Note (retour) — DE LORD BYRON. (continued 6)
Paulin Paris translation
Et cependant, dans ses amitiés elles-mêmes on peut voir jusqu'à un certain point les effets d'une imagination trop exaltée, qui le rendait insensible au contact de la froide réalité. On dit que Pétrarque, qui, sous ce rapport ainsi que sous beaucoup d'autres, peut être pris comme une personnification du poète, évitait à dessein de se trouver trop fréquemment avec ses plus intimes amis, de peur qu'avec la sensibilité scrupuleuse qui lui était personnelle, il n'arrivât quelque chose qui le refroidît à leur égard 136. Bien que Byron fût naturellement d'un caractère trop bon et trop social pour songer seulement à une pareille précaution, c'est cependant un fait à l'appui du principe d'après lequel agissait Pétrarque, que, parmi les amis de son enfance ou de son âge mûr, ceux avec lesquels il avait le moins vécu étaient ceux dont il parlait avec le plus de chaleur et d'affection. Soumis moins souvent à l'épreuve d'un commerce familier, ils avaient plus de chance d'être adoptés comme les favoris de son imagination, et d'avoir part en conséquence à ce brillant coloris dont il revêtait tout ce qui l'intéressait ou lui plaisait. C'est pourquoi, après les morts, qui ne risquaient plus de perdre la place qu'ils occupaient dans son esprit, ceux de ses amis qu'il ne voyait que rarement, ou dont les visites, ordinairement fort courtes, ne faisaient que renouveler l'impression favorable qu'ils avaient faite sur lui, étaient les plus sûrs de vivre dans sa mémoire sans variation et sans nuages.