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Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 6/8)

Note 55 — QUARTIER SAINT BENOIT.

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Qui n'en connoît les succès, les revers, les désastres effroyables? Le héros de la Suède entra comme un torrent en Allemagne: la ligue protestante à la tête de laquelle s'étoit mis l'électeur de Saxe, après avoir un moment balancé à se joindre à lui, et comme si elle eût craint de se donner un nouveau maître, finit par se rallier sous ses drapeaux; et la ligue catholique étant demeurée indécise, rien ne s'opposa d'abord à la marche du vainqueur. Il prend sa revanche du sac de Magdebourg[55] à la bataille de Leipzic, où il remporte une victoire complète sur le féroce Tilly. De là, tandis que les Saxons pénétroient en Bohème et en Silésie, il parcourt rapidement les provinces de Franconie, du Haut-Rhin, de Souabe et de Bavière, toutes les villes lui ouvrant leurs portes, et tous les princes protestants s'empressant de faire alliance avec lui. Il passe ensuite le Rhin à Oppenheim, force le 15 avril 1632 le passage du Lech[56]; et le 17 mai suivant il entre triomphant dans Munich. C'est alors que Ferdinand, naguère au faîte de la puissance, est réduit à la dure extrémité de s'humilier à son tour devant le sujet orgueilleux dont il avoit abaissé l'orgueil; et Walstein lui fait acheter aux conditions les plus dures la grâce qu'il veut bien lui faire de reprendre le commandement de ses armées. Sa première opération est de chasser les Saxons de la Bohème; puis il transporte le théâtre de la guerre en Saxe, pour forcer le roi de Suède à quitter la Bavière. Bientôt les deux armées ennemies sont en présence à Lutzen: la bataille s'engage; Gustave est tué au premier choc; mais les Suédois n'en sont pas moins vainqueurs; et Walstein, forcé de se retirer en Bohème, se contente d'en défendre l'entrée à l'armée victorieuse. C'est alors que la situation précaire où se trouvoit son souverain lui fait concevoir des projets ambitieux que Richelieu favorise, et dont il auroit profité sans la catastrophe tragique qui termina la vie de cet illustre ambitieux. Instruit qu'il le trahissoit, et impuissant à faire punir juridiquement un sujet devenu en quelque sorte le rival de son maître, Ferdinand le fit assassiner à Egra le 25 février 1634. Le roi de Hongrie paroît alors à la tête des armées impériales, et signale ses premières armes par la victoire de Nordlingue, où il écrase l'armée des confédérés. L'assemblée générale des états protestants, qui s'alloit réunir à Francfort-sur-le-Mein pour renouveler l'alliance avec la Suède, se dissipe d'elle-même à la première nouvelle de cette défaite; l'électeur de Saxe, l'ennemi le plus acharné de Ferdinand, est le premier à faire sa paix avec lui: et le traité de Prague, dans lequel le chef de l'empire reprit une partie de son ancien ascendant, ayant été accepté par la plupart des princes protestants, le parti Suédois parut abattu et ruiné sans retour[57].

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