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Œuvres complètes de lord Byron, Tome 01

AUX NOTES DU CHANT VII.

Paulin Paris translation

L'ouvrage qui contient les détails du siége d'Ismaïl étant fort peu répandu en France, où cependant il a été imprimé, nous en extrairons tous les passages que Byron a jugés dignes d'être paraphrasés. Il est intitulé:—Essai sur l'Histoire ancienne et moderne de la nouvelle Russie. Le style en est beaucoup trop louangeur, mais la dédicace en étant adressée à l'empereur Alexandre, petit-fils de Catherine II, le lecteur est, par cela seul, averti de se tenir sur ses gardes. Malgré ce grave défaut, c'est un ouvrage fort remarquable. L'auteur (le marquis de Castelnau) a lui-même emprunté les circonstances du siége d'Ismaïl au manuscrit d'un lieutenant-général de Russie, qui avait fait cette campagne (le duc de Richelieu).

STROPHE 9.

«Ismaïl est située sur la rive gauche du bras gauche du Danube, à peu près à quatre-vingts verstes de la mer. Elle a trois mille toises de tour.» (Manuscrit du duc de Richelieu.)

STROPHE 10.

«On a compris dans ces fortifications un faubourg moldave, situé à la gauche de la ville, sur une hauteur qui la domine; l'ouvrage a été terminé par un Grec. Pour donner une idée des talens de cet ingénieur, il suffira de dire qu'il fit placer les palissades perpendiculairement sur le parapet, de manière qu'elles favorisaient le feu des assiégeans et arrêtaient le feu des assiégés.» (Ibid.)

STROPHE 11.

«Le rempart en terre est prodigieusement élevé, à cause de l'immense profondeur du fossé. Il n'y a ni ouvrage avancé ni chemin couvert.» (Ibid.)

STROPHE 12.

«Un bastion de pierres, ouvert par une gorge très-étroite et dont les murailles sont fort épaisses, a une batterie casematée et une à barbette; il défend la rive du Danube. Du côté droit de la ville est un cavalier de quarante pieds d'élévation, à pic, garni de vingt-deux pièces de canon, et qui défend la partie gauche.» (Ibid.)

STROPHE 13.

«Du côté du fleuve, la rive est absolument ouverte; les Turcs ne croyaient pas que les Russes pussent jamais avoir une flottille dans le Danube.» (Ibid.)

STROPHE 23.

On s'était proposé deux buts également avantageux par la construction de deux batteries sur l'île qui avoisine Ismaïl. Le premier, de bombarder la place, d'en abattre les principaux édifices avec du canon de quarante-huit, effet d'autant plus probable, que la ville étant bâtie en amphithéâtre, presque aucun coup ne serait perdu. (Histoire de la Nouvelle Russie.)

STROPHE 24.

Le second motif était de profiter de ce moment d'alarme pour que la flottille, agissant en même tems, pût détruire celle des Turcs. Un troisième motif, et vraisemblablement le plus plausible, était de jeter la consternation parmi les Turcs et de les engager à capituler. (Ibid.)

STROPHES 25, 26 ET 27.

Une habitude blâmable, celle de mépriser son ennemi, fut la cause du défaut de perfection dans la construction des batteries. On voulait agir promptement, et on négligea de donner aux ouvrages la solidité qu'ils exigeaient. (Ibid.)

STROPHES 28 ET 29.

Le même esprit fit manquer l'effet de trois brûlots; on calcula mal la distance, on se pressa d'allumer la mèche, ils brûlèrent au milieu du fleuve, et quoiqu'il fût six heures du matin, les Turcs, encore couchés, n'en prirent aucun ombrage.

1er décembre 1790. Cette opération manquée, la flottille russe s'avança vers les sept heures; il en était neuf lorsqu'elle se trouva à cinquante toises de la ville. (Ibid.)

STROPHES 30 ET 31.

