Note (retour) — POÈTES ANGLAIS
Paulin Paris translation
Encore un poète épique, qui vient infliger un nouveau déluge de vers blancs aux malheureux enfans des hommes! Le Béotien Cottle, gloire de la riche Bristowa, importe de vieilles histoires des côtes de Cambrie, et envoie sa marchandise au marché... Ils sont tout vivans! Quarante mille vers, vingt-cinq chants! poisson tout frais venant de l'Hélicon! Qui veut en acheter? qui veut en acheter? C'est une occasion; c'est pour rien; qui veut acheter? Ma foi! ce ne sera pas moi. Les enfans de Bristol aiment trop la soupe à la tortue; ils aiment trop à passer la nuit autour d'un bol de punch au rack; si le commerce remplit la bourse, il appauvrit le cerveau, et c'est en vain qu'Amos Cottle a pris la lyre en main. Contemplez en lui le sort infortuné d'un auteur condamné à faire aujourd'hui des livres, lui qui en vendait autrefois. Oh! Amos Cottle! Phébus! quel nom pour remplir la trompette sonore de la renommée! Oh! Amos Cottle! considère un moment quel maigre profit tu retires de ta plume et de ton encre usées! Quand elles sont couvertes de tes rêveries poétiques, qui voudra jeter les yeux sur tes rames de papier? Oh! plume pervertie, oh! papier mal employé! Si Cottle 456, courbé sur son pupître, était resté l'ornement du comptoir, ou si, né pour d'utiles travaux, il eût appris à faire le papier qu'il gâte, qu'il eût labouré, bêché, ramé; il n'aurait pas chanté le pays de Galles, et je ne lui eusse pas donné place dans mes vers.