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Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 6/8)

Note 82 — QUARTIER SAINT BENOIT.

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Tant qu'il vécut, les hérétiques, qu'il avoit comprimés plutôt qu'abattus en France, n'osèrent remuer; et c'en fut même fini à jamais de l'espèce de puissance politique qu'ils s'y étoient arrogée. Mais comme ce prince de l'Église étoit en même temps le protecteur de l'hérésie hors de France, il ne pensa pas un seul instant à l'empêcher de se propager au milieu du royaume très-chrétien; indifférent à toute licence des esprits et à tout désordre moral, pourvu que l'on se courbât sous sa main de fer, et que l'ordre matériel ne fût point troublé. Aussi arriva-t-il, par l'effet de cette politique scandaleuse et par cette communication continuelle que tant de campagnes faites sous les mêmes drapeaux établissoient entre les Français catholiques et les protestants étrangers, que le nombre des sectaires et des libres-penseurs s'accrut sous Louis XIII plus que sous aucun des règnes qui l'avoient précédé, n'attendant que des circonstances plus favorables pour exercer de nouveau leurs ravages et recommencer leurs attaques contre la société. Nous ne tarderons point à les voir reparoître sous d'autres formes, dans une position différente, employant d'autres armes, et n'en marchant pas avec moins d'ardeur et de persévérance vers le but qu'ils vouloient atteindre et qu'enfin ils ont atteint. Alors ceux-là même qui avoient le plus conservé pour Richelieu de cette vieille admiration que ne lui ont pas refusée quelquefois les esprits les plus impatients de toute autorité légitime[82], conviendront peut-être que nous ne l'avons point trop sévèrement jugé, et ne pourront trouver pour lui d'autre excuse que de dire qu'il ne comprit point toute l'étendue du mal qu'il faisoit, ni les suites qu'il devoit avoir. Nous sommes nous-même porté à croire qu'il en est ainsi, bien que nous ne l'en considérions pas moins comme un homme sans conscience et sans probité; et reconnoissant en lui, ainsi que nous l'avons déjà fait, la force de la volonté, un esprit subtil, actif, infatigable, nous lui refusons les vues profondes qui font le véritable homme d'état; persuadé d'ailleurs qu'on ne peut l'être dans aucune société sans être un homme religieux, et dans une société chrétienne surtout, si l'on n'est en même temps un parfait chrétien[83].

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