LA MORT DE M. DELYANNIS
Reading edition
Sur les marches du palais législatif d'Athènes: passants et curieux regardant les taches de sang à l'endroit où M. Delyannis fut assassiné.

La profonde émotion causée en Grèce par l'assassinat de M. Delyannis, président du Conseil, ne s'est pas bornée au monde politique. A la suite du tragique événement, ce fut, pendant plusieurs jours, un pèlerinage populaire vers le palais législatif au seuil duquel, le 13 juin, le vénérable homme d'État avait été mortellement frappé: on voulait voir la place même où il était tombé, et il semblait à cette foule expansive qu'elle manifestait mieux ainsi sa réprobation contre le meurtrier et sa sympathie pour la victime.
M. Clémentel, M. Dybowski et M. le maire de Nogent inaugurant l'Exposition coloniale.

L'EXPOSITION COLONIALE DE NOGENT
Le jardin colonial de Nogent, que dirige avec tant de soins l'explorateur Jean Dybowski, est en ce moment le théâtre d'une Exposition coloniale fort intéressante, variée, et qui attire dans ces parages assez lointains, mais fort agréables, un public nombreux.
Cette Exposition a été inaugurée très brillamment, il y a une huitaine, par M. Clémentel, ministre des Colonies. En dehors de son côté sérieux (apiculture et botanique coloniales, beaux-arts), elle présente quelques attractions pittoresques. Elle a ses nègres, avec leurs pirogues, dans de jolis paysages de bambous aux fins feuillages, sa faune exotique, dont le clou est un petit éléphant de boîte de jeu, mais bien vivant, espiègle, haut d'un mètre à peu près, fantaisiste et tout à fait amusant.

Un éléphant du royaume de Lilliput. Un coin du jardin colonial.
a l'exposition coloniale de nogent-sur-marne
En gare de Stettin: les bagages du kronprinz d'Allemagne partant, après son mariage avec la princesse Cécile de Mecklembourg-Schwerin, pour le château d'Hubertusstock.

LES BAGAGES DU KRONPRINZ
Après la célébration de leur mariage, le 6 juin, le prince impérial d'Allemagne et la princesse Cécile sont partis pour le château d'Hubertusstock, où ils vont passer leur lune de miel. Pour un pareil déplacement, les bagages ne furent pas, comme bien on pense, chose de minime importance, et ceux du kronprinz, à eux seuls, considérables par leur quantité et par leur poids, devaient fournir, à la bascule, ce qu'on appelle un joli «excédent». Une photographie nous les montre réunis sous le hall de la gare de Stettin: colis de toutes formes et de toutes dimensions, y compris un monumental étui à chapeau, timbré d'un chiffre couronné; un facteur du chemin de fer, préposé à leur garde, partage la consigne avec un chien bull, gravement assis sur une énorme malle et prêt à réprimer, de ses crocs redoutables, le moindre attentat à la propriété princière. C'est le cas d'appliquer le vieil adage: cave canem!