Note 113 — DE LORD BYRON. (continued 5)
Paulin Paris translation
Note 113:
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C'était la crainte de cette sorte de courant rétrograde auquel la rapidité de ses succès ne donnait que trop de probabilité, qui faisait que quelques-uns même de ses plus chauds admirateurs, ignorant encore l'immensité des ressources de son génie, ne pouvaient s'empêcher de trembler un peu en le voyant se présenter si souvent devant le public. Je trouve dans une de mes lettres ces appréhensions exprimées dans les termes suivans: «Si vous n'écriviez pas si bien, je dirais que vous écrivez trop, ou du moins que vous ne mettez pas assez d'intervalle entre vos productions. Vous savez que les pythagoriciens pensaient que si nous n'entendions pas l'harmonie des corps célestes, ou si nous n'avions pas conscience de cette audition, c'est parce qu'ils résonnent sans cesse à nos oreilles; et je crains, moi, que l'effet de votre poésie ne soit diminué pour être offerte constamment aux oreilles hébétées du public.»
Cependant cette opinion doit se taire devant celle que sir Walter-Scott, l'un des plus grands écrivains, et aussi l'un des plus fertiles de nos jours, avait la sagacité et la générosité d'exprimer à cet égard, au moment où Lord Byron était à l'apogée de sa gloire et dans le feu de ses plus admirables compositions: «Mais ceux-là entendent mal les intérêts du public, et donnent un assez mauvais conseil au poète; qui, le supposant doué des plus heureuses qualités de son art, ne lui conseillent pas de travailler tandis que sa couronne de lauriers est encore dans toute sa fraîcheur. Des esquisses de Lord Byron valent mieux que des tableaux achevés de tous les autres; et qui nous dit qu'un second travail n'effacerait pas, au lieu de les perfectionner, ces traits d'une originalité si forte et si belle, que présentent ses compositions au moment où elles s'échappent de la main d'un grand maître.»--(Mémoires biographiques, par sir Walter-Scott.)