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Une fête de Noël sous Jacques Cartier

Editorial note — ERNEST MYRAND (continued 2)

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Note 90: L'interprète Domagaya avait lui-même été atteint du scorbut au point de ne pouvoir marcher. Il se guérit en employant, comme remède, les feuilles et l'écorce d'un arbre qu'il désigna. Cet arbre, nommé anedda par les sauvages, était vraisemblablement l'épinette blanche. Le traitement indiqué fut essayé avec succès; et les guérisons furent si rapides et si complètes, que tous ceux qui voulurent s'en servir furent sur pied en huit jours. Ferland: Histoire du Canada, Tome Ier, page 35.

La tisane de l'Algonquin fit merveille, et sa vogue égala son succès. A preuve, ce passage de la Relation du Second Voyage de Jacques Cartier:

...Le capitaine fit faire du breuvage pour faire boire ès malades, desquelz n'y avait nul d'eulx que voulust essayer le dict breuvage, synon un ou deux qui se misrent en adventure d'icellui essayer. Tout incontinent qu'ils en eurent beu, ils eurent l'advantage qui se trouva être un vray et évident miracle. Cart de toutes maladies de quoy ils étaient entachez, après en avoir beu deux ou trois foys, recouvrèrent santé et guarison. Après ce avoir veu et congneu y a eu telle presse la dicte médecine que on si voulait tuer à qui premier en aurait. De sorte que un arbre aussi gros et aussi grand que chesne qui soit en France a esté employé es six jours; lequel à faict telle opération, que si tous les médecins de Louvain et de Montpellier y eussent esté avec toutes les drogues de Alexandrie, ils n'en eussent pas tant faict en ung an, que le dit arbre a faict en six jours. Car il nous a tellement profité, que tous ceux qui en on voullu user ont recouvert santé et guarison, la grâce à Dieu. Voyage de Jacques Cartier, 1535-36--Ch. XV, édition 1545.

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