DEUXIÈME PARTIE A TRAVERS ISLAMBOL (continued 2)
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Du côté de la mer, près d’une sorte de tunnel passant sous les appartements privés des Sultans, on peut admirer la magnifique porte réservée aux souverains et qui sert seulement à conduire à la tribune impériale. Cette porte, une des plus belles œuvres de l’art ottoman, est en marbre sculpté et ajouré d’ornementations géométriques. Les portes du perron et de la galerie portent la lettre «vave» deux fois répétée et entrelacée. Cette lettre est le symbole du mot de هو un des noms mystiques de Dieu. A l’extérieur, quatre énormes contreforts ingénieusement dissimulés supportent l’immense coupole.

La grande coupole de Yeni Djami. [↔]
Sur chacun de ces contreforts s’élèvent trois petites tourelles élégantes qui, s’étageant l’une sur l’autre, allègent l’aspect de cette masse.
Les contreforts sont masqués par quatre lanternes de grandes dimensions.
La grande coupole et les quatre demi-coupoles portent à leur base des rangées de fenêtres en ogives surbaissées pareilles à celles qui s’ouvrent sur les quatre faces de la mosquée.
L’aspect général de l’intérieur est des plus imposants. Les murs sont par endroits ornés de faïences.
La couleur bleue domine dans l’ensemble des tonalités. La tribune impériale, en face de laquelle se trouve la tribune des muezzines, est supportée par des colonnes en porphyre. La décoration des appartements privés, situés derrière cette tribune, constitue un véritable musée de l’art décoratif ottoman. Les faïences des cheminées et des murs sont ornées de dessins magnifiques, les vitraux des fenêtres sont superbes et les portes sont des merveilles de sculpture sur bois.
La niche qui forme le Mihrab est ornée de magnifiques stalactites recouvertes d’or. Le Mimber est fait de morceaux de marbre, artistement sculptés, où s’entrelacent ingénieusement des rosaces géométriques. Le monument a coûté environ huit millions de francs.
La mosquée possède comme dépendances une école primaire, une bibliothèque fondée par Ahmed III, un sébil (fontaine où l’on distribue l’eau aux passants), un grand turbé où sont enterrés le sultan Mehmed IV, fils de la seconde fondatrice, le sultan Moustafa II (1703) et son fils Ahmed III (1739), Mahmoud Ier (1754), Osman III (1757) et un grand nombre de princes et princesses, parmi lesquels les dix-huit enfants fils du sultan Ahmed III. L’aspect extérieur du turbé est très original. A l’intérieur, parmi d’autres petits cercueils, on remarque celui de la sultane Validé.
MOSQUÉE DU SULTAN MEHMED LE CONQUÉRANT (FATIH)
Cette mosquée fut élevée d’abord en 1471 par ordre du sultan Mehmed le Conquérant. Elle est située un peu plus loin vers le nord que l’emplacement où s’élevait jadis la fameuse église des Saints-Apôtres. La construction de la mosquée fut commencée en l’an 867 de l’Hégire et terminée en 875, c’est-à-dire huit ans après, ainsi que l’indique une inscription sur la porte. Un tremblement de terre survenu en l’an 1179, le troisième jour du Kourban Baïram (fêtes des sacrifices), une heure après le lever du soleil, l’avait horriblement endommagée. La coupole, totalement démolie, a été reconstruite à nouveau en 1181-1185.
Nous manquons malheureusement de détails sur la forme première de cette construction, qui a marqué le début d’une nouvelle période architecturale. Dans la description que nous en donne Hadi katul Djevami, nous ne rencontrons que le passage suivant: «les deux grands pieds d’éléphants et les deux colonnes en porphyre, ayant été démolis et renversés, la coupole fut élevée sur quatre piliers: ces colonnes furent enterrées[80].»
La mosquée est actuellement précédée d’un parvis avec des galeries, des arcades en ogive qui supportent de petites coupoles couvertes par des plaques de plomb. A l’extérieur, sur la façade principale du parvis, aux deux côtés de la porte, s’ouvrent des fenêtres rectangulaires surmontées d’un tympan en ogive orné d’inscriptions en mosaïque, qui proviennent probablement de la première construction de la mosquée.
Au milieu du parvis (avlou) se dresse une fontaine de forme octogonale destinée aux ablutions.
Les cyprès donnent à ce parvis un aspect très pittoresque. La grande coupole de la mosquée est soutenue par quatre demi-coupoles posées sur de grands piliers aux coins arrondis. Au dehors, quatre petites tourelles se dressent sur chaque contrefort pour en augmenter le poids et rehausser l’aspect de l’ensemble.
Des deux côtés de la mosquée se trouvent deux minarets, entourés de deux galeries (cherefé) réservés aux muezzines qui y montent pour chanter l’Ezan (l’appel aux prières).
A l’intérieur et à la droite du portail, on voit une petite plaque en marbre qui porte en lettres d’or sur un fond vert foncé les paroles du prophète relatives à la conquête de Constantinople.
لتفتحن القسطنطينية فلنعم الامير لتفتحن و فلنعم الجيش ذلك الجيش
Voici la traduction:
«On va conquérir Constantinople: quel honneur pour l’armée qui fera cette conquête et quelle gloire pour son chef.»
Des deux côtés de la porte principale, sur des fenêtres, deux balcons permettent aux muezzines d’entendre la prière et de la répéter aux fidèles qui prient dehors.
Le tombeau du sultan Mehmed le Conquérant se trouve devant la mosquée, qui possède comme autre dépendance des médressés, des imarets et un hôpital. La porte qui conduit au Mousalla date d’Ahmed III.
Les grands personnages de l’État ont leur sépulture tout à côté de ce grand turbé.
Pl. 43.

Mosquée de Yeni Djami.
—Appartement du Sultan.
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MOSQUÉE DE LALÉLI
Cette mosquée, construite à la même époque que celle de Fatih, présente extérieurement de très grandes ressemblances avec elle. Elle est bâtie sur de profonds souterrains formant citerne. Elle est, comme les autres mosquées, précédée d’une cour à portiques, où l’on accède par un escalier en marbre. Les colonnes qui supportent les arcades sont d’une forme bizarre et inesthétique. On ne voit plus sur les chapiteaux les stalactites, si fréquemment employées dans l’art ottoman. Tout y est pauvre. Les chapiteaux sont formés d’un simple abaque en marbre orné d’une petite feuille aux quatre coins. Des deux côtés de la porte principale qui conduit à l’intérieur et à une certaine hauteur, on voit deux balcons, d’où l’on répétait la prière aux fidèles.
L’intérieur est disposé d’une façon nouvelle.
La base octogonale de la coupole est supportée par des colonnes engagées dans l’épaisseur du mur. La partie qui renferme le Mihrab est située hors de l’octogone formé par les colonnes. Les tribunes sont au-dessus de la porte.
II.—LES FONTAINES
و من الماء كل شى حى
Ainsi que l’indique un verset du Coran qu’on rencontre à peu près sur toutes les fontaines, les musulmans considèrent l’eau comme la source de la vie. Ils sont en cela d’accord avec le chimiste qui attribuait l’origine des molécules à l’hydrogène.
Tout personnage musulman, désireux de faire une œuvre, construisait pour le repos de son âme et celle de ses parents morts une fontaine où coulait une eau pure ou potable. A chaque pas, dans la ville, on rencontre des tchechmés (fontaines) ou des sébils. Les tchechmés sont de simples fontaines destinées à fournir l’eau potable que les porteurs d’eau, appelés Sakha, portent dans les maisons des quartiers avoisinants. Le tchechmé consiste généralement en une construction de marbre appliquée au mur et terminée à son extrémité inférieure par un petit bassin.
Souvent ces tchechmés possèdent à leur partie supérieure un grand satchak (toit avancé) pour abriter du soleil et de la pluie les gens qui prennent de l’eau.
Les eaux amenées par des aqueducs alimentent de grands réservoirs en pierre qui se trouvent derrière chaque fontaine. Sur chacun de ces tchechmés se trouve enclavée dans le mur une plaque de marbre sculptée et dorée, qui porte le nom des fondateurs de la fontaine et la date de sa fondation (chronogramme).
Sur tous les monuments élevés par les musulmans la date est indiquée, en général, par la somme des valeurs correspondant aux lettres du dernier vers. Chaque lettre, selon la classification des Arabes, correspond à un numéro d’ordre. Le total des chiffres qui composent ainsi le dernier vers de l’inscription indique la date. Les poètes s’efforçaient de réunir dans le dernier hémistiche leur nom, celui du fondateur et la date de la fondation.
Les vers sculptés sur la pierre en caractères dorés contribuent beaucoup à l’ornementation, grâce à la forme décorative des lettres orientales.
Quant aux sébils, ils sont d’ordinaire situés dans les endroits publics près des mosquées, et un homme est chargé de remplir les gobelets en bronze vidés par les buveurs et qui restent attachés par des chaînes aux grillages des sébils. Ces grillages, qui sont souvent en bronze ajouré et ciselé de magnifiques ornementations, produisent généralement un grand effet décoratif.
Les gobelets mis à la disposition des passants portent souvent, à l’intérieur, des versets du Coran qui rendent sacrée l’eau qu’on boit.
Les sébils se composent de plusieurs pièces surveillées par le gardien.
La fontaine du sultan Ahmed III, près du vieux sérail, possède ces deux genres de tchechmés et de sébils. Elle est située à côté de Sainte-Sophie, près de la porte du vieux sérail dite Bab-i-Humayoun, probablement sur l’emplacement de l’ancienne fontaine byzantine qui s’appelait Géranion. On dit que le croquis de cette fontaine a été établi par le sultan Ahmed III lui-même.
Des vers de sa composition, sculptés en lettres d’or sur les plaques de marbre, décorent richement la fontaine. Quelques-uns de ces vers sont empruntés aux plus fameux poètes de l’époque et célèbrent les louanges de Dieu et du souverain.
Comme nous venons de le dire, cette fontaine réunit les deux principaux genres en usage à Constantinople: sébil et tchechmé, qu’on rencontre ailleurs séparément. La fontaine est comprise dans un carré ayant à chaque angle des parties semi-circulaires où sont installés quatre sébils.
Quatre fontaines sont placées dans les espaces libres entre les sébils; à la droite et à la gauche de chaque fontaine sont creusées deux niches ornées de stalactites.
Des fleurs ornementales finement sculptées sur des plaques de marbre précieux, encadrent des inscriptions rehaussées d’or, au milieu des frises en faïence qui décorent les quatre façades.
Les sébils sont garnis de grilles en bronze magnifiquement ciselées. La fontaine est couverte d’une toiture très exhaussée, surmontée d’un grand clocheton central et de quatre autres clochetons plus petits placés au-dessus de chaque sébil, et qui portent à leur sommet des alems dorés, auxquels l’édifice emprunte son caractère religieux. La toiture et les clochetons sont recouverts de plaques de plomb. Cette fontaine fut achevée en 1141 H. (1728 J.-C.) Le sultan Ahmed avait fait construire un grand nombre d’autres tchechmés, richement travaillés, tels que la fontaine de Tophané, reconstruite par Mahmoud Ier en 1145, et qui se trouve actuellement à l’angle du grillage de l’arsenal, sur le coin de la rue qui va aux quais.
Les ornementations de cette fontaine sont d’un style bâtard. Une large bande de fines inscriptions en vers décore la partie supérieure du monument. Aujourd’hui, on ne voit plus rien de son ancienne toiture, qui a été détruite et remplacée par une balustrade, ce qui lui enleva toute son originalité. Le plafond du toit de cette fontaine était richement orné de fleurs et de fruits sculptés sur bois. Ce toit formait sur chaque façade une saillie de 15 pieds, 6 pouces, qui était surmontée d’une grande coupole couverte de plomb, au sommet de laquelle s’élevait une flèche (alem) dorée, pareille à celle de la fontaine de l’Aya Sophia; seize autres petites coupoles entouraient la base de la grande. La fontaine de Scutari, qui, reconstruite plusieurs fois, vient de s’écrouler, a elle aussi beaucoup perdu de sa forme primitive et par suite de son originalité.
Une autre fontaine fut construite par le sultan Ahmed au quartier des Arabes[81] à Galata, presque en même temps que celle de Bab-i-Humayoun. Comme Galata formait alors une petite ville entourée d’une enceinte, et que les terrains étaient occupés par des maisons de commerce, on n’avait pu trouver à cette fontaine un emplacement assez vaste et dont les abords fussent suffisamment dégagés: on fut donc obligé de lui donner la forme d’un biseau à angles et, pour obtenir plus de développement de façade, on adopta une sorte de tourelle à six pans.
Elle est à la fois tchéchmé et sébil, comme celle du sérail à qui elle ressemble, bien qu’elle soit d’une disposition un peu différente. La fontaine d’Arab Kapou n’a en effet qu’un seul sébil qui est formé par une petite rotonde hexagonale; une colonnette se dresse à chaque angle, supportant un chapiteau d’ordre cristallisé, sur lequel sont appliqués des grillages en bronze ciselé et doré et de gracieuses rosaces.
Sur les façades qui se trouvent à droite et à gauche du sébil sont installés deux tchéchmés, ornés de magnifiques sculptures et inscriptions dorées en relief.
III.—LES CIMETIÈRES
Les musulmans souhaitent, pour la félicité de leur âme, reposer après leur mort près d’un édifice religieux.
Les Sultans, les grands dignitaires de l’État, les grands personnages, les riches, les gens aisés se font enterrer près d’une mosquée où la prière est continue.
Les Sultans et les pachas ont toujours leurs tombeaux près de la mosquée qu’ils ont fondée.
En général, à chaque mosquée est attenant un petit jardin qui sert de cimetière; on y trouve le tombeau du fondateur, entouré des tombeaux de ses parents et des grands personnages.
Les sépultures couvertes qu’on appelle turbés sont réservées aux saints, aux Sultans et aux personnages considérables.
On ne peut faire un plus grand honneur à un défunt que de lui élever un turbé.
Les turbés sont généralement construits en forme octogonale ou carrée, surmontés d’une coupole et précédés d’un vestibule.
Dans les turbés des très grands personnages, des gardes (turbedars) veillent sans cesse en lisant le Coran. Les turbés des Sultans diffèrent de ceux des saints, en ce qu’ils sont plus richement décorés; ceux des saints ont un aspect plus mystique et plus religieux.
On y voit un cercueil (sandouka), en forme de caisse à base rectangulaire, recouvert d’un couvercle prismatique. Ce cercueil est couvert de draps noirs ou verts et d’étoffes de valeur portant des versets du Coran brodés en or et en argent. Du côté de la tête est placé un turban rappelant la coiffure que portait le défunt. De chaque côté du cercueil près de la tête sont posés deux grands candélabres garnis de cierges; les candélabres sont en bronze ou en argent, selon l’importance du défunt.
Des Corans manuscrits, ouverts sur des pupitres en forme d’X, sont à la disposition des visiteurs qui voudraient prier pour le repos de l’âme du défunt. On voit souvent, attachés aux grillages des fenêtres des turbés ou à la balustrade qui entoure le cercueil, de petits chiffons que les malades viennent fixer là avec l’espoir que cette pratique religieuse les guérira. Le turbedar fait passer les malades entre de grands chapelets qui y sont gardés et leur fait boire de l’eau du puits avoisinant le turbé. Suivant les prescriptions, cette eau doit être puisée à l’aide de tasses portant des inscriptions sacrées.
Les turbés des Sultans sont plus richement décorés; le cercueil, plus haut et plus grand, est excessivement luxueux. Il est recouvert de châles précieux en velours brodé d’argent. Les pupitres en noyer ou en ébène sont incrustés de nacre et de rosaces magnifiques. Un haut grillage en bronze ou en argent entoure le cercueil.
Les cimetières publics sont situés à proximité de la ville. Outre les petits cimetières qu’on rencontre dans chaque quartier, près des mosquées, la ville possède trois cimetières principaux[82], qui peuvent vraiment être considérés comme des villes des morts. Ils ont à peu près le même aspect; on y voit d’immenses cyprès très vieux, des pierres tombales souvent brisées disséminées un peu partout sans ordre, et qui font ressembler ces cimetières, généralement entourés de murs en ruines, à de véritables forêts de pierres.
Le corps du défunt est enseveli dans la terre, le côté droit tourné vers La Mecque. Tous les morts sont placés dans la même position. Une grande plaque de marbre couvre horizontalement le tombeau. Deux pierres posées verticalement indiquent l’une le côté de la tête, l’autre le côté des pieds. Dans la plaque de pierre horizontale sont creusés deux trous assez larges qui communiquent avec la terre; on y plante des fleurs ou des rosiers. Au milieu de la pierre, une cavité ronde remplie d’eau de pluie sert aux petits oiseaux et aux colombes. Du côté de la tête s’élève une pierre commémorative, rappelant par une sculpture la coiffure du défunt, avec son nom et la date de sa mort souvent écrits en vers et sculptés en reliefs rehaussés d’or. La grandeur et l’ornementation de cette pierre varient selon l’importance du défunt. Les pierres sépulcrales des femmes ont une forme différente de celle des hommes. Elles ne portent qu’une ornementation ou une fleur.
Du côté des pieds, la pierre a une ornementation, mais sans écriture. Toutes les pierres tombales des personnes riches ou pauvres ont des vers commémoratifs qui commencent par la formule:
هو الباقى
(Dieu seul est éternel.)
ou
كل نفس ذائقة الموت
(Chaque âme doit goûter la mort.)
Les souffrances du défunt, son emploi, son âge sont rappelés en quelques lignes. Toutes ces inscriptions se terminent en demandant aux visiteurs la prière de Fatiha, premier chapitre du Coran, pour la tranquillité de l’âme du défunt.
IV.—LES BAINS TURCS (HAMAM)
Le bain étant aussi indispensable au musulman que la mosquée, la ville possède plus de trois cents bains publics, sans compter les bains particuliers.
Les bains turcs ne diffèrent en général que fort peu de ceux des Byzantins. Les Turcs, qui utilisèrent après la conquête les bains abandonnés par les Byzantins, construisirent les leurs à peu près dans le même genre et souvent sur le même emplacement. D’ailleurs la disposition des bains byzantins était celle déjà adoptée par les Turcs pour les bains de Brousse, de Salonique et de Damas.
L’eau et le feu, auxquels les bains étaient exposés continuellement, n’ont laissé subsister jusqu’à nos jours aucun bain datant de l’époque byzantine, et qui n’ait subi soit des réparations, soit des transformations.
Pl. 44.

