XXIX TRAIN DES MARIS
Reading edition
L'air au loin s'obscurcit d'un nuage safran. Dans son ombre s'avance, ainsi qu'un dieu d'Olympe, Le train des samedis où seul Saint-Joseph grimpe. Vague, un grand cliquetis de bois vient en courant. Comme un coup de canif aigre et perçant, ce merle De métal, le sifflet, a retenti, railleur, Puis sous le blond soleil brillent, hauts en couleur Jaune, les cuivres neufs que la vapeur emperle. Le coursier mugissant s'arrête enfin, fourbu. De «dame seule» point: des gens, menton barbu, Qui roulent quatre à quatre et se pendent, énormes, Au cou de leurs moitiés fidèles... Ce sont eux: Cannes à bec de corne et gibus haut de formes... Lors se prit à souffler un vent, terreur des bœufs.

FÉLICIEN ROPS
