Note 13 — QUARTIER SAINT BENOIT.
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Le roi prit la route de Paris immédiatement après la signature du traité, et s'arrêta un moment à Blois, où il se fit dans le ministère quelques changements attribués à l'influence du maréchal d'Ancre, qui ne vouloit dans le conseil que des hommes qui lui fussent entièrement dévoués[13]. Cependant les princes, retirés dans leurs terres ou dans leurs gouvernements, ne sembloient pas fort empressés de reparoître à la cour, comme s'ils eussent conçu quelques inquiétudes sur l'exécution du traité. Enfin le duc de Longueville consentit à s'y rendre sur les invitations pressantes de la reine; mais ce fut pour y recommencer ses cabales contre elle et contre ses ministres, et avec une telle violence, que cette princesse ne vit d'autre parti à prendre que de tâcher de lui opposer le prince de Condé, qu'elle engagea plus vivement encore à y revenir. Ce fut l'évêque de Luçon qui fut chargé de cette négociation. Le prince y revint en effet, mais pour cabaler aussi de son côté; et l'on put bientôt reconnoître que le traité de Loudun loin d'apaiser les ressentiments les avoit accrus. De même que les protestants n'étoient point satisfaits et ne pouvoient l'être, parce qu'ils prétendoient à l'égalité avec les catholiques; de même rien ne pouvoit contenter les princes, s'ils ne devenoient entièrement maîtres des affaires; et ils se montrèrent bientôt, à l'occasion de cette faveur extrême dont continuoit de jouir le maréchal d'Ancre, plus susceptibles et plus jaloux qu'ils n'avoient encore été. Ils ne manquoient aucune occasion de lui faire quelque affront, et cherchoient par toutes sortes de moyens à accroître la haine populaire dont il étoit déjà l'objet. L'autorité de la régente étoit attaquée de toutes parts; et les appuis les plus fermes de son parti l'abandonnoient peu à peu pour se ranger du côté des mécontents. Ceux-ci tenoient des assemblées nocturnes[14] dans lesquelles ils méditoient une révolution entière dans le gouvernement de l'état; et le maréchal, instruit qu'on y avoit délibéré de le faire assassiner, en fut alarmé au point de s'enfuir en quelque sorte de Paris. Mais en s'éloignant de cette ville il conseilla à Marie de Médicis de faire arrêter le prince de Condé que les factieux désignoient ouvertement pour la remplacer dans la régence, et d'attaquer ainsi le mal dans sa source. La reine vit en effet qu'elle n'avoit pas un moment à perdre, et fit un effort sur elle-même pour prendre ce parti vigoureux. Le prince, que la retraite du maréchal avoit rendu tout puissant et auprès de qui se pressoit déjà la foule des courtisans, fut arrêté dans le Louvre même, où l'on avoit su adroitement l'attirer; mais on manqua les ducs de Vendôme, de Mayenne, de Bouillon, et leurs principaux partisans. Presque tous s'échappèrent de Paris avec la plus grande facilité; et telle étoit l'anarchie qui régnoit alors dans le gouvernement, que plusieurs d'entre eux, s'étant rassemblés à la porte Saint-Martin, y tinrent une espèce de conseil, dont le résultat fut de rentrer dans la ville pour essayer d'y exciter un soulèvement en leur faveur; mais le peuple n'y paroissant point disposé, ils se virent enfin forcés de se retirer au nombre d'environ trois cents cavaliers, qui allèrent se cantonner dans la ville de Soissons.