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Un agave d'Amérique en fleur en Hongrie.
L'agave d'Amérique, assez bien acclimaté sur les côtes de la Méditerranée, fleurit rarement dans les régions plus septentrionales. Il lui faut, d'ailleurs, pour cela, près d'un siècle. La plante qui a fleuri à Pécs (Hongrie), chez M. Nowolarski, présente donc un cas de végétation exceptionnel.
Agave d'Amérique ayant fleuri en Hongrie.

Cet agave est âgé d'environ quatre-vingts ans. Les feuilles, auparavant grasses et érigées, commencèrent à se flétrir dès l'apparition de la hampe florale; elles pendent aujourd'hui presque verticalement autour du tronc. En quarante jours, cette hampe atteignait 4 mètres, soit une croissance de 10 centimètres par jour; la circonférence, à la base, mesurait 37 centimètres. L'épanouissement complet dura cinq semaines et le nombre des fleurs dépassa cinq cents.
Ces fleurs, jaune verdâtre, sont d'un effet médiocre, et la plante ne vaut, au point de vue décoratif, que par son port ornemental. Dans le pays d'origine, elle est utilisée comme plante textile; on en fait des filets, des nattes, des toiles d'emballage, etc. La sève fermentée fournit une boisson alcoolique nommée pulqué.
L'Espagne «île des lapins».
S'il faut en croire un orientaliste distingué, M. le comte de Charencey, le pays de don Quichotte et du Cid devrait son nom d'Espagne ou Hispania à l'abondance des lapins qui s'y promenaient autrefois.
La plupart des hypothèses formulées à cet égard sont, d'ailleurs, fort pittoresques. Les Basques rattachent le nom à un mot de leur langue, ezpain, lèvre, le littoral de la Péninsule étant comparé à la lèvre qui constitue... relativement le bord du visage. Quelques savants croient devoir remonter au mot persan ispah, cheval, l'Espagne ayant toujours été, comme le pays d'Ispahan, renommée pour ses chevaux. Beaucoup d'autres croient à une étymologie hébraïque signifiant «pays des trésors cachés» et justifiée soit par les richesses minières de l'Espagne, soit par la légende de Calypso. D'après M. Bérard, en effet, le nom Hispania aurait d'abord été donné à l'île de Calypso qu'il identifie à l'île Perejil des géographes modernes, située aux environs du détroit de Gibraltar, et où se trouve une caverne qui pouvait servir à cacher les trésors. Rien, d'ailleurs, ne prouve l'exactitude de cette identification.
M. de Charencey préfère s'en rapporter au vieux terme phénicien shaphan, lapin. Il fait remarquer qu'au dire de Pline une ville espagnole fut minée par les lapins, et que les habitants des îles Baléares sollicitèrent d'Auguste l'envoi d'un corps de troupes pour les débarrasser des lapins. Il ne va pas jusqu'à conclure, avec l'auteur latin, que ces animaux sont originaires d'Espagne d'où ils se répandirent sur l'Europe, mais il s'arrête à l'étymologie phénicienne ai schapanîm, qui signifie «île des lapins».
Fruits français en Angleterre.
Une intéressante expérience a été récemment faite en Angleterre par quelques Français et Anglais intéressés au commerce des fruits. Ils étaient réunis dans la gare de Deptford, en Angleterre, et y procédaient à l'ouverture d'un wagon qui arrivait directement de Perpignan où il avait été plombé. Ce wagon renfermait des milliers de kilos de pêches et de raisins de la région de Perpignan. Il est pourvu d'un appareil spécial permettant d'y maintenir une température assez haute, ou assez basse, à volonté. Les résultats ont été très satisfaisants. Les fruits, cueillis peu de temps avant maturité, étaient à point: ils furent vendus aux enchères à Covent Garden et, grâce à l'excellent état de la marchandise, les importateurs ont obtenu un prix d'un tiers plus élevé que celui qu'ils obtenaient avec l'ancien mode d'expédition. Nos producteurs du Midi et de l'Algérie doivent tenir pour certain qu'il leur serait facile de prendre une place considérable sur le marché anglais s'ils se donnaient la peine de recourir aux modes de transport perfectionnés et de n'envoyer que des produits de bonne qualité, sans essayer de tromperies vulgaires qui ne peuvent que leur nuire.
La «Naïade» de la source de la Seine.

