Note (retour) — LIVRE SECOND.
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XI. Le second avantage que la Religion Chrétienne a sur toutes les Religions qui ont jamais été, ou que l'on pourroit imaginer, consiste dans la souveraine sainteté de ses Préceptes, tant de ceux qui constituent le Culte de Dieu, que de ceux qui réglent les devoirs d'homme à homme. Presque dans tous les lieux où le Paganisme a fleuri, ses Cérémonies sacrées ne respiroient que fureur & que cruauté. Porphyre nous en instruit amplement, & les Relations de nos Voyageurs nous l'aprennent aussi. Non seulement les Nations barbares apaisoient leurs Dieux avec du sang humain: mais les Grecs mêmes, avec toutes leurs lumiéres & toute leur érudition, & les Romains qui se conduisoient par des Loix si sages, ont suivi là-dessus le penchant général du Paganisme.28 Les Grecs sacrifioient des Victimes humaines à Bacchus Omestes. Et29 l'Histoire Romaine nous aprend que l'on avoit immolé à Jupiter, quelques Gaulois & quelques Grecs de l'un & de l'autre sexe. Les mystéres de Cérès & de Bacchus, si saints & si révérez, ont long tems caché sous le voile sacré du silence, les plus honteuses saletez; comme il parut, lorsque ce silence religieux ayant été rompu, le Public fut témoin des excès abominables que ces mystéres renfermoient. Clément d'Alexandrie, & quelques autres, ont traité ce sujet fort au long. Pour ce qui est des jours consacrez aux Dieux du Paganisme, on les solemnisoit avec des Spectacles qui blessoient si grossiérement la pudeur, que Caton, au raport de l'Histoire[A-marge], n'osoit pas y assister.