Note (retour) — DE LORD BYRON. (continued 4)
Paulin Paris translation
Quoique le poète nous ait laissé dans ses vers le témoignage immortel de l'enthousiasme avec lequel il contempla les scènes qui s'offrirent alors à ses regards, il n'est pas difficile de concevoir que, pour des observateurs superficiels, il put paraître spectateur insensible de mille choses qui jettent le voyageur ordinaire en extase, du moins en paroles. Il professa toute sa vie le plus souverain mépris pour tout ce qui est affecté, soit en matière de goût, soit en matière de morale; souvent il déguisa le sentiment vrai de son admiration sous un dehors d'indifférence et de moquerie par haine pour le charlatanisme de ceux qu'il voyait s'extasier à froid et sans rien ressentir réellement. Il faut avouer aussi qu'il étendait à des sentimens vrais, mais pour lesquels il n'éprouvait pas de sympathie, le dégoût que lui inspiraient ceux qui n'étaient qu'affectés; ainsi il ne comprit jamais le mérite et les jouissances d'un antiquaire ou d'un amateur d'objets d'art. «Je ne fais point de collections, dit-il dans une note de Childe Harold, et je ne les admire pas du tout.» Il ne faisait aucun cas des antiquités, à moins qu'elles ne se rattachassent à quelques grands noms ou à quelques grands événemens. Pour les objets d'art, il se contentait d'admirer leur effet général, sans se piquer d'aucune connaissance des détails. C'était à la nature, dans ses scènes solitaires de grandeur et de beauté, ou, comme à Athènes, brillante d'un éclat toujours le même au milieu des ruines de la gloire et des arts, qu'il payait sans restriction l'hommage de son ame ardente. Dans le petit nombre de notes sur les voyages qu'il a jointes à Childe Harold, l'on voit qu'il aime beaucoup mieux s'occuper des sites et du pittoresque qu'offrent les lieux qu'il a visités que des souvenirs classiques ou historiques qui peuvent s'y rattacher. En prose ou en vers, il revient à la vallée de Zitza avec plus de plaisir qu'à Delphes ou aux rives de la Troade; et ce qui le frappe le plus vivement dans la plaine d'Athènes, c'est que «la vue y est plus belle encore qu'à Cintra ou à Istamboul.» Où la nature pouvait-elle en effet avoir plus de droit à son adoration que dans ces contrées où il la voyait briller d'une beauté toujours jeune, toujours la même au milieu des ruines de ce que l'homme avait jugé le plus digne de durée? «Les institutions humaines périssent, dit Harris; mais la nature ne change pas.» Lord Byron a paraphrasé cette pensée 126, en l'embellissant: