Note 114 — QUARTIER SAINT BENOIT.
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Ses exhortations, ses prières, ses menaces calment les esprits. La foule qui l'avoit accompagné, et à laquelle s'étoient joints tous les fripiers dont ce quartier fourmille, consent à déposer les armes; mais, obstinés à ravoir Broussel, ils le ramènent vers le Palais-Royal, où le maréchal de La Meilleraie, qui l'attendoit à la barrière, le fait entrer et le présente à la reine comme son sauveur et celui de l'État. Il y fut néanmoins accueilli avec un dédain ironique, parce qu'on ne cessoit point de le considérer comme l'auteur de la sédition qu'il avoit feint d'apaiser, et que la cour n'avoit encore qu'une idée imparfaite de la grandeur du mal. Gondi en sortit, la rage dans le cœur, et méditant des projets de vengeance. Cachant toutefois son dépit à la populace qui l'attendoit, il soutint jusqu'au bout le rôle de pacificateur qu'il avoit voulu prendre dans cette journée; et, forcé de se faire monter sur l'impériale de sa voiture, pour rendre compte à cette multitude du résultat de son ambassade, il lui parla avec un ton pénétré des promesses positives que la reine avoit données de la délivrance des prisonniers, promesses qu'il regardoit comme sacrées, et qui ne laissoient plus aucun prétexte au rassemblement. La nuit vint[114]; la cohue se dissipa, et Gondi rentra chez lui, blessé et en proie aux plus vives inquiétudes. Cependant on étoit si loin de se fier dans le public aux promesses de la reine, que beaucoup de bourgeois restèrent en armes devant leurs portes, et que des corps-de-garde furent distribués dans diverses parties de la ville; on en posa même un à la barrière des Sergents, à dix pas des sentinelles du Palais-Royal.