Note (retour) — LIVRE QUATRIÈME
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V. Il y a eu de tout temps des Payens, & l'on en voit encore, qui font profession d'adorer des Héros après leur mort. Mais I. ils eussent dû distinguer ce culte de celui du Dieu souverain, par des caractéres évidens. II. Les priéres qu'ils leur adressoient étoient vaines & inutiles, si les Esprits de ces Héros ne pouvoient les exaucer. Or ils n'avoient aucune certitude que ces Esprits le pussent, & ils n'avoient pas plus de raison de les en croire capables, qu'ils en avoient du contraire. III. Mais ce qu'il y a de plus vicieux dans ce culte, c'est qu'ils le rendoient à des hommes qui pendant leur vie avoient été souillez de diférens crimes. Bacchus avoit été un homme plongé dans les débauches du vin. Hercule avoit aimé les femmes. Romulus & Jupiter avoient donné des marques d'un coeur dénaturé; l'un par le meurtre de son frére; & l'autre par celui de son pére. Les hommages qu'on leur rendoit ne pouvoient donc que deshonorer infiniment le vrai Dieu, en outrageant la Sainteté qui lui est si chére, 6& en autorisant, par les principes sacrez de la Religion, des crimes qui d'eux-mêmes n'ont que trop de charmes pour des coeurs naturellement corrompus.