La statue de la source de la Seine.
A l'époque où M. Haussmann était préfet de la Seine, la ville de Paris fit élever un monument à l'endroit où la Seine sort de terre. Le filet d'eau qui constitue la source du fleuve coule d'une urne placée sous le bras de la statue, oeuvre remarquable du sculpteur dijonnais François Jouffroy et que des vandales ont couverte d'encre ces jours derniers.
Ce monument, situé à 7 kilomètres de Saint-Seine et à 3 kilomètres de Chanceaux, dans un endroit solitaire, est placé sous la protection d'un garde pour lequel la ville de Paris a fait construire, à 100 mètres de là, un pavillon spécial. Mais il paraît que ce garde est aveugle.
La soie artificielle.
Une explosion violente, faisant de nombreuses victimes, vient de se produire dans une fabrique de soie artificielle installée à Sarvar (Hongrie) et qui occupe 500 ouvriers. Nombre de personnes ignoraient sans doute que l'industrie de la soie artificielle fût aussi prospère et aussi dangereuse.
Cette soie, dite soie Chardonnet, du nom de l'inventeur, n'est autre chose que du collodion solidifié. En plongeant du coton dans un bain d'acide sulfurique et d'acide nitrique, on obtient de la nitrocellulose ou fulmicoton qu'on dissout dans un mélange d'alcool et d'éther. Ce sirop est lancé, sous une pression de 40 atmosphères, dans des filières en verre nommées vers à soie, à la sortie desquelles il se solidifie. L'évaporation imprègne donc l'air de vapeurs d'éther et d'alcool et ajoute un nouveau danger à celui que présente déjà la manipulation préalable des deux liquides.
Le procédé Chardonnet date de 1884; on l'a imité depuis. Mais les divers systèmes imaginés consistent toujours à filer un sirop de nitrocellulose, parfois de cellulose, et aucun d'eux n'a pris industriellement l'importance du procédé Chardonnet.
Cette soie, qui possède un réel brillant, est moins souple et environ moitié moins résistante que la soie naturelle. Ses filaments, très divisés, ne permettent pas de l'employer pour la chaîne des tissus, elle ne peut entrer que dans la composition de tissus mélangés. Son aptitude particulière à fixer les terres rares la fait préférer aux autres textiles pour les manchons à incandescence; elle est fort utilisée en passementerie, et elle a presque entièrement remplacé la soie naturelle pour tout ce qui regarde l'électricité.

La fontaine de Saint-Étienne à Carlsruhe.
La ville de Carlsruhe, capitale du grand-duché de Bade, dont les rues larges et silencieuses renferment tant de monuments variés, vient de s'offrir une fontaine d'une certaine originalité. La nymphe des eaux est entourée d'une colonnade où les vulgaires cariatides ont été remplacées par le portrait, légèrement chargé, des conseillers municipaux de la cité. On s'étonnera peut-être que cette formule d'art nouveau, bien faite pour satisfaire la vanité de beaucoup d'édiles modernes, n'ait pas été appliquée plus tôt.
Les mariages anglo-américains.
Un écrivain anglais vient d'exécuter une charge à fond de train contre l'aristocratie anglaise, à cause de la facilité avec laquelle les porteurs de grands noms se marient avec des Américaines, quand celles-ci ont une grande fortune. Beaucoup d'Américaines riches, les filles des grands industriels ou des organisateurs de trusts, n'ont qu'une ambition, qui est d'épouser un lord anglais, un prince italien, ou le descendant de quelque grande famille française. Cela ne leur réussit pas toujours, d'ailleurs: le marché, puisque ce n'est pas autre chose, ne tourne pas toujours à leur avantage. Mais l'écrivain anglais ajoute que ce n'est pas à l'avantage non plus des pays où se font ces mariages internationaux. Les femmes américaines introduites par le mariage dans la société anglaise, par exemple, n'y apportent rien d'élevé ou de noble, aucune force politique ou morale. Autrefois, en Angleterre, il est entré bon nombre de huguenots, puis de royalistes, que la France avait chassés; mais ces éléments étaient excellents. Les femmes que l'Angleterre s'annexa par le mariage avaient un haut idéal et des convictions élevées: rien en elles ne pouvait contribuer à abaisser le ton de la société où elles pénétraient. Ce fut une bonne acquisition pour l'Angleterre. On n'en peut dire autant des Américaines qui, contre espèces, se procurent un mari, un titre et un château historique. Elles ne vivent que pour la vanité et l'argent et apportent avec elles une forme de civilisation très inférieure et dégradante. Ce n'est pas tout. On a souvent dit que les croisements sont favorables à la multiplication de la race et beaucoup pensaient que le jeune sang de l'Amérique serait profitable au vieux sang de l'Angleterre. Mais il n'en est pas du tout ainsi. Depuis 1840, trente pairs ou fils de pairs anglais ont épousé des Américaines. Or, sur ce total, treize sont sans enfants; cinq n'ont que des filles et cinq n'ont qu'un seul fils. C'est dire que les noms vont s'éteindre en majorité. Les Américaines sont souvent stériles, pour tout dire en un mot. C'est pourquoi l'aristocratie a deux raisons plutôt qu'une de ne pas se les annexer.
