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Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 6/8)

Note 109 — QUARTIER SAINT BENOIT.

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Si nous pénétrons maintenant dans l'intérieur du parlement; si nous rassemblons ce que les mémoires du temps nous peuvent fournir de lumières sur les éléments dont il se composoit, sur l'esprit et les passions dont il étoit animé, ils nous montrent, dans ses jeunes conseillers, des têtes ardentes, déjà imbues de toutes ces vieilles traditions de la magistrature, qui leur persuadoient qu'en s'asseyant sur les fleurs de lis, ils étoient devenus les protecteurs du peuple, et des censeurs du pouvoir, qui ne pouvoient être ni trop sévères ni trop vigilants. Trouver ainsi une occasion de passer subitement de l'étude aride des lois et des fonctions obscures de juges civils ou criminels, à la mission importante de réformateurs de l'état, au rôle brillant d'orateurs politiques, délibérant en présence de la nation entière, attentive à leurs discours et charmée de leur éloquence, leur sembloit un événement aussi heureux pour eux que pour la France; et les illusions de leur amour-propre ajoutoient encore à cet esprit de licence et à cette espèce d'enthousiasme républicain dont ils étoient possédés. Parmi les magistrats à qui l'âge avoit donné, dans les manières, plus de sérieux et de gravité, un grand nombre, et même le plus grand nombre, n'avoit pas, pour s'élever contre la cour et décrier le gouvernement, d'autres motifs que ceux qui entraînoient cette jeunesse ardente et tumultueuse: la haine du pouvoir et la manie de se rendre agréable à la multitude; mais plusieurs d'entre eux, et quelques-uns de ceux-ci étoient justement les plus habiles ou les plus influents, y joignoient des ressentiments particuliers qui rendoient leurs dispositions hostiles encore plus actives et plus dangereuses. Les présidents Potier de Blancmesnil, Longueil de Maisons, Viole et Charton[109] étoient les principaux dans cette classe de mécontents. Enfin, au milieu de cette élite de ses magistrats qu'il considéroit comme les défenseurs nés de ses franchises et de ses libertés, le peuple de Paris s'étoit fait une espèce d'idole d'un vieux conseiller nommé Broussel. C'étoit un homme d'un caractère ardent, d'un esprit borné; et, soit qu'il fût aigri contre cette cour, qui l'avoit négligé ou dédaigné[110], soit qu'il se laissât emporter par un zèle inconsidéré pour le bien public, on n'en voyoit point, même parmi les plus jeunes et les plus fougueux, de plus violent dans ses diatribes contre le ministère, ne manquant aucune occasion de le censurer, de le mortifier, et se montrant surtout intraitable lorsqu'il s'agissoit d'impôts: c'étoit là ce qui l'avoit rendu cher à la multitude qui l'appeloit son père, et mettoit en lui toutes ses espérances.

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