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Œuvres complètes de lord Byron, Tome 04

Note (retour) — MISCELLANÉES.

Paulin Paris translation

Mais, s'il est des hommes à qui l'échec fatal de la sagesse entraînée par l'erreur doive procurer une basse jouissance; s'il est des hommes qui triomphent de joie lorsqu'une voix céleste détonne au milieu du chœur pour lequel elle est née, je leur commande le silence.--Ah! combien ils savent peu que ce qui leur semblait vice m'était peut-être que malheur! Dure est la destinée de celui sur qui les regards publics sont à jamais fixés pour le blâme ou pour la louange! Le repos se refuse à son nom, et le vulgaire se plaît au spectacle du martyre d'une grande renommée. L'ennemi secret, dont l'œil ne s'endort jamais, et qui se fait sentinelle,--accusateur,--juge,--espion; le rival,--le sot,--le jaloux--et le vaniteux; l'envieux enfin, qui ne respire librement que dans la peine d'autrui: voilà une armée de détracteurs, qui poursuit la gloire jusques au tombeau; qui guette les fautes dont un génie hardi doit la moitié à son ardeur native; qui défigure la vérité, amasse le mensonge, et bâtit la pyramide de la calomnie! Tel est le partage de l'homme public;--mais si, par surcroît d'infortune, la maigre pauvreté se ligue à la maladie dévorante, si le génie doit oublier son vol élevé, et descendre à terre pour combattre la misère qui assiége sa porte, pour adoucir d'indignes fureurs,--rencontrer face à face une rage sordide, et lutter contre la disgrâce, pour ne trouver dans l'espérance que les caresses, les embrassemens nouveaux d'un serpent qui lui réserve de nouvelles perfidies; si tels peuvent être les maux qui assaillent les hommes, est-ce donc chose merveilleuse qu'enfin les plus puissans succombent? Les êtres à qui fut départie toute la force du sentiment, portent un cœur électrique,--surchargé du feu céleste, noir de rudes froissemens, intérieurement déchiré, environné de nuages, entraîné par l'ouragan, porté sur la nébuleuse atmosphère, source de ces pensées qui tonnent,--éclairent--et foudroient. Mais, loin de nous et de notre scène comique doivent être de telles images,--si toutefois elles ont eu quelque réalité. Accomplissons ici un plus tendre désir, une tâche plus douce; payons à la gloire le tribut qu'elle n'a pas besoin de réclamer; pleurons l'astre évanoui,--et apportons notre grain d'encens pour prix d'un long plaisir. Vous, orateurs! que nos conseils possèdent encore, pleurez le héros vétéran de vos champs de bataille! le digne rival de l'admirable Trinité 106! l'homme, dont les paroles étaient des étincelles d'immortalité! Vous, poètes! à qui la muse du drame est chère, il était votre maître,--rivalisez ici avec lui! Vous, hommes d'esprit et de conversation éloquente! il était votre frère;--emportez ses cendres d'ici! Tant que nous admirerons ces talens d'immense portée, aussi parfaits que variés; tant que nous sentirons l'éloquence,--l'esprit,--la poésie--et la bonne humeur, dont l'harmonie plus humble charme les ennuis d'ici-bas; tant que nous serons fiers de la noble prééminence du mérite, nous chercherons long-tems un génie pareil,--et chercherons en vain; nous nous tournerons vers tout ce qui nous reste de lui, en regrettant que la nature n'ait formé qu'un seul homme de cette trempe, et qu'elle ait brisé son moule.--en y jetant Shéridan!

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