Editorial note — ERNEST MYRAND (continued 3)
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Note 147: C'est là (devant le foyer, l'âtre) que s'accomplit avant toute choses, la bénédiction du feu. Le plus jeune enfant de la famille s'agenouille devant le feu et prononce ces mots que son père lui a appris: "O feu! réchauffe pendant l'hiver les pieds frileux des orphelins et des vieillards infirmes, répands ta clarté et ta chaleur sur les pauvres et ne dévore jamais l'étaule (l'étable) du laboureur, ni le bateau du marin." En prononçant ces paroles antiques l'enfant verse dans le foyer une goutte de vin cuit. Courrier de Paris de L'Univers Illustré, annèe 18585.
Note 148: Une chose curieuse, c'est qu'en France ces couplets en l'honneur du Christ (les noëls, monuments de la poésie populaire et religieuse) se confondirent avec ceux que l'on chantait à la guillannée (au gui l'an neuf) et qu'il s'opéra ainsi une singulière fusion entre le culte des druides et la religion chrétienne. Le refrain d'un des plus vieux noëls cité par Rabelais, Le jour est périau, Na, unau, nau, reproduit précisément la consonance que, de corruption en corruption, le patois des provinces était arrivé à donner au cri druidique neu, nau et neau, en Poitou, et nei et noë en Bourgogne.