Note (retour) — LIVRE SECOND.
Reading edition
L'Histoire de tous les siécles, les Livres de nos Écrivains, les Actes des Conciles; une vieille tradition que quelques Indiens ont conservée jusqu'à nôtre tems touchant 50les Voyages de S. Thomas, de S. André & des autres Apôtres; tout cela, dis-je, montre que ce n'est pas d'aujourd'hui que le Christianisme est en possession de cette universalité, & qu'il en jouït depuis plusieurs siécles. En particulier Clément, 51Tertullien, & quelques autres remarquent que de leur tems le Nom de Jésus-Christ étoit révéré dans les Iles Britanniques, dans l'Alemagne, & jusqu'aux extrémitez de la Terre. Or je demande s'il y a quelque Religion qui puisse entrer en concurrence avec la nôtre, sur le privilége d'une étendue aussi universelle. Le Paganisme a presque couvert toute la Terre; mais à parler juste, sous ce nom étoient comprises une infinité de Religions diférentes. Entre les Payens, les uns adoroient les Astres; les autres les Élémens; d'autres servoient les Bêtes; plusieurs révéroient des choses qui ne subsistent que dans l'imagination. Leurs Loix sacrées n'étoient pas moins diverses que les objets de leur culte; & ils en devoient l'institution à des Auteurs très-diférens. Les Juifs dans leur dispersion paroissent un très-grand Peuple; mais enfin, ce n'est qu'un Peuple; & depuis J. C. leur Religion n'a pas reçu d'acroissement fort considérable. Si depuis ce tems-là elle est sortie de l'obscurité où elle avoit été jusqu'alors, on peut dire que les Chrétiens y ont plus contribué que les Juifs.