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L'Illustration, No. 3242, 15 Avril 1905

LE «COMPLOT» DE COURBEVOIE

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Un des uniformes d'infanterie achetés au "Chat noir" par les conspirateurs. Vers la fin de mars, la police, opérant des perquisitions chez diverses personnes soupçonnées, disait-on, de contravention à la loi sur le pari aux courses, faisait une curieuse découverte. A Courbevoie, rue de Normandie, dans un petit pavillon situé au fond de la Villa Mosaïque, on trouvait 500 uniformes complets d'infanterie coloniale. Or, ce pavillon, non meublé, avait été sous-loué, en janvier, au nom de M. Tamburini, officier en disponibilité, habitant la même localité, rue de l'Alma, n° 8. Celui-ci expliqua que ce fourniment était destiné à équiper des volontaires pour une expédition projetée sur la côte d'Ivoire ou au Congo, par une «société d'études». Le 5 avril, l'enquête, activement poursuivie, amenait une autre découverte encore plus sensationnelle, celle de munitions cachées à Nanterre, au lieu dit «la Fosse-aux-Loups»--une cité de chiffonniers--dans une maisonnette en construction de la ruelle des Fontenelles, appartenant à M. Meyer, mécanicien-ajusteur: 8.000 cartouches de guerre du modèle 1874 transformé! D'où la présomption d'un complot ourdi contre la sûreté de l'État et l'arrestation d'une demi-douzaine de «conjurés». Le capitaine Tamburini, héros principal de l'aventure, chevalier de la Légion d'honneur depuis 1900, est né en 1863, à Spoleto (Italie), d'un père naturalisé Français; après avoir fait de nombreuses campagnes coloniales, il comptait, en dernier lieu, au 136e régiment d'infanterie, à Saint-Lô; il est le gendre de M. Vrinat, qui tient, à Courbevoie, place Charras, le café de France, fréquenté par les officiers de la garnison. Le capitaine Volpert, impliqué dans l'affaire comme membre de la soi-disant «société d'études», est également en disponibilité. S'agit-il réellement de tentative d'embauchage et d'un complot militaire organisé pour renverser le gouvernement? C'est ce que nous apprendront les conclusions de l'instruction, dirigée par M. Chênebenoît, un des magistrats les plus distingués du parquet de la Seine. La maison habitée par le capitaine Tamburini, rue de l'Alma, n° 8, à Courbevoie. Maison en construction, rue Fontenelles, à Nanterre, où la police a trouvé les cartouches. Le magasin de friperie "Au Chat noir", 16, rue Dupetit-Thouars (quartier du Temple), où les conspirateurs avaient acheté, au mois de janvier, les 500 uniformes saisis. Le capitaine Tamburini. Photographie par G. Guérot, de Nevers, dans l'état où elle nous a été confiée. Le capitaine Tamburini en civil. Phot. Chamussy, Courbevoie. M. Chênebenoît, juge d'instruction. Phot. Pirou, boulevard Saint-Germain. Le capitaine Volpert. La Villa Mosaïque, où la police a saisi les uniformes.

Illustration from L'Illustration, No. 3242, 15 Avril 1905
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LE DIMANCHE DES RAMEAUX EN LOMBARDIE, DANS LA VALLÉE DES ROSES (LAC DE LECCO).

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Au val des Roses, au bord du lac de Lecco, la fête des Rameaux emprunte à la fidélité aux traditions des habitants un caractère très-particulier. A la grand'messe, au moment de la bénédiction des rameaux, le curé, apparaît au seuil de l'église, une palme à la main, et, la présentant à la foule assemblée, vêtue de ses habits de fête, dit: «Voici la paix!» Et, commentant les paroles évangéliques, il exhorte l'auditoire à la charité, au pardon des injures. Alors les fidèles agenouillés, tendant aussi les palmes, répondent par ces mêmes mots: «Voici la paix!»

LA SOIRÉE DE GALA DU 11 AVRIL AU CONCOURS HIPPIQUE DE PARIS; LA POURSUITE DES MANNEQUINS.

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Un grand carrousel militaire a corsé, cette année, l'intérêt du Concours hippique de Paris. Le succès même dont sont coutumiers les écuyers de Saumur, si souples sur leurs chevaux sauteurs, si élégants sous leur sobre uniforme noir et or, avec la culotte blanche et le petit lampion, a presque pâli devant celui qu'a obtenu la

poursuite des chevaux en liberté,

où l'on vit des cavaliers d'élite, chasseurs, dragons ou cuirassiers, armés les uns de sabres de bois, les autres de lances, poursuivre, attaquer, pourfendre des bonshommes d'étoupe et de chiffons, habillés d'uniformes; figures falotes, sans jambes, drôlement maquillées et qui, avec leurs terribles moustaches, leurs masques violemment enluminés, se balançaient en selle de si amusante façon, sous les coups d'estoc et de taille.

