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Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 6/8)

Note 126 — QUARTIER SAINT BENOIT.

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Cependant ce parlement, regardé par le peuple comme la seule autorité qu'il dût écouter, alors qu'il agissoit lui-même comme si cette autorité eût été légitime, étoit livré aux plus cruelles perplexités, et renfermoit déjà dans son sein tous les germes de foiblesse et de division. Deux partis, l'un de factieux, l'autre de membres dévoués à la cour, l'agitant en sens contraire, cherchoient, chacun de son côté, à entraîner ceux de leurs confrères qui, étrangers à toutes les passions, à tous les intérêts, ne vouloient que le bien public; et du reste, se voyant ainsi isolés entre le peuple et la cour, tous craignoient le nom de rebelles, et le déshonneur qui y étoit attaché. Gondi, peu inquiet d'abord de ces incertitudes qu'il étoit sûr de faire disparoître à l'instant où il montreroit les appuis illustres qu'il avoit su donner à la révolte, commençoit lui-même à concevoir les plus vives alarmes: le duc de Bouillon et le maréchal de La Mothe, qui s'étoient aussi engagés avec les frondeurs, étoient restés à Paris avec la duchesse de Longueville; mais le duc, époux de cette princesse, parti de la Normandie dont il étoit gouverneur, au lieu de se rendre dans cette capitale, avoit tourné court à Saint-Germain, sans donner depuis de ses nouvelles; le prince de Conti, forcé par son frère de suivre la cour, ne paroissoit point encore; et l'on n'étoit pas moins inquiet de Marsillac, qui s'étoit rendu auprès du jeune prince pour fortifier ses résolutions et favoriser sa fuite. Ces alarmes, que partageoient les autres chefs de la faction, étoient accrues par la conduite inégale du parlement, tantôt poussant l'audace jusqu'à renvoyer sans les ouvrir de nouvelles lettres du roi qui lui ordonnoient de se transporter à Montargis, tantôt foible au point d'envoyer en quelque sorte demander grâce à Saint-Germain. Ses députés s'y présentèrent sans avoir été appelés, tandis que Gondi, mandé à la cour par un ordre formel du roi, faisoit arrêter sa voiture par le peuple pour être dispensé de faire un voyage aussi périlleux. Ils y furent mal reçus, renvoyés avec menaces, et cette rigueur impolitique servit les factieux plus que tout le reste. Dès qu'on apprit qu'il n'y avoit point de transaction à espérer, le désespoir donna du courage aux plus foibles; et les chefs ne manquèrent pas de semer des bruits alarmants dont l'effet fut d'accroître encore cette effervescence générale. La chambre des comptes et la cour des aides, qui avoient également député vers la cour, qui avoient éprouvé la même réception, partagèrent les ressentiments du parlement; et tous les corps, à l'exception du grand conseil, se réunirent dans le projet de se défendre contre ce qu'ils appeloient la tyrannie du cardinal. Il n'y eut qu'un cri contre lui, et c'est alors que fut rendu cet arrêt qui le déclare «ennemi du roi et de l'État, perturbateur du repos public; lui ordonne de se retirer le jour même de la cour, et dans huitaine du royaume, enjoignant, passé ce temps, aux sujets du roi de lui courre sus, et faisant défense à toute personne de le recevoir.» On ordonna des subsides, on leva des soldats dans la populace de Paris, on nomma même un général[126] à cette armée sans expérience et sans discipline.

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