Mosquée du sultan Mehmed II le Conquérant.
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Gyllius, qui visita Constantinople soixante-douze ans après l’entrée des Turcs dans cette ville, nous donne la description d’un bain turc. Cette description permet de se faire une idée de ce qu’étaient les bains à cette époque où ils rappelaient encore de très près les thermes byzantins, s’ils ne leur étaient tout à fait semblables. Elle montre qu’ils avaient les mêmes dispositions que les bains turcs actuels.
«Ces thermes sont doubles ou jumeaux, dit-il, composés de deux parties exactement semblables, adossées l’une contre l’autre et réservées l’une aux hommes, l’autre aux femmes[83]. On entre d’abord dans l’apodyterium d’où l’on passe par une porte au tepidarium et par une autre du tepidarium au caldarium. Ces trois compartiments réunis par des portes de communication constituent les thermes. Chacune de ces parties de l’édifice a sa toiture et ses murailles.»
«L’apodyterium est un édifice carré sur lequel s’appuie la rotonde en briques de la voûte. Son intérieur a 240 pieds 8 pouces de pourtour. Une estrade en pierre, ayant plus de six pieds de largeur et haute de trois pieds, règne tout autour. La muraille de l’apodyterium, depuis sa base jusqu’au sommet sur lequel la coupole prend naissance, a trente-sept pieds de hauteur; le pavé est formé de dalles en marbre. En son centre se trouve une vasque également en marbre.»
«Deux portes d’entrée conduisent de l’apodyterium au tepidarium dont l’intérieur a cent pieds de circonférence. La voûte hémisphérique est soutenue par quatre arcades, qui forment huit alcôves; une de ces alcôves qui est plus petite de moitié que les autres est réservée aux latrines. Six d’entre elles possèdent chacune une vasque munie d’une fontaine à robinet, mais elles sont construites de manière qu’entre chaque seconde arcade il en est une qui forme une chambre d’où l’on passe à droite et à gauche dans une autre. Au centre du tepidarium est une fontaine d’où jaillit un filet d’eau qui tombe dans un bassin de marbre. Une seule porte sert de passage du tepidarium au caldarium. Cette partie du bain présente huit arcades qui servent de soutien à une coupole. Chacune des huit arcades ouvre sur une chambre. Au milieu du pavé, qui est formé pareillement de dalles en marbre, s’élève une estrade octogonale haute de deux pieds quatre pouces et ayant cinquante-sept pieds un quart de circonférence. Elle est entourée par une ruelle qui la sépare du pavé dont le niveau est le même que celui de l’octogone.»
Dans ce passage de Gyllius, nous voyons que la disposition des premiers bains turcs de Constantinople, provenant probablement des Byzantins, ne différait presque pas des bains construits par les Turcs de l’époque postérieure. Les bains turcs sont généralement construits sur un plan rectangulaire. Chaque partie du bain est couverte d’un dôme, criblé de petites ouvertures rondes garnies de clochetons en verre qui laissent pénétrer la lumière à l’intérieur. Les murs latéraux sont dépourvus de fenêtres. L’apodyterium est dallé de marbre, et possède au centre un bassin sur lequel s’étagent de grandes cuvettes en marbre, à bordure cannelée, de dimensions variables, se rapetissant de l’une à l’autre. L’eau jaillissant de la cuvette placée au sommet le plus élevé fait cascade sur les autres. Les mêmes eaux servent parfois à arroser des fruits. Des canaris chantent continuellement dans des cages ornées de perles bleues[84] (bondjouk).
Une colonnade en bois entoure la salle. De larges bancs en forme de sofas y sont placés. C’est là que les gens de la classe pauvre se déshabillent. Des morceaux de bois ronds, fixés entre les colonnes, servent de portemanteaux. Au-dessus de cette première galerie, on en voit une deuxième et souvent une troisième. Là aussi sont disposés de larges sofas. Les galeries inférieures et supérieures sont séparées aux angles par une cloison en bois. Ces pièces sont réservées aux riches et aux grands personnages.
Sur une petite estrade près de la porte se tient le propriétaire, assis sur un coussin (minder), devant une cassette en bois (tchekmédjé) tout incrustée de nacre. Un miroir à main, d’une forme ogivale, reste suspendu au mur près de cette cassette destinée à recevoir l’argent que les baigneurs posent en quittant le bain.
A hauteur des galeries supérieures sont rangées des tiges en bois où l’on étend les pechtemal (essuie-corps) de couleurs éclatantes.
Une petite cheminée adossée au mur près de la porte intérieure sert à préparer le café. Près de cette cheminée se trouvent des armoires contenant des narguillés, des tasses à café, des savons parfumés de musc, des vases en bronze doré, des fleurs artificielles.
Une porte étroite passe de l’apodyterium dans la pièce appelée soouklouk (tepidarium ou alipterium) dont la température est plus élevée que dans la grande pièce, mais moins que dans la deuxième appelée caldarium. Elle est surmontée d’une coupole percée de petites ouvertures que recouvrent des cloches en verre. Une faible lumière éclaire l’intérieur. Là, sur des bancs en bois, sont préparés des lits à la disposition des baigneurs.
De petites portes ouvertes dans cette salle conduisent par des galeries voûtées et obscures aux lieux d’aisance et à un cabinet particulier, réservé aux toilettes intimes auxquelles chaque musulman est religieusement astreint. Le baigneur pénètre dans cette dernière pièce où un robinet d’eau chaude et un kourna (récipient en marbre) sont à sa disposition. Il couvre l’ouverture formée par la porte d’un pechtemal et procède à ses ablutions. Une porte conduit du tepidarium au caldarium où règne une très forte chaleur. Cette salle est pareillement dallée de marbre et surmontée d’une coupole à petites fenêtres rondes. A chaque coin de la salle, il y a de petites cabines séparées par un mur bas, qui sont réservées à la classe riche. Toutes ces cabines possèdent un ou deux kournas avec deux robinets en bronze dont l’un est à eau chaude et l’autre à eau froide.
La salle est également munie de kournas, au-dessus desquels sont enfoncés dans le mur de grands et longs clous noirs qui servent à suspendre les pechtemals.
Au milieu de la salle commune du caldarium, existe une estrade en forme ronde ou octogonale et qui s’appelle Gueubek-tachi (pierre-nombril) où le baigneur s’allonge pour être massé.
Les bains turcs n’ont pas, comme on l’a dit à tort, un grand bassin où le public va se baigner, car l’eau déjà touchée par un autre corps et par le corps du baigneur même est considérée par les musulmans comme rituellement impure. Toutefois le cas peut être exceptionnel dans les bains thermaux où l’eau se renouvelle en coulant de source, comme à Brousse par exemple. A Constantinople, il n’y a que les israélites qui, fidèles aux prescriptions de la loi de Moïse, aient gardé la coutume de se replonger dans une piscine d’eau froide après s’être lavé le corps.
Chaque bain possède un kulhan (hypocauste). On y brûle continuellement du bois. La chaleur et la fumée circulent sous le dallage en marbre du bain, traversent les nombreuses conduites maçonnées dans l’intérieur des murs, chauffent l’eau et l’air du bain et ressortent par de petites cheminées en forme de tubes circulaires, appliqués tout autour de la bâtisse au haut des coupoles couvertes de plomb. Faut-il ajouter que ces bains sont constamment chauffés? Les musulmans sont en effet astreints par leur religion à se laver le corps en certaines circonstances.
Pl. 45.

