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The Little Review, July 1917 (Vol. 4, No. 3)

Poems

Reading edition

T. S. Eliot

Le Directeur

Malheur à la malheureuse Tamise! Qui coule si près du Spectateur. Le directeur Conservateur Du Spectateur Empeste la brise. Les actionnaires Réactionnaires Du Spectateur Conservateur Bras dessus bras dessous Font des tours A pas de loup. Dans un égout Une petite fille En guenilles Camarde Regarde Le directeur Du Spectateur Conservateur Et crève d’amour.

Mélange adultère de tout

En Amérique, professeur; En Angleterre, journaliste; C’est à grands pas et en sueur Que vous suivrez à peine ma piste. En Yorkshire, conférencier; A Londres, un peu banquier, Vous me paierez bien la tête. C’est à Paris que je me coiffe Casque noir de jemenfoutiste. En Allemagne, philosophe Surexcité par Emporheben Au grand air de Bergsteigleben; J’erre toujours de-ci de-là À divers coups de tra la la De Damas jusqu’à Omaha. Je célébrai mon jour de fête Dans une oasis d’Afrique Vêtu d’une peau de girafe. On montrera mon cénotaphe Aux côtes brûlantes de Mozambique.

Lune de Miel

Ils ont vu les Pays-Bas, ils rentrent à Terre Haute; Mais une nuit d’été, les voici à Ravenne, À l’aise entre deux draps, chez deux centaines de punaises; La sueur aestivale, et une forte odeur de chienne. Ils restent sur le dos écartant les genoux De quatre jambes molles tout gonflées de morsures. On relève le drap pour mieux égratigner. Moins d’une lieue d’ici est Saint Apollinaire In Classe’ basilique connue des amateurs De chapiteaux d’acanthe que tournoie le vent. Ils vont prendre le train de huit heures Prolonger leurs misères de Padoue à Milan Où se trouvent le Cène, et un restaurant pas cher. Lui pense aux pourboires, et rédige son bilan. Ils auront vu la Suisse et traversé la France Et Saint Apollinaire, raide et ascétique, Vieille usine désaffectée de Dieu, tient encore Dans ses pierres écroulantes la forme precise de Byzance.

The Hippopotamus

The broad backed hippopotamus Rests on his belly in the mud; Although he seems so firm to us Yet he is merely flesh and blood. Flesh-and-blood is weak and frail, Susceptible to nervous shock; While the True Church can never fail For it is based upon a rock. The hippo’s feeble steps may err In compassing material ends, While the True Church need never stir To gather in its dividends. The potamus can never reach The mango on the mango-tree; But fruits of pomegranate and peach Refresh the Church from over sea. At mating time the hippo’s voice Betrays inflexions hoarse and odd, But every week we hear rejoice The Church, at being one with God. The hippopotamus’s day Is past in sleep; at night he hunts; God works in a mysterious way— The Church can sleep and feed at once. I saw the potamus take wing Ascending from the damp savannas, And quiring angels round him sing The praise of God, in loud hosannas. Blood of the Lamb shall wash him clean And him shall heavenly arms enfold, Among the saints he shall be seen Performing on a harp of gold. He shall be washed as white as snow, By all the martyr’d virgins kist, While the True Church remains below Wrapt in the old miasmal mist.

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