Note 105 — QUARTIER SAINT BENOIT.
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La cour eut l'imprudence d'opposer la violence aux murmures: plusieurs membres du parlement, plus hardis que les autres, furent enlevés et transférés dans diverses prisons[105]; et, pour emporter de vive force l'enregistrement, on conçut l'idée bizarre, et l'on donna ce signe de foiblesse de conduire le jeune roi en robe d'enfant au parlement: il y parut au moment où on l'y attendoit le moins, portant avec lui un grand nombre d'édits, tous plus ruineux les uns que les autres; et sa présence mit cette compagnie dans la nécessité de les vérifier. L'avocat-général Talon s'éleva d'abord avec force contre une semblable surprise, attentatoire à la liberté des suffrages. Le lendemain, les maîtres des requêtes, à qui l'un de ces édits donnoit douze nouveaux collègues, s'assemblent et prennent la résolution de ne pas souffrir cette création nouvelle, dont l'effet étoit, tout à la fois, de diminuer le prix des anciennes charges et de les rendre moins honorables. Le même jour, les chambres assemblées commencent à examiner tous les édits vérifiés. La régente et son ministre traitent cet examen de révolte contre l'autorité royale; et, en même temps qu'ils ordonnent la pleine et entière exécution de ces édits, le duc d'Orléans et le prince de Conti sont chargés de porter, l'un à la chambre des Comptes, l'autre à la cour des Aides, ceux qui concernoient ces deux compagnies. C'est alors que le soulèvement devint général: la cour des Aides députa vers la chambre des Comptes, lui demandant de s'unir à elle pour la réformation de l'état; l'une et l'autre s'assurèrent du grand Conseil; et le parlement, sur l'invitation qu'elles lui en firent, donna aussitôt son arrêt d'union avec ces trois cours de justice. Il portoit «qu'on choisiroit dans chaque chambre du parlement deux conseillers, qui seroient chargés de conférer avec les députés des autres compagnies, et qui feroient leur rapport aux chambres assemblées, lesquelles ensuite ordonneroient ce qui conviendroit.»