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Traité de la Vérité de la Religion Chrétienne

Note (retour) — LIVRE SECOND.

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XIII. La manière dont Dieu a voulu que le Genre humain se multipliât, est une chose très-digne des sages Réglemens d'un Législateur. Cependant à peine la Religion Payenne y a-t-elle touché. Et certes elle auroit eu mauvaise grâce à être sévére là-dessus,36 puis qu'elle faisoit mille le contes infames des débauches & des adultéres de ses Dieux. Ce péché même qui outrage la Nature, trouvoit sa protection dans l'exemple des Dieux. Ce fut par là que Ganyméde & Antinoüs méritèrent les honneurs divins. Ce crime monstrueux est assez commun parmi les Mahométans, & il est permis dans la Chine, & en d'autres endroits. Les Philosophes Grecs semblent avoir travaillé37 à en diminuer l'horreur en le voilant de termes honnêtes. Ceux d'entr'eux qui ont eu le plus de réputation, ont fort aprouvé que les femmes fussent communes. Par là ils ouvraient la porte à une licence & à une impureté. générale, & mettoient les hommes au-dessous des bêtes; 38puisqu'il y en a qui se gardent entr'elles une espéce de fidélité conjugale. Une pareille licence auroit ces deux mauvais éfets; qu'elle déroberoit aux Enfans la connoissance de leurs véritables Péres; & qu'elle ne laisseroit aucun lieu à l'afection réciproque des uns & des autres. Les Loix des Hébreux défendent toutes sortes d'impuretez. 39Mais elles ne condamnent ni la Polygamie, [A-marg.]ni le Divorce même, pour quelques raisons que ce soit. Les Mahométans usent de ces mêmes droits. Les Grecs & les Romains répudioient leurs femmes pour des sujets assez légers. Les [B-marg.]Lacédémoniens alloient même jusques à se les prêter les uns aux autres. Et Caton, le sage Caton, s'en est aussi mêlé.

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