Note 104 — QUARTIER SAINT BENOIT.
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(1648) L'embarras des finances, cette cause la plus fréquente des révolutions, devoit bientôt faire naître des mécontentements plus sérieux; et c'étoient là les fruits amers que la politique de Richelieu avoit légués à ses successeurs. Nous avons dit que la guerre d'Espagne, bien que les résultats continuassent d'en être heureux, exigeoit des dépenses considérables: il falloit de l'argent pour la soutenir; il en falloit pour fournir aux profusions d'une cour prodigue et fastueuse; les sommes énormes qu'il avoit fallu donner au duc d'Orléans, au prince de Condé et à plusieurs autres pour acheter leur assistance ou payer leur fidélité, achevoient d'épuiser le trésor; et une mauvaise administration confiée à des ministres qui tous, sans en excepter Mazarin lui-même, ne paroissent pas avoir été fort scrupuleux sur les moyens de s'enrichir, mettoit le comble à ces désordres. La dépense se trouva donc bientôt dans une disproportion effrayante avec la recette: pour combler ce déficit, le surintendant Emery, traitant effronté, impitoyable, et en qui cependant le cardinal avoit une entière confiance, inventoit tous les jours mille ressources odieuses, quelquefois même ridicules. Le parlement qui avoit déjà enregistré, non sans difficulté, plusieurs édits vexatoires[104], dont il étoit l'auteur, retrouvant contre ce despotisme maladroit et purement fiscal son ancien esprit de mutinerie, éclata enfin à l'occasion du tarif, impôt qui établissoit une augmentation considérable sur les droits des denrées qui entroient à Paris; et les murmures de la population entière de cette capitale se mêlèrent aux remontrances de ses magistrats. La cour, effrayée de ce commencement de fermentation, retira le tarif, mais pour y substituer impolitiquement des édits encore plus onéreux, et à un tel point, que le parlement leur préféra encore ce premier édit qui fut modifié. Tout cela ne se passa point sans assemblées des chambres, conférences avec les ministres, députations vers la régente; il y eut des discours et des écrits, dans lesquels les questions les plus graves et les plus dangereuses sur les droits des peuples et des rois, sur le pouvoir arbitraire et le pouvoir limité furent publiquement discutées. Les têtes continuèrent à s'échauffer, et le peuple commença à s'attrouper et à murmurer.