Note (retour) — LIVRE QUATRIÈME
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VII. Ce qu'il y a de plus honteux, c'est que les hommes se soient abaissez jusqu'à adorer des animaux. 8Les Egyptiens ont poussé ce culte plus loin qu'aucuns autres Peuples. Il est vrai qu'il y a des animaux dans lesquels on aperçoit quelque chose qui ressemble assez à ce qu'on apelle Esprit & Connoissance. Mais ce n'est rien, si on le compare à l'Ame raisonnable. Ils ne peuvent expliquer leurs conceptions, ni en parlant ni en écrivant. Ils sont bornez à une certaine espéce d'actions & de maniéres d'agir. Combien moins pourroient-ils connoître les nombres, les mesures, & le cours des corps célestes. L'Homme qui a tous ces avantages, 9a, de plus, celui de se rendre maître par son adresse, de toutes sortes d'animaux, depuis les plus foibles jusqu'aux plus robustes. Les bêtes farouches, les oiseaux, les poissons, rien n'évite de tomber entre ses mains. Il sait en aprivoiser quelques-uns, les rendre dociles, & en tirer divers usages. Il sait mettre à profit les plus nuisibles; & trouver des remèdes dans les plus venimeux. En général, il reçoit de toutes les bêtes une utilité où elles ne peuvent avoir part: c'est qu'étudiant l'assemblage & l'arrangement de leurs parties, il en fait l'objet d'une Science qui lui fournit beaucoup de lumières; & que les comparant entr'elles genre avec genre, & espéce avec espéce, il voit combien elles lui sont inférieures pour la beauté & la perfection de la structure du corps. Si l'on pense sérieusement à ce que nous venons de dire, on verra que l'Homme, bien loin de se devoir faire des animaux brutes un objet d'adoration, se doit plutôt regarder en quelque sorte comme leur Dieu, mais subordonné au Souverain du Monde, & élevé par son ordre à cette Dignité subalterne.