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Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 6/8)

Note 115 — QUARTIER SAINT BENOIT.

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Les alarmes du coadjuteur et la méfiance du peuple n'étoient que trop bien fondées: car, cette nuit même, on délibéroit, dans le conseil de la régente, sur les moyens de se rendre maîtres le lendemain de Paris[115]. Trois mécontents, Laigues, Montrésor et Argenteuil, vinrent successivement trouver le prélat, et lui donner les avis les plus sinistres sur les dispositions de la cour, qui, disoient-ils, vouloit à la fois le punir de la révolte, et le perdre dans l'esprit du peuple, en le faisant passer pour un des agents de ses promesses fallacieuses. Il n'en falloit pas tant pour enflammer cet esprit ardent et audacieux, pour le jeter dans les dernières extrémités. Il déclare à ses amis que, le lendemain avant midi, il sera maître lui-même de cette ville dont la cour prétend s'emparer, et commence sur-le-champ l'exécution d'un plan de défense que ceux-ci regardèrent d'abord comme le projet d'un insensé. Tandis que la régente et le ministre faisoient mettre sous les armes toute la maison du roi; qu'on introduisoit secrètement dans la ville quelques troupes cantonnées dans les environs, et que l'avis étoit donné aux bons bourgeois sur lesquels la cour croyoit pouvoir compter, de s'armer secrètement, les agents de Gondi parcouroient la ville, en y répandant les bruits les plus alarmants; lui-même se concertoit avec plusieurs colonels de quartiers qui lui étoient dévoués, faisoit établir des pelotons de leurs milices depuis le Pont-Neuf jusqu'au Palais-Royal, dans tous les endroits où l'on avoit entendu dire que la cour devoit faire poster des troupes, s'emparoit de la porte de Nesle, et faisoit commencer les barricades. Le jour paroissoit à peine que le parlement étoit déjà assemblé.

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