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Traité de la Vérité de la Religion Chrétienne

Note 55 — LIVRE CINQUIÈME Réfutation du Judaïsme.

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Note 55: (retour) Le sacré nom de Dieu &c. Jer. XXIII. 6. Zachar. XIV. 16. Ps. XIV. 7. Quelques Rabbins ont reconnu qu'il s'agit là du Messie. Dans toute cette Réponse, l'Auteur ne fonde l'adoration qui est duë à Jésus-Christ que sur son exaltation, sans doute afin de disputer plus commodément contre les Juifs. Cet endroit & celui que j'ai marqué p. 202 où l'Auteur réduit la Religion Chrétienne à fort peu de chefs, sont aparemment ce qui a fait dire à bien des gens, & entr'autres à l'illustre M. de Saumaise dans un Livre qu'il a fait contre l'Auteur sous le nom de Simplicius Verinus, que Grotius avoit fait paroître dans ce Traité qu'il panchoit déjà du côté des Sociniens. Mais ne pourroit-on pas dire pour sa justification, que voulant prouver la Rel. Chr. par la grande étendue du Christianisme, il l'a fait p. 163. & suiv. il s'est vu obligé de détourner les yeux des Lecteurs de dessus ses divisions, pour lui donner plus d'uniformité; & de dissimuler, par conséquent, toutes ses grandeurs, en la représentant dans une généralité qui embrasse toutes ses Sectes? Ce qui favorise cette conjecture, c'est que quoi qu'il ait écrit ce Traité dans un tems auquel selon l'aveu de tout le monde il ne panchoit pas vers la Communion Romaine, il ne laisse pas de ménager ceux de cette Communion, comme il paroît par l'endroit où il réfute le culte que les Payens rendoient aux Intelligences médiatrices, & subordonnées à Dieu, & celui des Héros après leur mort p. 234 235 &c. Il auroit pu renverser ces deux cultes par cette seule raison, que le culte religieux n'apartient qu'à l'Être infini. Il ne le fait pas, & il se contente de certaines raisons, qui sont bonnes contre les Payens, mais qui ne sont rien ou presque rien contre les Catholiques. TRAD.

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