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Œuvres complètes de lord Byron, Tome 08

Note (retour) — ACTE V.

Paulin Paris translation

Il vivait en paix à Trévise, et la fille de Léonard Contarini, qu'il avait épousée le 10 février 1441, était venue le joindre dans son exil, lorsque, le 5 novembre 1450, Almoro Donato, chef du conseil des Dix, fut assassiné. Les deux autres inquisiteurs d'état, Triadano Gritti et Antonio Venieri, portèrent leurs soupçons sur Jacob Foscari, parce qu'un domestique à lui, nommé Olivier, avait été vu ce soir-là même à Venise, et avait des premiers donné la nouvelle de cet assassinat. Olivier fut mis à la torture; mais il nia jusqu'à la fin, avec un courage inébranlable, le crime dont on l'accusait, quoique ses juges eussent la barbarie de lui faire donner jusqu'à quatre-vingts tours d'estrapade. Cependant, comme Jacob Foscari avait de puissans motifs d'inimitié contre le conseil des Dix qui l'avait condamné, et qui témoignait de la haine au Doge son père, on essaya de mettre à son tour Jacob à la torture, et l'on prolongea contre lui ces affreux tourmens, sans réussir à en tirer aucune confession. Malgré sa dénégation, le conseil des Dix le condamna à être transporté à la Canée, et accorda une récompense à son délateur. Mais les horribles douleurs que Jacob Foscari avait éprouvées, avaient troublé sa raison; ses persécuteurs, touchés de ce dernier malheur, permirent qu'on le ramenât à Venise le 26 mai 1451. Il embrassa son père, il puisa dans ses exhortations quelque courage et quelque calme, et il fut reconduit immédiatement à la Canée 28. Sur ces entrefaites, Nicolas Erizzo, homme déjà noté pour un précédent crime, confessa, en mourant, que c'était lui qui avait tué Almoro Donato 29.

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