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Une grande dame de la cour de Louis XV

Note 215 — XI

Reading edition

Correspondance secrète entre Mercy-Argenteau et le prince de Kaunitz, par d’Arneth (édit. Flammermont), 1889, 2 vol., t. II, p. 396. Si Mercy-Argenteau avait des préventions contre le nouveau ministre, celui-ci n’était guère mieux disposé pour la diplomatie autrichienne: il se plaignit un jour à Sandoz, envoyé de Prusse, de la morgue de Vienne (même correspondance, Lettre de Kaunitz à Mercy, 1ᵉʳ novembre 1771, t. II, p. 399.)

Mercy-Argenteau avait succédé, en 1766, au comte de Stahremberg, grâce à la protection de Kaunitz, qui l’avait eu comme attaché, pendant son ambassade à la Cour de Louis XV. Ce brillant et magnifique diplomate rendait justice à la douceur, à la prudence et à la sagesse de son subordonné, bien qu’il le trouvât «timide, taciturne et gauche jusqu’à la maussaderie». Le comte de Pimodan, biographe de Mercy, en loue le bon sens, la mesure, l’adresse et la discrétion. Mais cette discrétion «habile» alla, nous le verrons bientôt, jusqu’à la dissimulation, et cette correction diplomatique n’était que l’attitude froide et gourmée d’un homme qui se croyait très fort parce qu’il n’avait devant lui qu’un prince indifférent et des ministres décriés. Il prétendit jouer au Mentor avec une adolescente que se disputaient de multiples influences et qui avait déjà la volonté de ses caprices; et ce fut lui qui fut joué par une reine, lasse de ce conseiller, marionnette docile d’une mère impérieuse.

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