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Traité de la Vérité de la Religion Chrétienne

Note (retour) — LIVRE CINQUIÈME Réfutation du Judaïsme.

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XVI. Comme les Juifs se sentent extrémement pressez par ces argumens, qui prouvent que le Messie est venu; quelques-uns pour les éluder, disent que les péchez des Juifs, sont cause qu'il n'est pas venu dans le tems auquel Dieu avoit promis de l'envoyer.34 Mais pour ne pas dire que la promesse que Dieu en fait, marque un dessein absolu, & non pas un dessein conditionnel, c'est-à-dire, que Dieu ne promet pas de donner le Messie, au cas que son Peuple demeure saint & juste, mais qu'il promet absolument qu'il le lui donnera: sans cette réponse, dis-je, comment la venue du Messie auroit-elle pu être diferée à cause des péchez du Peuple; puis que Dieu, dans les mêmes Oracles, avoit aussi prédit[A-marg.], qu'en punition du grand nombre de péchez énormes que le Peuple avoit commis, il détruiroit Jérusalem peu de tems après que le Messie se seroit présenté à ce Peuple? Mais ce qu'il y a de plus fort, c'est que la raison même pour laquelle il devoit venir, c'étoit afin qu'il remédiât[B-marg.] à la corruption extrême du siécle auquel il paroîtroit; & qu'avec des Loix propres à corriger les moeurs, il aportât aux hommes le pardon de leurs crimes. C'est dans cette vue que Zacharie dit au Ch. XIII. qu'il y auroit une source ouverte à la maison de David & à tous les habitans de Jérusalem, pour les nettoyer de leurs péchez; Les Juifs mêmes apellent souvent le Messie35 ISCH COPHER, c'est-à-dire, Celui qui apaise ou qui expie. Or il est de la derniére absurdité de dire, que parce qu'une certaine maladie est survenue, on a diféré d'aporter le reméde qui étoit précisément destiné à la guérir.

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