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Une grande dame de la cour de Louis XV

Note 464 — XX

Reading edition

M. de Ségur, dans son livre si intéressant et si vrai, Au couchant de la monarchie (C. Lévy, 1910), donne un joli portrait de Mᵐᵉ de Maurepas, d’après le Journal inédit de l’abbé de Véri.

La comtesse était, comme sa sœur et sa nièce, dépourvue de beauté; de plus elle n’avait ni «les grâces de l’esprit, ni les agréments de l’étude, mais un sens droit, un jugement vrai, un sentiment noble, un désir toujours soutenu de faire plaisir aux autres, un attachement invariable pour ceux qu’elle aimait».

Elle avait soixante-seize ans quand son mari revint au pouvoir, et si ce retour inespéré de fortune, à un âge aussi avancé, lui laissa entrevoir ce que pouvait en attendre sa famille dans un avenir prochain, elle en redouta le lourd fardeau pour Maurepas. Ses amis, dit Mᵐᵉ de Genlis (Souvenirs de Félicie), appelaient ce couple, toujours tendrement uni, Philémon et Baucis. «Il n’y a plus de Baucis à Versailles, soupirait mélancoliquement Mᵐᵉ de Maurepas; je ne vois plus mon mari; tout ce travail le tuera.»

Les nouvellistes ne lui épargnaient pas leurs moqueries. Ils les représentaient à un bal paré de la Cour, le comte en Cupidon, la comtesse en Vénus (Corresp. secrète, éditée par Lescure, I, 246).

Les Mémoires secrets (t. XI, p. 233), sont autrement cruels pour Mᵐᵉ de Maurepas. Invitée, en mai 1778, à Marly (c’était la première fois que lui incombait un tel honneur), elle avait été reçue à dîner par la reine; et comme elle n’osait rien refuser à M.-Antoinette, elle revint à Versailles avec une effroyable indigestion. Les Mémoires secrets profitent de la circonstance pour railler la vanité excessive de Mᵐᵉ de Maurepas et pour parler de l’aversion qu’inspirent à la reine le mari et la femme: «c’est un trait de politique de la reine pour plaire au roi qui a beaucoup d’amitié pour la comtesse».

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