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Œuvres complètes de lord Byron, Tome 02

Note (retour) — POÈTES ANGLAIS

Paulin Paris translation

Salut, immortel Jeffrey! Autrefois l'Angleterre se glorifiait de posséder un juge dont le nom était presque identique avec le tien: son ame ressemblait tant à la tienne! il avait ta clémence, ta justice. Quelques-uns pensent que Satan t'a remis aujourd'hui les pouvoirs qu'il lui avait confiés, qu'il a renvoyé de nouveau son esprit sur la terre, et qu'il t'a chargé de décider aujourd'hui sur le sort des lettres, comme Jeffries décidait naguère de celui des hommes. Ta main est moins puissante, mais ton cœur n'est pas moins noir, ta voix est aussi disposée à ordonner les tortures. Élevé de bonne heure dans les cours, quoique tu n'y aies encore appris de la loi que ce qu'il en faut pour trouver un défaut, une nullité: si bien instruit à l'école des patriotes, à te jouer des partis, quoique tu ne sois toi-même que le jouet, l'instrument d'un parti, qui sait, si le hasard, rendant à tes patrons le pouvoir qu'ils ont justement perdu, les efforts de ta plume ne seront pas un jour dignement récompensés, et si, nouveau Daniel, tu ne parviendras pas à t'asseoir sur le siège d'un juge 462? Qu'il soit permis à l'ombre de Jeffries de nourrir cette tendre espérance; qu'il lui soit un jour permis de te féliciter, en t'offrant une corde, et de te dire: «Héritier de mes vertus! homme d'une ame égale à la mienne! habile à condamner et à calomnier le genre humain, reçois cette corde que je t'ai gardée avec soin, pour la passer au col de tus victimes, et pour finir par la porter toi-même.»

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