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Traité de la Vérité de la Religion Chrétienne

Note (retour) — LIVRE SECOND.

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Il n'est pas impossible de se tirer de l'embarras où plusieurs tâchent de nous jetter, sur ce qu'il arrive quelquefois, que des bêtes, après s'être nourries de chair humaine, servent elles-mêmes d'alimens à l'Homme.A Il faut considérer que la plus grande partie de ce que nous mangeons ne se convertit pas en nôtre substance, mais se change en excrémens, ou en quelques humeurs qui ne constituent pas proprement le corps & qui n'en sont que des accessoires; telles que sont la pituite & la bile: & que de cela même qui nourrit véritablement le corps, il s'en consume beaucoup par les maladies, par la chaleur interne, & par l'air qui nous environne. Cela étant, Dieu qui a tant de soin de toutes les espèces d'animaux brutes, qu'il ne permet pas qu'aucune périsse, ne peut-il pas, par l'éfet d'une Providence encore plus particuliére, empêcher que lors qu'un homme a vécu de quelques animaux nourris de chair humaine, ce qu'il en mange ne passe en sa substance? Ne peut-il pas faire que cette sorte d'alimens ne servent pas plus à le nourrir que les médicamens ou les poisons? Cela est d'autant plus vraisemblable, que la Nature même nous dicte, en quelque façon, qu'elle n'a pas mis la chair humaine au rang des choses propres à nous nourrir.

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