Note 302 — Le Louis d'or[301].
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Ne vous imaginez pas, Mademoiselle, que ce que je vais vous conter soient des nouvelles particulières de la cour; bien que j'y sois depuis quelque temps, je n'en sai pas davantage. Les gens aussi peu considerables et aussi peu empressez que moi la suivent assez ordinairement sans la voir, ou la voyent bien souvent sans la connoître. L'autre jour, m'étant retiré de meilleure heure qu'à l'ordinaire, dans l'oisiveté où je me trouvai, m'amusant à compter ce qui me restoit d'argent pour mon voyage, il me tomba dans la pensée que, si tant de pièces differentes que je tenois avoient du sens et de l'intelligence dans la tête, dont elles étoient marquées, il n'y auroit presque rien qu'elles ne pûssent m'apprendre; et que, l'or et l'argent ayant de tout temps gouverné le monde, on pourroit sçavoir par leur moyen des nouvelles de tous les siècles. A peine avois-je eu cette pensée, qu'une pistole d'Italie[302], que j'avois séparée des autres, prenant brusquement la parole pour toutes, me parla de cette sorte