Tombeau de Mehmed II le Conquérant.
Dans le Turbé devant sa mosquée. [↔]
Le bain des dames diffère un peu de celui des hommes. D’abord les accessoires comme essuie-corps, savon, sont apportés par les femmes elles-mêmes dans de grands bohdja (sortes de sacs en drap brodé). Elles prennent même avec elles des vivres, car c’est pour elles un grand plaisir que de passer toute la journée dans le bain en mangeant sur le gueubek-tachi, en chantant et en s’amusant.
Au cours d’un ouvrage écrit sur les études de van Millingen, le Dr Mavroyeni donne des détails très circonstanciés sur la façon compliquée et pittoresque dont on prend le bain chez les Orientaux. Nous nous permettrons de résumer cet intéressant travail.
«Dès l’entrée, on aperçoit les étuvistes, drapés à la romaine dans des linges bleus rayés de rouge. Dans l’apodyterium, des baigneurs se déshabillent, tandis que d’autres sortent du bain et viennent s’étendre sur les lits de repos pour y goûter le kieff, mot intraduisible, béatitude absolue que donnent à l’esprit et au corps des Orientaux le tabac et le café unis au 11013 dolce farniente.
«Après s’être déshabillé, le baigneur s’enveloppe d’une sorte de pagne, et, coiffé d’un large turban, les pieds dans des sandales de bois qui rendent sa marche incertaine, il entre dans le tepidarium. La température y est de 25° et c’est sur des couchettes garnies de coussins que la pipe et le café sont présentés au baigneur. Dès qu’une moiteur apparaît sur son corps, l’étuviste le fait passer au caldarium où, sur une estrade située au centre, commence l’opération du massage à laquelle une grande importance est attachée et qui est pratiquée par des malaxeurs et des strigillaires modernes en qui se sont conservées les traditions du passé.
«Après un massage complet de toutes les articulations, le masseur mène son client près d’une des vasques qui entourent la rotonde et, armé d’un gantelet en poils de chèvre, s’attaque au système cutané. Les rinçages s’opèrent à l’eau tiède. Mais le baigneur est à bout de forces: un verre d’eau froide lui redonne l’énergie nécessaire; quelques écuellées d’eau froide versées sur la tête le remettent complètement et le masseur en prend de nouveau possession, transformé cette fois en alipte. Cataracte d’eau brûlante et vif savonnage, puis rinçage de tout le corps: cette opération est répétée trois fois. Le masseur fouette son savon à l’aide de longues fibres de palmier dans un bassin de cuivre et ne l’applique que lorsqu’il est réduit à l’état de mousse nuageuse et impalpable.
«C’est après une douche que le baigneur est aussitôt emmailloté de serviettes chaudes, ses cheveux sont essuyés, et il vient goûter le kieff sur un lit de repos dans l’apodyterium.
«Nous avons vu le baigneur passer par trois salles: l’apodyterium, le tepidarium et le caldarium; il n’y a en effet qu’un seul bain public à Constantinople qui possède un frigidarium. C’est le bain de Djerrah pacha, situé près d’Ak-Sérail.»
V.—LE GRAND BAZAR
Comme aux temps des Byzantins, la ville possède des bazars couverts. Le plus grand de ces bazars est celui de Stamboul, dont une partie date des Byzantins, véritable ville avec des rues couvertes d’arcades et de coupoles. Des magasins étroits et souvent voûtés bordent ces rues. Ses ruelles étroites, ses carrefours, ses bancs et dépendances, ses passages sombres, font de ce bazar une sorte de labyrinthe compliqué à tel point que les habitants de la ville eux-mêmes s’y perdent souvent et sont obligés de demander leur chemin aux marchands.
Une lumière faible et blafarde, arrivant par de petites fenêtres cintrées ouvertes au plafond des magasins, éclaire l’intérieur et les marchandises sous un jour favorable aux boutiquiers. Le bazar est divisé en quartiers dont chacun, réservé à un commerce spécial, porte le nom du commerce qui y est pratiqué. C’est ainsi que Kouyoumdji Tcharchissi signifie bazar des bijoutiers. Il en est de même pour les orfèvres, les fourreurs, les marchands d’étoffe, etc. La plupart des magasins ne sont que de petites échoppes étroites. Devant chaque magasin, un banc peu élevé sert de comptoir; le vendeur y est assis, les jambes croisées. C’est là qu’il étale ses articles devant l’acheteur qui prend souvent place à côté de lui.
Malheureusement, le bazar commence à perdre son caractère d’originalité, les articles orientaux cédant peu à peu la place à ceux provenant des manufactures européennes.
Le quartier du grand bazar qui a conservé son ancienne originalité est le Bedestén (le marché de ventes aux enchères). C’est une grande bâtisse carrée, couverte de plusieurs coupoles, soutenues par d’immenses piliers d’une très grande hauteur. Le Bedestén est situé au centre du bazar. Quatre portes de fer, ouvrant sur les côtés communiquent avec l’intérieur du bazar. Quelques petites fenêtres à volets de fer, percées à la hauteur des coupoles, éclairent faiblement l’intérieur. Une lumière pâle tombe sur les objets anciens, suspendus aux murs et noircis par la poussière des siècles.
Une balustrade en bois irrégulièrement construite et située à la hauteur des fenêtres permet au gardien de nuit de circuler autour du bâtiment et de fermer les volets de fer.
Le Bedestén n’est pas ouvert à toute heure du jour. On l’ouvre plus tard et on le ferme plus tôt que le reste du bazar. Il ne reste ainsi accessible au public que pendant quelques heures. Les magasins ne sont formés que d’estrades et de bancs en bois. Chaque marchand a son dolab (armoire) et une ou plusieurs vitrines plates où il expose ses marchandises et devant lesquelles il est assis à la turque, les jambes croisées, en attendant les clients.
Des dellals ou courtiers privilégiés du Bedestén font voir aux marchands et aux amateurs les objets rares, et font la mise à prix. C’est de ce célèbre bazar que sont sortis des objets antiques de la plus haute valeur pour passer en Europe. Le Bazar égyptien, qui est aussi un des plus grands de la ville, est formé d’une grande ruelle voûtée en forme de berceau ayant au bas des voûtes des fenêtres latérales qui éclairent faiblement l’intérieur. Les marchandises sont exposées dans des sacs ouverts. Chaque magasin porte une arme ou un objet particulier qui lui sert d’enseigne. On y vend des épices et toutes sortes de drogues.
Pl. 46.

Fontaine d’Ahmed III ou d’Aya Sophia.
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VI.—LES PALAIS IMPÉRIAUX OTTOMANS
PALAIS DE TOP KAPOU
Le premier palais ottoman a été bâti par Mahomet II le Conquérant sur la place de l’ancien forum Tauri (place de Bayazid). Ce palais, habité d’abord par le Sultan, reçut plus tard, après la construction du palais de Top Kapou serail, le nom d’Eski-serail (vieux palais). Il était gardé par 500 baltadji. Sur cet emplacement s’élève aujourd’hui le ministère de la Guerre appelé aussi Eski-serail.
Le sultan Mahomet II fit construire plus tard un autre palais sur l’acropole de l’ancienne Byzance, où s’élevait autrefois le palais de l’impératrice Placidie. Ce palais, dit de Top Kapou, fut habité par les successeurs du Conquérant jusqu’au sultan Mahmoud II, le grand réformateur, qui l’abandonna. Depuis, et jusqu’à nos jours, il a été affecté à la résidence des Sérailis (femmes du palais et de la cour impériale).
Le palais se compose de plusieurs bâtiments et de kiosques qui communiquent entre eux par des mabeïns, sortes de couloirs.
L’enceinte du palais est entourée d’une muraille flanquée de deux tours; c’est à peu près la même enceinte qui entourait l’ancienne acropole[85] de Byzance. La partie principale du palais est magnifiquement située sur la pointe la plus élevée de la colline, d’où l’on jouit d’une vue admirable sur le Bosphore, les Iles des Princes, la Corne d’Or, la Propontide et sur les montagnes de la Bithynie et de l’Olympe. On ne rencontre nulle part ailleurs un panorama aussi grandiose et aussi majestueux. L’ensemble de ces monuments offre un aspect très pittoresque. Une multitude de bâtiments, de coupoles surgissent par endroits du milieu d’immenses cyprès.
Outre l’enceinte principale, le palais en possède plusieurs autres à l’extérieur. L’une des portes de l’enceinte principale se trouve près de la mosquée Sainte-Sophie; elle s’appelle Bab-i-Humayoun ou porte impériale; on trouve ensuite la porte de Soouk-Tchechmé, une autre près de l’École de médecine et une autre près de Yali-Kiosque.
La porte située près de Sainte-Sophie, en face de la fameuse fontaine construite par le sultan Ahmed III, conduit à une grande esplanade plantée de cyprès et de platanes. Cette cour rappelle la Chalké antique des palais byzantins. En laissant à gauche l’église de Sainte-Irène (actuellement le musée d’armes) et en suivant la grande allée, on arrive devant la porte de l’enceinte intérieure du palais. La porte est flanquée de deux tours aux toits coniques. Elle conduit à une cour plantée de cyprès. A droite, sont les cuisines impériales, à gauche le mur du harem et l’ancienne salle du Divan où se tenait autrefois le Conseil des ministres. Une tour carrée surmonte la salle. Mais cette tour ne présente plus l’ancienne forme que nous lui voyons dans l’ouvrage de Melling. De grandes fenêtres grillées éclairaient la salle du Divan. En face, une galerie soutenue par une colonnade donne accès et aboutit à une autre porte monumentale qui conduit à une troisième cour réservée au Sultan et aux gens du palais.
Après avoir franchi cette porte, on se trouve en présence d’un pavillon qui contient le Divan ou salle du Trône, dans laquelle les Sultans recevaient les ambassadeurs et les vizirs. Ce pavillon, d’un style très original, est orné intérieurement de magnifiques faïences et de vitraux. La cheminée est tout à fait remarquable.
Dans la même cour, tout près de la salle du Trône, se trouve la bibliothèque du Sultan, qui contient de très beaux et très rares manuscrits turcs et byzantins jusqu’ici inédits. Cette cour est entourée d’une galerie à colonnades; à droite, une porte protégée par un grillage donne accès au trésor impérial.
C’est un bâtiment formé de plusieurs pièces surmontées d’un grand toit couvert de plaques en plomb. De petites fenêtres pratiquées aux murs à une très grande hauteur du sol éclairent faiblement l’intérieur. Ce trésor contient des objets extrêmement précieux ayant appartenu aux Sultans; il forme le musée privé du palais. On y voit de nos jours tous les costumes portés par les Sultans, leurs sabres, leurs coiffures, etc. Dans des vitrines sont exposés des vases remplis de pierres précieuses et de vieilles monnaies en or et en argent. Parmi les objets de grande valeur, on peut citer le trône du chah Ismaël de Perse, enlevé par Sélim en 1514. C’est un trône en or massif sculpté, garni d’émeraudes et de brillants. Puis, le trône de Selim III, en ébène sculpté et incrusté de nacre, d’argent et d’or, garni de rubis et de pierres précieuses. Au centre du dais qui surmonte le trône et qui est supporté par quatre colonnes est suspendue par une chaîne en or une des plus grosses émeraudes du monde: elle a la grosseur du poignet.