La fabrication du diamant.
M. C.-V. Burton, de Cambridge, vient de tenter la fabrication du diamant par un procédé rappelant celui qu'imagina, il y a une dizaine d'années, M. Henri Moissan. Ce dernier plaçait dans le four électrique du fer et un morceau de sucre, lequel représente, comme la houille, une des formes du carbone. Sous une température de 3.000 degrés, ce carbone se liquéfiait au sein de la masse métallique en fusion que l'on jetait alors dans l'eau froide. Le refroidissement brusque produisait une contraction et une pression formidables déterminant la cristallisation du carbone en parcelles microscopiques de diamant.
M. Burton opère avec un alliage de plomb et de calcium qui doit contenir du carbone sous forme de carbure, et les cristaux de diamant (?) qu'il affirme avoir obtenus sont aussi d'une taille infime.
Rappelons, à ce propos, que le rubis artificiel ou rubis reconstitué, «aussi beau que le vrai», si abondant aujourd'hui chez les joailliers parisiens, est obtenu simplement en fondant de la poussière de rubis naturel. Il n'y a donc aucune comparaison à établir entre cette industrie et le problème de la transformation d'un pain de sucre en rivière de diamants.
Les corrugations des dents et des ongles.
Ce sont des altérations qui consistent en taches opaques ou en sillons qui rappellent vaguement les rides sillonnant les cornes des vaches.
Depuis longtemps, les médecins étaient d'accord pour les considérer comme des témoins d'états pathologiques; les dents et les ongles ayant poussé pendant l'état de maladie présentent, en effet, un développement anormal; mais ces rapports étaient en somme assez vagues.
D'après un médecin anglais, M. Curtis, les sillons transversaux des dents et des ongles seraient en rapport avec l'autointoxication et les affections rhumatismales auxquelles celle-ci aboutit souvent, tandis que les lignes longitudinales seraient sous la dépendance de troubles de la nutrition liés à des affections intestinales.
Les lésions unguéales, suivant qu'elles sont plus ou moins fines et grossières, permettraient même de juger du degré de gravité de la maladie subie par le patient; et leur position, qui varie avec la croissance de l'ongle, permettrait aussi de fixer la date de cette maladie.
Dans les cas où la lésion occupe à peu près le milieu de l'ongle, on petit évaluer à deux mois le laps de temps qui s'est écoulé depuis la maladie.
Ces observations de M. Curtis sont fort intéressantes et le sens que leur donne l'auteur est très vraisemblable, car, après l'appendicite, par exemple, on constate presque toujours que les ongles sont couverts de taches blanches plus ou moins étendues.
Place de la sépulture d'Irving (+) à Westminster, dans le «Coin des poètes»

L'acteur Irving à Westminster.
Les cendres du grand acteur tragique anglais Henry Irving, dont nous avons annoncé la mort et publié le portrait dans notre dernier numéro, ont été déposées dans les caveaux de l'abbaye de Westminster. Elles sont ensevelies (à l'endroit marqué d'une croix sur notre gravure) dans le Coin des poètes, à côté des restes des deux autres grands acteurs tragiques Garrick et Kean, au pied du monument de Shakespeare. A droite de ce dernier on voit le tombeau de Thomson, le poète des Saisons, et, à gauche, celui du poète Thomas Campbell.
La boulangerie Philipof. Ouvriers boulangers blessés par les cosaques. LES GRÈVES DE MOSCOU ET L'INCIDENT DE LA BOULANGERIE PHILIPOF