Elle souffrit avec une constance calme un feu de mitraille et de mousqueterie pendant près de six heures. Les batteries de terre secondaient la flottille. Mais on reconnut alors que les canonnades ne suffiraient pas pour réduire la place: on fit la retraite à une heure. À peine la retraite des Russes fut-elle remarquée, que les plus braves d'entre les ennemis se jetèrent dans de petites barques et essayèrent une descente. Le comte de Damas les mit en fuite, et leur tua plusieurs officiers et grand nombre de soldats. Un lançon sauta pendant l'action, un autre dériva par la force du courant et fut pris par l'ennemi. (Ibid.)

STROPHES 32 ET 33.

On ne tarirait pas si on voulait rapporter tout ce que les Russes firent de mémorable dans cette journée; pour compter les hauts faits d'armes, pour particulariser toutes les actions d'éclat, il faudrait composer des volumes. Parmi les étrangers, le prince de Ligne se distingua de manière à mériter l'estime générale. De vrais chevaliers français, attirés par l'amour de la gloire, se montrèrent dignes d'elle. Les plus marquans étaient le jeune duc de Richelieu, les comtes de Langeron et de Damas. (Ibid.)

STROPHE 35.

L'amiral de Ribas déclara en plein conseil que ce n'était qu'en donnant l'assaut qu'on obtiendrait la place. Cet avis parut hardi; on lui opposa mille raisons auxquelles il répondit par de meilleures. (Ibid.)

STROPHES 36, 37 ET 38.

Il ne s'agissait que de déterminer le prince Potemkin; Ribas y réussit. Tandis qu'il se démenait pour l'exécution du projet agréé, on construisait de nouvelles batteries. On comptait, le 12 décembre, quatre-vingts pièces de canon sur le bord du Danube, et cette journée se passa en vives canonnades. (Ibid.)

STROPHE 39.

Le 13, une partie des troupes était embarquée; on allait lever le siége. Un courrier arrive; il est témoin des cris de joie du Turc, qui se croyait à la fin de ses maux. Ce courrier annonce, de la part du prince, que le maréchal Suwarow va prendre le commandement des forces réunies sous Ismaïl. (Ibid.)

STROPHE 40.

La lettre du prince Potemkin à Suwarow est très-courte; la voici dans toute sa teneur: «Vous prendrez Ismaïl à quel prix que ce soit.» (Ibid.)

STROPHES 43 ET 44.

Le 16; on voit venir de loin deux hommes courant à toute bride: on les prit pour des Cosaques; l'un était Suwarow et l'autre son guide, portant un paquet gros comme le poing et renfermant le bagage du général. (Ibid.)

STROPHE 46.

Les succès multipliés de Suwarow, sa bravoure, etc., produisirent un enthousiasme général. (Ibid.)

STROPHE 47.

Les choses prennent, le même jour, une autre tournure; le camp se rapproche et s'établit à une portée de canon de la place; on prépare des fascines, on construit des échelles, on établit des batteries nouvelles. (Ibid.)

STROPHES 48 ET 49.

L'ame de Suwarow s'est communiquée à l'armée; il n'est pas jusqu'au dernier goujat qui ne désire d'obtenir l'honneur de monter à l'assaut. (Ibid.)

STROPHE 50.

La première attaque était composée de trois colonnes commandées par les lieutenans-généraux, Paul Potemkin, Serge Lwow; les généraux-majors Maurice Lascy, Théodore Meknop. Trois autres colonnes, destinées à la seconde attaque, avaient pour chefs le comte de Samoïlow, les généraux Élie de Bezborodko, Michel Kutusow; les brigadiers Orlow, Platow, Ribeaupière. La troisième attaque, par eau, n'avait que deux colonnes sous les ordres des généraux-majors Ribas et Arseniew, des brigadiers Markoff et Tchepega. (Histoire de la Nouvelle Russie.)

STROPHES 51, 52 ET 53.

On construisit de nouvelles batteries le 18; On tint un conseil de guerre; on y examina les plans pour l'assaut de M. de Ribas: ils réunirent tous les suffrages. Le 19 et le 20, Suwarow exerça les soldats; il leur montra comment il fallait s'y prendre pour escalader; il enseigna aux recrues la manière de donner le coup de baïonnette. Pour cet exercice d'un nouveau genre, il se servit de fascines disposées de manière à représenter un Turc. (Ibid.)

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