et résiste aux acides. Elle est légère, tout en ayant les épaisseurs voulues pour conserver la chaleur pendant longtemps aux aliments.

Les inventeurs ont bien voulu nous décrire la principale partie de leur méthode d'action en ne conservant secrète que la composition des oxydes employés.

Les casseroles sont coulées dans des moules en sable avec des fontes choisies spécialement. Aussitôt la coulée, elles sont convenablement nettoyées et grattées extérieurement. Elles sont ensuite plongées dans un acide énergique qui attaque les molécules tendres du métal et y creuse une infinité de pores imperceptibles. Il se forme en plus sur le métal un dépôt de matière décarburante. Ainsi préparées, les casseroles sont introduites dans un four à haute température où se produit la décarburation dont le but est de rendre la fonte beaucoup plus résistante aux chocs. Les casseroles sont ensuite, deux fois de suite, soumises encore à l'action du feu après avoir été chaque fois recouvertes d'une poudre facilement fusible à ces hautes températures. Cette poudre se vitrifie et pénètre dans les porosités creusées par l'acide, elle s'allie au métal jusqu'à former avec lui un tout parfaitement homogène, à tel point qu'on peut impunément ensuite mettre une casserole vide sur un feu ardent et laisser rougir le fond: aucune parcelle d'émail ne s'en détachera. Grâce à ce procédé si simple de fabrication, les produits obtenus sont vendus fort bas, à des prix égaux et même inférieurs à ceux de la poterie en fonte émaillée ordinaire.

On peut se procurer ces batteries de cuisine dans les bonnes quincailleries, en ayant soin de désigner l'article que l'on demande sous le nom: «Poterie en granit Saint-Dizier».

Pour tous renseignements, s'adresser à MM. Hénon et Cie, 19, rue des Forges-Saint-Charles, à Charleville (Ardennes).

Note du transcripteur: Les suppléments mentionnés en titre ne nous ont pas été fournis

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