TANGER VU DE LA RADE. --Photographie montrant l'état de la mer le matin de l'arrivée de l'empereur d'Allemagne.

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Le canot impérial accoste au wharf. L'empereur débarque sur le wharf. Répétition de la fantasia qui fut supprimée du programme. Le cortège impérial se rendant à la légation d'Allemagne.

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LA VISITE DE GUILLAUME II A TANGER.--(Deuxième série de photographies.--Voir notre précédent numéro.) L'Illustration est le seul journal, dans toute la presse illustrée européenne, qui ait réussi à publier, dans son numéro de la semaine dernière, des photographies de la visite de Guillaume II à Tanger. Nous n'avons pas consacré moins de trois pages, le 8 avril, à cet événement. Il a été assez important, cependant, pour que nous y revenions aujourd'hui avec une nouvelle série de documents photographiques dont on trouvera le principal à la page suivante.

Le caïd Mac-Lean, à pied, devant le cheval de l'empereur. Guillaume II, sur un cheval blanc, et son état-major. Abd el Malek oncle du sultan, et les autorités marocaines. Phot. Chusseau Flaviens. ENTRÉE DE GUILLAUME II A TANGER: LE CORTÈGE IMPÉRIAL SUR LE PETIT-SOCCO

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Le départ des cruisers, Delahaye-IV, Avenir-VII, Lanturlu, Titan-IV, le 9 avril, par mer houleuse.

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Le racer la Rapière en vitesse vers la haute mer.

Illustration from L'Illustration, No. 3242, 15 Avril 1905
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Le canot "Marguerite" échoué au cap d'Ail. Mme du Gast en tenue de barreuse.

Le prince de Hohenlohe en canot.

Illustration from L'Illustration, No. 3242, 15 Avril 1905

La première journée du meeting de Monaco a été mouvementée. Les rarers, ou canots de course, venaient à peine de s'élancer vers la haute mer qu'une houle assez forte se leva Les petits engins trouaient les vagues crêtées d'écume; mais l'eau rejaillissaute, aveuglante, rendait toute surveillance du moteur, toute direction impossibles au mécanicien et au barreur. Il fallut rentrer, en toute hâte, sous la protection d'un contre-torpilleur. Néanmoins un des canots, la Marguerite, voulant doubler de trop près le cap d'Ail, fut roulé par le ressac sur une roche; les deux hommes qui le montaient ont été sauvés. Tous ces racers, construits pour la vitesse en rivière, ne mesuraient que 8 mères de long, ne pesaient que 1.000 à 1.200 kilos et emportaient, dans leurs coques fragiles, des moteurs de plus de 100 chevaux.

Les cruisers, ou canots de promenade, mieux pontés, ont parcouru jusqu'au bout, à petite vitesse (12 kilom. à l'heure), l'itinéraire fixé.

LE MEETING AUTOMOBILE DE 1905 A MONACO.--Les premières courses de canots.

Avant la représentation: les cavaliers peaux-rouges sont prêts à faire irruption sur la piste.

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LE RETOUR DE BUFFALO-BILL A PARIS.--Le défilé des cavaliers indiens. Voir la suite des gravures à la page suivante.

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BUFFALO-BILL AU CHAMP DE MARS: DANS LES COULISSES 1. Un cavalier Indien et le colonel Cody.--2. Indiens occupés à peindre leurs tentes.--3. Un village du Far-West américain à Paris.--4. Le colonel Cody en conversation avec un Peau-Rouge de sa troupe.--5. Russes et Japonais dans le même camp.--6. Femmes et enfant peaux-rouges.--7. Les Indiens en costume de guerre prêts à s'élancer sur la piste.--8. La cavalerie de Buffalo Bill avant le défilé.--9. Le village indien. (Agrandissement)

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LA NOUVELLE CAMPAGNE NAVALE EN EXTRÊME-ORIENT Le vice-amiral Rodjestvensky, commandant en chef la deuxième escadre russe du Pacifique.

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On n'avait plus de nouvelles précises de l'escadre commandée par l'amiral Rodjestvensky, depuis qu'elle avait quitté, sans grand bruit, d'ailleurs, les parages de Madagascar pour une destination inconnue. Or, les dépêches viennent d'annoncer qu'elle a fait son apparition subitement, le 8 avril, devant Singapour. Puis, presque aussitôt, on signalait sa présence aux îles Anambas, en même temps que des navires japonais, envoyés sans doute en reconnaissance, étaient vus croisant sur les côtes de la Cochinchine. A la dernière heure, enfin, on affirmait qu'un combat naval était engagé aux îles Anambas. Donnera-t-il aux Russes la revanche si ardemment désirée? Quoi qu'il en soit, les techniciens sont unanimes à reconnaître que l'amiral Rodjestvensky, en amenant sans encombre une force de cette importance jusqu'aux mers de Chine, s'est montré un marin remarquable et a accompli un véritable exploit.

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