Bibliothèque du Sultan au vieux Sérail. [↔]
A gauche de la cour s’élève le pavillon sacré où toutes les reliques du Prophète sont soigneusement conservées. L’intérieur de l’édifice est des plus imposants. C’est un véritable chef-d’œuvre de l’art national. Quelques fenêtres percées aux bases des coupoles laissent l’intérieur dans un clair-obscur mystique. Les murs sont complètement recouverts des plus belles faïences. Des versets du Coran écrits sur des tuiles émaillées forment frise autour des salles. Les plus rares inscriptions, en grandes lettres écrites de la main même des Sultans, sont suspendues aux murs.
On rencontre au milieu de la première salle une petite fontaine en marbre sculpté garnie de gobelets en or.
L’entrée de cette partie est absolument interdite au public, même aux gens du palais. Une fois par an seulement, les hauts personnages de l’Empire y sont reçus par le Sultan pour baiser, à travers une couverture, la cassette qui renferme le manteau sacré du Prophète. Des gardiens y veillent constamment en lisant des versets du Coran.
Par une porte ouvrant au nord-ouest de cette cour on descend à un jardin en terrasses où sont construits des kiosques et des pavillons. On y jouit d’une vue splendide.
Un ancien kiosque en bois, bâti par Mahomet II s’élevait sur une terrasse à droite; sur cet emplacement, le sultan Medjid avait fait construire Mermer kiosque.
A gauche, sur la colline, c’est le fameux Bagdad kiosque, si célèbre par la magnificence de son architecture, par la beauté de ses faïences, de ses cheminées, le dessin original de ses meubles, de ses divans et de ses armoires incrustées de nacre.
Tout près de ce kiosque, on voit une autre terrasse dallée de marbre avec, au milieu, un joli bassin. C’est un des coins les plus pittoresques du palais. Dans l’enceinte du palais se trouvaient encore d’autres kiosques actuellement disparus, tels que Indjili kiosque, Yali kiosque, Harem kiosque, etc... Voici ce que nous lisons dans l’ouvrage de Melling sur le kiosque appelé Indjili (aux perles); on voit encore de nos jours les arcades de ses fondations. «Le Sultan s’y rendait chaque année pour jouir du spectacle de l’ayasma (fontaine sacrée), dont la source est dans l’enceinte du Seraï et qui jaillit, ce jour-là seulement, sous l’arcade du pavillon où des tuyaux la conduisent. Les Grecs attribuent à ses eaux une vertu miraculeuse... Le grand seigneur prend plaisir à contempler leur empressement, leur extase, et leurs ablutions; il leur jette quelques pièces de monnaie pour payer l’amusement qu’ils lui donnent et jouit des combats qu’ils se livrent dans leur activité à s’en saisir.»
Sur une des terrasses de l’enceinte moyenne du palais de Top-Kapou, du côté de la ville se trouve Tchinili kiosque (kiosque aux faïences), ainsi nommé à cause des faïences qui décoraient jadis ses murs anciens et dont une grande partie n’existe plus aujourd’hui.
Il fut d’abord bâti par l’architecte Kémaluddin sur l’ordre du sultan Mehmed II le Conquérant (870 H.). Il fut reconstruit plus tard en 999 H., par Murad III, mais il a perdu sa forme primitive. Actuellement, il fait partie du musée d’antiquités. Deux escaliers en marbre conduisent sur une galerie à longues colonnades ornée de magnifiques mosaïques en faïence. Un petit vestibule mène dans une grande salle cruciforme voûtée à laquelle sont attenantes d’autres pièces plus petites; le plan de la construction est conçu dans un carré avec des ailes latérales.
PALAIS DE TCHÉRAGAN
Le palais de Tchéragan, situé sur les bords du Bosphore, entre Bechiktache et Ortakeuy, fut construit par le sultan Abd ul Aziz dans le style renaissance ottoman. Il a servi, pendant vingt-sept années, de prison au sultan Mourad V. Son emplacement était jadis occupé par un palais en bois nommé Tchéragan et habité autrefois par le sultan Mahmoud, après qu’il eut enlevé sa cour du palais de Top-Kapou.
On peut considérer l’architecture de ce palais comme un essai de renaissance de l’art ottoman. La façade a été bâtie sans respect des proportions de l’art, et les ornementations surchargées n’offrent pas l’originalité intéressante de l’ancien art ottoman. A l’intérieur, la décoration est plus artistiquement comprise. Ce palais communique avec le parc de Yildiz par un pont sous lequel passe le tramway.
Il possède comme dépendances d’autres bâtiments, telles que des cuisines, des écuries, des casernes, des corps de garde, etc...
PALAIS DE DOLMA BAGTCHÉ
Le palais de Dolma Bagtché, construit par le sultan Abdul Medjid vers 1854, est composé de quatre grands bâtiments unis l’un à l’autre par des galeries couvertes, sortes de passerelles. Au point de vue architectural, ce palais n’a aucune valeur, car ses constructeurs ont surchargé les façades de colonnes et d’ornementations sans style et sans goût.
L’ensemble du portail ne représente qu’une agglomération de fragments de fleurs ornementales. L’intérieur, malgré la grande richesse des matériaux employés, n’offre rien d’artistique. On y rencontre des balustrades en cristal, des colonnes en porphyre et de grands lustres suspendus aux plafonds. Une salle de bains, construite en albâtre, attire particulièrement l’attention.
Ce palais possède une immense salle du Trône. Du côté de la terre, le palais est entouré de murs d’une grande hauteur; on y pénètre par le portail. Son emplacement était occupé autrefois par un autre palais, appelé Bechiktache Saraï, séjour favori du sultan Selim III. Nous voyons, dans l’ouvrage de Melling, l’ensemble de ce palais ainsi que le kiosque persan qui était bâti en pierre et revêtu extérieurement de faïences dans toutes les parties se trouvant au-dessus du rez-de-chaussée. Au milieu de ce pavillon existait un bassin avec jets d’eau. Les plafonds et les panneaux étaient ornés d’arabesques admirables. Une partie de l’ancien palais de Bechiktache fut construit par Melling pour le sultan Selim III. L’architecture de ce kiosque différait énormément de celle des autres par ses galeries et ses colonnes d’ordre corinthien.
PALAIS DE YILDIZ
Il se compose de nombreux pavillons et de kiosques disséminés dans un immense parc renfermant des forêts, des jardins et un grand lac. Ce site ravissant ne le cède en rien pour la beauté à celui de l’acropole de Byzance.
LES ANCIENS PALAIS
Parmi les palais les plus anciens, le seul qui soit encore debout est celui de Top Kapou. La plupart des anciens palais ayant été construits en bois tombèrent vite en ruines. Il ne reste plus rien des magnifiques édifices construits par le sultan Ahmed III sur les rives de la Corne d’Or et du Bosphore, du palais de Sultanié, construit par Suleïman à Beïkos, du Kavak seraï appelé aussi Cheref Abad[86].
Ce dernier se trouvait à côté de la grande caserne de cavalerie située entre Haïdar pacha et Scutari, et qui s’appelle Selimié. L’emplacement de ce palais disparu fut occupé, dit Melling, par un kiosque où le sultan Selim III assistait aux manœuvres de cavalerie exécutées sur le terrain qui le séparait de la caserne. Aïnali kavak Seraï (palais des Miroirs de Kavak) ainsi appelé parce qu’il était intérieurement orné de glaces, envoyées comme cadeau par les Vénitiens au sultan Ahmet III lors de la conclusion de la paix de 1718, était situé près de Hasskeui, sur les bords de la Corne d’Or. Le sultan Selim III, après l’avoir habité seulement un printemps, l’avait abandonné, peut-être à cause des quartiers voisins de Hasskeui qui, pendant les épidémies, offraient un véritable danger. Le Sultan, depuis lors, préféra habiter pendant l’été le palais de Béchiktache.
On peut encore citer: le palais de Nichad Abad, situé entre Ortakeuy et Kouroutchechmé, reconstruit sous Selim III. Le palais de Fener Bagtché (qui subsista jusqu’à Mahmoud I). Le palais de Tersané, habité par Selim III. Le palais de Cara agatch (sur la rive de la Corne d’Or). Le palais de Kiathané. Le palais de Humayou Abad (à Bebek). Le palais de Beyler beï, construit sous Abdul Hamid Ier, appelé aussi palais d’Istavros.
Le palais de Cheref Abad, construit par Murad IV à Scutari près de la caserne Selimié a été démoli en 1794. Le palais de Nichad Abad subsistait encore jusqu’à une époque très rapprochée; à sa place deux nouveaux palais ont été construits.
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Intérieur du grand bazar.
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Le palais de Cara agatch fut habité jusqu’à Selim III par les Sultans qui y transféraient leur cour pendant l’été. Le sultan Mahmoud II l’a fait démolir. Sur une des portes de ce palais on lisait le vers suivant inscrit par Ahmed III.
قد دلبر كبى دل اكلنجه سى. غمكسارم قره آغاچ باغچه سى
«Ce jardin, où je me console, offre autant d’attraits que la taille élancée d’une belle.» Les débris de ce palais ont servi à la reconstruction des palais de Kiathané.
Mehmed effendi, à son retour de Paris où il était ambassadeur à l’époque d’Ahmed III, apporta en Turquie, en même temps que plusieurs inventions, comme l’imprimerie, le dessin des palais de Versailles et de Fontainebleau. Sur les encouragements de Damad Ibrahim pacha, gendre du souverain, le Sultan, mettant à profit les nouveautés introduites par Mehmed effendi, fit construire à Kiathané des kiosques et des fontaines qu’il entoura de lacs et de cascades, tâchant d’imiter les magnificences entrevues dans les dessins français. Ce palais portait alors le nom de Saad-Abad. Il y avait, aux alentours, de nombreux kiosques destinés aux fonctionnaires. La révolte de 1143 ayant détruit ces kiosques, Selim les fit reconstruire en 1206 et plus tard en 1224. Sultan Mahmoud reconstruisit de nouveau le palais en y ajoutant une mosquée et plusieurs chalets. Le kiosque de Bebek (disparu) fut construit sous Abdul Hamid Ier par Hassan pacha, ministre de la Marine et offert par lui au Sultan. Ce joli kiosque, que nous pouvons admirer dans l’ouvrage de Melling, servait de lieu de rendez-vous au Reïss Efindi (ministre des Affaires étrangères) et aux ambassadeurs des cours étrangères. «Il est formé de trois pavillons contigus, dit Melling, celui du milieu s’avançait en saillie sur les deux autres: leur front était soutenu par des colonnes de marbre; on remarquait les contrevents des fenêtres composés de deux parties mobiles, l’une supérieure et l’autre inférieure; l’une de ces parties se levait tandis que l’autre tombait à peu près comme le sabord d’un navire. Quelques-unes de ces fenêtres se prolongeaient jusqu’à l’entablement, le dessus des croisées était décoré de guirlandes artistiquement peintes. Les toits couverts de tuiles sont d’une forme très aplatie. Une balustrade occupait le principal corps de logis et on y entrait par de petites barrières qui s’ouvraient sur le quai. Deux escaliers conduisaient extérieurement aux salons de conférence.»
VII.—L’HABITATION
Dans l’architecture ottomane, on distingue deux genres différents, le genre religieux et le genre civil. Si les édifices appartenant au premier nous permettent d’en suivre la chronologie et les étapes, il n’en est malheureusement pas ainsi des constructions civiles, qui ont subi les atteintes du temps. Cependant, quelques vieilles maisons de Brousse et des villes d’Asie Mineure, dans lesquelles subsistent encore les vestiges des antiques constructions, peuvent donner une idée, bien faible d’ailleurs, des premières habitations ottomanes. Sous l’influence de l’architecture locale, ces constructions différaient entre elles, suivant les pays où elles étaient élevées. Les premières habitations ottomanes à Constantinople furent certainement celles qu’avaient abandonnées les Byzantins. Mais, comme les coutumes et les mœurs musulmanes exigeaient un changement radical, des maisons neuves s’élevèrent bientôt partout, dans la nouvelle capitale de l’Empire ottoman.
Après les légères modifications apportées dès le début aux anciens logis, les grands personnages construisirent des konaks plus appropriés à leurs coutumes. Les gens du peuple bâtirent de petites maisonnettes appelées éves[87]. Les habitations musulmanes et les konaks sont composés de deux bâtiments séparés, appelés selamlik et harem; quelquefois, ces deux parties, bien que toujours séparées, sont réunies sous le même toit.
Le selamlik est réservé aux hommes, et le harem aux femmes. Dans les konaks à deux bâtisses séparées, la communication du selamlik et du harem est établie par un corridor suspendu entre le premier et le deuxième étage de ces deux bâtiments. Les mœurs musulmanes défendent aux hommes de vivre avec d’autres femmes que leurs parentes et leurs épouses. Le maître de la maison reste souvent au selamlik où il reçoit les visites des hommes.
Dans ces konaks, l’étage supérieur est le plus important, tandis que le rez-de-chaussée ne contient que les chambres des domestiques et des gens de service.
Les femmes, et en général les Turcs, qui aiment à rester à la maison, préfèrent les maisons de bois percées de beaucoup de fenêtres. Ces maisons n’ont que très rarement trois étages.
L’aspect extérieur est tout oriental. Au-dessus du rez-de-chaussée, des balcons à larges saillies sont supportés par de grandes consoles en bois et rappellent les balcons à encorbellement des Byzantins.
Chaque étage fait saillie sur l’étage inférieur. Le toit, très saillant, donne un caractère tout spécial à ce genre de construction et paraît avoir son origine dans le toit chinois, recourbé aux extrémités. Ce dernier serait un souvenir de la tente nomade. La maison est souvent couleur de terre-cuite.
Les cheminées, qui ont une forme particulière, portent des nids construits par les cigognes. On entre dans le konak par deux portes, dont l’une est réservée au harem et l’autre au selamlik.
La porte du selamlik donne accès à une grande cour pavée de moellons. Les voitures peuvent aisément franchir cette porte et arriver jusqu’à la cour située sous la grande salle du premier étage. Les escaliers partent d’une sorte de petite estrade en marbre qui porte le nom de Binek-Tachi et d’où le maître de la maison peut facilement sauter à cheval.
Autour de cette cour, se trouvent les chambres destinées aux Ouchaks (domestiques), aux Aïvazes (porteurs de mets), aux Achtchi (cuisiniers), etc. Une chambre est réservée à l’intendant et une autre aux eunuques. La cuisine est généralement dans le jardin; les écuries, le bain, le réservoir d’eau forment autant de dépendances autour du konak. Le bain est adossé aux murs du harem. De larges escaliers en bois conduisent au premier étage. Là est la chambre où se tient le maître de la maison.
Toutes les chambres sont pareilles et meublées de la même façon. Il n’y a nulle différence entre les chambres à coucher et les salles à manger. Un long sofa est installé le long des fenêtres près du mur et quelquefois sur les deux côtés de la chambre. On y voit aussi une niche destinée au miroir et, à côté, d’autres petites niches qui sont réservées aux cruches d’eau et aux vases en porcelaine. Des porte-pipes, appliqués aux murs, sont garnis de longues pipes en bois de jasmin, en bois de rose et autres bois précieux; toutes sont munies de bouts d’ambre. Des calligraphies en lettres harmonieusement dessinées sont suspendues aux murs dans des cadres. Des étagères pour le Kavouk (coiffure), une pendule, des tapis, un brasier, voilà ce qui constitue le mobilier d’une chambre. Chaque chambre possède plusieurs grandes armoires fixes où l’on serre pendant la journée les lits, les matelas et les couvertures.
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Marchands de chaussures.
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Quand on veut se coucher, on sort ces matelas et on les étale sur le plancher. De même, pour les repas, on apporte de petits tabourets sur lesquels on installe de grands plateaux ronds en cuivre étamé ou en bronze, et l’on dispose des coussins tout autour, formant ainsi une sorte de table improvisée.
Les pièces sont chauffées pendant l’hiver à l’aide de cheminées où on brûle du bois, ou à l’aide de mangals (brasiers en bronze). Dans les konaks, les chambres donnent accès à une très grande salle dont les dimensions dépassent l’étendue totale des chambres. Le harem diffère peu du selamlik. Il est souvent plus grand. Les fenêtres y sont soigneusement fermées par des cafesses (jalousies) pour empêcher les regards indiscrets des passants d’y pénétrer.
Ces cafesses sont formées de petites baguettes en bois, clouées perpendiculairement ou quelquefois diagonalement dans les rainures d’un cadre ayant la moitié de la hauteur de la fenêtre. Les femmes, qui restent derrière ces cafesses, peuvent très bien voir les passants à travers les trous sans être aperçues du dehors.
Une autre rangée de fenêtres est située au-dessus des fenêtres portant les cafesses pour éclairer davantage l’intérieur des chambres. Ces fenêtres sont souvent garnies de vitraux qui ajoutent à la décoration de l’intérieur un luxe de couleurs et d’images du plus joli effet.
L’abondance des fenêtres est une chose très recherchée dans les habitations. Les Turcs ont toujours reconnu l’action bienfaisante du soleil et de l’air sur la santé et ils ont doté leurs habitations d’autant de fenêtres que l’étendue de la façade le leur permettait. Le grand nombre des fenêtres vient aussi de la nécessité où se trouvaient les femmes d’occuper leurs loisirs pendant les longues heures où elles étaient retenues à la maison. Nous voyons que le côté hygiénique de cette disposition la fait appliquer aujourd’hui dans toutes les maisons modernes en Europe. Les façades des maisons anglaises modernes présentent, par l’abondance de leurs fenêtres, une certaine ressemblance avec les maisons turques. Si cette disposition paraît présenter l’inconvénient d’exposer l’intérieur aux changements brusques de l’atmosphère et aux ardents rayons du soleil, les doubles châssis et les volets viennent remédier au froid, de même que les toits avancés et les saillies des étages préservent de la chaleur.
Les portes du harem restent toujours fermées et c’est le Harem Kiahyassi (intendant du harem) qui en garde les clefs. Une armoire ronde et pivotant sur son axe facilite le service, tout en empêchant que les serviteurs et les servantes puissent se voir. Les objets une fois placés du côté des servantes, on fait tourner l’armoire sur son axe pour les mettre à la disposition des serviteurs. Le service de Dolap était permis seulement aux aïvazes: ceux-ci étant des Arméniens, le maître de la maison leur laissait ce service, à cause de la différence de religion peu favorable à l’éclosion de sentiments trop intimes.
La plupart des konaks possèdent dans leurs jardins un grand havouse (bassin). Les bains particuliers ne diffèrent presque pas des bains publics; ils ont leur apodyterium, leur tepidarium et leur caldarium, mais sur une échelle plus réduite.
Les cuisines ne ressemblent pas du tout aux cuisines occidentales. Une grande cheminée cintrée est divisée à l’intérieur en compartiments de différentes grandeurs, destinés aux marmites grandes et petites. On n’y brûle que du bois et du charbon de bois.
Les petites maisons (éve) ont à peu près la même distribution intérieure que les konaks. Au lieu d’être séparées en deux parties différentes comme les konaks, ces maisons n’ont qu’une ou deux chambres, destinées l’une au selamlik et l’autre au harem. Deux escaliers séparés conduisent à chacune de ces parties.
Les salles sont également vastes. Les cuisines sont en dehors et, au lieu de bains, il y a un goussoulhané ou lieu d’ablutions. En guise de réservoir, de nombreuses jarres enfoncées dans la terre du vestibule conservent l’eau nécessaire au ménage. Le porteur d’eau, sans ouvrir la porte, verse le contenu de son kirba (sac en cuir) dans le creux d’une pierre taillée en forme de cassette carrée, fermée par un cadenas dont le porteur d’eau possède la clef; l’eau s’écoule ensuite dans les jarres au moyen de tuyaux.
Malheureusement, toutes ces anciennes maisons ont disparu aujourd’hui, cédant la place à des constructions laides et difformes, peintes de couleurs criardes et d’un goût banal. Dans tout Constantinople, on ne trouve plus qu’une vingtaine de ces vieilles maisons, dont la plus ancienne ne remonte qu’à l’époque du sultan Mahmoud II; des réparations successives lui ont d’ailleurs fait perdre beaucoup de son aspect primitif.
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Vieux Sérail
(Palais de Top Kapou).—Salle du Trône.
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C’est dans les quartiers de Yuksek Kaldirim, Ak-Seraï et d’Eyoub qu’on a le plus de chance de découvrir quelques-unes de ces anciennes maisons. Parmi les faubourgs qui semblent conserver davantage de leurs anciennes habitations, on peut citer les villages d’Anatoli-Hissar, Arnaout-Keuy, Yeni-Keuy, Tchenguelkeuy, Kousgoundjouk et surtout Scutari, qui possèdent encore quelques types d’anciennes maisons condamnées malheureusement à disparaître d’ici une dizaine d’années. Comme habitations anciennes, nous pouvons citer l’Ambassade de France à Therapia qui appartenait autrefois au prince Ypsilanty, et qui fut confisquée par le Sultan pour être donnée au général Sébastiani, alors ambassadeur de France à Constantinople. Les Français, qui savent si bien apprécier les choses d’art et les restes de l’antiquité, conservent son caractère à cet intéressant édifice.

