Note 253 — NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS. (continued 2)
Dr. (Nicolas) Perron translation
Le poëte fait allusion, pour indiquer le poli et le toucher moelleux de la gorge d’une femme, au poli luisant et doux qu’on donne aux planchettes couvertes d’un enduit blanc, préparées pour enseigner à lire et à écrire aux enfants. Cette habitude est presque générale chez les musulmans de tous les pays. Au lieu de la planchette peinte en blanc, beaucoup d’enfants ont une feuille ou une demi-feuille de fer-blanc. Dans l’un et l’autre cas, comme l’encre arabe est d’autant meilleure qu’on l’enlève plus facilement d’un coup de langue, on efface rapidement avec un peu de salive ou d’eau ce qui est écrit sur les planchettes ou sur les feuilles de fer-blanc. — Les fekhy ou kouttâb (maîtres d’école) savent très-bien lire le Coran, et leur principal but, dans leurs leçons, est de le faire apprendre par cœur aux enfants, tout en leur enseignant à le lire et à l’écrire sur les planchettes et feuilles de fer-blanc qui alors tiennent lieu de papier et de livre. Mais les fekhy ne comprennent à peu près rien au Coran.
(S. P.)
L’habitude d’écrire sur des planches blanchies rappelle les album des anciens. Solon, 400 ans avant J.-C., avait exposé au public ses lois écrites sur des tables de bois. Dracon avait fait de même. Il paraît qu’à Rome, avant l’usage des colonnes et des tables de cuivre, les annales, où l’on inscrivait jour par jour les événements de l’année, étaient écrites en noir sur une planche de bois blanchie avec de la céruse et appelée album. Ces planches étaient exposées devant la maison du pontife. Ces annales cessèrent environ 120 ans avant J.-C. ; mais l’usage de l’album se conserva encore longtemps après.
(P.)