Note (retour) — DE LORD BYRON. (continued 4)
Paulin Paris translation
»Je vais demain, avec une escorte de cinquante hommes, à Patras dans la Morée, et de là à Athènes où je passerai l'hiver. Il y a deux jours, j'ai failli périr avec un vaisseau de guerre turc, par l'ignorance du capitaine et de l'équipage, quoique la tempête ne fût pas violente. Fletcher appelait sa femme, les Grecs appelaient leurs saints, les Musulmans appelaient Alla; le capitaine descendit dans la chambre, et nous dit tout en pleurs de nous recommander à Dieu. Les voiles étaient déchirées, la grande vergue rompue, le vent fraîchissait, la nuit arrivait; nous n'avions plus que deux chances devant nous, d'arriver à Corfou, qui est au pouvoir des Français, ou de descendre dans le liquide tombeau, comme Fletcher le disait pathétiquement. Je fis ce que je pus pour consoler celui-ci; mais le trouvant incorrigible, je m'enveloppai dans ma capote albanaise (immense manteau), et je me couchai tout de mon long sur le pont pour y attendre tout ce qui pourrait arriver de pire 125. J'ai appris dans mes voyages à avoir de la philosophie; et quand je n'en aurais pas eu, de quoi m'eût-il servi ici de me lamenter et de me plaindre? Heureusement le vent mollit, et ne nous porta qu'à Souli sur le continent, où nous débarquâmes, et avec l'aide des naturels nous retournâmes à Prévésa. Je ne me confierai plus dorénavant à des matelots turcs, quoique le pacha ait mis à mes ordres une de ses propres galiotes pour me porter à Patras. En conséquence, je vais jusqu'à Missolonghi par terre, et de là je n'aurai qu'un petit golfe à traverser pour arriver à Patras. La première lettre de Fletcher sera pleine de merveilles; nous avons, une nuit, été perdus pendant neuf heures dans les montagnes, et depuis nous avons manqué de nous noyer. Dans les deux cas, Fletcher avait entièrement perdu la tête; la première fois par la peur, la famine et les bandits; la seconde par la peur seule. Ses yeux ont été un peu malades, je ne sais si c'est un effet des éclairs ou des pleurs qu'il a versés. Quand vous m'écrirez, adressez-moi vos lettres chez M. Strane, consul d'Angleterre, à Patras en Morée.