Maison turque; XVIIIe siècle. [↔]
Pour se familiariser avec le type de l’ancienne maison turque, il faut prendre en considération les traits caractéristiques suivants de cette architecture.
1o La bâtisse, souvent en bois, ne dépasse pas trois étages;
2o Chaque étage fait saillie sur l’étage immédiatement inférieur; la partie surplombante est supportée par de grosses consoles en bois recourbé;
3o Les toits sont avancés et couverts d’un genre de tuiles recourbées dites Kerémid, pareil à celui en usage chez les Byzantins;
4o La partie avancée du toit (auvent) qui s’appelle Satchak est ornée en dessous d’ornements géométriques formés par de minces baguettes en bois;

Maison turque; XVIIIe siècle. [↔]
5o Sous ces auvents sont suspendus des cadres portant des inscriptions sacrées qui préservent la maison du mauvais œil; sur ces inscriptions on lit:
Ce que Dieu veut, est, fut. ماشا اللّه كان
O propriétaire de la propriété. يا مالك الملك
O protecteur, etc. يا خافظ
Derrière ces cadres inclinés, les hirondelles font souvent leurs nids;
6o Les tuyaux des cheminées, assez hauts, ont une forme prismatique quadrangulaire et sont munis à leur sommet de fentes verticales; ils sont couverts de tuiles et les cigognes (surtout dans les quartiers reculés de la Corne d’Or) ne manquent pas d’y venir faire leur nid.
Les cheminées elles-mêmes font souvent saillie sur les murs de la bâtisse et forment alors des encorbellements d’un aspect original;
7o Les portes en bois sont ornées de moulures et de cordons formant des décorations géométriques. Chacun des deux battants est muni d’un gros anneau en métal appliqué sur des plaques en bronze ciselé et servant de marteau ou heurtoir;
8o Au-dessus de chaque porte s’ouvre une fenêtre garnie de barres de fer en carreau et souvent ornée extérieurement d’un grillage en bois reproduisant la forme décorative d’un soleil;
9o Les fenêtres sont munies de cafesses (espèces de grillages en petits carreaux formés par de minces baguettes de bois qui empêchent d’être vu de l’extérieur); plusieurs de ces fenêtres possèdent des cafesses en forme de corbeilles proéminentes dans lesquelles les femmes peuvent se pencher pour apercevoir les deux extrémités de la rue sans être aperçues de dehors;
10o Des plantes grimpent parfois sur les balcons et les terrasses munies de cafesses;
11o Souvent, sous les toits saillants des maisons ainsi que sur les façades des édifices publics en pierre, sont disposées de minuscules maisonnettes avec des colonnes, des portes et des fenêtres. Ces habitations qui servent de nids en miniature sont, par un joli sentiment, destinées aux petits oiseaux qui y viennent faire leurs nids avec le plus grand plaisir.

Magasin du XVIIIe siècle. [↔]
BIOGRAPHIE DE KODJA SINAN
Sinan n’était pas Autrichien, comme le prétendent plusieurs auteurs européens. Dans un manuscrit écrit par Sa-ï, un poète du temps, qui porte le nom de «Tezqueret-ul-bunyani-Mimar-Sinan» et qui renferme la liste des édifices construits par l’architecte Sinan, on apprend qu’il est né à Césarée, ancienne ville de la Cappadoce, fils d’un Grec nommé Christo, en l’année 895 de l’Hégire.
Sous le règne de Sélim, on prenait des enfants grecs pour le service de l’armée, sous le nom de devchirmé. Ceux-ci, après avoir reçu une éducation primaire, entraient dans le fameux corps des janissaires. Sinan était entré dans ce corps à vingt-trois ans comme adjemi-oglani (apprenti).
Comme les adjemis devaient étudier un métier, Sinan avait choisi l’architecture. Après quelques années, il devint janissaire. Excellent soldat, il montra beaucoup de bravoure pendant les guerres de Rhodes et de Belgrade. Pour récompenser ses services, le Sultan le promut au rang de Zenberekdji Bachi. Sinan, sans qu’il devinât que l’architecture lui devait assurer un avenir si brillant, attendait sa gloire du militarisme. Mais pendant la campagne de Van, les troupes ayant besoin de bateaux pour traverser le lac, Sinan construisit plusieurs galères qui furent d’une grande utilité.
Le grand vizir, enchanté des services de Sinan, le nomma chef des troupes qui étaient à bord de ses bateaux. Sinan, après avoir armé son équipage, passa pendant la nuit à la rive de l’ennemi et fit plusieurs prisonniers. Ce service fut la cause de sa promotion au grade de Sou bachi.
Pendant la campagne de Bogdan, le sultan Sélim lui avait confié la construction d’un pont que les ingénieurs ne pouvaient pas faire à cause du terrain marécageux. Sinan parvint à faire ce pont que franchirent les armées. Depuis lors, Sinan fut nommé le premier architecte. Il débuta par la grande mosquée de Sélim. Sous les règnes des quatre autres Sultans, il construisit 81 mosquées, 51 mesdjid (chapelles), 26 darulkoura (bibliothèques), 17 imarets, 2 salpêtrières, 7 aqueducs, 8 grands ponts, 18 karavansérails, 6 citernes, 33 palais, 35 bains, 17 sépultures, des fontaines et d’autres constructions civiles et religieuses.
Il a vécu plus de cent dix ans. Sous les règnes de Sélim Ier, de Suléiman le Législateur, de Sélim II et de Mourad III, il fut appelé Kodja Sinan pour être distingué d’un autre Sinan, un de ses élèves. Pendant toute sa vie, il a reçu à titre de pension la solde de Hasseki du corps des janissaires. On peut voir aujourd’hui le turban de Hasseki sur le cippe en marbre blanc de son tombeau, lequel est surmonté d’une coupole composée de quatre grands blocs de pierre reposant sur quatre colonnes. Il repose près de son chef-d’œuvre, la mosquée Suléïmanié, en face du Cheihuslamat, au coin de deux rues. Sur sa pierre tombale on lit ces lignes:
«O celui qui séjourne quelques jours dans ce palais d’ici-bas. Pour l’homme, ce domaine terrestre n’est pas un lieu de paix. Cet homme d’élite que fut l’architecte de Suléiman Khan et qui a construit une mosquée à l’image du paradis, par ordre du Sultan travailla pour les conduits d’eau. Il fut Hizir[88] et fit couler sur le monde l’Abi-Hayat. L’arc qu’il a construit au pont de Tchek-médjé fut l’image de la voie lactée.
«Il bâtit plus de quatre cents mesdjid toutes de splendides constructions. Cet habile architecte érigea sur quatre-vingts places des mosquées et mourut après avoir vécu plus de cent ans.
«Que Dieu Tout-Puissant transforme sa demeure éternelle en un jardin élyséen. Son prieur (Sa-ï) a dit la date de sa mort. Il partit du monde, le vieil architecte Sinan. Que jeunes et vieux prient pour son âme.
«La Fatiha (premier chapitre du Coran).»
TABLE DES MONUMENTS CONSTRUITS PAR KODJA SINAN[89]
Mosquée du Sultan Suléïman.
Mosquée du Chahzadé (prince) Mehmed.
Mosquée de la sultane Haseki, à Avrat Bazar.
Mosquée de la sultane Mihrumah, à la porte d’Andrinople.
Mosquée de la mère d’Osman Chah, près d’Ak-Séraï.
Mosquée de la princesse, fille du sultan Bayazid, près de Yéni-Baghtché.
Mosquée d’Ahmed Pacha, à Top-Kapou.
Mosquée de Rustem Pacha, à Taht-Ulkala.
Mosquée de Mehmed Pacha, à Cadirga Liman.
Mosquée d’Ibrahim Pacha, à Silivri Capoussou.
Mosquée de Bali Pacha, à Houssrev Pacha.
Mosquée d’Abdurahman Tchélébi, à Molla Gurani.
Mosquée de Mahmoud Agha, à Akhour Capou.
Mosquée d’Oda Bachi, à Yéni Capou.
Mosquée de Hodja Khosrev, à Kodja Moustafa Pacha.
Mosquée de Hamami Hatoun, à Soulou Monastir.
Mosquée de Suleiman Tchélébi, à Uskublu Tchechmé.
Mosquée de Férah Kahia, à Balata.
Mosquée de Diragman Younous bey, à Balata.
Mosquée de Hourem Tchaouche, à Yéni Baghtché.
Mosquée de Sinan Agha, à Kadi Tchechméssi.
Mosquée d’Akhi Tchélébi, à Ismir Iskelessi.
Mosquée de Suléiman sou bachi, à Oun Kapan.
Mosquée de Zal Pacha, à Eyoub.
Mosquée de Chah Sultan, à Eyoub.
Mosquée de Nichandji Pacha, à Eyoub.
Mosquée d’Emir Bouhari, à Edirné Capou.
Mosquée de Merkez Effendi, à Yéni Capou.
Mosquée de Tchaouch Bachi, à Sutludjé.
Mosquée de Husséin Tchélébi, à Kirémidlik.
Mosquée de Kassim Pacha, à Tersané.
Mosquée de Mehmed Pacha, à Azablar.
Mosquée de Kilidj Ali Pacha, à Tophané.
Mosquée de Mouhiddine Tchélébi, à Tophané.
Mosquée de Mollah Tchélébi, à Tophané.
Mosquée d’Ebulfadl, à Tophané.
Mosquée de Chahzadé Djihanghir, à Tophané.
Mosquée de Sinan Pacha, à Bechiktache.
Mosquée de Sultan Djamissi, à Scutari.
Mosquée de Chemsi Pacha, à Scutari.
Mosquée de Skender Pacha, à Kanlidja.
Mosquée de Moustapha Pacha, à Guebzé.
Mosquée de Pertev Pacha, à Ismidt.
Mosquée de Rustem Pacha, à Sapandja.
Mosquée de Rustem Pacha, à Samanli.
Mosquée de Moustapha Pacha, à Bolou.
Mosquée de Ferhad Pacha, à Bolou.
Mosquée de Mehmed bey, à Ismidt.
Mosquée d’Osman Pacha, à Caïsseri.
Mosquée de Hadji Pacha, à Caïsseri.
Mosquée de Djenabi Ahmed Pacha, à Angora.
Mosquée de Moustapha Pacha, à Erzéroum.
Mosquée du Sultan Alla-ud-dine, à Tchoroum.
Mosquée d’Abdusselam, à Ismidt.
Mosquée du Sultan Suleiman, à Isnik (ancienne église byzantine brûlée).
Mosquée de Khosrev Pacha, à Alep.
Les coupoles de Harem chérif, à La Mecque.
Mosquée du Sultan Murad, à Magnésie.
Mosquée d’Orkhan Gazi, à Kutahia.
Mosquée Rustem Pacha, à Bolvadine.
Mosquée Husséin Pacha, à Kutahia.
Mosquée Sélim, à Karapinar.
Mosquée Sultan Suléiman, à Damas.
Mosquée Sultan Selim, à Andrinople.
Mosquée Mahmoud Pacha, à Tachlik (Andrinople).
Mosquée Defterdar Moustapha Pacha, à Andrinople.
Mosquée Ali Pacha, à Baba Eski.
Mosquée Mehmed Pacha, à Hofasa.
Mosquée Mehmed Pacha, à Bourgas.
Mosquée d’Ali Pacha, à Erégli (Héraclé).
Mosquée Bosnali Mehmed Pacha, à Sophia.
Mosquée Sofi Mehmed Pacha, à Hersek.
Mosquée Ferhad Pacha, à Tchataldja.
Mosquée Maktoul (tué) Moustapha Pacha Djamii, à Boudine.
Mosquée Firdevs Bey, à Astaria.
Mosquée Mémi Kiahya Oulachlou.
Mosquée Tatar Han, à Geuzleuvé.
Mosquée Rustem Pacha, à Roustchouk.
Mosquée Vézir Osman Pacha, à Trikala.
Mosquée Haseki Sultane, à Andrinople.
Mosquée Sultane Validé, à Scutari.
Pl. 50.

Vieux Sérail.
—Cheminée, porte, fontaine d’ablutions et faïences.
[↔]
MESDJIDS (Chapelles).
Mesdjid de Rustem Pacha, à Yéni Baghtché.
Mesdjid d’Ibrahim Pacha, à la porte d’Isa.
Mesdjid du Tchivizadé, à Top Capou.
Mesdjid d’Emir Ali, à Gumrukhané.
Mesdjid construit à son nom, à Yéni Baghtché.
Mesdjid d’Avdji Bachi, à Gumrukhané.
Mesdjid de Chérif Zadé Effendi.
Mesdjid de Defterdar Mehmed Tchélébi.
Mesdjid de Hafiz Moustapha, à Yéni Baghtché.
Mesdjid de Simkech Bachi, à Bazar de Lutfi Pacha.
Mesdjid de Hodjegui Zadé.
Mesdjid de Tchaouch, à la porte de Silivri.
Mesdjid de la fille du Tchivi Zadé, à Davoud Pacha.
Mesdjid de Takiédji Ahmed, à Silivri Capou.
Mesdjid de Sari Hadji Nassouh.
Mesdjid d’Elhadj Awz.
Mesdjid d’Elhadj Hamza.
Mesdjid de Tok Hadji Hassan.
Mesdjid d’Ibrahim Pacha, à Koum Capou.
Mesdjid de Baïram Tchélébi, à Vlanga.
Mesdjid de Cheïk Ferhad.
Mesdjid de Kurkdji Bachi, hors du Koum Capou.
Mesdjid de Kemhadjilar.
Mesdjid de Kouyoumdjilar.
Mesdjid de Hersek bodroumou (près d’Aya Sofia).
Mesdjid de Yaya Bachi, Fener Capou.
Mesdjid d’Abdi Soubachi, à Sultan Sélim.
Mesdjid de Hadji Iliasse, à Ali Pacha Hamam.
Mesdjid de Husséin Tchélébi, à Sultan Sélim.
Mesdjid de Douhani Zadé, à Kodja Moustapha Pacha.
Mesdjid de Kadi Zadé, à Tchoukour Hamam.
Mesdjid de Mufti Hamid Effendi, à Azablar.
Mesdjid de Tufek Hané, à Hissar.
Mesdjid de Saraï Aghassi, à Edirné Capou.
Mesdjid de Deukmedji Bachi, à Eyoub.
Mesdjid d’Arpadji Bachi, à Eyoub.
Mesdjid de Hekim Kaïssouni Zadé, à Sutlidjé.
Mesdjid de Kardji Suleïman, à Eyoub.
Mesdjid de Kardji Suleïman, à Stamboul.
Mesdjid d’Ahmed Tchélébi, à Kiremitlik.
Mesdjid de Yaya Raya, à Kassim Pacha.
Mesdjid de Chéhr-Emini Hassan Tchélébi, à Kassim Pacha.
Mesdjid de Séhil Bey, à Tophané.
Mesdjid de Iliasse Zadé, à Top Kapou.
Mesdjid de Pazar Bachi Mémi Kahya, à Rassim Pacha.
Mesdjid de Mehmed Pacha, à Buyuk Tchekmédjé.
Mesdjid de Hadji Pacha, à Scutari.
Mesdjid de Saradj Hané, à Hasskeuy.
Mesdjid de Sarraf, hors de Top Kapou.
Mesdjid de Rouznamédji Abdi Tchélébi, à Soulou Monastir.
MEDRÉSSÉS (Écoles).
Sultan Suléiman, à La Mecque.
Sultan Suléiman, à Stamboul.
Sultan Sélim Ier, à Halidjilar.
Sultan Sélim II, à Andrinople.
Sultan Sélim Han, à Tchorlou.
Chehzadé Sultan Mehmed, à Stamboul.
Hasséki Sultan Mehmed, à Avret-Bazar.
Hasséki Sultan Kaarié, à Sultan Sélim.
Validé Sultan, à Scutari.
Mihr i Mah Sultane, à Scutari.
Mihr i Mah Sultane, à Edirné Kapou.
Mehmed Pacha, à Kadirga Liman.
Mehmed Pacha, à Eyoub.
Osman Chah Validéssi, à Ak-Séraï.
Rustem Pacha, à Stamboul.
Ali Pacha, à Stamboul.
Maktoul Mehmed Pacha, à Top Kapou.
Sofou Mehmed Pacha, à Stamboul.
Ibrahim Pacha, à Stamboul.
Sinan Pacha, à Stamboul.
Iskender Pacha, à Stamboul.
Ali Pacha, à Baba Eski.
Missirli Moustapha Pacha, à Guebzé.
Ahmed Pacha, à Ismidt.
Kassim Pacha.
Ibrahim Pacha, à Stamboul près d’Issa Capou.
Chemssi Pacha, à Scutari.
Djafer Agha, à Stamboul.
Capou aghassi Mahmoud agha, à Stamboul.
Maaloul Emir Effendi, à Stamboul.
Umm-ul-Veled, à Stamboul.
Avdji Bachi, à Stamboul.
Mufti Hamid Effendi, à Stamboul.
Firouz agha, à Stamboul.
Hadjéki Zadé, à Sultan Mehmed.
Agha Zadé, à Sultan Mehmed.
Yahya Effendi, à Sultan Mehmed.
Abdusselam, à Sultan Mehmed.
Toudi Kadi, à Sultan Mehmed.
Hekim Mehmed Tchélébi, à Sultan Mehmed.
Husséin Tchélébi, à Sultan Mehmed.
Emin Sinan Effendi, à Sultan Mehmed.
Chah Koulou, à Sultan Mehmed.
Younouss Bey, à Diragman.
Kardji Suléiman Bey, à Stamboul.
Hadji khatoun, à Stamboul.
Cherif Zadé, à Stamboul.
Kadi Hekim Tchélébi, à Karaman.
Baba Tchélébi, à Stamboul.
Kermassi.
Sekban Ali bey, à Kumruk Hané.
Nichandji Mehmed Bey, à Alti Mermer.
Bedestan Kahyassi Husséin Tchélébi, à Stamboul.
Gulfem Hatoum, à Scutari.
Houssrev Kahya, à Angora.
DARULKOURA (Bibliothèques).
Sultan Suléïman, à Stamboul.
Validé Sultan, à Scutari.
Houssrev Kahya, à Stamboul.
Mehmed Pacha, à Eyoub.
Mufti Saïd Tchélébi, à Kutchuk Karaman.
Bossnali Mehmed Pacha, à Stamboul.
Kadi Zadé, à Stamboul.
TURBÉ (Tombeaux).
Sultan Suléïman Han.
Sultan Sélim Han.
Chehzadé Mehmed Han.
Chehzadéler, à Sultan Sélim.
Rustem Pacha, à Chehzadé Bachi.
Houssrev Pacha.
Ahmed Pacha, à Top Capou.
Mehmed Pacha, à Eyoub.
Des fils de Siavèche Pacha, à Eyoub.
Zal Pacha.
Haïreddin Barbarosse, à Bechiktache.
Yahya Effendi, à Bechiktache.
Arab Ahmed Bey, à Bechiktache.
Kilidj Ali Pacha, à Tophané.
Pertev Pacha, à Eyoub.
Chah Houban Kadine, à Yéni Baghtché.
Ahmed Pacha, à Edirné Kapou.
Hadji Pacha, à Scutari.
Chemsi Pacha, à Scutari.
IMARETS (Cantines).
Sultan Suléïman, à Stamboul.
Hasséki, à La Mecque.
Chéhzadé Sultan Suléiman, à Stamboul.
Sultan Sélim, à Karapinar.
Sultan Suléiman, à Tchorlou.
Mihr i Mah Sultane, à Scutari.
Validé Sultane, à Scutari.
Sultan Mourad, à Manissa.
Rustem Pacha, à Roustchouk.
Rustem Pacha, à Sabandja.
Mehmed Pacha, à Bourgas.
Mehmed Pacha, à Hafssa.
Moustapha Pacha, à Ghebzé.
Mehmed Pacha, à Bossna.
Pl. 51.

