Note (retour) — DE LORD BYRON. (continued 5)
Paulin Paris translation
Malgré le peu d'espérance que donnait sa jeunesse de la haute destinée qui l'attendait, elle présentait déjà un caractère singulier de la puissance de son imagination; je veux parler de cet amour de la solitude qui, de bonne heure, indique ces goûts d'étude et d'observation de soi-même par lesquelles seules «les carrières de diamans» du génie sont exploitées et mises au grand jour. Dans son enfance à Harrow, il avait fortement montré cette disposition; on le connaissait au collége comme je l'ai déjà dit, pour aimer à s'éloigner de ses camarades, et à s'asseoir seul sur une tombe dans le cimetière, s'abandonnant ainsi à la rêverie pendant des heures entières. À mesure que son esprit révéla ses ressources, ce sentiment domina en lui; et quand ses voyages à l'étranger n'auraient servi qu'à le détacher des distractions de la société pour le mettre en état, solitaire célèbre, de communiquer avec son propre esprit, cela eût été un grand pas de fait vers l'expansion complète de ses facultés. Ce fut réellement alors qu'il commença à se sentir capable de se livrer au détachement que l'étude de soi-même exige, et qu'il put jouir de cette liberté, indépendante du mélange des pensées d'autrui, et qui seule laisse l'esprit contemplatif maître de ses propres idées. Dans la solitude de ses nuits sur mer, dans ses excursions isolées à travers la Grèce, il jouit d'assez de loisir et de solitude pour s'observer lui-même, et là s'apercevoir des premiers «éclairs de son glorieux génie.» Un de ses principaux plaisirs, ainsi qu'il en fait mention dans ses Memoranda, était, lorsqu'il se baignait dans quelque lieu retiré, de s'asseoir, au-dessus de la mer, sur des rochers élevés, et là de rester des heures entières à contempler les cieux et les eaux 144, et à se perdre dans cette sorte de vague rêverie qui, quoique sans forme arrêtée, et sans but pour le moment, se répandait ensuite, dans ses écrits, en peintures énergiques et brillantes qui vivront à jamais.