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Une fête de Noël sous Jacques Cartier

Editorial note — ERNEST MYRAND (continued 3)

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Note 106: Le chant du Vexilla Regis se rattache à deux événements historiques également fameux et de circonstance presque identique. Le premier--14 Juin 1671--fut la prise de possession par Daumont de Saint Lusson, au nom du Roi de France Louis XIV, du lac Huron, du lac Supérieur, de la Grande Ile de Manitoulin et de toutes les terres découvertes et à découvrir entre les mers du Nord, de l'Ouest et du Sud. Le second--9 avril 1382--fut la prise de possession de la Louisiane, par Réné Robert Cavelier, Sieur de la Salle, au nom du même Roi de France, Louis XIV.

Le chant du Vexilla Regis Prodeunt rappelle encore les tortures du Père Poncet captif chez les Iroquois: "J'offris mon sang et mes souffrances pour la paix, regardant ce petit sacrifice (la perte d'un doigt) d'un oeil doux, d'un visage serein et d'un coeur ferme, chantant le Vexilla et je me souviens que je réiteray deux ou trois fois le couplet ou la strophe: Impleta sunt que concinit, David fideli carmine, dicendo nationibus, regnaavit a ligno Deus." Relations des Jésuites, année 1653, ch. IV, page 12.

Le chant du Pange linguam gloriosi rappelle une égale tristesse, peut-être même un plus long courage:

"Mon cher amy,"

"Je n'ay plus presque de doigts, ainsi ne vous estonnez pas si j'écris si mal. J'ay bien souffert depuis ma prise; mais j'ay bien prié Dieu aussi. Nous sommes trois François icy qui avons été tourmentés ensemble, et nous nous estions accordez, que pendant que l'on tourmenteroit l'un des trois, les deux autres prieroient Dieu pour luy, ce que nous faisions toujours; et nous nous estions accordez aussi que pendant que les deux prieroient Dieu, celuy qui seroit tourmenté chanteroit les Litanies de la Sainte Vierge, ou bien l'Ave Maris Stelle, ou bien le Pange lingua, ce qui se faisoit. Il est vrai que nos Iroquois s'en moquoient, et faisoient de grandes huées, quand ils nous entendoient ainsi chanter; mais cela ne nous empeschoient pas de le faire." Lettre d'un Français à un sien ami de Trois-Rivières. Relations des Jésuites, 1661, page 35.

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