Note 112 — QUARTIER SAINT BENOIT.
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Elle y eût réussi sans doute, si elle n'eût eu en tête un ennemi encore plus actif et plus profond que son ministre n'étoit souple et rusé. Gondi, ennemi de Mazarin, qui l'avoit desservi dans une circonstance importante, mal vu à la cour, à laquelle il avoit d'abord voulu s'attacher, et où celui-ci avoit su le rendre odieux, cherchoit depuis long-temps, et ainsi que nous l'avons déjà dit, à faire son profit des tempêtes publiques qui commençoient à s'élever autour de lui, et dans lesquelles il n'avoit pas balancé à se jeter, comme dans son propre élément. Prodige d'adresse et de dissimulation, tandis que de sourdes libéralités lui gagnoient les cœurs des peuples, que, par une apparence de zèle religieux et de sollicitude pastorale, il captoit la confiance des classes plus élevées de la capitale, et que, par des manœuvres plus savantes encore, il échauffoit, dans des assemblées mystérieuses, les esprits les plus turbulents et les plus déterminés du parti[112], ce prélat affectoit de donner à la cour des avis sincères et désintéressés sur les dangers qui l'environnoient, exagérant le péril, et chargeant les portraits, afin de n'être pas écouté; mais conservant, par cette conduite politique, une modération convenable à son caractère d'archevêque, et nécessaire à la réussite de ses projets. Il étoit ainsi parvenu à se rendre l'âme de la faction, le centre de tous ses mouvements secrets, lorsque la régente, croyant avoir bien pris toutes ses mesures, fit tout à coup enlever, non pas avec mystère et dans le silence de la nuit, mais en plein midi, au moment que l'on chantoit le Te Deum pour le grand succès que venoient de remporter les armes de France, trois des plus opiniâtres parmi les membres du parlement, Charton, Blancmesnil et Broussel. Charton s'esquiva; Blancmesnil fut conduit à Vincennes, et le vieux Broussel emmené à Saint-Germain.