Vieux Sérail.
—Tchinili Kiosque.
[↔]
Vieux Sérail.—Terrasse et pavillon aux faïences. [↔]

HOPITAUX
Sultan Suléiman.
Hasséki Sultane.
Validé Sultane, à Scutari.
AQUEDUCS
Dérbend Kéméri.
Ouzoun Kemer.
Mouallak Kemer.
Keurundjé Kemeri.
Muderiss Keuy Kemeri.
PONTS
Le pont de Buyuk Tchekmédjé.
Le pont de Silivri.
Le pont de Moustapha Pacha sur Méritch.
Le pont de Mehmed Pacha, à Marmara.
Le pont de Oda Bachi, à Halkali.
Le pont de Kapou aghassi, à Harami déré.
Le pont de Mehmed Pacha, à Sinanli.
Le pont de Grand Vizir Mehmed Pacha, à Vichgrad (Bosnie).
KARVAN-SÉRAÏ (Hôtelleries).
Karvan Séraï de Sultan Suléïman.
Karvan Séraï de Sultan, à Tchékmédjé.
Karvan Séraï de Rustem Pacha, à Tekvourdaghi.
Karvan Séraï de Rustem Pacha, à Bat Pazari.
Karvan Séraï de Rustem Pacha, à Galata.
Karvan Séraï de Ali Pacha, à Bat Pazari.
Karvan Séraï de Pertev Pacha, à Vefa.
Karvan Séraï de Moustapha Pacha, à Alghin.
Karvan Séraï de Rustem Pacha, à Ak Biik.
Karvan Séraï de Rustem Pacha, à Samanli.
Karvan Séraï de Rustem Pacha, à Sabandja
Karvan Séraï de Rustem Pacha, à Karaman.
Karvan Séraï de Rustem Pacha, à Karichdiran.
Karvan Séraï de Houssrev Kahia, à Ipssalé.
Karvan Séraï de Mehmed Pacha, à Bourgas.
Karvan Séraï de Rustem Pacha, à Andrinople.
Karvan Séraï de Ali Pacha, à Andrinople.
PALAIS
Palais de Vieux Sérail.
Palais de Nouveau Sérail.
Palais de Usskudar.
Palais de Galata.
Palais de At Méïdani.
Palais de Yéni Capou.
Palais de Kandilli.
Palais de Fener Baghtché.
Palais de Iskender Tchélébi Bahdjéssi.
Palais de Halkali.
Palais de Rustem Pacha, à Kadirga.
Palais de Mehmed Pacha, à Sainte-Sophie.
Palais de Mehmed Pacha, à Scutari.
Palais de Rustem Pacha, à Scutari.
Palais de Siavèche Pacha, à Scutari.
Palais de Siavèche Pacha, à Scutari.
Palais de Siavèche Pacha, à Stamboul.
Palais de Ali Pacha, à Stamboul.
Palais de Ahmed Pacha, à At Méidani.
Palais de Ferhad Pacha, à Sultan Bayazid.
Palais de Pertev Pacha, à Véfa.
Palais de Sinan Pacha, à At Méidani.
Palais de Sofou Mehmed Pacha, à Hodja Pacha.
Palais de Mahmoud Agha, à Yéni Baghtché.
Palais de Mehmed Pacha, à Halkali.
Palais du Chah Houban Kadine, à Kassim Pacha.
Palais du Pertev Pacha, à Tachra.
Palais de Ahmed Pacha, à Tachra.
Palais de Ali Pacha, à Eyoub.
Palais de Ali Pacha, à Eyoub.
Palais de Mehmed Pacha, à Rustem Pacha tchiflik.
Palais de Mehmed Pacha, à Bosnie.
Palais de Rustem Pacha, à Isskender tchiflick.
DÉPOTS
Dépôts à Galata.
Dépôts à Terssané-i-Amiré (arsenal).
Dépôts à Saraï.
Dépôts à Hass Baghtché.
Dépôts à Saraï.
Dépôts à Oun Kapani.
BAINS
1, 2, 3. Bains du Palais Impérial par ordre du Sultan Suléiman.
4. Bains de Sultan Suléiman, à Stamboul.
5. Bains de Sultan Suléiman, à Kéfé.
6. Bains du Palais d’Usskudar.
7. Bains de Hasseki Sultane, à Sainte-Sophie.
8. Bains de Hasseki Sultane, à Yahoudiler.
9. Bains de Validé Sultan, à Usskudar.
10. Bains de Sultan, à Karapinar.
11. Bains de Validé Sultane, à Djibali.
12. Bains de Mihr-i-Mah Sultanne, à Edirné-Capou.
13. Bains de Loutfi Pacha, à Edirné-Capou.
14. Bains de Mehmed Pacha, à Galata.
15. Bains de Mehmed Pacha, à Andrinople.
16. Bains de Kodja Moustapha Pacha, à Yéni Baghtché.
17. Bains de Ibrahim Pacha, à Silivri Capou.
18. Bains de Capou aghassi, à Soulou Monastir.
19. Bains de Sinan Pacha, à Bechiktache.
20. Bains de Molla Tchélébi, à Findikli.
21. Bains de Kapoudan Ali Pacha, à Tophané.
22. Bains de Kapoudan Ali Pacha, à Fener Capou.
23. Bains de Mufti Ali Pacha, à Madjoundji Tcharchissi.
24. Bains de Mehmed Pacha, à Hafssa.
25. Bains de Merkez Effendi, à Yéni Capou.
26. Bains de Nichandji Pacha, à Eyoub.
27. Bains de Houssrev Kahia, à Ortakeuy.
28. Bains de Ismidt, à Ortakeuy.
29. Bains de Tchataldja, à Ortakeuy.
30. Bains de Rustem Pacha, à Sabandja.
31. Bains de Husséin Bey, à Kaïsseri.
32. Bains de Sari Kuzel, à Stamboul.
33. Bains de Haïreddin Pacha, à Zéirek.
34. Bains de Haïreddin Pacha, à Kumruk Hané.
35. Bains de Yacoub Agha, à Tophané.
Pl. 52.

Vieux Sérail.
—(Au fond la porte de la salle du Trône.)
[↔]
Vieux Sérail.—Cour du Harem. [↔]

BIOGRAPHIE DE MEHMED AGA
Mehmed agha, fils d’Abdul Mouïn et architecte du sultan Ahmed Ier, qui a construit quantités de mosquées et d’autres monuments, des chapelles, des ponts, des turbés, et plus de cent fontaines, jouissait d’une grande réputation. Un de ses amis, Djaffer effendi, lui a consacré, ainsi qu’il était d’usage alors, une biographie intéressante comprenant aussi un aperçu de ses œuvres (Ménakibnamé). Nous empruntons à ce travail, dont nous avons eu le manuscrit sous les yeux, les détails suivants.
Mehmed agha, originaire de Roumélie (Turquie d’Europe), arriva à Constantinople en l’an 970, vers la fin du règne de Suléïman et fut enrôlé dans le corps des janissaires comme adjemi-oglan (apprenti). Cinq ans plus tard, il était nommé gardien dans le jardin du tombeau de Suléïman. Sa destinée le portait plutôt, semblait-il, vers la musique que vers l’architecture où il devait s’illustrer. Mais un rêve qu’il fit un soir le détourna de sa vocation. Il en avait demandé l’explication à un vieux et vénérable chéikh, qui lui recommanda d’abandonner la musique comme un péché. C’est alors qu’il brisa tous ses instruments, résigné à chercher ailleurs l’application de ses facultés intellectuelles et de ses goûts artistiques. Il se tourna vers l’architecture, après avoir consulté le même vieillard qu’autrefois, lequel, cette fois, lui représenta cette carrière comme vraiment digne de lui, puisqu’il s’agissait de contribuer à une œuvre publique et saine, telle que l’édification de forts, fontaines et mosquées. Mehmed agha entra alors dans les ateliers du palais où il s’adonna à l’étude de l’architecture et du travail sur nacre (977).
A cette époque, Kodja Sinan vivait encore. Il visitait fréquemment ces ateliers et eut l’occasion d’admirer le talent de Mehmed agha. Il l’encouragea et l’engagea à préparer une œuvre pour être présentée au sultan Murad III. Mehmed agha se mit au travail et fit un pupitre finement ouvragé, que Ahmed pacha, porte-armes de Sa Majesté, se chargea de présenter au Souverain. Celui-ci en récompense lui décerna le titre de Bévab (portier du Palais) (998).
De retour à Constantinople, après un voyage qu’il fit en Égypte et en Roumélie pour inspecter les frontières, il fabriqua un carquois qu’il présenta à Sa Majesté. Ce nouveau travail lui valut une nouvelle distinction. Le Sultan le nomma Mouhsir-bachi (chef-procureur) près du juge de Stamboul; lorsque Hussrev pacha fut nommé beylerbey de Diarbékir, Mehmed agha fut envoyé en qualité de Mussellim (transmetteur de pouvoirs). A son retour, il occupa les fonctions de Capou-Kéhia de ce pacha, jusqu’à l’époque où Hussrev pacha fut nommé au gouvernement de Damas; Mehmed agha l’y accompagna et fut chargé de l’administration du Hauran. Des bandes de brigands infestaient alors le pays et attaquaient la caravane sacrée. Mehmed agha réussit à les anéantir. Ce succès indisposa à son égard Hussrev pacha, dont la jalousie croissante obligea Mehmed agha à retourner à Constantinople. Il y rentra et fut en 1006 nommé administrateur des eaux, poste qu’il conserva pendant huit ans.
A la mort de Mimar Sinan, Davoud agha devint architecte du sultan; Ahmed agha surnommé Dalguitch, camarade de Mehmed agha, succéda à celui-ci. Et à la mort d’Ahmed agha, ce fut Mehmed agha qui fut élevé au poste d’architecte en chef du Sultan, en l’an 1015 de l’Hégire, mercredi VIIIe jour de Djemazi-el-akir.
Outre les nombreux édifices et mosquées qui attestent sa puissance de travail, Mehmed agha a eu l’honneur d’être envoyé à La Mecque afin d’y réparer la Kaaba.
Cet artiste fut un homme pieux, fidèle à tous les préceptes de la religion, et charitable à ce point qu’il destinait aux pauvres tous les bénéfices qu’il retirait de ses travaux.
D’après Hadikatul-Djevami, sa maison se trouvait en face de la mosquée construite par lui-même sur l’emplacement du Mesdjid de Zeïni effendi, Mesdjid qui fut brûlé pendant l’incendie de Djibali.
Pl. 53.

Vieux Sérail.—Balcons à encorbellement. [↔] Vieux Sérail.—Intérieur de Bagdad Kiosque. [↔]
MONUMENTS DE L’ÉPOQUE BYZANTINE[90]
DATES ET NOMS CHRONOLOGIE DES MONUMENTS
658 av. J.-C. Byzas. Les murs de l’ancienne petite ville de Byzance. Statue de Byzas. Acropole. L’arène. Le milium (portes triomphales).
490 av. J.-C. Darius.
479 av. J.-C. Pausanias.
330 ap. J.-C. Constantin le Grand (306-337 J.-C.). L’Augustéon. Colonne de Constantin. Homona (monastère de Pantéleïmon). Les premiers murs de la ville, la basilique de Sainte-Sophie, l’église de Sainte-Irène (qui fut ensuite brûlée pendant la révolution de Nika), le Sénat, l’hippodrome.
361-63. Julien l’Apostat.
363-64. Jovien.
364-78. Valentinien Ier et Valens. Aqueduc de Valens.
394-95. Théodose le Grand. L’Obélisque de Théodose. Destruction des temples païens. Forum Tauri. Pentapyrgion (5 tours). Église de Saint-Théodore Tyron.
Maison de Thrace (395-518):
395-408. Arcadius. Thermes d’Arcadius. Forum d’Arcadius. Colonne d’Arcadius surmontée de sa statue.
408-50. Théodose II. Agrandissement de la ville. Les murs théodosiens ou d’Anthémius (appelés ainsi du nom du ministre qui les a construits) (413). On a rebâti les murs détruits par un tremblement de terre (447).
450-57. Marcien. Colonne Marcienne. Église de la Sainte-Vierge des Blaquernes, bâtie par Pulchérie, épouse de l’Empereur.
457-74. Léon Ier. Le patricien Stoudios fit construire l’église du couvent Saint-Jean de Stoudios. Citerne de Mocius ou d’Aspar, construite par Aspar, chef de la milice gothique, pour alimenter les Goths cantonnés hors les murs. Saint-Pierre et Saint-Marc.
474. Léon II le Jeune.
474-91. Zénon. La tour du Christ (tour de Galata).
491-518. Anastase Ier. Palais des Blaquernes.
Maison Justinienne (518-610):
518-27. Justin Ier.
527-65. Justinien Ier. Sainte-Sophie (532-537). Saints-Serge et Bacchus (Kutschuk aya Sofia). L’église des Douze-Apôtres. La «Chora» (Kahrié Djami). L’église de Sainte-Thecla. Sainte-Irène. Cisterna Basilica (Yerebatan serai). Cisterna Philoxeni (Bin. bir. direk).
565-78. Justin II. Construction du Chrysotriclinium dans le grand palais.
578-82. Tibère Constantin.
582-602. Maurice. Église de la Diaconissa. (Kalender-Djami.)
*602-10. Phocas.
610-41. Héraclius. Murs d’Héraclius qui relièrent le château des Blaquernes avec les murs théodosiens.
641. Héraclius II ou Constantin III.
641. Héracleonas Constantin IV.
*641-68. Constant II.
*668-85. Constantin III (ou V[91]) (Pogonat ou Barbu). Construction de la première mosquée par les Arabes (Arab Djamissi) à Galata.
685-94. Justinien II. Construction de l’église de l’Archange Michel, près du port Julien.
*694-705. Tibère III.
705-11. Justinien II.
711-13. Philippicus.
713-15. Anastase II.
715-17. Théodose III. L’église actuelle des dominicains, à Galata.
Dynastie Isaurienne (717-867):
717-41. Léon III l’Isaurien. Pentapyrgion Aïvan Séraï (740). Un tremblement de terre renversa la statue d’Arcadius, qui se trouvait sur la colonne portant le même nom.
*741-75. Constantin IV ou VI Copronyme.
775-80. Léon IV le Khazar.
*780-97. Constantin V ou VII.
780-802. Irène.
802-11. Nicéphore Ier (dit le Logothète).
811-13. Michel Ier Rangabé dit Curopalate.
813-20. Léon V l’Arménien.
820-29. Michel II le Bègue.
829-42. Théophile. Réparation des murailles de Constantinople. Constructions au palais.
842-67. Michel III l’Ivrogne. Fondation de l’Académie dans la Magnaura.
Dynastie Macédonienne (867-1057):
867-86. Basile Ier. La Nouvelle église. Le Cenourgion.
*868-78. Constantin VI ou VIII.
886-912. Léon VI le Sage ou le Philosophe. L’église de la Théotokos.
912-59. Constantin VII Porphyrogénète. Palais de Constantin ou Tekfour séraï. Colonne murée.
920-944. Romain Ier Lécapène.
920-45. Constantin VIII ou X.
959-63. Romain II.
963-69. Nicéphore II Phocas. Port et palais du Boucoléon.
*969-75. Jean Zimiscès.
975-1025. Basile II Bulgaroctone.
*975-1028. Constantin IX ou XI.
1028-34. Romain III dit Argyre. Rénovation de l’église de Sainte-Marie des Blaquernes et de Sainte-Sophie. Église de la Peribleptos.
1034-41. Michel IX.
1041-42. Michel V Calafate.
1042-54. Constantin X ou XII. Le couvent Saint-Georges de Manganes.
1054-56. Théodora.
1056-57. Michel Stratiotique.
1057-59. Isaac Comnène.
1059-67. Constantin XI ou XIII Ducas.
1067-68 1071-78 Michel VII le Parapinace. Église Pammakaristos.
1068-71. Romain IV.
1078-81. Nicéphore III Botoniate.
Dynastie des Comnènes:
1081-1118. Alexis Ier. La foudre ayant renversé la statue qui se trouvait sur la colonne de Constantin, avec les tambours supérieurs, l’Empereur la répara et fit mettre un nouveau chapiteau corinthien avec des inscriptions et une croix en or. Reconstruction de l’église de Chora, par Marie Ducas, la belle-mère de l’Empereur.
*1118-43. Jean II Comnène. L’église du Pantokrator (1125), bâtie par Irène, épouse de l’Empereur.
*1143-80. Manuel. Agrandissement du palais des Blaquernes qui fut adopté comme résidence impériale.
1180-83. Alexis II Comnène.
1183-85. Andronic Comnène.
*1185-95 1203-04 Isaac L’Ange.
*1195-203. Alexis III.
1203-04. Alexis le Jeune.
1204. Alexis Ducas.
L’Empire latin de Constantinople (1204-1261):
1204-06. Baudouin Ier.
*1206-16. Henri de Hainaut.
*1216-18. Pierre de Courtenay.
*1218-28. Robert.
*1228-31, 1231-37. Jean de Brienne.
*1237-61. Baudouin II.
Empereurs grecs à Nicée:
1204-222. Théodore Lascaris.
1222-254. Jean III Vatazès.
1254-259. Théodore II Lascaris.
Dynastie des Paléologues et des Cantacuzènes (1261-1453):
*1261-82. Michel Paléologue. Les nouveaux murs des Blaquernes. Église de Kyra Martha bâtie par l’impératrice Maria Ducas, sœur de l’Empereur.
*1282-1328. Andronic II Paléologue. Restauration de l’église de Chora et renouvellement de ses mosaïques, par Théodore Métochite, ministre d’Andronic II. Restauration de Christo-Camera.
*1328-41. Andronic III Paléologue.
*1341-91. Jean V[92]. Église des Blaquernes détruite par le feu.
*1341-55. Jean VI Cantacuzène.
*1355-56. Mathieu Cantacuzène.
*1376-79. Andronic IV P.
*1391-1425. Manuel II P.
1399-1402. Jean VII Paléologue.
*1425-48. Jean VIII Paléologue.
*1448-53. Constantin XII ou XIV Dracosès.
Pl. 54.

Vieux Sérail.
—Intérieur.
[↔]

Intérieur d’une maison turque du
XVII
e
siècle
(D’après un dessin de l’auteur.) [↔]
MONUMENTS MUSULMANS CONTEMPORAINS DE L’ÉPOQUE BYZANTINE
HÉGIRE ÈRE CHRÉTIENNE
» 608 Reconstruction de la Kaaba (Arabie).
21 642 Fondation de la mosquée d’Amrou (Caire).
23 643 Mosquée d’Omar, à Jérusalem.
49 669 Mosquée El Aksa, à Jérusalem.
84 703 Reconstruction de la mosquée Kairouan (Tunisie).
132 750 Califat de Cordoue (Espagne).
137 755 Tombes, à Reï (Perse).
142 760 Fondation de la Mesdjid Djouma, à Ispahan (Perse).
174 790 Palais de Rakka (Mésopotamie).
261 875 Mosquée Djouma de Chiraz (Perse).
264 878 Mosquée Touloun (Caire).
361 971 Mosquée El-Azhar (Caire).
408 1017 Fondation de la grande mosquée d’Ardebil.
471 1079 Agrandissement de la grande mosquée d’Ispahan, par Malik Chah.
525 1132 Chapelle palatine, à Palerme.
555 1160 Palais des Seldjoucides, à Konia (Asie M.).
567 1171 Tombeau de l’imam Chafiï (Caire).
587 1191 Grande mosquée de Mossoul (Mésopotamie).
596 1199 L’Alcazar de Séville (Espagne).
607 1160 Tombeaux de Kilidj-Arslan et de Kaï-Khosrou Ier (Asie M.).
613 1216 Tach-Medressé, à Ak-Chehir (Asie M.).
617 1220 Mosquée d’Ala-ed-din, à Konia (Asie M.).
627 1229 Caravansérail de sultan Khan, près de Konia (Asie M.).
628 1230 Fondation de l’Alhambra (Espagne).
640 1242 Sirtchéli-medressé, à Konia (Asie M.).
648 1250 Achèvement de Tach-medressé, à Ak-Chéhir (Asie M.).
649 1251 Karataï-medressé et Indjé-minareli medressé, à Konia (Asie M.).
659 1261 Turbé de Sahib-Ata, à Konia (Asie M.).
669 1270 Tchifté-minaré, Gueuk-medressé, à Sivas (Asie M.).
672 1273 Mosquée de Djelal-ed-din à Konia (Asie M.).
693 1294 Mosquée de Ghazan Khan, à Tauris (Perse).
704 1304 Mosquée d’Oldjaïtou, à Sultanieh (Perse).
725 1325 Conquête de Brousse, par les Ottomans.
755 1354 Tombeau d’Orkhan, à Brousse (Ottom.). (Asie M.).
755 1354 La cour des Lions, la salle des Ambassadeurs de l’Alhambra, à Grenade (Espagne).
757 1356 Mosquée du sultan Hassan (Caire).
758 1357 Fondation d’Oulou-Djami, par Murad Ier, à Brousse.
768 1366 Mosquée d’In-Eunu (Asie Mineure) (Ottom.).
780 1378 Mosquée Verte construite par Murad Ier à Nicée (Ottom.) (Asie M.).
780 1378 Construction de la première mosquée turque à Constantinople.
786 1384 Mosquée de Barkouk (Caire).
791 1389 Bains de la sultane Niloufer, à Nicée (Ottom.) (Asie M.).
818 1415 Achèvement d’Oulou-Djami, par Mahomet Ier (Ottom.), Brousse. Yéchil Djami, à Brousse (terminée en 1424) (Ottom.).
818 1417 Mosquée El-Moyed (Caire).
823 1420 Tombeau de (Mehmed Ier). Turbé vert, à Brousse (Ottom.).
840 1436 Mosquée Kaït Bey (Caire).
855 1451 Construction du Château fort de Rouméli Hissar, par Mehmed II, sur la rive européenne du Bosphore.
Pl. 55.

Palais de Dolma Bagtché.
[↔]
Vue panoramique de la Mosquée Suleïmanié. [↔]

MONUMENTS DE L’ÉPOQUE OTTOMANE
DATES NOMS DES SULTANS MONUMENTS CÉLÈBRES
1440-1445 Mehmed II le Conquérant. Bezesten (Bazar). Mosquée de Fatih (867 H.), reconstruite sous Moustafa III.
1451-1481 — Mosquée d’Ibrahim Pacha. Mosquée de Mahmoud Pacha (868 H.). Mosquée de Mourad Pacha (870 H.). Mosquée de Nichandji Pacha (ancienne). Mosquée de Roum Mehmed Pacha (875 H.). Tchinili Kiosque (870 H.) restauré sous Murad III en (990 H.). Le palais de Top Kapou (vieux sérail).
1481-1512 Bayazid II Mosquée d’Atik Ali Pacha (902 H.). Mosquée de Vefa (881 H.). Mosquée de Bayazid.
1512-1520 Sélim Ier. Mosquée de Sélim.
1520-1566 Suleïman Ier le Législateur. Mosquée de Chahzadé (955 H.). Mosquée de Djihanguir (reconstruite en 1238 H.). Mosquée de Mihri Mah à Edirné Kapou. Mosquée de Rustem Pacha. Mosquée de Suleïmanié (964 H.).
1566-1573 Sélim II. Mosquée de Foundouklou (réparée en 1238 H.). Mosquée de Pialé Pacha (981 H.).
1573-1595 Murad III. Mosquée d’Azeb Kapou (985 H.). Mosquée de Nichandji Pacha (Djedid) (992 H.).
1595-1603 Mehmed III.
1603-1617 Ahmed Ier. Mosquée du sultan Ahmed.
1617-1618 Moustafa Ier.
1618-1622 Osman II.
1622-1640 Murad IV.
1640-1648 Ibrahim.
1648-1687 Mehmed IV. Mosquée de Djerrah Pacha (1082 H.). Mosquée de Yeni Djami (1074 H.).
1687-1691 Suleïman II.
1691-1695 Ahmed II.
1695-1702 Moustafa II. Mosquée de Yeni Djami de Galata.
1702-1730 Ahmed III. Fontaine d’Azeb Kapou. Fontaine d’Ahmed (ou d’Aya Sofia). Fontaine de Tophané reconstruite sous Mahmoud Ier. Mosquée de Kassim Pacha. Sa première construction est de l’époque de Suleïman II.
1730-1754 Mahmoud Ier. Mosquée de Nouri Osmanié (1169 H.).
1754-1757 Osman III.
1757-1773 Moustafa III. Mosquée de Laléli. Reconstruction de la mosquée de Fatih.
1773-1789 Abdul-Hamid Ier. Tombeau et Imarets.
1789-1807 Sélim III. Mosquée de Sélimié, à Scutari.
1807-1808 Moustafa IV.
1808-1839 Mahmoud II. Mosquée de Tophané ou Noussratié (1241 H.).
1839-1861 Abdul-Medjid. Tombeau de Mahmoud II. (1225 H.). Caserne de Medjidié. École militaire.
1861-1876 Abdul Aziz. Ministère de la Guerre. Mosquée de Validé, à Akséraï. Palais de Tchéragan.
1876-1876 Murad V.
1876-1909 Abdul-Hamid II. Defterhané. Dette publique. Reconstruction de la fontaine de Yeni Djami. Mosquée de Yildiz. École de Médecine de Haïdar Pacha. Réparation du grand Bazar.
1909 Mehmed V. Ministère des Postes et Télégraphes.
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Pl. 56.

Intérieur Turc à l’époque des Janissaires.
—Réception des étrangers.
(Gravure de A.-J. Duclos d’après les dessins de Moreau le Jeune.) [↔]
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